!?»^' :m ■>, V m ^^-^^i?. Hi Vj^-. r»<«L 'T''^ ^>^iïï^. Qfi .«^X >»^%'.y'' Ja^ m r-T- -«-: £^t ,v-..^^.« ■,.^W *-* ^-*îî; ^saie I* 4* "^^iy BIBLIOTHEQUE DE •**■ * A è A * ^ 6 A ^ i A A ^ <, W- A < ^ A *^ 7^7 Alex. Agassiz. ^ibrarg ai IIjé lusDum OF COMPARATIVE ZOOLOGY, AT BAMARD COllEïE, CAMBRIDGE, MASS. JFountie)) fin prtbate subscïfptfon, fit 1861. Deposited by Alex. Agassiz fromthe Library of LOUIS AGASSIZ. iO^MUaA. b.l '^O'î) A30^ RECHERCHES SUR LES ^^ ^ I RECHERCHES SUR LES POISSO]\S FOSSILES, COMPRENANT Une introduction à l'étude de ces animaux ; l'anatoniie comparée des systèmes organiques qui peuvent contribuer à faciliter la détermination des espèces fossiles ; une nouvelle classification des poissons , exprimant leurs rapports avec la série des formations ; l'exposition des lois de leur succession et de leur développement durant toutes les métamorphoses du globe terrestre, accompagnée de considéra- tions géologiques générales; enfin , la description d'environ mille espèces qui n'existent plus et dont on a rétabli les caractères d'après les débris qui sont contenus dans les couches de la terre ; Par louis AGASSIZ , Membre des Académies et Sociétés royales des sciences de Londres, de Paris, de Berlin, d'Edimbourg, de Stockholm, de Turin, des Lyucées de Rome, de l'Académie impériale des curieux de la nature, de la Société philomatique de Paris, des Sociétés géologiques de Londres et de France, de TAssociation britannique pour l'avancement des sciences, delà Société philosophique américaine, de la Société impé- riale des naturalistes de Moscou , des Académies de Philadelphie et du Val-d'Arno, du Lycée de New-York , des Instituts de Bristol et de Leeds, de la Société helvétique des sciences naturelles, des Sociétés d'histoire naturelle, de physique et de médecine de Berlin, de Vienne, d'Irlande, de Francfort, de Prague, de Florence, de Heidelberg, de Strasbourg, de Silésie, de Halle, du Palatinat , de Fribourg , de St-Louis (Etats-Unis), de Hambourg , de Northumberland , de Durham , de New-Castle, de Genève, de Zurich, de Bàle, etc., etc.; docteur en droit des universités d'Edimbourg et de Dublin ; docteur en yiliilosophie , médecine et chirurgie ; chevalier de l'aigle rouge de Prusse ; professeur honoraire à l'académie de Lausanne, et professeur d'histoire naturelle à celle de Neuchàtel. ^iwutae/ coiLWUiie L■^a^ la CVoovete (./c'oloatqiK;' Do ivou-Dt-ett . TOME II, Contenant l'Histoire de l'Ordre des Ganoïdes. NEUCHATEL (Suisse), affO! r}"aeà as iau^Mf-r. IMPRIMERIE DE PETITPIERRE. '^1835 — 45. PREFACE. Ce volume renferme l'Histoire d'une grande division de la classe des poissons qui a été en- tièrement méconnue des naturalistes jusqu'ici et dont la plupart des genres n'existent qu'à l'état fossile. Avant d'avoir appris à connaître tous ces types si remarquables , dont les feuilles suivantes contiennent la description, il m'aurait été bien difficile, sinon impossible, de saisir les vrais rapports des familles que je réunis maintenant dans cet ordre. Conmient en effet sup- poser à première vue que le Lepidostée et le Bichir que l'on range parmi les Malacoptéry- giens abdominaux sont très-voisins des Balistes , des ColTres , des Diodons et des Syngnathus , et que même les Esturgeons , que l'on a toujours associés aux Chondroptérygiens , font partie du même groupe? Et cependant j'espère démontrer qu'il existe des liens assez étroits entre tous ces poissons. Les rapprochemens que j'ai établis n'ont, il est vrai , été entrevus que successive- ment , et c'est très à la longue seulement que j'ai pu fixer les rapports naturels de ces diverses familles. Tout en reconnaissant cependant que les difficultés contre lescpielles j'ai eu à lutter pour y parvenir sont inhérentes au sujet que j'avais à traiter, je crois pouvoir affirmer que l'étude des poissons fossiles pouvait seule mettre sur la voie d'une classification naturelle de la classe, et que sans la connaissance des nombreuses espèces, des genres et même des familles qui n'existent plus , il aurait été à tout jamais impossible de se faire une juste idée des affini- tés qui lient tous ces poissons entre eux. Si je suis parvenu à saisir des relations plus ou moins intimes entre des familles que l'on avait jusqu'ici l'habitude de placer à de grandes dis- tances les unes des autres dans les classifications ; si j'ai pu démontrer que les familles qui existent de nos jours, et qui prévalent sur d'autres types par le nombre de leurs représentans dans les mers actuelles, se sont développées successivement en reniplacement d'autres groupes qui existent maintenant en très-petit nombre ou qui sont complètement éteints, c'est à l'étude des poissons fossiles que je le dois. Sous ce point de vue, l'étude des Ganoïdes est surtout in- téressante , parce que dans cet ordre nous voyons, d'une manière plus évidente peut-être que dans aucun autre , comment les dififérentes familles ont dominé aux différentes époques et TOM. II. comment elles se sont succédé dans leur apparition. Il n'y a que les Placoïdes qui puissent rivaliser d'importance à cet égard avec l'ordre qui nous occupe spécialement ici. Mais abstrac- tion faite de cet intérêt spécial , qui se rattache à l'étude de l'histoire de la vie en général , les Ganoïdes fossiles sont si nombreux ; ils renferment des types si difïérens de ceux qui existent maintenant , et nous offrent des combinaisons de caractères si inusitées parmi les poissons vivans , que leur connaissance est en elle-même indispensable au zoologiste qui veut se fami- liariser avec toute la série des formes que peuvent alîecter les poissons. D'un autre côté , les géologues apprécient tous les jours mieux l'importance d'une connaissance approfondie de l'ensemble des fossiles qui sont ensevelis dans la série des terrains dont se compose lécorce stratiliée de notre globe , et sous ce point de vue, les poissons fossiles de l'ordre des Ganoïdes ofifrent d'autant plus d'intérêt, qu'on en a trouvé des débris dans toutes les formations géolo- giques fossilifères, depuis les plus anciennes jusqu'aux plus récentes. Mais il y a plus, ces débris sont partout assez fréquens pour servir de guides sûrs dans l'appréciation de l'âge relatif des terrains ; car, comme les espèces ne parcourent pas une série bien étendue de couches , et que les genres eux-mêmes se reproduisent au plus dans d(;ux ou trois for- mations successives, tandis que toutes les espèces connues sont limitées successivement à une seule formation . il en résulte que les espèces les plus répandues peuvent être envisagées comme d'excellens caractères pour les foraiations et qu'elles déterminent même des horizons géologiques plus précis que la plupart des autres fossiles. A ce titre, les poissons fossiles en général et les Ganoïdes en particulier réclameront de plus en plus l'attention des géologues. Déjà le nombre des cas où la comparaison des espèces de différentes localités a servi à pré- ciser l'âge géologique auquel elles ont appartenu , s'est considérablement accru , et je ne doute pas que lorsque les poissons fossiles des autres continens seront aussi bien connus que ceux d'Europe, leur comparaison ne conduise aux résultats les plus importans. En attendant, je ne saurais trop recommander à ceux qui possèdent de ces précieux débris, de chercher à compléter les descriptions des espèces dont je n'ai connu que des fragmens incomplets. En recueillant avec soin tous les fragmens de toutes les espèces , et même de celles dont on pos- sède des exemplaires entiers, on parviendra sans doute aussi à découvrir des parties de la char- pente intérieure , et à déterminer ainsi la forme des vertèbres , des côtes et des osselets in- terapophysaires qui portent les nageoires. L'examen comparatif de la plaque caudale qui porte la nageoire caudale, conduira vraisemblablement à la connaissance de diverses particularités distinctes dans plusieurs genres. Il ne serait pas moins intéressant de recueillir les os détachés VII (le la tête . loiiles les fois (jue l'on pourra déterminer les espèces auxquelles ils ont appartenu; car c'est le seul moyen d'arriver à la connaissance de toutes les modifications qu'offre la charpente solide du crâne et de la face dans les diverses combinaisons des os dont elle est composée. Enfin l'examen microscopique de la structure des dents est devenu une nécessité, depuis que les belles recherches de M. Owen nous ont appris combien leur structure est variée. .L"a])plication que j'ai faite de ce procédé à l'étude de plusieurs familles , m'a convaincu qu'on ne saurait pousser trop loin ce genre de comparaison J'ai même acquis la conviction que la ■ structure microscopique des écailles varie beaucoup plus qu'on n'aurait pu le supposer et que les caractères qu'elle offre peuvent acquérir une nouvelle valeur par un examen détaillé. Il n'y a pas jusqu'aux plaques osseuses qui recouvrent la tète, dont l'analyse microscopique ne puisse fournir d'excellens caractères ; mais elles exigeront des recherches multipliées et plus étendues que celles que l'on a faites jusqu'ici, avant qu'on en retire tout le parti qu'elles peuvent offrir au zoologiste, à l'anatomiste et au paléontologiste. Il me reste à dire un mot de l'ordonnation de ce volume. Commencé il y a plus de dix ans, il ne se "ressent que trop du défaut d'unité inhérent à toutes les publications fragmentaires, et qui doit nécessairement être d'autant plus sensible que les progrès de la science qu'on traite sont plus rapides. Or, il est certainement peu de branches des sciences naturelles dont le dé- veloppement ait été aussi prodigieux que celui de l'étude de ces curieux poissons dont la race s'est perdue. C'est ce que prouve suffisamment le tableau additionnel qui termine ce volume. Non seulement le nombre des espèces s'est plus que triplé depuis la publication du tableau primitif (Chap. I), mais une foule de genres nouveaux et même des familles entières sont venus prendre rang dans ce cadre. .l'ai ainsi été à même de préciser d'une manière toujours plus rigoureuse les caractères distinclifs des différentes divisions que j'avais établies précé- demment. C'est ce qui explique les additions et les modifications que j'ai été dans le cas de faire successivement à des chapitres déjà traités antérieurement. Si par cela même la première partie de ce volume qui est consacrée ex<;lusivemenl à l'histoire de la famille des Lépidoïdes, peut paraître indigeste à certains égards , elle est, d'un autre côté , l'expression fidèle des pro- grès que l'étude de ces fossiles a faits depuis la publication des premières livraisons jusqu'à ce jour : et j'aime à me persuader que quelques naturalistes me sauront gré de lui avoir con- servé sa forme primitive. .l'aurais désiré pouvoir traiter avec autant de détail la seconde partie de ce volume, qui comprend les familles des Sauroïdes , des Célacanthes , des Pycnodontes , des Sclérodermes , — vni — des Lophobranches et des Acipenserides. Mais ici aussi les matériaux se sont accrus dans une « proportion si inattendue , que pour ne pas retarder indéfiniment la clôture de cet ouvrage , j'ai dû souvent me borner à ne décrire que quelques espèces de tel ou tel genre très-nom- breux. Il y a même une foule de genres nouveaux qui sont simplement mentionnés, et dont j'ai été obligé de renvoyer la publication à une autre époque. Ces indications ne seront pas sans utilité , parce qu'elles donnent par anticipation une sorte de sanction aux citations qui pourraient être faites de ces espèces par les géologues dans les collections desquels je les ai observées. D'un autre côté , je n'ai pas voulu m'en attribuer dès à présent la propriété scien- tifique par la publication de simples diagnoses , qui seraient insuffisantes pour les faire recon- naître , afin de ne détourner personne d'une étude qui réclame le concours d'un plus grand nombre de cultivateurs. Malgré ces lacunes, j'ai cependant la conviction que, tel qu'il est, ce volume suffira pour donner une idée du caractère propre du type des Ganoïdes aux différentes époques , et des modifications qu'il a subies dans le cours des âges géologiques. Les mêmes considérations s'appliquent aux trois autres volumes de cet ouvrage , en parti- culier au troisième volume qui renferme l'histoire de l'ordre des Placoïdes. Il me reste encore à faire une remarque sur la manière de compter les vertèbres , que j'ai suivie dans cet ouvrage. Toutes les fois que les exemplaires étaient assez bien conservés pour le permettre, j'ai appelé première vertèbre la vertèbre nuchale qui s'articule avec le crâne, et j'ai continué l'énumération en marchant vers l'extrémité postérieure de la colonne vertébrale ; mais lorsque la portion caudale était seule bien conservée , j'ai suivi un ordre inverse , en ap- pelant première vertèbre celle qui porte la caudale ; enfin lorsque le milieu du tronc était seul bien conservé, j'ai dû partir de la réunion de la queue au tronc et compter les vertè- bre* caudales en allant d'avant en arrière , et les vertèbres abdominales en allant d'arrière en avant. En faisant attention aux figures il sera toujours facile de s'y reconnaître. IVeuchâtel , en Novembre 1843. L. AGASSIZ. IX DE L'ORDRE DES GAIVOIDES Lélablissemenl de l'ordre des Ganoïdes est à mes yeux le progrès le plus iniporlant que j'ai fail faire à l'iclilhyologie. Dès les premières recherches auxquelles je me suis livré sur les poissons fossiles , j'avais remarqué que tous les types dont les débris sont ensevelis dans des couches de l'écorce de notre globe antérieures à la déposition des terrains crétacés, différaient trop généralement des genres de la création actuelle pour pouvoir leur être associés. J'avais en même temps reconnu qu'ils avaient tous des caractères communs qui permettaient de les grouper dans une même division. Je fus ainsi amené à les considérer dans leur ensemble comme formant une grande famille, à laquelle je n'ai pendant longtemps rapporté que deux genres de notre époque , le Lépidostée et le Polyptère. Mais en cherchant à me rendre compte des affinités de ce groupe, j'ai bientôt senti qu'il se rattachait d'assez près à d'autres familles de la création actuelle dont la classification a de tout temps offert de grandes dif- ficultés aux auteurs systématiques; je veux parler des Sclérodermes , des Gymnodontes , des Lophobranches et surtout des Esturgeons , dont les caractères bizarres cadrent aussi mal avec la forme régulière des poissons osseux ordinaires qu'avec les particularités distinctives des pois- sons cartilagineux. Déjà bien longtemps avant d'avoir trouvé un caractère qui leur fût propre à tous, j'avais acquis la conviction que tous ces poissons formaient un ordre très-naturel, lors- qu'on poursuivant les études que j'avais commencées sur la structure des écailles, à l'occasion de la publication des poissons du Brésil de Spix, je découvris enfin que, chez tous, les légu- niens différaient notablement , par la nature de leurs productions , de ce que l'on observai! tant chez les Chondroptérygiens que chez les poissons osseux. Il n'en fallut pas davantage pour me démontrer que la base fondamentale de toutes les classifications proposées jusqu'à ce jour pour les poissons ne pouvait pas être maintenue dans sa généralité, car les Estur- geons , qui ont un squelette véritablement cartilagineux , devaient , d'après cela , être déta- chés des vrais Chondroptérygiens pour être associés à des poissons osseux. J'avais en effet trouvé le moyen de réunir clans une même grande divison (rois familles, les Sclérodermes , les Gymnodontes el les Lophobranches , que Cuvier lui-même s'était borné à éloigner des poissons osseux ordinaires, sans leur assigner un caractère commun, et je leur avais associé un petit groupe de poissons cartilagineux, les Esturgeons, qui n'ont d'autre rapport avec les vrais cartilagineux que la mollesse de leur squelette , mais qui en diffèrent complètement par l'en- semble de leur organisation et en particulier par la composition de la tête, par la conforma- tion des mâchoires, par l'arrangement des branchies, par le développement de l'opercule et par les larges plaques écailleuses dont leur corps est garni. La comparaison des Loricaires avec les Esturgeons et les Silures m'avait de plus conduit à envisager ces trois familles comme intimement liées entre elles, malgré la différence qui existe dans la consistance de leur squelette. A mesure que j'étendais ainsi mes rapprochemens entre les poissons vivans, je fus conduit par une étude plus approfondie des fossiles de cette même grande di- vision à les distinguer en plusieurs familles auxquelles j'ai donné les noms de Lépidoïdes , de Sauroïdes, de Célacanlhes et de Pycnodontes. Dès-lors, cette division s'agrandit au point de me paraître équivaloir à celles que j'avais établies , d'après des considérations semblables parmi les poissons osseux, et je divisai définitivement la classe des poissons en quatre ordres : les Placoïdes, qui correspondent aux Chondroptérygiens des auteurs, à l'exclusion des Estur- geons ; les Ganoïdes, dont ce volume renferme l'histoire; les Cténoïdes, comprenant les pois- sons osseux à écailles pectinées au bord postérieur, qui correspondent en grande partie aux Acantlîoptérygiens d'Artedi, à l'exclusion cependant de la grande famille des Scombéroïdes, de celle des Labroïdes et de quelques autres petits groupes, et qui embrassent en outre les Pleu- ronectes; enfin les Cycloides, qui embrassent tous les Malacoptérygiens , à l'exception des Pleuronectes, des Acanthoptérygiens que je viens de citer, qui ne rentrent pas dans l'ordre des Cténoïdes et de deux familles qui ne sont proprement ni des Acanthoptérygiens, ni des Mala- coptérygiens, les Blennioïdes (4 les Lophioïdes. Le caractère essentiel des Ganoïdes est tiré de leurs écailles qui sont toujours formées de deux substances différentes et bien distinctes , savoir de lames osseuses superposées comme celles de toutes les écailles des poissons ordinaires , et d'émail qui recouvre la partie de l'écaillé qui est visible à l'extérieur. La forme des écailles est généralement rhomboïdale ; cependant il existe de nombreuses variations dans leur disposition. C'est ainsi que chez les Lépidoïdes, chez les Sauroïdes et chez les Pycnodontes, les bords antérieur et postérieur des écailles sont paral- lèles aux contours du dos et du ventre ou du moins dirigés dans le même sens ; tandis que chez les Sclérodermes, les écailles forment desl osanges transversales aux flancs; ou bien elles sont polygonales, ou enfin elles affectent, comme chez les Gymnodontes, la forme de piquans. Le s([uelette des Ganoïdes est moins complètement osseux que celui des poissons ordi- naires. Il est cartilagineux chez les Esturgeons, où la colonne vertébrale offre une disposi- tion analogue à celle qu'on trouve chez les embryons des poissons osseux , et qui consiste dans la présence d'une corde dorsale, autour de lacjuelle il ne se forme pas de corps de ver- XI (èbres ; les apophyses seules se solidilient , mais elles restent cartilagineuses. Chez la plupart des Lépidoïdes, des Célacaulhes et des Pycnodontes, il n'y a pas non plus de corps de vertèbres ossifiés ; ces poissons qui sont tous fossiles paraissent avoir conservé la corde dorsale pendant toute leur vie. tandis (|ue le reste du squelette qui était osseux est souvent très-bien conservé. Dans quelques genres dont les corps de vertèbres se solidiliaient , ils offrent la structure des vertèbres de Squales. Chez les Sauroïdes, où le squelette est complètement osseux, les apophyses restent séparées des corps de vertèbres. Chez les Sclérodermes , les Gymnodontes et les Lo- phobranches enfin , où les apophyses font corps avec le centre de la vertèbre , l'ossification est généralement moinscomplèle. Les familles que je range dans l'ordre des Ganoïdes ne sont pas apparentées entre elles au même degré. Les rapports d'organisation qui lient les Lépidoïdes , les Sauro'ides et les Pycno- dontes, sont plus étroits que les relations qui existent entre ces mêmes familles et les Scléro- dermes, les Gymnodontes et les Lophobranches. Ce fait, qui coïncide avec l'époque de l'ap- parition de tous ces types est très-significatif pour l'étude du développement de la classe en- tière. Remarquons d'abord que l'existence de la souche principale des Ganoïdes remonte à une époque bien antérieure à la création des reptiles, et que les familles qui composent cette pre- mière souche sont justement celles qui ont les affinités les plus nombreuses avec les reptiles. Ces affinités, surtout sensibles chez les Sauroïdes, ne sont cependant pas limitées à cette seule famille ; les Lépido'ides et les Pycnodontes en otïrent aussi des traces plus ou moins nom- breuses. Mais elles s'effacent succes^sivenlent à mesure que les reptiles acquièrent une plus grande importance dans la série des créations. A cet égard , il n'est pas sans intérêt de rap- peler que c'est parmi les reptiles les plus anciens que l'on a reconnu les .types qui offrent le plus de caractères communs avec la classe des poissons. La famille des Célacanthes , enclore imparfaitement connue, semble se rattacher plus directement aux Esturgeons. Un autre fait digne de remai'que , c'est que tous ces poissons anciens ont des formes très-régulières ; la classe entière parait ne pas avoir encore assez de consistance en elle-même pour se jouer dans les extrêmes les plus discordans, comme on le remarque plus tard. Leurs membres pairs sont espacés sur les côtés de la cavité abdominale , comme c'est toujours le cas chez les rep- tiles ; on dirait que, précurseurs d'un développement qui doit se terminer avec l'apparition de l'homme auquel il a été donné d'élever la face au ciel , ces animaux , encore étroitement liés à l'élément dans lequel ils vivent , annoncent déjà une tendance vers cet ordre de choses , en nous montrant un acheminement vers l'organisation des quadrupèdes. Ce n'est que beau- coup plus tard, à une époque où les poissons ne participent pour ainsi dire plus directement aux progrès qui doivent se réaliser dans l'embranchement des vertébrés, lorsque la classe des reptiles a acquis son plus grand développement et prépare la venue des oiseaux et des mam- mifères, que nous voyons les poissons se diversifier à l'infini, et même reproduire dans des limites très-restreintes des formes qui rappellent par leur régularité, et même jusqu'à un cer- tain point par leurs caractères , les types primitifs de la classe. C'est alors aussi qu'apparais- — xir — sent les souches collatérales de l'ordre des Ganoïdes, les Scléroderines , les Gymnodontes et les Lophobranches qui nous présentent dans leurs formes autant de diversité que les ordres des Cténoïdes et des Cycloïdes leurs contemporains. C'est alors aussi que s'éteignent les der- niers représentans des familles qui ont précédé toutes les autres dans leur apparition. Tous les poissons osseux antérieurs à la craie appartiennent sans exception à l'ordre des Ganoïdes , et même on ne rencontre dans ces formations anciennes que des genres et des fa- milles qui n'ont plus ou trés-peu de représentans de nos jours. Dans les terrains crétacés et ter- tiaires, au contraire, ces types disparaissent presque entièrement pour faire place à des genres de familles qui sont encore amplement représentées dans la création actuelle, bien qu'elles y figu- rent en petit nombre comparativement à la prépondérance que les Cténoïdes et les Cycloïdes y acquièrent. On peut donc dire que les Ganoïdes présentent dans leur développement une gradation très-marquée à partir des Lepidoïdes , des Sauroïdes, des Célacanthes et des Pyc- nodontes qui caractérisent les formations antérieures à la craie jusqu'aux Esturgeons , aux Sclérodermes , aux Gymnodontes et aux Lophobranches qui leur succèdent dans les forma- tions plus récentes, pour se perpétuer dans l'époque actuelle, tandis que les Loricaires et les Silures qui sont très-abondans dans les eaux douces des régions tropicales n'ont pas de repré- sentans fossiles. Les motifs qui m'ont engagé à associer les Loricaires et les Silures aux Ga- noïdes sont faciles à saisir. Les Loricaires se lient trop étroitement aux Esturgeons par le genre Scaphirhynchx(s , pour qu'il soit possible de ranger ces poissons dans des ordres diffé- rens. Les Loricaires ont en effet des écailles conformées de la même manière que celles des (ianoïdes ordinaires , et nous avons vu que le squelette des Esturgeons offre tous les caractères des Ganoïdes. On pourrait même dire que les Esturgeons sont des Lepidoïdes cartilagineux , recouverts d'écaillés semblables à celles des Gymnodontes ; tandis que les Silures sont des Lo- ricaires qui n'ont plus d'écaillés, et chez lesquels on ne rencontre plus que par-ci par-là quel- ques écussons semblables à ceux des Esturgeons. Pour donner une idée plus complète de ces familles éteintes , dont je n'ai souvent étudié les espèces que sur des fragmens très-imparfaits, j'ai reproduit , tom. I, Tab. A-G, les con- tours restaurés de la plupart des genres que j'ai pu rétablir. Ces ligures ne sont donc pas des représentations d'exemplaires trouvés entiers , mais bien des reproductions idéales des carac- tères distinctifs de ces types, comparables aux dessins que Cuvier a donnés des formes des Pa- léothériums et des Anoplothériums de Montmartre , et qui ont peut-être cet avantage sur celles du fondateur de la paléontologie , que le corps des poissons étant entouré de parties so- lides sur toute sa surface, j'ai pu préciser bien plus nettement les contours de mes poissons, que si j'avais été réduit à les reconstruire d'après leur charpente osseuse seulement. CHAPITRE r . TABLEAU SYNOPTIQUE DES FAMILLES, DES GENRES ET DES ESPÈCES DE L'ORDRE DES GANOIDES. 1" ordre. GAIVOIDES Agass. (Goniolcpldoti Agass). Je place l'ordre des Ganoïdes en tête de la classe des poissons , parce qu'ils s'éloignent beaucoup du type des familles actuellement prédominantes. Cependant l'ordre des Placoïdes s'en éloigne davantage encore ; mais jusqu'ici je n'ai pas eu occasion d'en étudier les espèces , en général très mal conservées , assez soigneusement pour pouvoir exposer la marche de son organisation à travers toutes les formations géologiques , d'une manière aussi complète que pour Tordre des Ganoïdes. Jai cru dès lors devoir commencer par cette division , dont les espèces remontent jusqu'au terrain houiller. Quoique je n'en aie pas encore vu un seul fragment, je présume que les débris renfermés dans les couches antérieures au terrain houiller , devront être rapportés à des genres de l'ordre des Placoïdes , qui , en harmonie avec les différences d'organisation, remonteraient plus haut que celui des Ganoïdes. Du reste, voyez à ce sujet le chapitre sur la classification des poissons , contenu dans le premier volume de cet ouvrage. Ecailles anguleuses, rliomboïdales ou polygones, formées de lames osseuses ou cor- nées, recouvertes d'émail. — Les familles des Lépidoïdes, des Sauroïdes, des Pycno- dontes, des Sclérodcrmes , des Gymnodontes, des Lopliobranches , etc., etc. 1" famille. LEPIDOÏDES Agass. (Lepldostei Agass.) Dents en brosse sur plusieurs rangées ou une seule rangée de petites dents obtuses. Ecailles plates, rliomboïdales, parallèles au corps qui en est tout couvert. Squelette osseux. A. Corps allongé, fusiforme; lobe supérieur de la queue vertébré et plus long que le lobe inférieur ; toutes les dents en brosse : Acanthodes. Catopteiiis. Ambljptenis. Palœoniscus. Osteolepis. B. Corps plat, large : 1° lobe supérieur de la queue vertébré : Platjsomus. Gjrolepis. 2° queue régulière : Tetragonolepis. Dapedius. C. Corps allongé, fusiforme; queue fourcbue ou arrondie : Semionotus. Lepidotus. Pholidoplionis. Microps. JYotagogus. TOM. II. 1 — 2 — 2^ fam. SAUROIDES Agass. Dents coniques, pointues, alternant avec de petites dents en brosse. Ecailles plates, rliomboïdales , parallèles au corps qui en est tout couvert. Squelette osseux. A. Corps allongé, fusiforme^ lobe supérieur de la queue vertébré et plus long que l'inférieur : Pjgopterus. Acrolepis. B. Corps allongé, fusiforme^ caudale régulière : Ptjcholepis. Sauropsis. Pachj- cormus. Thrissops. Urœus. Leptolepis. Alegalunis. Macropoma. C. Corps très-allongé, cylindrique; caudale régulière j mâchoires prolongées : Saurostomus. Aspidorhjnchus. ^^ fam. PYCNODONTES Agass. Dents aplaties ou arrondies, sur plusieurs rangées. Ecailles plates, rhomboïdales , parallèles au corps qui en est tout couvert. Squelette osseux. Corps plat, large : Placodus. Sphœrodus. Pjcnodus. Gjrodus. Microdon. 4= fam. SCLERODERMES Cm . Arcade palatine immolîile; museau saillant, armé de quelques dents distinctes. Ecailles plates, en forme de larges plaques rliomboïdales ou polygones, obliques au corps qui en est tout couvert. Squelette fibreux; ossification tardive. Ostracion.-^ 5-= fam. GYMNODONTES Cuv. Arcade palatine immobile •, mâclioires recouvertes d'une gaîne d'ivoire , formée de dents réunies. Ecailles saillantes, en pointes ou piquans, obliques au corps qui en est tout couvert. Squelette fibreux; ossification tardive. Diodon . 6= fam. LOPHOBRANCHES Cuv. Branchies réunies en petites houppes rondes. Corps allongé, anguleux, recouvert de plaques anguleuses; museau tubuleux, terminé par de petites mâchoires libres. Squelette osseux. Ccdamostoma. Sjngnatlms. Je pense que c'est à la suite de ces familles qu'il faudra ranger, dans cet ordre, quelques familles de poissons vivans, savoir : les Goniodontes Agass. , les Siluroïdes Cuv. et les Acipenserides Agass. — o 1--^fiimillc. LEPIDOIDES. Tous les genres de celte famille, dont le lobe supérieur de la caudale est plus allongé que l'inférieur et porté sur une longue série de vertèbres (les hétérocerques) se trouvent dans les terrains antérieurs aux dépôts jurassiques , savoir les Acanthodes , Catopterus , Amblypterus , Palteoniscus et Platysomus. Ceux qui sont terminés par une caudale régulière (les homocerques) sont de formation plus récente. Cette famille n a plus de représentant dans la création actuelle. 1" genre. Acanthodes Agass. (Acanlhoessus Agass.) Vol. i.Tab. A. fig. I. Dents en brosse, écailles extrêmement petites. D. (*) oppose'e à l'A.; point de V.; P. grandes; premier rayon des P. de la D. et de l'A. épais, fort, roide; les rayons suivans et ceux de la C. très-fins, à peine distincts. Mâchoire inférieure plus allongée que la supérieure; gueule très-fendue. I. Acanthodes Bronni Agass. Houille : Saarbriïck. 2" genre. Catopterus Agass. (Dipterus Sedgw. et Murch.) Vol. I. Tab. A. f. 2. (Geol. Trans. s'user, vol. 3. tab. i5, f. 4.) D. longue, opposée à l'A. ; les deux très-rapprocliées de l'extrémité de la queue; la D. paraît formée de deux parties séparées. Probablement que des rayons cassés ont fait croire à cette séparation; dans ce cas il faut changer le nom du genre, que je propose d'appeler Catopterus. V. douteuses; P. petites. Ecailles moyennes. Tous les exemplaires qui ont été décrits proviennent des schistes de Caithness. Sedgwick et Murchison en distinguent quatre espèces : 1. Dipterus macropygopterus (tab. i5. f. i, 2 et 3.) A. longue. 2. Dipt enis brachjpjgopterus (idih. 17. f. 1,2 et 3.) A. courte. 3. Diptenis macrolepidotus (tab. 16. f. 2.) Ecailles grosses. 4. Dipterus Valenciennesi (tab. 16. f. i.) Ecailles petites. Ce qui prouve évidemment que ces espèces n'ont pas été examinées très-attentive- ment, c'est qu'une des figures (tab. i5. f. 2.) est tournée sens dessus dessous. Je crois que ces quatre poissons ne sont que les différens âges d'une seule espèce, qu'on pour- rait nommer Catopterus analis. 3" genre. Amblypterus Agass. Vol. I. Tab. A. fig. 3. Toutes les nageoires très-larges et composées de nombreux rayons. P. très-grandes; A. large; D. opposée à l'intervalle entre les V. et l'A.; point de petits rayons sur le bord des nageoires, excepté au lobe supérieur de la queue. Ecailles médiocres. (*) D. désigne la nageoire dorsale, A. l'anale, C. la caudale, V. les ventrales, P. les pectorales. _- 4 — 1. Ambljpterus macropterus Agass. (Palceonisciim macropterum Bronn). Ecailles petites, striées-, corps assez large. Houille : Saarbriick. Lebacli. Boerschweiler. 2. ^7?2Ô/j/??eni5ez<;??erjgf«<5Agass. Corps plus allongé. Houille: Saarbriick. Lebach. 3. Ambljptems lateralis Agass. Corps ovale; écailles plus grandes. Houille : Saarbriick. 4. Ambljptems latus Agass. Corps très-large 5 écailles lisses, grandes surtout sur les flancs de l'abdomen. Houille : Saarbriick. 5. Ambljptems Olfersi Agass. Espèce de Ceara au Brésil , qui n'a pas encore été examinée avec assez de soin, mais dont les écailles sont cependant plus étroites que dans les espèces d'Europe. 4' genre. Pal,eoniscus Agass. Vol. I. Tab. A. f. 4 et 5. Toutes les nageoires médiocres; de petits rayons sur leurs bords; D. opposée à l'espace entre les Y. et l'A. Ecailles médiocres; quelques espèces en ont d'assez grandes et le corps plus large et plus court que les autres. H y a toujours de grosses écailles impaires en avant de la D. et de l'A. Ce genre comprend les Palœoniscum et les Palœothrissum de Bl. 1. Palœoniscics fultus Agass. (Hitchcock. Americ. Journ. of scienc. vol. 6.) Ca- ractérisé par les gros osselets qui s'étendent sur les bords antérieurs de toutes les nageoires. Houille : Sunderland. (Massachussets) . Westfield. (Connecticut). . 2. Palœoniscus Duvernoj Agass. ( Palœothrissum phractonotum Ag. dans un précédent catalogue) (*). Dos voûté, largement cuirassé; queue allongée. Houille : Munster-Appel. 3. Palœoniscus minutiis. Agass. Très-allongé, nageoires grandes. Houille : Munster- Appel. 4. Palœoniscus angustus Agass. Etroit ; écailles petites. Houille : Muse près d'Autun. 5. Palœoniscus Blaini>illei A^ass. (Palœothrissum inaequilobum de Bl. , mais non pas le P. inaequilobum de quelques géologues qui est synonyme du P. Freieslebeni. C'est aussi le Palœothrissum parvum de Bl. ; mais qui ne se trouve pas dans le Mansfeld ; les exemplaires de cette localité, que l'on aainsinommés, sontde jeunes P. Freieslebeni). Corps large, trapu. Muse près d'Autun. v (*) Dans un catalogue manuscrit de tous les poissons fossiles que je connaissais déjà il y a deux ans , et que j ai com- muniqué alors à plusieurs amis, j'avais introduit plusieurs noms provisoires que j'ai dû changer plus tard. J ai cru nécessaire de les rappeler ici , pour éviter toute confusion dans la synonymie , parce que ces jioms ont passé dans plusieurs manuels de géologie. — 5 — G. Palœoniscus f^ol t zii A^ass. Corps plus étroit; écailles plus grandes. Muse près d'Autun. 7. Palœoniscus macropomus Agass. ( Palœothrissum Gigas Ag. précédemment). Opercule plus large que dans les autres espèces. Ecailles sculptées de quelcpies stries. Zechstein : Mansfeld. 8 Palœoniscus Freieslebeni A^ass. (Wolfart. tab. 12. f. i; tab. i/j.- f. 2. 3 et 4, tab. 16, 17 et 20. — Palœoniscum Freieslebense de El 5 mais les exemplaires que de Blainville indique dans les mines de mercure du Palatinat appartiennent au P. Du- vernoy. — Palajotlirissum macroceplialum de Bl, — Palœothrissum œquilobum Iluot. PalcBothrissum vulgatissimum Agass. , dans un catalogue communiqué précédemment. — Palœothrissum inaequilobum de quelques géologues dans leurs catalogues de fossiles caractéristiques. — Clupea Lametherii de Bl. — Acipenser bituminosus Germar. — Je pense que le Palœothrissum blennioïdes HoU est aussi synonyme de cette espèce , mais je n'ai pas vu d'exemplaires originaux pour pouvoir l'affirmer). Ecailles sculptées de nombreuses lignes ondulées. Zechstein : Mansfeld. Hesse. 9. Palœoniscus magnus Agass. (Wolfart. tab. i5). Corps large, dos bombé; écailles sculptées. Zechstein : Mansfeld. Ce n'est pas le Palœothrissum magnum de Bl. qui appartient au genre Pygopterus de la famille des Sauroïdes. 10. Palœoniscus elegans Sedgw (Geol. Trans. 1" ser. vol. 3. tab. 9. f. i). 31agne- sian Limestone : East-Thickley. Il reste à examiner si cette espèce diffère du P. Freies- lebeni de Mansfeld, et à voir si le Palœothrissum macroceplialum de Sedgw. tab 9 f. 2. et le P. magnum Sedgw. tab. 8. f. i et 2 n'appartiennent pas à la même espèce; car certainement son P. magnum n'est pas le P. magnum de Bl. , malgré l'assertion posi- tive de ce dernier à cet égard, du moins ce n'est pas le P. magnum décrit dans le Nouv. Dict. des se. nat. article Ichthyolithes. Toutes les espèces de Palœoniscus appartenant au terrain houiller ont les écailles lisses: telles sont les P. fultus, Duvernoy, minutus, angustus, Blainvillei et Yoltzii, tan- dis que celles du Zechstein les ont striées; tels sont les P. macropomus, Freieslebenij magnus et elegans. Le genre Osteolepis indiqué par Sedgwick et Mftrchison dans les schistes de Caithness, comprend des poissons qui diffèrent génériquement du Catopterus (Dipterus Sedgw.), et que Yalenciennes a proposé d'appeler Osteolepis macrolepidotus et Osteo- lepis microlepidotus. Je ne les ai pas vus. Ne sont-ce point des espèces d'Amblypterus ou de Palœoniscus? — 6 — 5'' genre. Platysomus Agass. Vol. I. Tab. B. f. I. Corps plat, ti'ès-élevé, court; dents en bi'osse; lobe supérieur de la queue allongé, vertébré, portant de petits rayons à son bord. D et A opposées l'une à l'autre, s'éten- dant depuis le milieu du corps juscpi'au rétrécissement de la queue; Y. douteuses; P. petites. De Blainville range les espèces qu'il a décrites dans le genre Stromateus. I. Platysomus gibbosus Agass. (Stromateus gibbosus de Bl. — Stromateus angu- latus Germar. — Rbombus diluvianus minor Wolfart tab. i!\, f. i). Dos très-élevé, anguleux. Zechstein : Mansfeld. ■1. Platysomus Rhombus Agass. (Stromateus major de Bl. — Stromateus Rnorrii Germar. — Rhombus diluvianus major Wolfart tab. i3). Dos arrondi; corps un peu plus allongé. Zecbstein : Mansfeld. 3. Platysomus striatus Agass. (Geol. Trans. 2" ser. vol. 3. tab. 1 ; sans nom — Urop- teryx striatus Agass. dans un précédent catalogue). Corps très-court et très-large; écailles striées obliquement. Magnesian Limestone : East Thickley. 4. Platysomus macrurus Agass. (Geol. Trans. 2" ser. vol. 3. tab. 2; sans nom. — Uropteryx undulatus Agass. dans un précédent catalogue). Corps plus étroit; A. plus courte, à rayons antérieurs plus allongés. Queue très-grande. Magnesian Lime- stone : East-Thickley. 5. Platysomus parvus Agass. (Geol. Trans. 1" ser. tab. 2; sous le nom de Chaeto- don). Partie postérieure du corps arrondie; queue petite. Tête allongée. Magnesian Limestone : Pallion. . Le genre Gyrolepis Agass. n'étant établi que sur quelques écailles est encore douteux. Ce qui le distingue , c'est que les stries d'accroissement des écailles forment des saillies concentriques à leur surface- Les différences observées font supposer 4 espèces. 1. Gyrolepis ma jcimus A^ass. Muschelkalk : Lunéville. 2. Gyrolepis tenuistriatus Agass. Muschelkalk : Lunéville. 3. Gyrolepis Albeii:ii Agass. Muschelkalk : Schwenningen . Lunéville. 4. Gyrolepis asper Agass. (de Blainv. Ichthyol. pag. 19. n° 11). Zechstein : Mansfeld. 6° genre. Tetragonolepis Bronn. Vol. i.Tab. B. f. 2. Corps plat, très-élevé, court; queue symétrique. D. et A. opposées l'une à l'autre, s'étendant depuis le milieu du coips jusqu'au rétrécissement de la queue; P. et V. petites ; C. coupée presque carrément. Dents arrondies en massue, sur une seule rangée. — 7 — Généralement on a confondu toutes les espèces de Tetragonolepis avec le Dapediuni politum de la Bèclie, parce qu'on n'a tenu aucun compte de la position de la D. et des dilTérenccs dans la forme des écailles. Du reste l'onglet qui lie les écailles du Dapcdium n'est pas im caractère particulier de ce genre; on le retrouve, plus ou moins développé, dans tous les genres de l'ordre des Ganoïdes. 1. Tetragonolepis Traill i A^ass. Ecailles des flancs très-grosses, presque aussi larges que hautes. Lias : Angleterre. 2. Tetragonolepis Leachi Agass. Ecailles des flancs beaucoup plus hautes que larges. Lias : Lyme Régis. 3. Tetragonolepis pholidotus Agass. Ecailles des flancs étroites, beaucoup plus hautes que larges. Lias : BoU. 4- Tetragonolepis semicinctus Bronn. Ecailles de plus en plus grandes du dos vers le ventre. Lias : Neidingen. 5. Tetragonolepis Bouéi Agass. Ecailles de la même largeur depuis le dos jusqu'au ventre. Lias : Seefeld. Quoique je n'aie pas examiné moi-même le gisement de Seefeld, et malgré l'avis contraire des géologues les plus distingués, je ne balance pas à rapporter au Lias ces schistes bitumineux, à cause de la structure des poissons qu'on y trouve. Il en est de même des schistes de Glaris qu'on avait placés dans les terrains de transition, mais que je crois plus jeunes que les dépôts jurassiques les plus récens, peut-être même posté- rieurs à la craie. Yoyez à cet égard la géologie de Walchner (pag. 643 et 644)? auquel j'avais fait part de mon opinion que je développerai plus en détail en son lieu. Si cette induction tirée de la seule organisation du petit nombre de poissons que j'ai observés, se confirme par les recherches géologiques, elle sera luie forte preuve de l'im- portance de mes recherches sur les rapports qu'il y a entre la structure des êtres orga- nisés et l'époque de leur apparition à la surface du globe. 6. Tetragonolepis heterodenna Agass. Ecailles plus larges que dans les autres espèces, finement dentelées sur leur bord postérieur. Lias : Boll. 7. Tetragonolepis Magneville Agass. Ecailles portant de petits piquans à leur surface extérieure. Oolithe inférieure : Caen. 7" genre. Dapedius de la B. vol. i.Tab. B. f. 3. Dents sur une seule rangée, échancrées à leur pointe. D. commençant près de la nuque. A. plus courte, un peu plus reculée et plus petite; C. fourchue, très-petite; P. plus grandes. — 8 — 1 . Dapedius politus de la Bêche. D. peu élevée, plus haute dans sa partie antérieure. Lias : Lyme Pvegis. 2. Dapedius cdtivelis Agass. D. très-élevée dans sa partie antérieure. Gisement inconnu. Structure jurassique. 8^ genre. Semionotus Agass. Vol. I. Tab. Cf. 3. D. longue, commençant un peu en avant des V. , s'étendant jusque vis-à-vis de l'A. ; P. médiocres 5 Y. petites; A. pointue, allongée; C. fourchue; lobe supérieur plus grand , cependant formé de rayons insérés tous sur la dernière vertèbre caudale , paral- lèles entr'eux. Les écailles seulement se prolongent sur les rayons externes du lobe supérieur, qui sont les plus grands de la caudale, tandis que dans les Palœoniscus, ils deviennent de plus en plus courts. De petits rayons sur les rayons externes antérieurs des nageoires. 1. Semionotus leptocephalus Agass. Tête allongée. Lias : Boll. 2. Semionotus Bergeri Agass. (Palceoniscum arenaceum Berger : Verst. der Roburger Gegend tab. i, f. i.). Plus large, écailles plus grosses. Keuper : Robourg. N'est-ce pas plutôt un grès du Lias? 3. Semionotus latus Agass. Corps élevé, trapu. Lias : Seefeld. 4- Semionotus S pi x i A^ass. Esp. du Brésil, à examiner plus exactement. 9' genre. Lepidotus Agass. Vol. I. Tab. C. f. 4. D. opposée au commencement de l'A., de même forme que celle-ci; C. fourchue, lobe supérieur un peu plus grand; P. et V. médiocres. De petits rayons sur le bord antérieur de toutes les nageoires. Dents obtuses. 1. Lepidotus Gigas Agass. (Cj^prinus elvensis de Bl). Jusqu'à deux et trois pieds de long. Forme de la carpe. Dos et ventre bombés. Ecailles à bords entièrement lisses, aussi larges que hautes. Lias : Boll. Elve (Aveiron). Northampton. 2. Lepidotus latissimus Agass. Au Musée de Paris il y a quelques écailles de plus d'un pouce de diamètre, dont la surface est légèrement concave , et qui paraissent provenir d'une espèce différente du L. Gigas. Lias d'Angleterre. 3. Lepidotus umboîiatus A^ass. D'autres écailles de la collection de M. Régley sont rehaussées sur le milieu. 4- Lepidotus frondosus A^diss. Ecailles sculptées sur leur bord antérieur. Ce poisson est très large dans sa partie antérieure. Lias : Zell près de Boll. — 9 — 5. Lepidotus omatus Agass. Rayons divergens sur les l)ords postérieurs des écailles. Lias : Seefeld. Wurtemberg? 6. Lepidotus radiatus Agass. Ecailles fortement sillonnées sur toute leur surface ; les sillons se dirigent vers un centre commun. Gisement inconnu: mais les écailles ont la structure des espèces jurassiques. 7. Lepidotus subdenticulatus Agass. Ecailles dentelées dans la partie inférieure de leur bord postérieur. Hastingssand : Ilastings. 8. Lepidotus undatus Agass. Bord postérieur des écailles évasé, terminé en pointe aiguë dans l'angle inférieur. Gisement inconnu. Structure jurassique. 9. Lepidotus unguiculatus Agass. Quelques onglets au bord postérieur des écailles. Sohlenliofen. Envisagé par plusieurs naturalistes comme un saurien, appelé Lepido- saurus par H. de Meyer. Un géologue a pris ses écailles pour des algues. 10. Lepidotus minor Agass. Ecailles petites, à bord entièrement lisses. Portland et Stonesfield. 11. Lepidotus Mantelli K^p^ss. (Mantell, Tilgate forest tab. V. f. 3, 4? ^^ ^t 16, pag. 58.). Ecailles très-grandes, plissées dans la partie antérieure de l'émail, quel- quefois même jusqu'au bord postérieur. Grès vert : Tilgate forest. 12. Lepidotus f^i/ieti A^ass. Mêmes dimensions ; écailles lisses. Grès vert de Morée. i3. Lepidotus striatus Agass. Ecailles striées obliquement. Grès vert : Vaches noires. N'est-ce point un Semionotus? i4- Lepidotus Maximiliani K^diss. Cale, grossier de Paris. Il se pourrcdt bien que quelques espèces, parmi celles dont je n'ai vu que les écailles, n'appartinssent pas à ce genre. 10^ genre. Pholidophorus Agass. Vol. I. Tab. Cf. 2. Corps allongé. D. opposée aux V., petite; C. fourchue , à lobes égaux. Ecailles s'étendant un peu sur la base du lobe supérieur. Dents en brosse. 1 . Pholidophorus Umbatus Agass. Ecailles frangées à leur bord postérieur. Corps très-allongé. Lias : Lyme Régis. 2. Pholidophonis dorsalis Agass. Caractérisé par de longs chevrons sur le bord du premier rayon de la dorsale. Lias : Seefeld. 3. Pholidophonis latiusculus Agass. Plus court; écailles plus grandes. Seefeld. 4. Pholidophorus pusillus Agass. Ecailles très-petites. Seefeld. 5. Pholidophonis microps Agass. Tête petite; écailles en scie fine à leur bord postérieur, plus hautes que larges. Sohlenhofen. ToM. II. 2 — 10 — M. Walchner a trouvé dans le Lias de l'Oberland badois des fragmens d'une sixième espèce de Pholidophorus. 1 1 ' genre. Microps Agass. Vol. I. Tab. C. f. 5. Ne diffère du genre Pholidophorus que par la forme entièrement régulière des écailles à la base de la G. Dents en brosse. I. Microps furcatus A^SiSS. Lias : Seefeld. 12" oeiu-e. NoTAGOGus Agass. Vol. I. Tab. Cf. I. Rayons des osselets interapophysaires du dos formant deux nageoires distinctes. Dents en brosse. 1. Notagogus Zieteni A^ass. Corps très-large et court. Sohlenhofen. 2. Notagogus Pentlandi A^^ss. Corps allongé, étroit. Naples : Torre Orlando. 3. Notagogus latior Agass. Plus large, ventre formant une saillie. Même localité. 2' famille. SAUROIDES. Les genres à queue prolongée dans le lobe supérieur de la C. (les hétérocerques) ont vécu avant le dépôt des terrains jurassiques ; ceux à C. régulière (les homocerques), plus tard. Cette famille n'est représentée dans la création actuelle que par deux genres, les Lepidosteus et les Polypterus. \" genre. Pygopterus Agass. Vol. I. Tab. D. f. 3. A . très-allongée j D . opposée à l'intervalle entre l'A . et les V . . La mâchoire supérieure déborde l'inférieure. De petits rayons le long des rayons extérieurs des nageoires. 1. Pjgopterus Humboldti A^SiSS. (Palœothriss. magnumdeBlainv.-Wolfart.tab. i8 et 19. — EsoxeislebensisRriiger). C. grande^D. très-élevée dans sa partie antérieure ^ P. portant un gros rayon au bord antérieur. Ecailles proportionnellement petites. Le plus grand et le plus beau des poissons fossiles du Zechstein : Mansfeld. Nendershausen. Riegelsdorf. 2. Pygopterus Liicius Agass. Une tête seulement, dont la mâchoire supérieure est plus allongée. Houille : Saarbriick. 3. Pjgoptems scoticus Agass. (Geol. Trans. 2' ser. vol. 3, pi. 10 et 11, sans nom. Nemopteryx mandibularis Ag. ou Sauropsis scoticus Ag. dans un précédent X catalogue). P. à rayons très-déliés et à articulations nombreuses^ D. plus courte. Magnesian Limestone : East-Thickley. — n — 4. PY^opterua Bonnardi Agass. Un fragment du tronc avec l'anale, dont les ver- tèbres sont plus grosses que dans les espièces du Zechstein. Muse près d'Autun. 2" genre. Acrolepis Agass. Vol. I. Tab. D. f. I. A. courte. Chacpie écaille surmontée d'une quille. I. yicrolepis Sedgwicki A^ASS. (Geol. Trans. -2." ser. vol. 3, pi. 8.). Magnesian. Limestone : East-Tliickley. 3° genre. Ptycholepis Agass. Yol. I. Tab. D. f. 2. Ecailles plus longues que hautes, plissées longitudinalement. P. arrondies. Le reste encore inconnu. I. Ptydiolepis bollensis Agass. Lias : Boll. 4" genre. Sauropsis Agass. ^ Vol. I. Tab. D. f. I. Vertèbres très-courtes et très-nombreuses. Ecailles très-petites et très-nonil)reuses. Rayons de toutes les nageoires très-rapprochés. A. allongée j D. opposée au commen- cement de l'A.. 1. Sauropsis longimanus Agass. P. très-allongées, pointues. Corps allongé, tout d'une venue. Solilenhofen. 2. Sauropsis latus Agass. Apophyses épineuses plus courtes; os interapophysaires plus longs. Lias : Wurtemberg et Baden. La f. 2. tab. i. de l'ouvrage de Berger, sur les fossiles de Roburg, me paraît être un fragment de Sauropsis. 5^ genre. Pachycormus Agass. Vol. I. Tab. E. f. I. • Vertèbres ordinaires. P. grandes; D. opposées aux V.. Corps renflé dans sa partie moyenne. I. Pachycormus furcatus Agass. Queue très-grande, fourchue; tête petite propor- tionnellement. Solilenhofen. — 12 — 2. Pachj cormiis macropterus A^ass. (Elops macropterus de Bl.) P. et tête pro- portionnellement beaucoup plus grandes. Lias : Beaune en Bourgogne. 3. Pachy connus gracilis Agass. (Uraeus gracilis Ag. catal.). Queue plus allongée. Lias : Wurtemberg. 6° genre. Thrissops Agass. Vol. I. Tab. E. f. 2. Forme de hareng j écailles grandes et très-minces. D. petite, opposée à l'A. qui est très-longue; C. fourchue. 1. Thrissops salmoneus Agass. (Clupea salmonea de Bl.). Corps étroit, tout d'une venue. Tous les os sont grêles. Sohlenhofen. 2. Thrissops fonnosus Agass. (Alosa formosa Agass. dans un précédent catalogue). Osselets interapophysaires très-allongés, donnantau dos une forme voûtée. Sohlenhofen? 3. Thrissops micropodius A^ass. (Esox incognitus de Bl.). P. courtes. Gisement inconnu. Structure jurassique. 7' genre. Ur^us Agass. Vol. I. Tab. E. f. 3. Grande D. opposée aux V.; P. grandes 5 C. fourchue. Tête grande. Mâchoires très-grandes, armées de grosses dents coniques, alternant avec de plus petites en brosses. Apophyses épineuses des veitèbres caudales fortement inclinées et rapprochées des corps de vertèbres. 1. Urœus nuchalis Agass. Nuque voûtée, portant des écailles plus grandes que les autres parties du tronc. Corps se rétrécissant vers la queue. Sohlenhofen. 2. Urœus pachjurus Agass. Queue épaisse. Corps tout d'une venue. Sohlenhofen. 3. Urœus macro cephalus Agass. (Pholidophorus macrocephalus Agass. dans un précédent catalogue). Tête grande 5 corps trapu. Ecailles d'égale grandeur partout. Sohlenhofen. 4. Urœus microlepidotus A^diss. Tête très-grande 5 écailles beaucoup plus petites proportionnellement que dans les autres espèces. Sohlenhofen. 5. Urœus macrurus Agass. Petit poisson à queue proportionnellement très-grande et très-fourchue . Sohlenhofen . — 15 — 8" genre. Leptolepis Agass. Vol. i.Tab. E. f. 5. Ecailles très-minces. D. opposée aux V.; C. fourchue. Gueule fendue. Pièces opcr- culaires larges. Subopercule grand; ce qui prouve que ces poissons ne sont pas des harengs, comme de Blainville Tavait supposé. Dents en brosse, en avant des mâ- choires -, de plus grosses dans leur partie postérieure. 1 . Leptolepis Bronni Agass. Petit poisson dont les os des vertèbres sont extrê- mement grêles. Corps court, proportionnellement aux dimensions de la tête. Lias : Neidingen. Caen : Amayé sur Orne. 2. Leptolepis Jœgeri Agass. Court, trapu et large. Corps des vertèbres plus gros. Lias : Boll. 3. Leptolepis longus Agass. Plus long. Lias : Boll. 4. Leptolepis tenellus Agass. Lias de l'Oberland badois. Apophyses et corps des vertèbres très-grêles. 5. Leptolepis sprattiformis Agass. (Clupea sprattiformis de Bl.) Forme de l'anchois. Gueule grande. Petit poisson grêle, à dorsale assez allongée. Sohlenhofen. 6. Leptolepis Knorri Agass. (Clupea Knorrii de Bl.) Elancé. Gueule plus petite. D, grande; C. grande et moins fourchue. Sohlenhofen. 7. Leptolepis dubius Agass. (Clupea dubia de Bl.) Corps large. D. étroite ; C. petite. Le Clupea Davilei de Bl. appartient peut-être aussi à ce genre, mais je n'ai pu en retrouver l'original. 9" genre. Megalupus Agass. Vol. I. Tab. E.f. 4. C. très-grande et arrondie; D. opposée à l'intervalle entre les V. et l'A.. Nageoires arrondies; laC. surtout, qui a des rayons grêles et allongés. Tête grande. Mâchoires armées de grosses dents coniques, entremêlées de plus petites. I. Megalurus lepidotus k^diss. Ecailles grandes. Sohlenhofen. Le genre Macropoma Agass. Quoique je n'aie pas vu d'exemplaires de l'Amia lewe- siensis de Mantell et que je ne la connaisse que par la figure qu'il en a donnée, je crois cependant que ce poisson constitue un genre particulier voisin du Megalurus, et que je propose d'appeler Macropoma. — 14 — 10" genre. Saurostomus Agass. Une mâchoire inférieure allongée, armée d'une longue série de dents triangulaires, comprimées et tranchantes, ne peut provenir que d'un poisson différant génériquement de ceux qui précèdent, mais qui appartient certainement à cette famille. I. Saurostomus esocinus Agass. Lias : Oberland badois. Il faut peut-être aussi rapporter à ce genre quelques mâchoires figurées dans les Geol. Trans. i" sér. , v. 2. t. 4? et un poisson de la collection du comte de Munster cité dans un précédent catalogue comme une Sphyrène. N'ayant point examiné moi-même les mâchoires de Sarigue de Stonesfield, il m'est encore permis de demander si elles n'appartiennent point à un genre de la famille des Sauroïdes. 11" genre. Aspidorhynchus Agass. Vol. I. Tab. F.f. I. Corps très-allongé j mâchoire supérieure prolongée en un long bec qui dépasse la mâchoire inférieure. P. et V. arrondies j D. très-reculée et opposée à l'A; C. fourchue. Ecailles plus hautes que longues, surtout dans la partie moyenne. H y a également des dents à la partie supérieure du bec qui dépasse la mâchoire inférieure. 1. Aspidorhjnchus fVal chneri A^ass. Mâchoire inférieure très-courte et beaucoup plus grosse que la supérieure dont le bec est très-grêle. Lias : Oberland badois. 2. Aspidorhjnchus acutirostris A^slss. Mâchoire supérieure du double plus longue que l'inférieure. Poisson très-grand. Sohlenhofen. 3. Aspidorhjnchus teriuirostris A^ass. (Belonetenuirostris Agass. dans un précédent catalogue.) Mâchoire supérieure à peine d'un tiers plus longue que l'inférieure ; bec plus grêle. Sohlenhofen. Î\I. le comte de Munster m'a envoyé récemment un grand nombre d'esquisses de poissons fossiles , parmi lesquels il y a plusieurs espèces nouvelles, et les types d'un ou deux genres de cette famille qui ne sont pas encore mentionnés dans ce tableau. Je les ferai connaître plus tard , lorsque je les aiu-ai examinés plus exactement. "^ — lo — 3' famille. PYCNODONTES. Cette famille n'a plus aucun représentant dans la création actuelle. Par analogie je suppose un lobe supé- rieur de la caudale allongé et vertébré dans les genres qui sont antérieurs au Jura-, mais je n'en connais encore que des dents. 1" genre. Pla.codus Agass. Dents polygones, à angles arrondis, dont la surface est aplatie et entièrement lisse. Rangé par induction dans l'ordre des Ganoïdes; car je n'ai jamais vu les écailles d'aucun poisson de ce genre. 1. Placodus impressiis Agass. Un enfoncement sur le milieu des dents. Grès bigarré : Deux-Ponts. 2. Placodus Gigas Agass. (Brochure du comte de Munster sur les dents de poissons fossilesdu Musclielkalk de Bayreuth.) Dents à surfaces planes. Muschelkalk : Bayreuth. 2° genre. Sph.erodus Agass. Vol. I. Tab. G. f. 2. Dents complètement hémisphériques. Corps aplati. D. et A. longues, opposées l'une à l'autre, atteignant prescpie la C. qui est fourchue. Les dents de ces poissons sont vulgairement appelées Bufonites. Quelques natura- listes les rapportent au genre Anarrhichas ; d'autres en font des Spares , ou des Labres. 1. Sphœrodus minimus Agass. Partie moyenne de la dent saillante. Tubingen. 2. Sphœrodus Gigas A^diss. (Mercatide Bufonite, p. i84)- Dents très-larges , peu élevées, émail mince. Jura super. : Suisse. 3. Sphœrodus rhomboïdalis Agass. (Microdon Gigas Agass. dans un précédent catalogue). Dents ii-régulièrement arrondies, de moyenne grandeur. Sohlenhofen. 4. Sphœrodus crassus A^ass. (Faujas tab. 19. f. 3. 5. — Burtin tab. i. T.). Même forme de dents que le Sphaerodus Gigas ^ émail du double plus épais. Craie : Belgique. 5. Sphœrodus mammillaris Agass. Dents petites, élevées et légèrement resserrées à leur base. Craie : Lewis. 6. Sphœrodus oculus serpeniis Agass. Dents plutôt en cônes qu'en hémisphères. Tertiaire : Aix. 7. Sphœrodus parvus k^diSS,/{ys^o\iaYiidi\). 21., n° 21, 22, 23, 24, 25?). Dents petites, semblables à celles du Sph. mammillaris, mais dont le sommet est excentrique. Tertiaire : Lonjumeau. Hesse? — 16 — 3^ genre. Gyrodus Agass. Dents à surface irrégulièrement sillonnée. 1. Gjrodus jurassiens Agass. Dents à sillons arrondis. Jura super. : Soleure. 2. Gfrodus Ciwieri Agass. Dents à sillons aplatis. Jura moyen : Boulogne sur mer. 3. Gjrodus Umbilicus Agass. Dents ayant entre les sillons un enfoncement sur leur milieu. Gale, de Caen. Baden. 4- Gjrodus runcinatus Agass. Dents légèrement arquées, sillons granuleux; le sillon principal suit la courbure de la dent. Gisement inconnu. 5. Gjrodus minor Agass. (Phillips, Geol. of York). Dents petites, à sillons nom- breux, très-rapprachés. Speeton Glay : Yorkshire. ¥ genre. Microdon Agass. Vol. I. Tab. G. f. 3. Corps aplati, très-élevé, court, et comprimé. D. et A. très-longues et opposées l'une à l'autre, prolongées jusqu'à la base de la C. qui est fortement écliancrée et fourchue. Petites dents aplaties, anguleuses, sur plusieurs rangées. 1. Microdon hexagonus Agass. (Stromateus hexagonus de Bl.) Forme du tronc hexagonale. Sohlenhofen, 2. Microdon abdoniinalis Agass. Cavité abdominale plus allongée, mais moins élevée. Corps des vertèbres moins haut. Sohlenhofen. 3. Microdon analis Agass. Cavité abdominale saillante, insertion de l'A. droite. Sohlenhofen. 4- Microdon platurus Agass. Portion caudale très-courte*, insertion de l'A. et de la D. presque perpendiculaire. Sohlenhofen. 5. Microdon elegans Agass. Partie antéi'ieure de la D. et de l'A. très-élevée. Sohlenhofen. 5* genre. Pycnodus Agass. Vol. I. Tab. G. fig. I. Partie antérieure du corps tronquée ou renflée, partie postérieure plus allongée. C. légèrement écliancrée. Dents plus ou moins allongées, bombées, à surface lisse. 1 . Pjcnodus uinbonatus Agass. Un enfoncement sur le milieu de la surface bombée des dents. Jura moyen : Yorkshire. Normandie. 2. Pjcnodus Bucklandi Agass. (Prévost, an. des se. nat. tab. 4- pl- i8, n" i8.). Dents presque arrondies ou ovales. Stonesfield. Cale, de Caen. — 17 — 3. Pjcnodus Gigas Agass. (Traite des pétrifications tab. 57. n" 396.). Dents du donble plus larges que longues, fortement bombées. Jura super. : Suisse. 4. Pfcnodus niicrodon A^ass. (MantcU Tilg. for. tab. 17. f. 266127.). Dents très-allongées. Tilgate forest : Sussex. 5. Pyciwdus Hugii Agass. Dents petites. Jura supérieur : Soleure. G. Pjcnodus depressus Agass. Surface légèrement déprimée. Craie : Gand. 7. Pjaiodus latior A^SLSS. (Faujas tab. 19. f. 2.). Dents une fois et demie plus longues que larges. Craie : Belgique. 8. Pjcnodus subclavatus Agass. (Faujas tab. 18, f. 8.). Dents plus larges d'un côté que de l'autre. Craie : Mont, de Maëstricbt. 9. Pjcnodus an gustus A^ass. (Faujas tab. 19. f. 4-)- Dents étroites , légèrement arquées. Craie : Kent. Maëstricbt. 10. Pjcnodus orbicularis A^ass. (Diodon orbicularis Volt. tab. 4o. — Palœobalistum orbiculatum de Bl. ). Gros poisson qui a des dents dont les extrémités sont très-arrondies et un peu arquées. Mte. Bolca. 1 1 . Pycnodus Platessus Agass. (Corypbœna apoda Volt. tab. 35. f. i . et 2.). Corps moins élevé que dans les autres espèces; dents petites. Mte. Bolca. b gibbus\ c 01 bis Agass. jeunes. Les Pycnodus antérieurs à la craie ont des dents symétriques; ceux de la craie et des terrains postérieurs les ont plus étroites d'un côté et souvent arquées. 4' fam. 6YMN0D0NTES Cuv. Les espèces de ceUe famille appartiennent à des genres de la création actuelle; il n'y a qu'un genre qui en compte des fossiles. I"' genre. Diodon Lin. Corps orbiculaire, allongé ou sphérique, tout recouvert de piquants. I. Diodon tenuispinus A^ass. (Volt. tab. 8. f. 2 et 3.) Piquants grêles. Mte. Bolca. 5° fam. SCLERODERMES Cuv. Les espèces de cette famille appartiennent à des genres de la création actuelle; il n'y a qu'un genre qui en compte des fossiles. <• 1^' genre. Ostracion Lin. Corps carré, triangulaire ou pentagone, recouvert de grosses plaques bexagones. I. Ostracion micmnis A^asa. (Volt. tab. 42.)- Mte. Bolca. ToM. II. 3 — 18 — 6' fam. LOPHOBRANGHES Cuv. Parmi les espèces fossiles , il y en a une qui constitue un genre éteint ; les autres se .rapportent à des genres dont* les espèces vivantes sont nombreuses. /jer genre. Calamostoma Agass. Corps court. Dorsale commençant immédiatement à la nuque. Tube des mâchoires étroit. I. Calamostoma breviculum Agass. (Volt. tab. 5. f. 3.). Mte. Bolca. 2" genre. Syngnathus Cuv. Corps très-allongé ^ tube des mâchoires très-long , terminé par une petite bouche , dont la mâchoire inférieure est perpendiculaire. D. sur le milieu du dos. Queue ter- minée par une petite nageoire arrondie. I. Syngnathus opisthopterus A^ASS. (Volt. tab. 58. f. i.). Mte. Bolca. — 19 — CHAPITRE II. DU GENRE ACANTIIODES: Ce genre est peut-être le plus singulier de tous ceux qui ont disparu de la surface du globe. Il appartient à la famille des Lépidoïdes, et quoiqu'il ne nous en reste que des empreintes bien incomplètes, elles suffisent cependant pour reconstruire cet animal et rétablir ses formes et ses proportions. Comme cliezles Palaeoniscus et les Amblypterus, dont il se rapproche le plus , son corps est entièrement recouvert de plaques rliomboi- dales, mais qui sont si petites qu'on peut à peine les distinguer à l'œil nu 5 la peau présente alors tout au plus l'aspect d'un chagrin très-fm. Sa forme générale est à peu près celle d'un Palœoniscus, avec cette différence que la tête est plus grosse, qu'elle paraît dépi'imée, et que c'est la mâchoire inférieure qui est proéminente. L'abdomen est très-gros et pendant ; les plaques qui le recouvrent deviennent insensiblement plus petites vers le milieu du ventre et semblent enfin disparaître en dessous. La queue, relevée comme dans les Palaeoniscus et les Esturgeons, se termine également en un lobe supérieur allongé, recouvert d'écaillés dans son bord supérieur, et dont les rayons sont insérés sur ime série de petites vertèbres qui s'étendent jusqu'à l'extrémité de cette partie de la queue. Le lobe inférieur est plus large, mais plus court et plus petit. Ce qui caractérise surtout ce genre , et ce qui , outre la petitesse des plaques , son gros ventre et la mâchoire inférieure proéminente, le distingue essentiellement des Palîeoniscus , c'est la nature et la disposition des nageoires, La caudale dont nous avons déjà parlé, est formée d'une série innombrable de rayons simples, très-grêles, dont les plus longs forment son lobe inférieur, et qui vont en diminuant vers l'extrémité du lobe supérieur. Les autres nageoires, c'est-à-dire, les pectorales, la dorsale et l'anale, ont cela de commun que leur bord antérieur est soutenu par un gros rayon simple qui s'étend jusqu'à l'extrémité de la nageoire et qui lui sert de point d'appui^ il est précédé d'un autre rayon simple plus petit et plus court. Les ventrales manquent entièrement. La dorsale est très-reculée et très-rapprochée de la caudale; l'anale est un peu plus en avant.. Ces deux nageoires paraissent avoir la même forme. Les pec- torales sont les plus grandes de toutes les nageoires ; elles sont placées sur les côtés et vers le bas de la tête. Yoyez la Tab. A. du premier volume. Je ne connais encore qu'une seule espèce de ce genre, que j'ai nommée Acanthodes Bronni. — 20 — I. AcANTHODES Bronni Agass. Vol. 1. Tab. I. Dansle Zeitschnftfnr Minéralogie de Leonhard et Brorm, 1829, vol. 2, pag. 483. , Bronn cite ce poisson comme un Acanthoptérygien. — Dans le 2' caliier de 1882 du même journal, je l'ai désigné à la page 149 sous le nom d'Acanthoessus Bronnii, que je crois convenable de changer en Acantliodes. Les plus beaux exemplaires de cette espèce que j'aie vus jusqu'ici, se trouvent dans la collection de 31. le professeur Bronn à Heidelberg^ ce sont les originaux de mes dessins; j'en ai vu plusieurs autres , également bien conservés, dans le comptoir miné- ralogique de la même ville. Tous ont été trouvés à Bœrscliweiler près de Saarbriick, avec plusieurs centaines d'Amblypterus macropterus, dans des boules de fer oxydé carbonate. Les deux plaques que j'ai fait figurer (vol. 2. tab. i.) se complètent mutuellement. L'individu de la fig. i paraît avoir conservé sa position naturelle, mais l'extrémité de la caudale et la tête entière lui manquent. L'autre (f. 2.), au contraire, est arqué ver- ticalement dans sa partie postérieure; il a la tête tellement contournée, qu'elle se présente par sa face inférieure ; des deux pectorales que l'on voit par dessous , celle de gauche est au dessus de celle de droite. Cette position confirme l'opinion énoncée dans les caractères du genre, que la tête est déprimée et que c'est le bord proéminent de la mâchoire inférieure qui termine le contour semicirculaire antérieur de cette em- preinte. L'interruption de la ligne latérale, dans la partie où le corps paraît être ployé sur lui-même ; un pli dans la peau au même endroit ; l'extrême petitesse des plaques dans l'espace entre les rayons épineux et le pli cité ; le rapprochement des deux pecto- rales de la dorsale et de l'anale ; leur position en avant et entre ces deux dernières ; enfin, la continuité du bord de la tête; tout cela confirme cette manière de voir, sur laquelle il est indispensable de s'entendre d'abord pour apprécier exactement les rapports des parties entr'elles, et pour comprendre comment il se peut que ces deux empreintes représentent la même espèce. Je ne saurais donner une idée plus nette de la forme de ce poisson, qu'en plaçant sur le corps du Silurus Glanis, les nageoires que je viens de décrire et la peau chagrinée de certains Balistes. L'épaisseur du corps en arrière des pectorales est à peu près égale à la distance qu'il y a entre l'extrémité de l'anale et de la dorsale , lorsqu'elles sont dressées. La distance des pectorales à l'anale est à peu près égale à celle entre l'insertion de l'anale et l'extrémité du lobe inférieur de la caudale ; car les deux exemplaires figurés ayant la même taille, l'un peut servir de point de comparaison pour l'autre. La tête paraît de la longueur du gros rayon pectoral ; l'épaisseur de la queue entre la dorsale et la caudale — 21 — égale la longueur du gros rayon anal. Les nageoires pectorales, la dorsale et l'anale, paraissent toutes avoir la même forme, c'est-à-dire que, soutenues en avant par de forts rayons simples et articulées par une base étroite , elles se dilatent d'abord et vont ensuite se terminer en pointe arrondie. Devant cbacun de ces gros rayons, chacune des nageoires en a un plus faible et plus court, mais également simple, qui en aug- mente la force. Dans la dorsale de l'exemplaire fig. i. l'on distingue parfaitement bien des osselets interapopliysaires ; ce qui permet de supposer à ce poisson un squelette osseux. Au reste les nageoires paraissent avoir été entièrement adipeuses, ou bien sem- blables à celles de certains Hétérobranches qui ont une nageoire fibreuse , ou bien enfin les rayons poux-raient avoir disparu en se pétrifiant. Ce qui pourrait le faire présumer c'est que, dans la pectorale de gauche du poisson fig. 2, on voit quelques traces de rayons. Le lobe inférieur de la caudale (f. 2. ) est parfaitement conservé : on y voit distinc- tement les rayons simples et innombrables dont elle est composée; ils sont tous articulés, et cela si fréquemment qu'ils paraissent être composés d'une série de petites plaques, semblables à celles du corps. C'est une structure semblable des rayons, qui a fait dire, en général, des Palaeoniscus , que leurs nageoires sont écailleuses. Les rayons du lobe supérieur sont si fins et si rapprochés, qu'à peine on peut les distinguer. Ce n'est que par analogie que l'on peut conclure la longueur de ce lobe, qui n'est entier dans aucun des individus que j'ai eu occasion de voir. Le croissant qui borde la partie antérieure de la fig. 2 est certainement l'empreinte de la mâchoire inférieure ; mais toute la tête est trop mutilée pour qu'on puisse dé- terminer la forme de ses autres parties. Je ne saurais indiquer quelle est la nature des écailles de la ligne latérale, puisque je n'en trouve pas une seule, par où elle passe, assez bien conservée pour cela; mais l'empreinte qu'elles ont laissée est assez distincte pour pouvoir en indiquer la direction. Elle s'étend sur le côté du poisson tout le long du corps , parallèlement au dos dont elle est un peu plus rapprochée que du ventre. Les écailles du reste du corps (fig, 3.) sont de petites plaques rhomboïdales et presque carrées, disposées par rangées obliques, de manière à former autour du corps du poisson des ceintures transverses, dirigées d'avant en arrière , depuis le dos vers la partie inférieure de l'abdomen. Ces plaques ont à leur surface extérieure une légère impres- sion centrale, qui les fait paraître concaves. Cette forme résvdte de ce que chaque nouvelle lamelle dont une semblable plaque est composée , déborde les précédentes par son bord renflé et qui est plus relevé que dans les antécédentes. L'empreinte que laissent les çcailles sur la pierre est parfaitement lisse et légèrement concave. Lorsque les lamelles les plus anciennes d'une plaque se détachent des nouvelles, il en résulte un 22 creux plus profond sur le milieu de chaque plaque : elles se vident quelquefois entière- ment de cette manière. 11 ne reste alors de chaque plaque, que la dernière lamelle avec ses bords relevés et qui , réunis à ceux des voisines , forment des cellules semblables à celles d'un rayon de miel. 31. Hermann de 31eyer m'a communiqué l'esquisse d'un poisson fossile du Musée de Bonn, que lui a fait voir Goldfuss, et qui est certainement aussi mon Acanthodes Bronni. Il provient des mines houillères de Lebach près de Saarbrûck, et gît dans une boule de fer oxydé carbonate. Il en existe aussi un exemplaire dans le Musée de Francfort. Dechcn dit qu'il se trouve aussi à Liège dans les couches inférieures de la houille. Declien,dan§ la traduction du Manuel géologique de de la Bêche, suppose que ce poisson a quelque analogie avec les Chipes. Je ne sais trop sur quoi repose cette assertion , car il n'existe pas de genre dans toute la classe des poissons avec lequel l'Acanthodes ait moins de ressemblance. En général, on verra figurer comme synonymes, dans le cours de cet ouvrage, des poissons fossiles de presque toutes les familles et des genres les plus différens, cités jusqu'ici indistinctement sous les noms de Clupea, Cyprinus, Esox et Perça, quelquefois même des individus d'une seule espèce mentionnés en même temps dans plusieurs genres. La fig. I. tab. A. du i" vol., faite d'après tous les exemplaires que j'ai examinés et rapportés les uns aux autres en les réduisant aux mêmes dimensions, peut donner une idée de ce qu'a du être ce poisson. Au reste, il n'y a rien dans sa structure qui puisse le faire prendre pour un Acanthoptérygien , comme l'a fait Bronn (l. c). Car si la présence d'un seul gros rayon dans l'une ou l'autre des nageoires suffisait pour faire ranger un poisson parmi les Acanthoptérygiens , il n'y aurait pas de famille dans toute la classe qui ne comptât quelque genre de cette division, pour peu que l'on voulût suivre rigoureusement une méthode basée sur cette considération. Mais c'est en attachant ainsi une arande im- portance à l'organisation d'une partie peu essentielle que l'on rompt toutes les affinités naturelles. C'est par cette raison aussi que les systèmes zoologiques, actuellement en vogue, pour toutes les classes du règne animal, s'accordent si peu avec la succession des fossiles dans la série des formations, et masquent constamment les lois de cette succession. Je crois déjà entrevoir une réforme complète de cette partie des sciences naturelles ; quoique je sois encore bien loin de pouvoir développer en détail mes idées sur ce sujet. Je m'attends déjà à une vive opposition contre les principes que j'ai posés pour la classe des poissons-, en définitive, il en jaillira plus de lumière sur une matière que je ne prétends pas même avoir épuisée dans ma spécialité. 25 CHAPITRE II] DU GENRE CATOPTERUS. Ce qui caractérise surtout ce genre , c'est la grandeur de la dorsale qui est opposée à l'anale ; puis la position reculée de ces deux nageoires qui sont très-rapprochées de l'extrémité de la queue. La structure de la caudale n'est pas un caractère qui lui soit particulier. On retrouve la même disposition dans tous les poissons de l'ordre des Ganoïdes antérieurs aux dépôts jurassiques, savoir, dans les genres : Acanthodes, Amblypterus, Palasoniscus , Platysomus, Pygopterus et Acrolepis. Il n'est pas exact non plus de prétendre que tous les rayons sont sur le côté inférieur de la queue, et qu'il n'y a rien d'analogue parmi les poissons vivans, excepté dans les genres Lepi- dosteus et Acipenser. Il est vrai que tous les rayons du lobe inférieur de la caudale sont articulés sur l'extrémité des apophyses épineuses inférieures j d'un assez grand nombre des dernières vertèbres caudales; mais les rayons du lobe supérieur sont articulés sur de petits osselets particuliers, qui sont des vertèbres peu développées et insérées en série oblique le long de l'apophyse épineuse supérieure de la dernière vertèbre régu- lière; comme cela a lieu non seulement dans le Lepidosteus, mais encore parmi les poissons bien connus, dans les genres Esox, Salmo, Thymalus, etc. Les apophyses épineuses supérieures qui correspondent à celles sur lesquelles sont articulés les rayons du lobe inférieur, ne portent point de rayons, ou bien seulement de très-petits accolés le long du grand rayon externe du lobe supérieur de la nageoire. Il n'est même presque aucun poisson qui ait un nombre égal de rayons dans le lobe supérieur et dans le ►lobe inférieur de la caudale. Voyez à cet égard le chapitre sur l'ostéologie des pois- sons, inséré dans le premier volume de cet ouvrage. Cuvier donne à ce genre une nageoire dorsale double, comme caractère distinctif des Palaeoniscus ; cependant il m'a été impossible de me convaincre de cette diffé- rence sur les pièces que j'ai examinées. J'ai cru voir au contraire que des rayons cassés dans la partie antérieure de la dorsale pouvaient seuls avoir donné lieu à la supposition d'une séparation en deux nageoires, dont les rayons seraient du reste de la même nature. Dans tous les cas, cette dorsale est beaucoup plus grande et surtout plus large que dans les Palseoniscus ; elle est de plus opposée à l'anale , tandis que dans les Palaeoniscus elle est opposée à l'espace qu'il y a entre l'anale et les ventrales. Les pectorales sont petites. La présence des ventrales est encore douteuse. — 24 — Tout le corps est recouvert d'écaillés rhomboïdales , émaillées, de moyenne grandeur. Je n'ai pu recueillir aucun document sur la structure de la tête. L'incertitude qui reste encore sur la présence de deux dorsales m'a fait préférer au nom générique Dipterus, proposé pour les poissons dont il s'agit, celui de Catop- terus qui désigne la position reculée de la dorsale et de l'anale^ ces nageoires étant plus rapprochées de la caudale que dans aucun autre genre de la famille. Jusqu'à présent je n'ai vu de ce genre que quelques fragments qui m'ont été com- muniqués à Paris par M. Pentland. L'examen que j'en ai fait m'a convaincu qu'ils doivent être rangés dans la famille des Lépidoïdes , qui , quoi qu'on en dise , n'a rien de commun avec les Malacoptérygiens , si ce n'est le plus souvent des rayons mous dans les nageoires. Mais cette distinction des poissons en Malacoptérygiens et en Acan- thoptérygiens comme divisions primaires n'est pas fondée sur des différences bien essentielles dans la structure du squelette , et elle rompt trop violemment les affinités naturelles pour que j'aie pu la conserver. Les écailles des Dipterus n'ont pas non plus la forme arrondie que Cuvier leur a donnée dans la figure restaurée qu'il en a esquissée (Geol. Trans. 2'= ser. vol. 3. tab. 14. f- 4-)' quoiqu'elles soient bien repré- sentées dans quelques-unes des figures qui l'accompagnent. J'ai cherché à le recons- truire d'après ce que j'en ai vu dans la tab, A. f. 2. du premier volume de cet ouvrage. N'ayant du reste rien à ajouter à ce qu'ont dit (dans leur mémoire sur la structure et les rapports des dépôts contenus entre les roches primitives et la série oolithique dans le nord de l'Ecosse) Sedgwick et Murchison sur ces fossiles, d'après les ren- seignements de Cuvier, Valenciennes et Pentland, je me bornerai à traduire leur description, en faisant remarquer cependant que je ne crois pas possible de distinguer quatre espèces, comme ils l'ont fait. Peut-être y en a-t-il deux, si les différences in- diquées dans la grandeur des écailles ne proviennent pas d'un changement dans leur position relative , par l'affaissement du corps suivant la position qu'il a prise dans la roche qui le contient. Les différentes plaques figurées dans le mémoire susmentionné me paraissent plutôt les différents âges d'une même espèce que je propose d'appeler Catoptenis analis. Yoici ce qu'en disent Sedgwick et Murchison, Geol. Trans. 1" ser. vol. 3. p. 125 et suivantes : u Lorsque l'attention des géologues se porta pour la première fois sur ces ich- )) thyolithes, on ignorait qu'on en eût trouvé des exemplaires dans d'autres carrières j) que dans celles de Banniskirk. Les auteurs de ce mémoire ont cependant depuis » lors découvert que de semblables débris sont abondamment, et on pourrait même » dire généralement, répandus dans les dépôts de Caithness , et que leur présence » n'est pas limitée à une seule couche particulière , mais qu'elle est caractéristique n pour cette vaste formation schisteuse , depuis les assises les plus élevées jusqu'aux 2o plus profondes. Dans les assises supérieures, les poissons ou leurs fragmcns se trouvent abondamment près de Uowburn Head, au nord de Tliurso, de même en divers lieux le long de la côte de Pentland Firtli, sur le revers septentrional de laquelle des couches contenant le même poisson, se prolongent jusqu'aux îles d'Orkney qui sont vis-à-vis. Sur une section transverse, dans l'intérieur de Caithness, ces ichthyolithes ont été successivement découverts dans les carrières de schistes de Widel, à trois milles au sud-est de Thurso, à Banniskirk, à Clythe, à Lybster, et enfin à Latheron Wheele , près de la base de cette formation. » On trouve ce poisson constamment dans des assises de schistes calcaires d'un gris foncé , très-bitumineux et micacé , dont les couches à Banniskirk et dans plusieurs des autres localités susmentionnées , recouvrent immédiatement les meilleures et les plus larges ardoises à couvrir les toits. En général, les débris de l'animal se dis- tinguent aisément de la roche qui les contient, par leur teinte plus foncée j mais à Banniskirk ils sont aussi remarquables parce qu'ils changent de reflet, lorsqu'ils sont exposés à l'air. Leur couleur ordinaire, qui est d'un gris foncé, passe alors à un bleu pourpré , comme cela a été remarqué déjà précédemment. Quant à leur composition chimique , ces ichthyolithes diffèrent sensiblement les uns des autres. La proportion de magnésie est très-faible ; la matière bleue du poisson est un phosphate de fer ; toute la pierre contient de l'acide phosphorique dans la pro- portion d'un quart pour cent, et un peu d'une matière carbonée et bitumineuse. Le fer étant un protoxyde, la cassure fraîche est noire \ mais en absorbant l'oxygène elle devient jaune, et le phosphate qui passe à un perphosphate devient bleu. Ainsi le poisson est distinctement dessiné en traits bleus sur un fond jaune. » Quant à la classification systématique de ces fossiles, M. le baron Cuvier nous a communiqué une description intéressante de ceux de Banniskirk, qui lui furent envoyés, en 1827, pour les examiner. » La voici : »» Pour décrire les caractères du poisson fossile, sur lequel M. Murchison m'a » demandé mon opinion, j'ai cherché à en tracer au complet les formes, en réunissant » les parties que j'ai vues dans les différens exemplaires. Le résultat de ce travail )) est l'esquisse de la tab. i5. f. 4-5 *ï*^i montre comme caractère essentiel une » caudale pointue dont tous les rayons sont insérés sur le côté inférieur de la queue. » Ce caractère se retrouve dans les poissons du schiste cuivreux de Mansfeld et d'Eis- » leben. Parmi les espèces vivantes je ne connais aucun poisson qui ait ce caractère, « excepté leLépisostée (EsoxosseusL.) et à un moindre degré l'Esturgeon (Acipenser); » mais comme ces poissons fossiles ont de fortes écailles , je les classerais plus volontiers » parmi les Lépisostées. Ils ne sont cependant pas du même genre, n'ayant pas un » museau aussi allongé. Les poissons de Mansfeld et d'Eisleben sont en conséquence, ToM. II. 4 _ 26 — » M à très-peu près, du même genre que ceux de Banniskirk , excepté que les derniers ont »» une nageoire dorsale double, tandis que ceux de Thuringe n'en ont qu'une simple » » qui est placée plus en avant. Il ne manque que les nageoires pectorales et les ven- »)) traies pour compléter la détermination de ces individus. On trouve bien quelques )))) restes des pectorales, mais je n'ai pas encore pu découvrir un seul vestige des «)) ventrales. Je suis cependant d'avis qu'elles sont placées assez loin des pectorales, )) » pour que ce genre soit de l'ordre des Malacoptérygiens abdominaux et par consé- »« quent analogue du Lépisostée. »» » Depuis que les exemplaires décrits ci-dessus ont été envoyés à Paris, on en a » découvert de plus parfaits. Les ayant examinés attentivement , MM. Valenciennes » et Pentland ont non-seulement confirmé l'opinion du baron Cuvier, mais encore ils y) nous ont mis à même d'ajouter les détails suivans : » Les poissons de Caithness appartiennent à l'ordre des Malacoptérygiens abdominaux » et forment deux nouveaux genres. On propose d'en nommer un Diptenis à cause de )) sa nageoii'e dorsale double. L'autre a été appelé Osteolepis. » On connaît les espèces suivantes de Dipterus : » La première et la plus commune (tab. 17. f. i. 2. 3.) est reconnaissable à son anale » qui est très-courte et qui ne dépasse pas la moitié de la longueur du lobe inférieur » de la caudale. Cette espèce, qu'on peut appeler D. bracJijpjgopteniSj paraît avoir » atteint parfois une grandeur considérable, car les écailles mesurent un peu plus d'un }) sixième de pouce. » Une seconde espèce (tab. i5. f. i. 2. (*) 3.) que l'on peut nommer Z>. macropj- » gopterusj égale par sa grandeur la précédente dont on la distingue cependant aisé- » ment par la longueur de l'anale qui se termine en pointe aiguë et se prolonge sous » la caudale presque aussi loin que son lobe inférieur. Les écailles de cette espèce sont » plus grandes que celles de l'espèce précédente 5 elles ont un quart de pouce de large. » Une troisième espèce semble n'avoir jamais atteint la grandeur des précédentes , » quoiqu'elle soit remarquable par les dimensions beaucoup plus consi'dérables de ses " écailles. La nageoire anale, quoique longue , n'égale pas celje du Dipterus macropy- >) gopterus, dont elle diffère aussi bien que du Dipterus bracliypygopterus par sa cau- » dale arrondie. » » Une quatrième espèce (tab. 16. f. i. 3.) qui est beaucoup plus petite, a été >i nommée D. Valenciennesii d'après l'observateur ingénieux qui, le premier, en a » découvert les caractères distinctifs. » » Parmi les fragmens il y a une plaque recouverte de grosses écailles , qui ne » montre aucune trace de la tête, ni des nageoires, mais qui présente, comme un autre (*) La fig. 2 est tournée sens dessus dessous Agass. 27 >i -exeniplaire (tah. iG. f. 5.) des débris qui paraissent avoir clé les os de la tète et des » opercules. D'après cela il est impossible de déterminer avec certitude si ces fragments )i sont d'un Dipterus. L'analogie cependant conduirait à cette conclusion ; car les écailles )) sont rondes , imbriquées et couvertes de granulations , caractères par lesquels ils res- » semblent au Dipterus. En attendant que de nouvelles observations fournissent des ma- » tériaux pour prononcer d'une manière définitive à quel genre ce poisson appartient, » il peut être nommé provisoirement D. macrolepidotus. L'exemplaire représente » tab. i6. f. 1. paraît être un jeune individu de la même espèce. » Cette dernière observation nous apprend donc, je pense, le nom de la troisième espèce mentionnée plus haut. J'ai fait copier les plaques les plus complètes de ces poissons, sur la tab. i. du vol. 2. La tig. I . représente le Dipterus macropygoptenis des auteurs susmentionnés \ la fig. 2. leurZ>. micropjgoptems; la fig. 3. leur Z). macrolepidotus, et la fig. 4- leur D. Va- lenciennesii. diï — 28 — CHAPITRE IV. DU GENRE AMBLYPTERUS. - A bien des égards les poissons qui forment ce groupe se rapprochent des Catopterus ; cependant ils en diffèrent essentiellement par la disposition des nageoires , et surtout par la position de la dorsale vis-à-vis le bord antérieur de l'anale et l'espace qu'il y a entre celle-ci et les ventrales. Ils ressemblent davantage encore aux Palaeoniscus par leur forme et par les rapports de position des nageoires entr'elles ; mais ils en diffèrent aussi par la structure de leurs rayons et par la conformation des nageoires dans leur ensemble. Bronn, qui en a décrit une espèce , l'a réunie aux Palœoniscus, parmi les- quels je rangeais aussi précédemment, dans mon catalogue manuscrit, les espèces que je connaissais alors. Des recherches ultérieures me les ont fait envisager comme le type d'un genre particulier, que je nomme AmbljpteruSj à cause de l'immense gran- deur relative de leurs nageoires, et dont j'ai tracé les caractères génériques vol. i. tab. A. f. 3. La succession des êtres, dans la série des formations, est un fait trop important pour qu'il ne faille pas insister sur toutes les circonstances qui peuvent nous mettre sur ses traces et nous en faire entrevoir la nature. Il n'est donc pas superflu de rappeler que ce genre n'existe plus dans la création actuelle, ni même dans les terrains tertiaires, crayeux ou jurassiques. Les Amblypterus ont en effet uhe organisation si singulière qu'on a de la peine à se familiariser avec leurs traits et à les rapporter à ce que l'on connaît des poissons; aussi ont-ils dû naître dans des circonstances bien différentes de celles qui régissent maintenant le monde. Ils paraissent être circonscrits dans le terrain houiller \ avec quelques Palaeoniscus qui , comme eux , ont des caractères tout parti- culiers. * Les Amblypterus ont le corps fusiforme , plus ou moins renflé sur le dos et entre les ventrales et les pectorales. La queue est courte et proportionnellement très-grosse; son extrémité se prolonge tout le long du lobe supérieur de la caudale , dont les prin- cipaux rayons sont insérés sur son côté inférieur. Tout le corps est recouvert d'écaillés émaillées , rhomboïdales et de moyenne grandeur. L'émail est lisse dans quelques espèces, dans d'autres il est plissé de manière à former, à la surface extérieure des écailles, des stries plus ou moins saillantes. Ce qu'il y a de plus particulier dans ces pois- sons, c'est la conformation de leurs nageoires qui sont toutes très-grandes et surtout très- _- 29 — larges. Elles sont composées de rayons nombreux, très-fins, presque tous simples ou seu- lement un peu fendus à leur extrémité, mais constamment divisés sur toute leur étendue par de nombreuses articulations ; celles-ci sont très-rapprocbées , comme les rayons le sont aussi entr'eux. L'examen que j'ai fait d'un grand nombre de poissons pour re- chercher l'importance du nombre des rayons, comme caractère spécifique, m'a conduit à les envisager bien plutôt comme des caractères génériques; c'est pourquoi je m'abs- tiendrai presque constamment d'indiquer le nombre des rayons des nageoires en dé- crivant les espèces. En revanche, j'en indiquerai la formule générique toutes les fois qu'elle me paraîtra pouvoir contribuer à la détermination des caractères d'un genre. Pour les Amblypterus, la voici : D, 3o à 5o ; A. 3o à 5o; G. lobe inférieur, sSà 3o; lobe supérieur, de 80 à 100 et même au-delà; P. 20 à 3o; V. 20 à 3o. La dorsale et l'anale ont à peu près la même forme ; ce sont de grandes nageoires plus hautes en avant qu'en arrière, et plus étendues, plus larges que leurs plus grands rayons ne sont longs ; elles sont aux dimensions du corps à peu près comme l'anale des espèces les plus allongées des Abramis. La caudale a une forme très-caractéristique ; sur le côté inférieur du prolongement de la queu€ sont insérés les plus grands rayons, ceux qui forment proprement la caudale. Leur longueur proportionnelle et leur point d'insertion sont tels qu'il en résulte une nageoire à deux lobes, dont l'inférieur, quoique le plus court, est cependant composé des plus grands rayons, qui vont en diminuant de longueur depuis l'angle inférieur de la caudale jusqu'à son milieu. Delà les rayons du lobe supérieur, à peu près tous de la même longueur, s'étendent parallèlement entr'eux jusqu'à la fin de la nageoire. Sur le côté supérieur de ce prolongement il y a une série de petits rayons qui commencent au pédicule de la queue , et qui , accolés le long de son bord supérieur, s'étendent jusqu'à son extrémité. Il ne paraît point y avoir de ces petits rayons sur le bord externe des autres nageoires ; cependant ils existent , mais ils sont si extraordinairement petits, qu'on peut à peine les entrevoir à l'œil nu. Il y en a au bord inférieur du lobe inférieur de la caudale, au bord antérieur de l'anale, de la dorsale , des ventrales et des pectorales. Des écailles en forme de lozange plus allongé s'étendent tout le long du lobe supérieur de la caudale. Il y en a de plus grosses, très-larges et impaires sur le bord antérieur des nageoires impaires et au point d'insertion des ventrales. Les nageoires paires, c'est-à-dire les pectorales et les ventrales, sont de grandes nageoires, larges et très-arrondies. La position relative des nageoires est aussi un caractère générique important. La dorsale n'est pas pré- cisément sur le milieu du dos; elle est un peu plus reculée et placée au point où le tronc commence à se rétrécir pour former la queue. Elle se trouve ainsi opposée au bord antérieur de l'anale et à l'intervalle entre les ventrales et l'anale. L'anale com- mence vis-à-vis le milieu de la dorsale ou un peu plus en arrière , et s'étend presque — 50 — jusqu'aux rayons antérieurs du lobe inférieur de la caudale. Les ventrales sont in- sérées en avant du bord antérieur de la dorsale 5 les pectorales dans la partie inférieure de la ceinture thoracique. Mais comme celles-ci sont très-grandes, en se reployant en arrière elles atteignent le point d'insertion des ventrales , qui atteignent elles-mêmes la base de l'anale j ensorte que tout le bord inférieur du corps a l'air garni de rayons de nageoires. Quant au squelette des Amblypterus, j'ai peu de choses à en dire. Les plaques de ces espèces ne présentent ordinairement que l'enveloppe extérieure du poisson , c'est- à-dire les écailles qui recouvrent le corps, les rayons des nageoires et la tête plus ou moins bien conservée. Cependant l'état des os de la tête de quelques exemplaires et les traces, assez rares il est vrai, que l'on rencontre du squelette intérieur, ne laissent aucun doute sur sa nature osseuse. La tête est de moyenne grandeur , proportionnel- lement au corps ; elle paraît plutôt grande <{ue petite. Le crâne est très-petit com- parativement au reste de la tête, à l'opercule, par exemple, mais surtout aux mâchoires, qui sont très-grandes. Les os paraissent lisses ou à peine surmontés de faibles arêtes. L'orbite est grande et entovirée d'un cercle de sous-orbitaires assez étroits. Les pièces operculaires , sans être très-grandes , sont cependant foiniées d'os assez forts et plats , peu allongés vers le bas et qui recouvrent en partie l'extrémité supérieure de la cein- ture thoracique, dont l'humérus est très-large et arrondi au-dessus de l'insertion des pectorales, et dont le suprascapulaire, dilaté et aplati, forme une saillie en arrière de l'occiput. L'arcade palatine paraît avoir été très-raccourcie. La gueule est énorme , formée par des mâchoires disproportionnément grandes, qui sont garnies, sur tout leur bord, de dents en brosse extrêmement fines. La partie du museau (l'éthmoïde) où sont insérés les os de la mâchoire supérieure, ne forme pas de saillie en avant des mâ- choires comme dans les Palaeoniscus. Les os de la mâchoire inférieure sont très-gros et très-forts; entre leurs branches de droite et de gauche se trouve placé l'os hyoïde avec ses quatorze rayons branchiostègues , qui sont très-larges et plats, courts en avant vers la symphyse de la mâchoire inférieure, mais plus en arrière assez allongés pour recouvrir la partie inférieure de la ceinture thoracique. (Vol. 2. tab. 3. f. 3 et 4-)' On peut comparer ces caractères généraux avec les fig. A. B. et C. du vol. 2. qui re- présentent les genres Lepidosteus et Polypterus. Il y a deux espèces de ce genre dont les écailles sont lisses et en même temps pro- portionnellement plus grosses ; les articulations transverses des rayons des nageoires sont aussi plus nombreuses et plus rapprochées, les raypns eux-mêmes sont plus gros et moins nombreux ; ce sont V Ambljptenis lateralis et V Aniblyptenis latus. Deux autres espèces ont des écailles proportionnellement plus petites \ l'émail qui les recouvre est finement plissé et forme des stries obliques sur leur surface externe; les rayons de — 51 — leurs nageoires sont plus nombreux, plus fins, et leurs articulations plus distantes; ce sont V Amhljptenis macropterus et V Amhljptenis eupterjgius. Enfin une cinquième espèce a des écailles plus étroites, mais plus hautes que les précédentes; c'est VAm- bljpterns Olfersi . I. Amblyptekus macropterus Agass. O" Vol. 2. Tab. 3. f. T. 2. 3. et 4. — Tab. i. f. 4. 5. 6. et 7. Palœothrissum dorsale Agass. Catal. manusc. — Palaîoniscum macropterum Bronn Jahrb. fiir Minéralogie 1829. vol. 2. pag. 483. Cette espèce a été décrite, il y a quelques années, par Bronn, qui la rangeait parmi les Palœoniscus. C'est à Heidelberg que j'en ai vu le plus grand nombre d'exemplaires , (environ cinquante). M. le professeur Bronn, qui en a examiné quelques cents et qui en possède encore quelques beaux exemplaires dans sa collection , m'a, en outre, remis une esquisse sur laquelle il avait rapporté très-exactement les proportions des nageoires entr'elles , et de plus la disposition et le nombre des rayons de chacune d'elles en par- ticulier ; tels qu'il les avait observés sur tous les exemplaires réunis susmentionnés , et qui ont été distribués aux souscripteurs des collections géologiques du comptoir mi- néralogique de Heidelberg. M. le chevalier de Léonhard en possède également plusieurs, dont l'un m'a surtout servi à rétablir les parties de la tête , leurs formes et leurs con- nexions. C'est aussi sur cet exemplaire que j'ai découvert les dents que, dès-lors, j'ai retrouvées dans un très-grand nombre de plaques. Mon ami, M. Alex. Braun, à Carls- rulie , en possède un échantillon, du reste assez insignifiant, mais oh l'on voit la mâchoire inférieure par sa face inférieure, et entre ses branches latérales les rayons branchios- tègues antérieurs dans leur position naturelle. Il y en a également plusieurs très- beaux au Musée de Strasbourg, qui m'ont été communiqués par M. Voltz. Il s'en trouve de même quelques échantillons au Musée de Munich. Ce sont ceux que j'avais désignés sous le nom de Palaeothrissum dorsale, lorsque je rangeais encore ce poisson parmi les Palaîothrissum , avant d'avoir reconnu les caractères du genre Am- blypterus , dont je ne connaissais alors que cette espèce, frappé que j'étais de la grandeur considérable de la dorsale. Mais les plus complets que j'aie vus sont ceux de la col- lection de M. le professeur Walclmer, à Carlsruhe; ce sont les originaux de mes figures. Dans l'un, surtout, les nageoires sont dans leur position naturelle, et l'on peut parfaitement en étudier la nature; de plus l'on y voit les osselets interapophy- saires de la dorsale, le scapulaire, l'humérus, les mâchoires et les dents. Au Musée de Paris il y en a plusieurs exemplaires ; entr'autres une paire de plaques donnée par M. de Férussac, dans luie boule d'argile ocreuse de Lebach. Une autre — 52 — paire, d'un très-grand individu, provenant aussi de Lebach; et enfin deux paires de petits exemplaires bien conservés, provenant encore de Lebacli, dans le duché de Saarbriick. Cette espèce paraît très-commune dans les lieux où on la trouve. Tous les exemplaires que j'ai vus sont renfermés dans des boules de fer oxydé carbonate, très-fissiles, quel- quefois ocreuses, et dont les fissures sont parfois remplies de cristaux de Quarz. Ces boules sont disposées par bancs dans un grès du terrain houiller des environs de Saarbriick , qui alterne avec des couches d'argile schisteuse et de calcaire noir. C'est à Lebach et à Bœrschweiler qu'on en a trouvé le plus grand nombre. Dechen compte aussi ce poisson parmi ceux du Zechstein, mais tous les exemplaires que j'ai vus pro- viennent du terrain houiller de Bœrschweiler et de Lebach. Comme aucune autre espèce ne m'a présenté aussi nettement tous les caractères qui peuvent contribuer à préciser le genre et à lui assigner sa véritable place dans le système des poissons, je m'arrêterai encore un momentà considérer ses caractères généraux, avant de passer à la description de l'espèce. La première question que nous soulèverons ne sera pas de savoir si c'est un Chondroptérygien , ou un poisson osseux j nous avons déjà fait voir ailleurs combien cette distinction est peu physiologique , et combien il est souvent difficile de décider la question dans un cas particulier ; par exemple pour les Diodon , les Lophius , les Stromateus, etc.; enfin combien d'affinités naturelles on rompt en faisant cette distinction et en séparant ainsi les poissons en deux grandes coupes primi- tives. Cependant je dirai, en passant, que les Amblypterus, malgré l'état de pétrifi- cation dans lequel on les trouve ordinairement, ont encore tous les caractères nécessaires pour reconnaître évidemment la nature osseuse de leur squelette. Il nous importe davantage de savoir si l'on peut ranger ces poissons et les Paleeoniscus parmi les Malacoptérygiens abdominaux , comme on l'a fait généralement jusqu'à présent. Tous les ichthyologues devront concéder d'abord que ce n'est du moins pas à un genre actuellement existant qu'on peiit rapporter ces ichthyolithes. La forme et la structure des nageoires, mais surtout le prolongement de la queue en un lobe asymé- trique et recouvert d'écailles sur toute sa longueur, sont trop frappants pour que tout le monde ne soit pas d'accord sur ce point. Il reste donc seulement à examiner si l'on ne pourrait pas ranger ces deux genres dans quelque /«miZ/e des Malacoptérygiens abdominaux ; car il est incontestable que les Amblypterus et les Palaeoniscus ont des rayons articulés dans toutes leurs nageoires, et que les ventrales, postérieures aux pectorales , sont insérées sur le milieu du ventre. Il est également incontestable que les genres Lepisdosteus et Polypterus, que Cuvier range maintenant dans la famille des Chipes, ont beaucoup d'analogie avec les ichthyolithes dont il s'agit. Mais ce n'est pas exclusivement sur les considérations tirées des rayons de la dorsale et de l'anale oo que Cuvier a basé sa classification, ou du moins il n'est pas toujours resté fidèle à ce principe ; car il range parmi les Acanthoptérygiens des poissons dont tous les rayons sont articulés et mous, par exemple plusieurs Scombéroïdes , queUpies Squamipennes, des Tœnioides et des Gobioïdes; tandis qu'un assez grand nombre de genres, qu'il place dans différentes familles des Malacoptérygiens , ont des rayons épineux aussi gros et même plus gros et aussi nombreux que maint Acanthoptérygiens par exemple , certains Cyprins, quelques Salmones, quelques Silures et quelques Gadoïdes. Quant à la réunion des Lepidosteus et des Polypterus avec les Chipes , je ne sais trop sur quoi elle est fondée 5 la structure de leurs mâchoires diffère complètement. Leurs écailles n'ont aucun rapport ni de forme, ni d'organisation ; et cependant ailleurs , les caractères tirés de ces parties ont paru assez importans , même à M. Cuvier, pour qu'il s'en servît comme caractères de famille , par exemple pour les Scombéroïdes. Il résulte de là : 1° que les Lepidosteus et les Polypterus ne sauraient être réunis aux dupes s comme les Amblypterus et les Palaeoniscus , ils forment une famille dis- tincte , dont presque tous les genres sont fossiles; 2° que la classification de Cuvier, qui est à bien des égards, et surtout pour les premières grandes divisions, parfaitement la même que celle d'Artedi , ne saurait être conservée , parce qu'elle est basée sur des considérations qui sont souvent en opposition directe avec les affinités naturelles des familles, et en même temps tirées de parties d'une importance trop secondaire. Si au premier abord l'on était tenté de faire aussi cette dernière objection à la classification que je propose , je ferais remarquer que j'ai développé, dans le premier volume de cet ouvrage, jusqu'à quel point les écailles traduisent au dehors l'ensemble de l'orga- nisation des poissons, et comment elles peuvent, par conséquent, servir à exprimer en général leurs affinités naturelles. De toutes les espèces du genre, c'est l'Amblypterus macropterus qui a les dimen- sions les plus considérables : ordinairement les exemplaires ont cinq à six pouces de longs j^'^ ^^ ^^^ cependant qui atteignaient à près d'un pied. Son corps, un peu trapu, a une forme très-bien prise j relevé sur la nuque , il se rétrécit insensiblement vers la queue, qui est assez large ; rehaussé, pour ainsi dire, de toutes parts par des nageoires très-amples, il rappelle, à certains égards, les Cyprins, notamment le C. Gibelio et la Tanche (Tinca chrysitis Agass.). Cette allure, ces formes, cette vigueur empreinte dans tous ses traits , conduisent tout naturellement à supposer que ce poisson vivait dans les bas-fonds, sur les rivages, peut-être le plus souvent caché dans la fange, ou entre les plantes aquatiques riveraines , suçant les substances organiques en putré- faction. Ce n'était certainement pas un poisson vorace; il n'a ni la gueule armée de fortes dents , ni les formes dégagées , ni les nageoires vigoureuses , ni enfin la spa- cieuse cavité abdominale , capable de contenir une proie souvent disproportionnellement ToM. II. 5 — 54 — grande. Si l'on me demandait encore dans quelle espèce d'eau je pense que ce poisson a vécu, je répondrais que je ne le crois pas plus habitant des eaux salées que de l'eau douce, dans le sens antithétique que l'on donne maintenant à ces expressions 5 mais que je suis plutôt disposé à admettre que les eaux qui recouvraient la plus grande partie du globe à l'époque où ce poisson vivait, étaient d'une nature différente de celles de nos mers et de nos lacs, et que c'est à l'action des soulèvements que sont dûs les chan- gements qu'elles ont subis. Voyez sur ce point les considérations géologiques générales contenues dans le premier volume. Les écailles de cette espèce sont proportionnellement plus petites que celles des autres espèces du genre ; elles sont à peu près de même taille sur toute la surface du poisson. Sur le milieu des flancs surtout , la partie émaillée et qui est visible extérieurement , est parfaitement équilatérale (tab. i. f. 4- el 5.) ; mais vers le dos et vers la partie inférieure de l'abdomen (tab. i. f. 6.), comme le long de l'insertion de l'anale, les écailles sont plus étroites , c'est-à-dire qu'elles sont plus longues que hautes. Celles qui re- couvrent le prolongement de la cjueue sont oblongues en sens inverse (tab. i. f. 7.) à cause du changement de direction des séries qui s'étendent sur cette partie du corps. A l'insertion de la caudale , les écailles finissent sur la base des rayons, se prolongent un peu sur la partie moyenne de son lobe inférieur et présentent une légère échancrure correspondant au milieu de la nageoire. En avant de la dorsale , de l'anale et sur les bords du pédicule il y a quelques écailles voûtées , plus larges que les autres , échancrées à leur point d'insertion, et terminées en pointes plus ou moins allongées ; elles sont sur- tout saillantes au bord supérieur du prolongement de la queue, en dessous des petits rayons qui s'étendent sur tout son bord. La partie basale des écailles, par laquelle chacune d'elles est fixée dans la peau, est coupée carrément et n'est pas recouverte d'émail. Comparez, quant à leur disposition générale, celles du Lepidosteus repré- sentées vol. 2. tab. B. Mais ce qui caractérise plus particulièrement l'Amblypterus macropterus , ce sont les rides qui s'étendent sur l'émail des écailles depuis leur angle supérieur antérieur à l'angle inférieur postérieur. Ces rides sont presque parallèles et légèrement ondulées. Les nageoires ont aussi quelques traits particuliers auxquels il est également très- facile de reconnaître cette espèce. Tous leurs rayons sont extrêmement grêles, très- rapprochés; beaucoup plus fins, par exemple, que ceux de l'Amblypterus latus; leurs articulations transverses , plus distantes , ne sont pas aussi nettement visibles ; elles sont obliques au diamètre longitudinal des rayons , dont l'extrémité est à peine bifurquée jusqu'au tiers de leur longueur. Ces rayons sont si intimement unis à leur extrémité, que les nageoires ressemblent plutôt à la dorsale fibreuse de quelques ïiétérobranches. 55 qu'à des nageoires formées de rayons osseux bien distincts; cependant ils le sont tous assez vers leur insertion pour qu'il soit possible de les compter. La dorsale est aussi large que l'anale, son milieu correspond au bord antérieur de cette dernière; son bord antérieur est forme d'une dizaine de rayons qui vont en gran- dissant, et le long desquels sont accolés de petits rayons en V inverse, à peine visibles à l'œil nu. Cette nageoire n'est pas aussi haute que large ; depuis sa partie la plus élevée , les rayons vont en diminuant de longueur ; les derniers ont à peine la moitié des plus grands. Il y a environ cinquante rayons en tout; ils sont portés sur de petits osselets interapopbysaires, de forme toute particulière. Ils sont aplatis à leurs deux extrémités, et dilatés en forme triangulaire; leur partie moyenne est plus arrondie et beaucoup plus étroite. On retrouve une disposition semblable de ces parties dans le genre Pycnodus de la famille des Pycnodontes. Yoyez la tab. 35. f. i et 3 de l'Ittio- litologia veronese. Chacun de ces osselets porte plusieurs rayons; mais je ne puis en dé- terminer exactement le nombre , parce que dans aucun exemplaire ils ne sont tous à découvert , et qu'ils sont ordinairement séparés de leurs rayons ; cependant il me paraît y avoir généralement un osselet pour deux rayons. L'anale a exactement la même forme et la même structure que la dorsale ; ses rayons sont aussi portés par des osselets inlerapophysaires de même nature , mais un peu plus courts. La caudale n'a rien de particulier, si ce n'est un nombre de rayons plus considé- rable que dans les autres espèces ; leurs articulations transverses sont aussi plus rap- prochées que dans les autres nageoires. Le lobe inférieur a une douzaine de petits rayons à son bord externe ; ils vont en grandissant jusqu'à l'extrémité de la nageoire et portent aussi de petits rayons en V à peine visibles; il y a, en outre, vingt-cinq ravons au lobe inférieur (on ne peut en préciser le nombre plus rigoureusement, parce que la séparation de la caudale en deux lobes n'est marquée que par une échancrure très-évasée) ; le lobe supérieur compte au moins cent rayons. Les pectorales et les ventrales sont très-grandes et très-larges, tant à leur insertion qu'à leur extrémité libre et arrondie. La tête ne présentant aucune particularité spécifique, je renvoie, pour sa description, aux caractères du genre. Cette espèce, très-voisine de l'Amblypterus eupterygius, en diffère par des écailles plus petites, et parce que le tronc est plus large et moins élancé. — 36 — II. Amblypterus eupterygius Agass. Yol. 2. Tab. 3. f. 5 et 6. — Tab. i. f. 8. Palseothrissum eupterygium Agass. Catalog. manusc. Au Musée de Stuttgardt, il y a un petit exemplaire de cette espèce, contenu dans une boule de fer oxydé carbonate, et qui m'a été adressé par M. le professeur Jœger. C'est l'original de ma fig. 5. M. Voltz m'en a remis deux autres, dont l'un surtout, l'original de ma fig. 6. , est remarquable parce qu'il se trouve dans une argile schisteuse toute rouge; il provient des environs de Saarbriïck. Il y en a aussi un exemplaire dans la collection de M. Régley à Paris, et un au Muséum de Munich. Quoiqueassez voisinede l'Amblypterus macropterus, cette espèce en diffère cependant par des caractères bien tranchés. Son tronc est plus allongé, moins large, le dos moins voûté, le ventre plus droit; mais le pédicule de la queue est proportionnellement plus gros. La tête est plus grande, surtout plus allongée et moins distincte du tronc. Les dimensions sont en général celles d'un poisson plus grêle. La position des nageoires, et même leur forme, présente aussi quelques différences; la dorsale est plus avancée sur le milieu du dos , elle est exactement opposée à l'espace qu'il y a entre l'anale et les ven- trales, plus étroite à sa base, elle ne s'étend pas beaucoup au-delà du commencement de l'anale, tandis que dans l'Amblypterus macropterus, c'est le milieu de la dorsale qui correspond au bord antérieur de l'anale. La dorsale de l'eupterygius est aussi plus petite que son anale, qui, par ses dimensions, ne cède en rien à celle du maci'optei'us. Les ventrales sont un peu en avant du bord antérieur de la dorsale ; les pectorales, qui sont très-grandes, dépassent l'insertion des ventiales, lorsqu'elles sont repliées en arrière; leurs rayons antérieurs sont plus gros que les suivans. Outre ces différences dans leur position relative, toutes les nageoires présentent encore celle d'être composées de rayons moins fins et moins rapprochés, mais dont les articulations transverses ne sont pas plus distinctes, ni plus distantes. Tous ces rayons sont fendus à leur extrémité à plusieurs reprises, jusqu'au tiers de leur longueur. Comme dans l'Amblypterus macropterus, on distingue à la base de la dorsale et de l'anale les osselets interapophysaires sur lesquels ces nageoires sont articulées; ils sont également dilatés à leurs deux extrémités, et plus minces au milieu. Tous les os du crâne, dont on voit assez nettement l'impression dans la fig. 6, sont marqués comme les écailles de stries très-rapprochées , mais divergentes du point d'ossi- fication de chaque os vers son bord. L'impression des dents est également visible, comme celle des larges rayons branchiostègues antérieurs. Les écailles, dont l'empreinte est représentée tab. i . , f. 8. , sont striées obliquement comme celles du macropterus; cependant elles en diffèrent par leur forme. Leurs côtés — 37 — élant tous égaux, elles sont aussi hautes que longues, tandis que celles de l'espèce avec laquelle nous les comparons, sont plus étroites, mais plus longues. On peut dire encore que dans l'Amblyptçrus eupterygius, les écailles ont des dimensions plus égales sur toutes les parties du corps. Si l'on objectait que toutes les différences qui viennent d'être indiquées peuvent provenir de l'état de conservation des empreintes, il serait difficile de concevoir alors comment ces caractères se retrouvent dans quatre exemplaires dont la position est très-différente. Cette espèce se trouve, avec l'Amblypterus macropterus, dans le terrain houiller de Saarbriick et de Lebach ; mais elle paraît y être très-rare. III. Amblypterus latus Agass. Vol. 2. Tab. 4. f. 2. 3. 4. 5 et 6. Palœothrissum latum Agass. Catalog. manuscr. Il y a , au Musée de Strasbourg , deux plaques correspondantes de cette espèce , qui m'ont été confiées par M. Voltz. Ce sont les originaux de mes figures. Leur état de conservation est si parfait, qu'elles ne laissent rien à désirer, excepté quelques détails sur les os du crâne. Elles proviennent du terrain houiller des environs de Saarbriick. Au Musée de Paris, on en voit aussi une plaque, provenant des houilles de Lebach, dans le duché de Saarbriick. Ces exemplaires sont renfermés dans des boules marneuses de fer oxydé carbonate. L'Amblypterus latus ressemble beaucoup au macropterus par sa forme, et par les proportions relatives de ses parties. C'est un gros poisson trapu, court, très-large dans la partie antérieure du tronc , rétréci sur le pédicule de la queue, qui est proportionnel- lement plus mince que dans les autres espèces du genre. La tète est aussi plus courte et plus étroite, à cause de la chute rapide de son profil. Les os sont plus lisses; on y voit bien aussi quelques stries, mais outre qu'elles sont moins marquées , elles proviennent des lames d'accroissement des os , et sont par consé- quent concentriques les unes aux autres; tandis que dans l'Amblypterus eupterygius, ce sont les rayons d'ossification divergens les uns des autres, qui sont plus saillans. Les os supérieurs de la ceinture thoracique, le suprascapulaire et le scapulaire sont très- larges; il en est de même de l'humérus qui forme une faible saillie arrondie au-dessus de l'insertion des pectorales. L'opercule, en revanche, est étroit, mais le subopercule est très-haut. L'os maxillaire inférieur, sifr le bord supérieur duquel on voit quelques traces des dents, est plus étroit que dans les autres espèces; tandis que les rayons branchiostègues sont plus longs et plus larges. On voit distinctement le point d'insertion des pectorales, au bas de l'angle inférieur de l'humérus, sans qu'il soit cependant possible d'en compter les rayons. Ce qu'il y a — 38 -. de certain, c'est qu'ils sont plus minces que ceux des autres nageoires, et notamment plus fins et à articulations plus rapprochées que ceux de l'anale et de la dorsale; ces pectorales paraissent n'avoir pas atteint tout-à-fait l'insertion des ventrales en se repliant en arrière. Celles-ci ont une base très-large, et comme toutes les autres nageoires elles sont formées de rayons moins grêles que ceux des Amblypterus macropterus et eupte- rygius; mais leurs articulations transverses sont beaucoup plus rapprochées, et les divisions longitudinales de leurs extrémités moins nombreuses que celles de l'eup- terygius. Un autre caractère frappant, c'est que tous les rayons sont plus distincts et évidemment osseux , tandis que ceux des espèces citées se fondent en quelque sorte dans la membrane qui les lie. L'anale et la dorsale ont exactement la même forme et la même grandeur ; le milieu de cette dernière correspond exactement au bord antérieur de la première. En avant de chacune d'elles, il y a quelques grosses écailles impaires, échancrées à leur bord postérieur, et accolées contre la base des nageoires. Sur le point d'insertion des ventrales il y a ime longue écaille lancéolée, comme on en voit chez quelques genres de la famille des Chipes, des Cyprins et surtout des Salmones. Le lobe inférieur de la caudale est plus étroit , et formé de moins de rayons que dans les autres Amblypterus. Les petits rayons en V, accolés sur le bord antérieur de toutes les na- geoires, le long de leur rayon externe, sont visibles à l'œil nu. Les écailles fournissent encore un caractère important de cette espèce. Les flg. 4 et 5 représentent celles des flancs, la fig. 6. celles du lobe de la caudale. Elles sont toutes parfaitement lisses, et beaucoup plus grandes que celles des autres espèces; c'est à peine si l'on distingue, sur le bord, les lignes concentriques des dernières lames d'accroissement. Cependant elles diffèrent considérablement de grandeur entr'elles, suivant la place qu'elles occupent sur le corps : celles du dos et de la queue sont plus petites , celles qui s'étendent sur le lobe supérieur de la caudale sont, en outre, en forme de losange plus allongée; mais celles qui recouvrent les parois de la cavité abdominale, et qui sont aussi hautes que larges sont de beaucoup les plus grandes. Les séries d'écaillés vont donc en s'élargissant du dos vers la partie inférieure de l'abdomen. La ligne latérale s'étend dans toute sa longueur, à peu près sur le milieu du corps. L'Amblypterus lateralis a aussi de grandes écailles lisses; mais il suffit, pour distinguer cette espèce, de faire remarquer qu'elles sont presque égales sur toutes les parties du corps, et un peu moins hautes que longues. Le caractère des grandes écailles lisses rapproche ces deux espèces d'Amblypterus de celles du genre Palœoniscus, que l'on trouve dans le schiste marno-bitumineux de la montagne de Muse près d'Autun. — 39 — IV. Amblypterus lateralis Agass. Vol. 2. Tab. 4. f. I. 7. 8 et 9. Palœothrissum latérale Agass. Catalog. manuscr. M. Yoltz m'a remis vine plaque de cette espèce, qui se trouve au Musée de Strasbourg , et que j'ai fait repi'ésenter fig. i . Elle a été trouvée dans le terrain bouiller des environs de Saarbriick. Au 3Iusée de Paris, il y en a deux paires, provenant des mines de bouille de Lebacb. Depuis que j'ai examiné ces exemplaires, M. Landau, élève des mines à Paris , m'a communiqué une paire de plaques de la même espèce , qui sont dans un état de conservation plus parfait à bien des égards, et qui complètent les caractères exprimés dans ma figure. Tous ces exemplaires se trouvent dans des boules de fer oxydé carbonate. Cette espèce ressemble beaucoup à l' Amblypterus latus , par son aspect et par les dispositions générales de toutes ses parties ; elle en diffère seulement par des particula- rités de détail. Ainsi^ elle est également très-large, et recouverte de grosses écailles lisses ; ses nageoires occupent la même position relative ; leurs rayons sont également plus gros et plus distincts que ceux des Amblypterus macropterus et eupterygius 5 cependant ils sont plus rapprochés que dans le latus, et surtout ils sont fendus à leur extrémité à plusieurs reprises , ce qui les fait paraître beaucoup plus fins lorsqu'on ne voit que le bout des nageoires. Ce qui distingue essentiellement l' Amblypterus lateralis des autres espèces de ce genre , c'est la disposition de ses écailles , qui ont presque rigoureuseinent la même grandeur sur tout le corps ; car c'est à peine si celles de l'extrémité de la queue sont un peu plus petites que celles qui recouvrent la partie antérieure du tronc, et certainement, sur ks séries qui s'étendent du dos à l'abdomen , elles ne vont pas en gran- dissant rapidement comme dans TAmblypterus latus. La fig. 7. représente celles de la partie antérieure du tronc ; la fig. 8. celle du milieu ; la fig. 9. celles du lobe supérieur de la caudale. En général, elles sont aussi moins larges que celles de l'Amblypterus latus. En avant de la dorsale et de l'anale, il y a aussi de grosses écailles impaires, mais qui sont terminées en pointes arrondies; il y en a un plus grand nombre encore au bord du lobe supérieur de la caudale. La ligne latérale s'étend presque directement de l'angle de l'opercule au milieu de la queue, ce qui la rapproche un peu plus du dos que de l'abdomen. C'est à cause de cette particularité, que j'ai donné le nom d'Am- blypterus lateralis à l'espèce dont il s'agit maintenant. Les petits layons en V qui lx>rdent les nageoires sont à peine visibles. Tous les os du crâne sont parfaitement lisses; les pièces operculaires sont étroites; il en est de même des maxillaires inférieurs qui sont garnis de dents en brosse très-serrées, et que l'on voit surtout très-distinctement dans l'exemplaire de M. Landau. L'orbitaire est petite et placée en arrière et immédiatement au-dessus de l'articulation postérieure de la mâchoire inférieure. — 40 — V. Amblypterus Olfersi Agass. Les exemplaires de cette espèce que j'ai examinés jusqu'ici, quoique assez nombreux, ne sont pas assez bien conservés pour que j'aie pu en faire représenter convenablement tous les caractères. Il y en a eu plusieurs au 3Iusée de Munich, qui ont été rapportés du Brésil par Spix et Martius. 31. d'Olfers m'a dit qu'on en conserve aussi au Musée de Rio - Janeiro , et qu'à Tienne il y en a vm dessin fait par M. Frick, et acheté , après sa mort, par la légation d'Autriche. Ces poissons proviennent de Ceara, dans les plaines du Brésil. Les schistes marneux dans lesquels on trouve les boules qui contiennent ces ichthyolithes sont rapportés à la formation du Zechstein. Les plaques sur lesquelles j'ai observé les restes de ce poisson, ne présentent dis- tinctement que la tête et la partie antérieure du tronc; dans aucune je n'ai vu la cau- dale , ni même le pédicule de la queue*, ensorte qu'il reste encore à lever quelques doutes sur la place que doit occuper ce fossile dans la série des genres cités plus haut. L'al- ternative me semble restreinte aux genres Amblypterus et Palœoniscus ; mais je penche plutôt pour les Amblypterus, à cause de la ténuité des rayons de la dorsale. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'espèce diffère de toutes celles que je connais déjà. La forme générale du poisson, à en juger par sa partie antérieure, paraît avoir été intermédiaire entre l'Amblypterus eupterygius et le lateralis; le tronc est moins large que dans ce dernier, mais le dos est plus voûté que dans le premier. La tête est grande proportionnellement ; car l'espace qui s'étend du bord postérieur de l'opercule au bord antérieur de la dorsale, n'est pas plus grand que la moitié de la longueur de la tête. Son profil est fortement arqué. L'orbite, de moyenne grandeur, est placée au-dessus du milieu de la mâchoire supérieure, dont les os sont étroits comme le maxillaire in- férieur. Je ne puis découvrir aucune trace des dents. L'opercule est plus grand que dans les autres espèces de ce genre •, il est presque aussi large que haut ; le suboper- cule est à peine de moitié plus petit. Les pectorales, la dorsale et l'anale, qui sont les seules nageoires visibles , sont formées de rayons aussi grêles que ceux de l'Amblyp- terus lateralis. Ce qui distingue surtout TOlfersi, c'est que ses écailles sont considéra- blement plus hautes que longues et paraissent par conséquent étroites ; mais en sens inverse de ce qu'elles sont dans les autres espèces du genre. Il faut espérer que bientôt des exemplaires plus complets permettront de fixer définitivement la coupe générique dans laquelle doit être rangée cette espèce , d'autant plus intéressante qu'elle provient d'un pays dont les fossiles sont encore si peu connus. 41 CHAPITRE V. DU GENRE PAL^ONISCUS. Quoique les espèces de ce genre soient généralement connues sous le nom de Pa- lœothrissum, proposé par de Biainville, pour indiquer les rapports qui existent, suivant lui, entre nos Clupes et ces poissons fossiles, je ne saurais cependant leur conserver ce nom, parce que je ne partage nullement l'opinion de de Blainville sur cette prétendue aflinité des Palœothrissum. 31ais il y a ime raison plus puissante encore qui m'oblige à changer le nom reçu pour cette coupe générique , c'est que le genre Palœoniscum de de Blainville ne diffère en rien de son Palaeothrissum. Cette observation a, du reste, déjà été faite par M. Cuvier. Devant donc nécessairement supprimer un des noms gé- nériques, j'ai pi'éféré conserver celui qui n'exprime pas de fausse idée. Cette réunion est d'autant plus nécessaire que l'existence du genre Palœoniscum de de Blainville (son P. Freieslebense) ne repose que sur de mauvais exemplaires de l'espèce qu'il appelle aussi Palœothrissum macrocephahnii , et dont il a placé d'autres exemplaires dans le genre des Clupes, sous le nom de Clupea Lametherii. Comme je l'ai fait voir dans le chapitre précédent, il n'est pas même possible de réunir les Palaeoniscus à la famille des Clupes, ou à quelle autre que ce soit de l'ordi'e des Malacoptérygiens abdominaux. Dire qu'ils appartiennent à la famille des Lépidoïdes, c'est rappeler que leur corps est recouvert d'écaillés rhomboïdales et émaillées, et que les dents de leurs mâchoires sont en line brosse. Ils ont, de plus, une queue prolongée en longue pointe asymétrique. Après avoir ainsi tracé les limites natui-elles du genre Palaeoniscus, je dois lui assigner ses caractères particuliers. La forme du corps des espèces diffère suivant la grandeur des écailles dont elles sont recouvertes : les imes, qui ont de petites écailles, ont le corps svelte , élancé, étroit ; les autres , plus larges et plus courtes, ont le dos voûté et sont recouvertes d'écaillés considérablement plus grosses. On observe encore une autre différence dans la nature des écailles, c'est que les espèces qui appartiennent au terrain houiller les ont parfaitement lisses; tandis que celles du Zechstein les ont striées. Ces stries résultent des plis ou des enfoncemens qui se forment dans l'émail. Sur la tab. A. du vol. I. , les fig. 4 et 5 représentent les formes extrêmes de deux espèces de ce genre, d'après tous les fragmens que j'ai observés. Le genre Palaeoniscus est, à bien des égards, tout à fait semblable à celui des Am- blypterus; cependant il en diffère par la forme et la composition des nageoires qui ToM. II. 6 — 42 — sont toutes de moyenne grandeur, petites même, et formées d'un nombre de rayons beaucoup moins considérable ; sur le bord externe de toutes, l'on voit distinctement des rayons en V beaucoup plus gros que sur les nageoires des Amblypterus. La dorsale est toujours opposée à l'espace qu'il y a entre les ventrales et l'anale, elle ne s'étend jamais beaucoup au-delà du bord antérieur de celle-ci. Les pectorales et les ventrales sont gé- néralement petites, celles-ci surtout; la ceinture tboracique, cependant, est formée d'os forts et vigoureux. L'anale est rarement aussi grande que la dorsale, quoique propor- tionnellement ces deux nageoires soient petites aussi ; il y a toujours de grosses écailles impaires en avant de leur bord antérieur. La caudale enfin est formée comme dans les Amblypterus , de deux lobes, dont l'inférieur, plus large et plus court, est composé de rayons plus longs que ceux qui s'étendent en dessous du prolongement de la queue et qui forment le lobe supérieur de la nageoire. Les Paleeoniscusontlatête assez singulièrement conformée ; surtout dans la partie anté- rieure de la face, qui forme une saillie arrondie au-dessus et en avant de la mâchoire su- périeure, occasionnée par le renflement et le prolongement de l'ethmoïde et du frontal antérieur. Le profil du nez ressemble assez à celui de certains Sciaenoïdes à museau saillant. Une série de petits osselets étroits entoure le bord inférieur de l'orbite. La gueule est très-fendue dans la plupart des espèces, mais les dents sont si excessivement petites qu'il est très-rare de pouvoir les distinguer 5 elles sont en brosse. Les mâchoires sont assez fortes, l'inférieure surtout, qui est plus large que la supérieure. Les rayons delà membrane branchiostègue , placés entre les deux os mandibulaires, présentent une série de larges plaques imbriquées les unes sur les autres. Les pièces operculaires sont plus ou moins larges suivant les espèces, mais toujours formées de quatre os, le préopercule, l'opercule, le subopercule et l'interopercule ; l'opercule est constamment le plus grand et le plus large , tandis que le préopercule , fortement arqué , ferme en arrière la fosse temporale. Tous les os du crâne et de la face sont lisses, dans quelques espèces •, dans d'autres ils sontsculptés d'une granehire ou de stries plus ou moins serrées. Quelquefois l'on a indiqué, comme caractère de ce genre, des nageoires complètement recouvertes d'écaillés jusqu'à l'extrémité des rayons. 11 semble que rien ne devrait être plus facile à décider que la nature,, ou seulement la présence ou l'absence de parties qui ne sont pas même très-petites, et cependant on éprouve de grandes difficultés en examinant cette question , et l'on est insensiblement conduit à des considérations d'une portée toute différente. Pour les Amblypterus, l'affaire me parait décidée 5 les divi- sions transverses que l'on voit sur les rayons sont bien les articulations de ceux-ci, placées bout à bout les unes à la suite des autres ; c'est surtout visible dans les espèces à rayons moins fins, par exemple, dans l'Amblypterus latus. Mais pour les Palœoniscus , il paraît que la structure des nageoires n'est pas la même dans toutes les espèces; dans — 45 — les Palîeoniscus Blainvillei et Voltzii, du moins, il est e'vidcut que les divisions trans- verses que Ton voit sur les nageoires proviennent des séries d'écaillés qui en recouvrent les rayons, et qui même sont placées de manière à reposer sur les bords avoisinans de deux rayons, et à se recouvrir sur le milieu de chacun d'eux ^ car en enlevant soigneu- sement ces petites plaques, on voit en dessous celles du côté opposé alterner avec l'empreinte des rayons, comme l'écaillé des tortues alterne avec les sutures des côtes. Dans d'autres espèces de ce genre, en revanche, ces divisions paraissent formées comme dans les Amblypterus, et placées sans imbrication, bout-à-bout à la suite les unes des autres^ c'est le cas du Palœoniscus Freieslebeni. Cependant les grosses écailles impaires , placées au bord antérieur des nageoires verticales passent si insensiblement aux rayons articulés, que l'on est à se demander si, sur ces points et dans ce cas, il n'y a pas une transition insensible entre les tégumens extérieurs et le squelette interne. Cette transition est déjà incontestable pour quelques parties de la tête , comme je l'ai fait voir au chapitre sur l'ostéologie ; par exemple, pour les os surtemporaux qui sont tantôt de véritables os, tantôt de véritables écailles, faisant suite à celles de la ligne latérale. Il en est de même des osselets sous-orbitaires, suprascapulaires et de l'opercule, quoiqu'ils soient quelquefois eux-mêmes recouverts d'écaillés. Je connais déjà dix espèces de ce genre, qui paraît être circonscrit dans les limites du terrain houiller et du Zechstein. Il ne serait cependant pas impossible qu'on en découvrît des traces dans le grès bigarré, le Muschelkalk et le Reuper; mais ce que je crois pouvoir affirmer, c'est qu'il ne remonte pas aux terrains jurassiques, dont les nombreux représentans de l'ordre des Ganoïdes ont tous la queue régulière , et jamais prolongée en une longue pointe formant le lobe supérieur de la caudale, comme cela a lieu constamment pour les genres des terrains antérieurs. J'ignore quelles étaient les dispositions de la nature qui ont produit ces singulières différences, mais il est certain qu'elles existent, et que ce serait méconnaître notre tâche que de les ignorer, ou d'attribuer peu d'importance à un fait, aussi général et aussi constant. Ce sont les Pholidophorus qui remplacent dans les terrains jurassiques le genre dont il s'agit dans ce chapitre. I. Pal,eoniscus fultus Agass. Yol. 2.Tab.8f. 4et5. C'est dans la collection de M. Brongniart que j'ai vu les seuls exemplaires de cette espèce que je connaisse. Ils proviennent du terrain houiller de Sunderland (Massa- chussets). On cite le même poisson à Westfield (Connecticut), et Hitchcock (Americ. Journ. of scienc. vol. 6), parle d'une espèce de Palœothrissum semblable à ceux du Mansfeld, qui très-probablement est encore notre fossile. Cependant il serait possible — 44 — qu'on trouvât plusieurs espèces dans les localités susmentionnées, et que toutes ces indications ne se rapportassent pas à la même. Le Palseoniscus fultus ressemble assez par sa forme générale à l'espèce commune du Mansfeld, mais il appartient à la division de ceux dont les écailles sont lisses; il est même un peu plus large et plus trapu que le PalœoniscusFreieslebeni. Ce qui caracté- rise surtout les fragmens que j'ai vus , ce sont les grosses écailles et les forts osselets qui s'étendent sur le bord antérieur de toutes les nageoires. Sur la fig. 4» on voit une partie de la tête, et les rapports de position qui existent entre les pectorales, les ventrales, l'anale et le lobe inférieur de la caudale. Au dessus on voit un indice de l'extrémité de la dorsale, correspondant au bord antérieur de l'anale. Sur la fig. 5, on voit le pédicule de la queue tout entier, l'anale et une partie des ventrales; les écailles des parois abdominales sont disloquées. La ceinture tlioracique est très-prononcée; son angle inférieur renflé porte les pectorales, dont les rayons antérieurs paraissent beaucoup plus allongés que les suivans. En général, toutes les espèces du genre Palœoniscus ont les nageoires moins arrondies que celle du genre Amblypterus; leur bord antérieur plus élevé leur donne une forme qui les rapproche davantage, pour l'aspect extérieur, des poissons ordinaires. Les ven- trales de cette espèce sont plus petites que les pectorales, et plus rapprochées de l'anale que des nageoires antérieures. L'anale, dont l'insertion est éti'oite, a ses rayons an- térieurs beaucoup plus longs que les derniers, et sur leur bord, des osselets en V. infiniment plus grands que ceux d'aucune autre espèce du genre, ce qui lui a valu le nom de Palaeoniscus fultus, par lequel j'ai voulu exprimer la force des nageoires soutenues en avant par des rayons plus gros , qui sont eux-mêmes appuyés de forts soutiens. Je ne puis rien dire de la forme des lobes de la caudale, puisqu'on ne voit que son lïord inférieur et la base de quelques rayons assez épais. Toutes les écailles sont parfaitement lisses ; celles des séries antérieures, qui suivent immédiatement la ceinture tlioracique, sont plus étroites que les suivantes, c'est-à-dire, plus hautes que longues; celles du milieu des flancs presque carrées, et tant soit peu obliques, sont les plus grandes; elles vont en diminuant insensiblement de grandeur vers l'extrémité du tronc; sur le pédicule de la queue et surtout sur le prolongement qui sert d'insertion au lobe supérieur de la caudale , elles sont plus petites et en forme de losanges, inclinées dans le sens de ce prolongement. — 4o — II. P.VL.EONiscus DuvERNov Agass. Vol. 2. Tal). 7. f. I. •>. 3. 4 et 5. Palœotlirissum brève Agass. Catal. maniiscr., (d'après un mauvais exemplaire). — Palœotlirissum phractonotum Agass. Catal. mamiscr. J'ai supprimé ce nom qui dé- signe un caractère que j'ai retrouvé dans toutes les espèces du genre, pour lui substituer celui de M. Duvernoy à qui je dois le premier exemplaii-e complet que j'aie examiné. — De Blainville rapporte les exemplaires qu'il a vus, au Palœoniscus Freieslebeni; mais c'est à tort. Le P. Duvernoy a les écailles lisses et ne se trouve que dans le terrain houiller des environs de Rreutznach, tandis que le P. Freieslebeni a les écailles sculptées et se trouve dans le Zechstein du Mansfeld, La fig. I. représente un exemplaire qui se trouve au Musée de Munich et sur lequel on voit assez distinctement la ligne latérale, quoiqu'il ne reste aucune trace des écailles et qu'elles n'aient laissé que leur empreinte sur la plaque. L'exemplaire de la collection deM. le professeur Broun, à Heidelberg, représenté dans la fig. 2. , est surtout instructif, parce qu'il lui est resté une bonne partie de ses écailles, et parce qu'on peut les étudier par leurs deux faces. C'est le plus grand de tous ceux qiie j'ai vus. Au Musée de Stras- bourg, il y en a aussi un, très-bien conservé. 3Ion ami, M. Alex. Braun, à Carlsruhe, en possède un petit, qui peut donner une idée exacte des formes de cette espèce, quoi- qu'il ne reste absolument que l'empreinte de ses parties. J'ignorais d'où provient ce fossile jusqu'à ce que j'en aie trouvé, au Muséum de Paris, plusieurs plaques, dont deux correspondantes , portant l'étiquette de « Poissons fossiles pénétrés de mercure , » renfermés dans un schiste bitumineux de la commune de 31unster-Appel , dans le » duché de Deux-Ponts; » Du reste, ils ne m'ont rien présenté de neuf, si ce n'est qu'en les voyant, j'ai acquis la conviction que l'exemplaire de ma fig. 2. , celui de M. Bronn, est un peu trop arqué et plus large que dans son état naturel, et que sa véri- table forme est plutôt celle de l'exemplaire de 3Iunich, fig. i. C'est, en effet, des mines de mercure de Munster- Appel, à quelques lieues de Rreutz- nach, que proviennent tous ces poissons. M. Bronn, qui m'en a de nouveau adressé plusieurs, en automne 1882, s'en est assuré, en voyant dans la collection de 31. le con- seiller Geiger, à Rreutznach, un exemplaire de cette espèce en tout semblable aux siens. Les mines d'où ils proviennent se trouvent dans le terrain houiller ; elles ont été décrites par Beurard dans le Journal des mines , et sont mentionnées dans Leonhard Taschen- buch 1807. ï- P- ^9- Le Palaeoniscus Duvernoy est caractérisé par des proportions peu communes dans les espèces de ce genre. La forme du tronc est, en général, celle d'un fuseau fortement renflé dans sa partie antérieure. Le dos est plus arrondi que dans les autres et l'ab- — 46 — domenplus saillant, tandis que la queue, considérablement rétrécie, est plus allongée. Les écailles impaires, placées en avant des nageoires verticales et surtout devant la dorsale, forment une voûte plus étendue. La tête proportionnellement petite, courte et obtuse, a le profil très-élevé et arrondi. La gueule est assez grande et s'étend jus- qu'au dessous de l'œil, qui paraît avoir été plus petit que dans les autres espèces. Dans la fig. 2., on distingue très-bien la mâchoire inférieure, le maxillaire supérieur, et plus haut, en arrière de ces pièces, on voit des fragmens d'os de l'arcade temporale et palatine qui occupent le milieu de la tête. Quant aux rayons branchiostègues qui, dans ce genre, acquièrent un développement prodigieux, il n'en est resté que l'em- preinte qui borde la partie inférieure et postérieure de la tête; ces rayons sont très- courts, mais très-larges, et, d'après l'impression qu'ils ont laissée, ils paraissent éga- lement avoir été très-gros. Jusqu'ici je n'ai vu aucune partie de la colonne vertébrale de cette espèce; il n'est resté du système osseux que les os de la tête, dont il vient d'être fait mention, la ceinture thoracique et les rayons des nageoires. La ceinture thoracique forme un demi-cercle qui borde la partie postérieure et su- périeure de la tête ; on voit distinctement l'empreinte du suprascapulaire et en dessous l'humérus; il est peu échancré au-dessus de l'insertion des pectorales ^ mais il a un léger prolongement arrondi en arrière d'elles. C'est à peine si l'on distingue cette in- sertion des pectorales, parce qu'elles sont presque entièrement enlevées et froissées. Dans l'exemplaire de M. Braun, elles n'atteignent pas , à beaucoup près, les ventrales. Celles-ci, assez reculées _, ne sont bien conservées que dans l'exemplaire fig. 2., encore y sont-elles en partie disloquées; il paraît qu'elles ont cinq rayons antérieurs suivis d'une quinzaine d'autres plus longs, et qui deviennent insensiblement plus petits, vers l'extrémité postérieure de la nageoire. De toutes les espèces du genre, le P. Duvernoy est celle qui ressemble le plus aux Amblypterus. La dorsale est très-reculée ; son extrémité postérieure est même , en partie , opposée à l'anale ; mais sa partie an- térieure correspond à l'espace qu'il y a entre l'anale et les ventrales; elle a, à son bord antérieur, sept rayons insensiblement plus grands, avant celui qui atteint son extrémité supérieure ; elle paraît du reste avoir vingt-quatre à vingt-cinq rayons, dont les derniers vont en diminuant. L'anale qui est très-large aussi, dont le bord postérieur s'étend jusqu'à l'insertion de la caudale, et dont les rayons jjaraissent même plus allongés que ceux de la dorsale, a cinq ou six rayons courts à son bord antérieur, suivis de vingt-cinq à vingt-six autres, dont les premiers sont les plus longs, et qui vont en diminuant de taille. La caudale, dont les lobes sont très-inégaux, est de plus caracté- risée par l'insertion très-oblique de ses nombreux rayons. Le lobe inférieur en a, à la base de son bord, une douzaine de petits, qui s'étendent insensiblement vers sa pointe, et qui sont suivis d'une quinzaine de grands rayons, fendus et refendus à l'infini à leur — 47 — extrémité; le lobe supérieur en a plus de cinquante. Quant à la disposition des nageoires, la ressemblance des poissons de ce genre avec les Esturgeons est frappante; aussi ne doit-on pas être surpris de ce que Germar a fait un Acipenser du Palœoniscus Freieslebeni. On ne voit distinctement la ligne latérale que dans la fig. i , et dans l'exemplaire de M. Alex. Braun; elle s'étend de l'angle supérieur de l'opercule, en ligne droite, vers le milieu de la caudale. Les écailles, de forme très-variée suivant la place qu'elles occupent sur le poisson , sont en proportion plus grandes dans cette espèce que dans les autres du même genre. Elles sont constamment rhomboïdales ; mais plus on moins allongées ou plus on moins raccourcies, suivant qu'elles sont insérées sur la partie la plus effilée ou la plus large du ti'onc. Voyez les fig. 3. 4 et 5. Comme les écailles de tous les poissons , elles s'accroissent par lamelles superposées; mais ce qu'elles ont de particulier dans cette espèce , c'est qu'elles forment sur leur surface extérieure des lignes rhomboïdales concen- triques, visibles à l'œil nu. Dans la partie antérieure du tronc, les écailles sont dis- posées par séries presque perpendiculaires, mais qui deviennent toujours plus inclinées en s'approchant de la queue, oii elles sont entièrement horizontales le long du lobe supérieur de la caudale. Celles des séries antérieures sont presque carrées et légèrement recouvertes, dans leur bord antérieur, par celles des séries qui précèdent ; maisenarrière, plus les séries s'inclinent et plus les écailles s'allongent, et le bord qui dans une série antérieure est dirigé droit en avant, devient le bord inférieur dans celles des dernières rangées. Leur imbrication reste la même, avec cette seule différence, qu'en arrière le bord supérieur est également tant soit peu recouvert, ensorte qu'une écaille postérieure paraît enchâssée entre et sous deux écailles antérieures. La surface des écailles est légèrement bombée sur leur milieu, ce qui fait que l'empreinte qu'elles laissent sur la pierre, là oli elles se détachent entièrement, est lisse, et présente au milieu un léger enfoncement. Cette espèce a beaucoup de rapports de détail avec le Palœoniscus minutus. III. Pal;eoniscus minutus Agass. Vol. 2. Tab. 8. f. I. 2. et 3. Palœothrissum minutum Agass. Catal. manuscr. Le seul exemplaire de cette espèce que j'aie vu, se trouve au Musée de Strasbourg; ce sont deux plaques correspondantes, très-bien conservées et qui ne laisseraient rien à désirer si la tête avait conservé sa position naturelle ; mais elle s'est détachée de la colonne vertébrale et a glissé un peu plus bas , ensorte qu'elle se trouve continue à la cavité abdominale , et que la mâchoire inférieure est placée en avant et en dessous du hord du ventre. Il provient des mines de mercure de Munster- Appel. Frappé des — 48 — nombreuses ressemblances de détail qu'il a avec le P. Duvernoy , j'avais cru d'abord que c'était un jeune individu de cette espèce j cependant il présente des particularités qui obligent à le distinguer spécifiquement , aussi long-temps du moins qu'on n'aura pas reconnu, dans une série d'exemplaires, la possibilité de rattacher aux cliange- mens qui surviennent pendant son accroissement toutes les différences que présentent ces deux poissons 5 ce qui ne serait pas impossible, puisque c'est surtout par les dimen- sions des parties entre elles qu'ils se distinguent. Le Palœoniscus minutus a le corps moins large dans sa partie antérieure ; la queue ne présente par conséquent pas im rétrécissement aussi considérable. La ligne latérale parallèle au contour supérieur du tronc est beaucoup plus rapprochée du dos que du bord du ventre. Ce qui me fait surtout penser que cet ichtliyolithe constitue une es- pèce particulière , c'est que les écailles ont à peu près la même grandeur et la même forme dans toutes les parties du corps ; elles sont rhomboïdales, aussi hautes que longues, celles du prolongement de la queue seulement sont un peu plus allongées. Toutes les nageoires sont composées de rayons très-fins , dont les articulations transverses sont très-éloignées et dont les divisions terminales sont moins nombreuses que dans le P. Duvernoy; la dorsale et l'anale sont grandes, considérablement plus élevées dans leur bord antérieur qu'à leur extrémité : la dorsale, qui commence immédiatement en arrière des ventrales, finit vis-à-vis de la partie de l'anale où se trouvent ses plus longs rayons. Les ventrales paraissent aussi grandes que les pectorales et sont placées exactement au milieu , entre celles-ci et l'anale. Les rayons qui s'étendent le long du bord supérieur du prolongement de la queue sont plus gros que ceux qui constituent la caudale même. Quant à la tête, non-seulement elle est déplacée, mais encore sa partie antérieure est enlevée j on voit cependant distinctement les mâchoires et quelques-uns des courts et larges rayons branchiostègues qui sont placés entre les brandies du maxillaire in- férieur. Dans cette espèce, la gueule paraît avoir été très-fendue, au-delà même de l'orbite qui est plus grande que dans le P. Duvernoy. Les pièces operculaires sont grandes, lisses, et, comme les autres os de la tête que l'on peut voir, marquées seu- lement de quelques lignes concentriques peu saillantes. La fig. i. et 2. représente les deux plaques correspondantes; la fig. 3. les écailles du milieu du tronc. IV. Paleomscus Blainvillei Aoass. Yol. 2. Tab. 5. f. I. 2. 3. 4- 5. 6. et 7. Palaeothrissum inœquilobum de Bl. Ichthyol. p. 17. — P. parvum de Bl. Id. p. 17. Ce poisson n'a aucun rapport avec le Palœoniscus Freieslebeni , avec lequel il a ce- pendant été confondu par plusieurs géologues, dans leurs catalogues des fossiles carac- téristiques. Le Palœoniscus Blainvillei ne se trouve jamais dans le Zechstein du Mansfeld , — 49 — mais il est très-coinmiin dans les environs d'Autun. J'en ai vu un très-grand nombre d'exemplaires aux Musées de Strasbourg et de Paris, dans les collections de MM. Brongniart et Régley, à Paris, et dans les cabinets d'histoire naturelle de Lausanne et de Neucliâtel. Les originaux de mes figurejs m'ont été communiqués par M. Voltz et se trouvent au Musée de Strasbourg ; les magasins du Muséum d'histoire naturelle de Paris contiennent un si grand nombre d'exemplaires de cette espèce, qui ont été donnés par M. de Bonnard, que l'on pourrait en orner toutes les collections géolo- giques. La forme générale du corps de cette espèce est un ovale allongé et rétréci dans sa partie postérieure^ c'est le plus large Palœoniscus que je connaisse, et cependant c'est l'un de ceux qui ont l'aspect le plus élégant et la tournure la plus gracieuse. Sa petite tète , ses larges écailles qui , siu' le milieu du dos , s'élèvent insensiblement le long de la dorsale , sa queue doucement redressée , son anale et ses nageoires paires bien proportionnées à sa taille, et placées k égale distance les unes des autres, lui prêtent cet ensemble qui , sans avoir rien de frappant , fait le charme de toutes les formes régulières. La tête égale environ la cinquième partie de la longueur totale du poisson ; l'oper- cule est petit et repose sur une large et grosse ceinture thoracique, qui présente un renflement considérable à l'angle où les pectorales sont insérées. La surface extéxieure de l'opercule est ornée d'une sculpture en sillons rayonnans qui semblent diverger dans tous les sens, du milieu de son bord antérieur. Pour les détails de la tête, voyez lesfîg. i. 2 et 3. Lorbite est grande, située droit au-dessus de l'articulation de la mâchoire inférieure , et entourée de sous-orbitaires dont la surface est aussi ornée de quelques saillies irrégulières. Le sommet de la tête est légèrement arqué et la nuque se continue avec le dos sur une ligne également voûtée; la surface extérieure des os du crâne présente aussi quelques traits saillans disposés en rayons, suivant les progrès de l'ossification de chaque os. La bouche paraît avoir été petite et la mâchoire supérieure étroite; mais le maxillaire inférieur est large, surtout en avant de son articulation, vers l'apophyse coronoïde; sa surface extérieure est sillonnée longitudinalement. Entre les deux branches de la mâchoire inférieure se trouvent fixés les rayons bran- chiostègues qui occupent tout l'espace de la gorge ; ce sont de larges plaques , presque aussi larges que longues, sur lesqifelles on A^oit distinctement des saillies qui parais- sent quelquefois des rides concentriques : il y a, dans différens exemplaires, cinq ou six de ces rayons; mais il est possible que leur nombre soit plus considérable, puisque je n'ai encore jamais vu de plaque dans laquelle le poisson fût placé sur son dos , de manière à laisser voir distinctement la nature de sa surface ventrale , quoique j'aie examiné plus de cent exemplaires de cette espèce. Je crois quil est permis de ToM. II. 7 — 50 -^ conclure de ce fait que ce poisson était très-comprimé , et que c'est pour cela que, dans les couches qui le contiennent, il s'est toujours déposé sur son flanc. Il est une autre observation qui tend encore à confirmer cette supposition, c'est que presque tous les exemplaires que l'on trouve sont dans un état de conservation qui ne laisse rien à désirer sur la position relative de leurs parties; les parois écailleuses du flanc droit et du flanc gauche reposant immédiatement l'une sur l'autre par leur surface interne, Reparaissent cependant pas disloquées, et leurs bords supérieur et inférieur ont rare- ment glissé l'un sur l'autre , ce qui devrait nécessairement avoir lieu dans un poisson arrondi, chez lequel les nageoires verticales auraient conservé leur position; car l'insertion de leurs rayons indiquant le véritable contour, et leurs interapophysaires étant liés aux apophyses épineuses de la colonne vertébrale , il est impossible de sup- poser qu'en s'aplatissant, les côtés arrondis se soient étendus par le dos et le ventre. Cette dilatation aurait amené une autre pertuxbation dans la position des écailles , dont les séries dorso-ventrales auraient dû, dans plusieurs points, glisser les unes sur les autres et se recouvrir, ou, dans d'autres cas, se détacher et se séparer les unes des autres; ce qui n'a pas lieu : l'on voit, au contraire, qu'elles ont conservé une position bien régulière sur toute la surface du corps dans la plupart des exem- plaires. Ce qu'il y a cependant de bien surprenant dans l'état de conservation de tous les Paléonisques, mais surtout de ceux de Muse, c'est que les os de la tête, des mâ- choires, de la ceinture thoracique, et les rayons branchiostègues étant ordinairement très-bien conservés et ayant laissé des traces indubitables de leur nature osseuse , il ne reste généralement aucune trace des os de la colonne vertébrale , quoique les parois écailleuses des deux côtés du poisson soient superposées l'une à l'autre dans une position qui paraît naturelle, et quoique l'on ne trouve auciuie trace d'une lésion par laquelle les vertèbres (que l'on pourrait supposer peu cohérentes entre elles) auraient pu sortir de dessous la peau. Cette obsei'vation n'est pas seulement appli- cable aux Pala3oniscus ; presque tous les Ganoïdes sont dans ce cas ; et cependant il est impossible d'admettre que , malgré la nature osseuse des os de la tête , la colonne vertébrale soit cartilagineuse; car dans quelques cas rares l'on trouve des traces de véritables os entre les deux plaques d'écaillés. J'en ai observé dans les Palœoniscus qui m'ont éclairé sur la véritable nature de leur squelette , dans les genres Platy- somus, Tetragonolepis et Semionotus; ceux du genre Lepidotus, quoique très-rare- ment présens, dans les exemplaires en apparence les plus complets sont même très- massifs. On les trouve plus fréquemment dans les genres de la famille des Sauroïdes et des Pycnodontes que chez les Lépidoïdes ; mais ils manquent souvent aussi chez les premiers, et, dans tous les cas, leur disparition est aussi inexplicable que pour les — 51 — < Palnconiscus. Le fait le plus surprenant est celui oîi les côtes et les apophyses épi- neuses existent clans leur position respective naturelle, mais où les corps des vertèbres ont entièrement disparu , sans aucune trace de lésion extérieure , comme on le A^oit souvent dans les Gaturus , et comme je l'ai aussi observé dans un Palaeoniscus de Muse. L'articulation des apophyses avec les corps de vertèbres, auxquels elles ne sont point soudées, rend la chose plus facile, mais n'explique pas, pour ce cas, la disparition des corps de vertèbres^ pas plus que, pour d'autres cas, la disparition complète des os du tronc. Il paraît donc qu'il y a eu quelque action physique encore inconnue qui les a détruits , puisque leur absence ne peut pas être expliquée méca- niquement. Quant aux écailles de cette espèce , elles ont xm caractère qui leur est commun à toutes ; c'est d'être parfaitement lisses à leur suiface extérieure et recouvertes d'une couche d'émail si opaque et si homogène que l'on n'entrevoit pas même de traces des lignes concentriques d'accroissement, sans les briser. Les écailles qui recouvrent le tronc sont de moyenne grandeur, et plus hautes ou plus larges que longues (fig. 5.); les plus grandes occupent les côtés de la partie antérieure de l'abdomen; vers le rétrécissement de la queue elles deviennent insensiblement plus petites et en même temps plus longues que larges (fig. 6.); sur le prolongement du lobe supérieur de la caudale, elles changent de direction (fig. 'y.) et vont en diminuant encore jusqu'à son extrémité où elles deviennent imperceptibles (fig. 4-) Sous le ventre et vers son bord inférieur , les écailles sont aussi plus longues que hautes. La position des écailles et leur imbrication sont telles que l'on distingue seulement des séries dorso-ventrales continues, légèrement inclinées d'avant en arrière, et presque droites 5 au bord du dos seulement elles sont un peu arquées en avant, et, au bord du ventre, légèrement déviées en arrière; cette disposition est constante, même sur le rétrécissement de la queue, jusqu'aux séries qui finissent à Tinsertion des rayons du lobe inférieur de la cau- dale, et sur lesquels elles forment une saillie arrondie (fig. i.) ; plus loin elles se dirigent dans le sens du prolongement de la colonne vertébrale que forme le lobe supérieur de la caudale. Ce changement s'opère par l'intercalation de quelques écailles à l'extrémité inférieure des séries, qui se bifurquent même et qui, formées alors de plus d'écaillés dans leur partie inférieure, s'incUnent davantage en arrière; les bords des écailles, qui, dans la partie extérieure du corps , apparaissaient comme bord antérieur et postérieur, deviennent supérieur et inférieur; les supérieur et in- férieur deviennent, par la même laison, antérieur et postérieur, et Fimbrication est telle alors que les séries formées par les bords supérieur et inférieur devenant plus visibles , les écailles semblent suivre une autre disposition , quoique l'on remarque encore un peu les séries qui correspondent à celles de la partie antérieure du corps , — 52 ~ comme ici déjà l'on entrevoit celles qui prédominent sur le prolongement de la queue. Cette différence, dans l'aspect des écailles, résulte aussi de ce que, dans la partie antérieure du corps, les bords supérieur et inférieur d'une écaille ne sont pas direc- tement placés à la suite des mêmes bords des écailles de la série voisine, mais qu'ils aboutissent à la partie supériem-e de leurs bords postérieurs (fig. 5.); tandis que, sur le prolongement de la queue , tous les bords des écailles sont plus directement continus. La ligne latérale ne se distingue pas sensiblement; elle s'étend du bord supérieur de l'opercule au milieu de l'écbancrure de la caudale, légèrement arquée vers le ventre dans la partie antérieure du tronc; sur le prolongement de la queue , ce sont* les écailles de son bord inférieur qui portent les trous du canal muqueux ; ses écailles sont un peu plus liantes que celles des séries avoisinantes. Excepté la caudale, les nageoires de ce poisson ont à peu près les mêmes dimen- sions; la dorsale, placée un peu plus en arrière que le milieu du dos, occupe exac- tement l'espace qu'il y a vis-à-vis l'intervalle qui sépare les ventrales et 'l'anale ; celle-ci a exactement la même forme que la dorsale ; les ventrales diffèrent des mêmes nageoires dans les poissons ordinaires, parce qu'elles sont insérées au corps par une large base, comme dans les Esturgeons, et en général dans les Ganoïdes; il en est de même des pectorales qui sont rarement conservées. La caudale est conformée comme dans tous les Ganoïdes hétérocerqUes ; la colonne vertébrale, se prolongeant considérablement au-delà des premiers rayons du lobe inférieur de la nageoire , donne naissance à un lobe supérieur asymétrique , dont les rayons vont en diminuant successivement de grandeur. Les nageoires ont quelque cliose de très-particulier dans leur aspect extérieur ; «lies sont toutes recouvertes d'écaillés qui ont la même struc- ture que celles du corps, mais qui en diffèrent par leur forme et leur position. Elles sont très-petites, souvent beaucoup plus longues que larges, disposées le long des rayons des nageoires , mais fixées sur le milieu des rayons de manière à s'étendre sur le rayon voisin postérieur et à en recouvrir le bord antérieur ; du reste , leur forme est toujours rhomboïdale, et elles sont liées entre elles par leurs bords su- périeur et inférieur ; sur les rayons antérieurs de cliaque nageoire , elles sont ha- bituellement plus longues que sur les rayons postérieurs. On remarque encore cette particulai'ité dansées écailles, c'est que là oii les rayons se bifuiquent, les séries d'écaillés se doublent aussi de manière à suivre toujours la disposition des rayons, leurs divisions, et à les recouvrir sur toute leur étendue comme à leur base. Il résulte de là que les nageoires sont autant de rames cuirassées, dont les plaques ont dû être, mobiles les unes sur les autres dans leur imbrication antéro-postérieure , afin de permettre aux nageoires tous les mouvemens dont elles doivent être susceptibles 5o en général, et chaque rayon en particulier, pour soutenir le poisson dans ses mou- vemens de progression et les modifier à l'infini. Enfin , en avant de chaque nageoire, l'on remarque de grosses écailles qui protègent le bord antérieur de l'insertion des rayons ; en avant de la dorsale , sur le milieu du dos , il y en a quatre impaires , im- briquées à la suite les unes des autres j elles deviennent de plus en plus pointues, et les deux dernières se relèvent même insensiblement et se dressent le long du bord antérieur de la nageoire^ il y «i même une série de ces écailles de plus en plus petites sur tout le bord antérieur des grands rayons, et c'est ici que l'on peut voir distinctement les rapports intimes et même les transitions insensibles qu'il y a entre ces écailles et les rayons des nageoires , car souvent l'on voit une de ces écailles prendre rang entre les rayons et s'articuler avec les interapophysaires comme les vrais rayons osseux, dont les antérieurs, du reste, dans toutes les nageoires de la plupart des pois- sons, sont fort semblables à des écailles allongées du milieu du dos. Comparez, pour plus de détails, la description des Semionotus, des Lepidotus, et surtout celle des Caturus. Il y a également quelques grosses écailles en arrière de la dorsale; mais c'est surtout le long du bord supérieur du prolongement de la queue qu'elles sont très-développées ; elles commencent au plus fort du rétrécissement de la qiieue, là où les séries transverses des écailles, changeant de direction, s'inclinent davantage en arrière; les premières sont plus arrondies, les suivantes deviennent de plus en plus pointues jusqu'à l'extrémité de la queue, où elles sont à peine perceptibles; elles correspondent à des écailles impaires , plus petites il est vrai , mais disposées d'une manière analogue le long du bord inférieur du lobe inférieur de la caudale. Cette na- geoire a encore cela de particulier , que les écailles qui recouvrent les rayons de son lobe inférieur sont beaucoup plus longues que larges , et en même temps plus longues que celles qui sont attachées aux rayons du lobe supérieur et qui ont plutôt des dimensions inverses. En avant de l'anale, il y a seulement deux écailles plus grandes et qui sont arrondies , et une rangée de très-petites sur son bord antérieur ; celles qui , de chaque côté du poisson , sont placées à la base de l'insertion des ventrales , sont aussi plus grandes , étroites et arrondies à leur bord inférieur. Ces écailles des na- geoires, celles du moins qui recouvrent la surface extérieure des rayons, sont, en général , trop petites pour que l'on ait pu représenter leur disposition dans les figures d'ensemble; cependant, il est facile de les reconnaître à la loupe, et l'on peut s'as- surer de leurs rapports de position avec les rayons, en recherchant des empreintes oïl les écailles soient visibles par leur surface interne, sur laquelle on voit alors dis- tinctement les traces de la position des rayons ; on les reconnaît aussi à la saillie qu'ils forment sur les écailles lorsqu'on examine celles-ci par leur surface extérieure. Le Palœoniscus Blainvillei est très-commun au Pont de Muse, à deux lieues au — M — N. 0. d' Autun , dans un schiste niarno-bitumineux , qui en contient un si grand nombre d'exemplaires qu'on en découvre toujours plusieurs entre les feuillets, même les plus minces, de ses couches. M. Boue croit que ce schiste est très-probablement identique avec la partie inférieure du Zechstein; tandis que M. de Bonnard croit qu'il appar- tient à un terrain houiller, quoiqu'on ne trouve dans cette localité ni psammite houil- 1er , ni schiste des houillères , mais seulement un schiste très-bitumineux avec de véritables fougères; cette opinion est aussi celle de M. Elie de Beaumont. C'est dans les notes de M. Cuvier que j'ai trouvé ces renseignemens sur le gisement des poissons d' Autun. On trouve encore, dans cette intéressante localité, deux autres espèces du même genre : les Palaeoniscus Yoltzii et angustus et le Pygopterus Bonnardi , dont on ti'ouvera la description plus loin. La présence de plusieurs espèces, souvent très-semblables, quoique bien distinctes, dans une même localité, entremêlées dans les mêmes couches, mais limitées à des dépôts de peu d'étendue, est un fait géologique et de géographie des êtres organisés très-sui'prenant. Nous voyons, par exemple, dans certaines localités, deux ou trois espèces d'un même genre, que Ton a de la peine à distinguer, comme à Solenhofen, à Eichstœdt et à Daiting , plusieurs Leptolepis , à Muse trois Palaeoniscus , dans plu- sieurs de nos lacs quelques Leuciscus très-voisins, tandis que dans des localités correspondantes, soit à cause de leur position ou de l'âge des couches, on trouve un nombre moins considérable d'espèces plus différentes entr'elles , ou même d'un autre genre , mais dont l'ensemble rappelle involontairement dans notre esprit l'im- pression qu'y ont laissé les premières. En présence de pareilles circonstances, l'on est à se demander si ces espèces très -conformes ne sont pas dans leur ensemble l'analogue d'espèces plus différentes que l'on trouve dans d'autres localités; si la nature n'a pas formé dans certains cas sur un même moule de certain aspect, ce que dans d'autres cas elle a atteint par quelques modifications peu variées d'un autre moule analogue. Dès à présent il suffit de parcourir les catalogues des fossiles carac- téristiques de différens dépôts contemporains pour trouver, dans les créations suc- cessives de nombreux exemples de cette analogie compensative, qui deviendra d'au- tant plus frappante , que dans nos registres les espèces seront mieux rangées d'après leurs aflînités naturelles. En comparant ainsi les Palaeoniscus de Muse, qui n'ont encore été trouvés nulle part ailleurs, avec ceux de Munster-Appel, de Sunderland, de Silésie et du Mansfeld, on leur trouve en général plus de ressemblance dans l'aspect extérieur, et puis en- suite jusque dans les plus petits détails, avec les espèces des dépôts houillers qu'avec celles du Zechstein, dont les écailles sont ornées de différens dessins à leur surface extérieure. Quant aux poissons des environs de Saarbriïck , et que l'on trouve surtout oo près de Lébach, nous avons vu, au chapitre précédent, qu'ils appartiennent au genre Amblypterus; ils gisent dans les couches supérieures du terrain houiller, au milieu de minerais de fer : leurs empreintes sont pyriteuses , et on les trouve au milieu de rognons arrondis, se décomposant par couches concentriques. Quoique ressortissant d'un genre assez différent des Pah-eoniscus , il est certain, cependant, que les pois- sons de Lébach rappellent aussi ceux d'Autun. Par leur état de conservation, les poissons d'Autun ressemblent encore à ceux de Munster-Appel , qui ne sont jamais conteinis dans des masses sphéroïdales , mais qui sont déposés dans des schistes souvent aussi feuilletés que ceux du Pont de Muse ; ceux de Munster-Appel sont de plus pénétrés de mercure sulfuré. Les deux espèces de Palseoniscus que M. de Dechen vient de découvrir, entre la Bohême et la Silésie, dans des couches de calcaire su- bordonné au Rothes Todtliegendes , sont celles qui ressemblent le plus aux poissons de Muse, et en même temps k l'espèce de Sunderland. Mais, dans aucun de ces divers gisemens, je n'ai trouvé des espèces identiques. M. de Blainville a décrit ce poisson sous le nom de Palœothrissum inœquilobum , dénomination qui convient également à toutes les espèces du genre; son Palœothris- sum parvum est établi d'après de jeunes individus de la même espèce. 31. de Blain- ville n'a pas connu les P. Voltzii et angustus qui ne se trouvaient pas dans la col- lection de M. Brongniart. V. Pal.eoniscus Voltzii Agass. Yol. 1. Tab. 6. f. i. i. 3. 4.5. 6 et 7. Je dois à M. Voltz la communication des deux plus belles plaques que j'aie vues de cette espèce, et qui sont représentées par les figures i et 2 de la table citée. Ce sont deux plaques correspondantes du même indiAàdu qui s'est détaché de manière à être visible, sur la fig. 2, par toute sa surface droite qui est en relief; surlafig. i, il* n'a laissé qu'une empreinte creuse de cette même surface, mais si nette qu'elle en présente tous les caractères. Ces exemplaires sont dans l'état de conservation le plus parfait, à l'exception de la caudale qui est brisée; ils sont conservés au Musée de Strasbourg. Au Muséum d'histoire naturelle, il y a également plusieurs beaux exemplaires de cette espèce , parmi lesquels se trouve celui qui est représenté par la fig. 3, et dont la caudale surtout est bien conservée. Cette espèce diffère considérablement du P. Blainvillei par sa forme allongée, par ses grosses écailles et par les proportions de ses parties. La tête paraît plus grande, parce qu'elle est presque aussi large que le tronc ; elle n'égale pourtant pas le quart de la longueur totale du poisson. L'opercule est plus large et plus grand; sa surface extérieure est lisse , comme en général tous les os de la tête , sur lesquels on ne re- ~ o6 — marque pas les ornemens en relief qui distinguent le P. Blainvillei; sur les rayons hranchiostègues qui sont très-larges et fort gi'os , et au bord des maxillaires inférieurs seulement , on aperçoit quelques traces des lignes d'accroissement de leurs feuillets osseux. L'orbite est fort grande et occupe exactement le milieu des côtés de la tcte. Dans l'original de la fig. 2 , on voit distinctement la ceinture tboracique formée d'un scapidaire arrondi à son bord postérieur, qui a une forte impression transverse sur son milieu et qui est placé au-dessus de l'opercule; d'un humérus arqué en forme de croissant dessous l'opercule , et dont le côté antérieur est creux et considérable- ment dilaté: les autres os du bas ne sont pas visibles. Cette dilatation interne de la lame antérieure de l'humérus et le dérangement que l'on observe dans la position des écailles de presque tous les exemplaires , me font penser que cette espèce était non-seulement plus étroite, mais aussi plus épaisse et plus arrondie, vers le dos surtout; car, de ce côté du corps, toutes les séries d'écaillés ont glissé les unes sur les autres, de manière à se recouvrir sur plus de la moitié de leur longueur, comme cela devrait nécessairement avoir lieu si l'on comprimait sur un plan un poisson ar- rondi et à grosses écailles, sans que, dans sa position , il pût se dilater sur les côtés. Les écailles du P. Voltzii sont considérablement plus grandes que celles de l'espèce précédente; elles sont surtout plus carrées (fig. 5.), c'est-à-dire que la partie des écailles qui est visible extérieurement est généralement aussi longue que haute ; la différence dans les dimensions des écailles de la région antérieure du corps où elles sont surtout grandes, et de celles du pédicule delà queue oii' elles sont beaucoup plus petites , est plus sensible dans cette espèce que dans le P. Blainvillei , parce que dans celui-ci, malgré l'élévation considérable des écailles de la partie antérieure du corps, les séries dorso-ventrales n'en paraissaient pas plus larges , et ces séries étant les plus visibles (tandis que l'on remarque à peine les bords supérieur et inférieur de chaque écaille) , il résulte de ces différences de forme , dans les écailles de chaque série, des aspects fort différens dans les deux poissons. Du reste , toutes les écailles sont parfaitement lisses ; leurs bords supérievu's et les inférieurs sont presque continus , ils dévient fort peu sur le bord postérieur des séries précédentes. Les écailles de la ligne latérale (fig. 4-) n'ont rien de remarquable dans leur forme; elles sont percpes d'un très-petit tube qui s'ouvre vers la partie moyenne de leur surface extérieure ; la série que forment ces écailles est légèrement arquée vers le dos. La fig. 6 re- présente quelques écailles du rétrécissement de la queue, et la fig. 7 celles de son prolongement, sur lequel elles changent de direction comme dans les autres espèces du genre. Les dimensions des nageoires et leur position présentent aussi des différences notables : la dorsale est plus grande; placée plus avant sur le milieu du dos, ses grands 67 rayons antérieurs sont considérablement plus allongés que les derniers de la na- geoire; le long de son bord antérieur, et en avant de ses rayons, il s'élève un nombre plus considérable de grosses plaques écailleuses, que l'on voit surtout bien dans la fig. 3 et en profil dans l'empreinte de la fig. i ; il y en a de très-petites tout le long du bord de la nageoire; les écailles qui recouvrent les rayons antérieurs sont très- larges et beaucoup plus grandes que celles qui sont attachées sur les rayons posté- rieurs, et qui sont en même temps très-courtes. L'anale est plus petite que la dorsale , sa base du moins est plus étroite, et à son bord antérieur on voit quelques écailles plus grosses et très-arrondics; il y en a de très-petites et de très-pointues le long de son bord antérieur; celles qui recouvrent les rayons antérieurs sont plus grandes que celles qu'il y a sur les rayons postérieurs , mais elles ne sont pas sensiblement plus allongées. La caudale est remarquable parles grosses écailles allongées qui pro- tègent le bord supérieur du prolongement de la queue et qui sont plus pointues que celles du P. Blainvillei; tous les rayons de la nageoire sont recouverts d'écaillés qui deviennent extrêmement petites à l'extrémité des rayons; celles qui recouvrent le lobe inférieur sont les plus grandes et aussi plus allongées; celles du lobe supérieur présentent des dimensions inverses. Sur le bord inférieur de la nageoire, il y a de petites écailles pointues, plus grandes à sa base, mais dont les premières ne sont pas aussi avancées que celles du bord supérieur du rétrécissement de la queue. Les ventrales n'occupent pas exactement le milieu de l'abdomen comme dans le P. Blain- villei; elles sont plus reculées et plus rapprochées de l'anale ; il résulte aussi de là des rapports différens vis-à-vis de la dorsale, au tiers antérieur de laquelle elles coitcs- pondent, tandis que dans le P. Blainvillei elles sont en avant de son bord antérieur, ou tout au moins vis-à-vis du commencement de son insertion. D'après les fragmens qu'il est resté de ces nageoires, elles étaient aussi plus grandes. Je n'ai vu aucune trace des pectorales, à l'exception de quelques rayons brisés au point de leur insertion. Cette espèce n'a encore été trouvée qu'au Pont de Muse, près d'Autun, pêle- mcle avec le P. Blainvillei; mais elle est plus rare. VI. Pal.eoniscus angustus Agass. Vol. 2. Tab. 9. f. I. 2.3. 4 et 5. C'est la plus petite des espèces de Palaeoniscus que l'on trouve près d'Autun. Comme pour les autres du genre, et comme en général pour tous les poissons repré- sentés dans cet ouvi'age, je l'ai fait figurer de grandeur naturelle; c'est pour cette raison que j'entre rarement dans des détails nombreux sur les dimensions des pois- sons que je décris. Après avoir dit quelle est la longueur des plus grands exemplaiz'es que j'aie vus, les figures qui représentent l'espèce dont il s'agit expriment le reste, ToM. II. 8 — 58 — et l'on conçoit aisément que l'on trouve des individus de toutes les dimensions infé- rieures, par lesquelles le poisson a dû nécessairement passer pour acquérir sa plus grande taille. J'ai toujours recherché avec soin des exemplaires de différentes dimen- sions pour étudier les caractèi'cs spécifiques des poissons fossiles , et toutes les fois que j'ai pu m'en procurer plusieurs, j'ai constaté les différences qui peuvent résulter, dans Taspect des espèces, des changemens qu'elles subissent durant leur développe- ment. L'on peut donc être persuadé que, lorsque je décris une espèce qui, au premier abord, paraît ne différer d'une autre du même gisement que par la petitesse de sa taille, j'ai pris auparavant toutes les précautions possibles pour m'assurer si je n'avais pas sous les yeux quelque jeune exemplaire d'une espèce déjà mentionnée. L'observation que j'ai faite plus haut sur l'analogie compensative en comparant les caractères d'organisation de plusieurs espèces de différentes formations, s'étend aussi à la taille relative des espèces; car non seulement les espèces analogues de différens âges ou de différentes localités se compensent, dans les circonstances où elles sont placées , par les particularités de leurs caractères anatomiques et zoologiques , mais encore il y a , à certains égards , compensation pour la taille , soit par le nombre des espèces qui en remplacent une autre, soit par le nombre plus ou moins considérable des individus de chaque espèce. Il serait enfin possible qu'il y eût encore compensa- tion à l'égard de l'âge qu'atteignaient les individus de chaque espèce, ou quant à la rapidité de leur développement; mais il est impossible de recueillir assez de matériaux pour arriver, sous ce point de vue , à des résultats dans l'étude des fossiles ; il faudra donc commencer ces recherches par l'examen comparatif du cours de la vie des espèces analogues de la création actuelle, dans différentes localités et sous des influences cli- matiques très-variées. Quant au Palaeoniscus angustus, j'en ai vu un assez grand nombre, bien conseï'- vés , et qui tous m'ont présenté des caractères particuliers que je n'ai retrouvés ni dans le Palaeoniscus Blainvillei, ni dans le Palaeoniscus Yoltzii, lors même que j'avais soin de choisir les plus petits exemplaires de ces espèces pour les comparer entre elles. Il y a plusieurs plaques du Palaeoniscus angustus au Muséum d'histoire naturelle de Paris, entr'autres les originaux de mes figures; M. Auguste de Montmollin en a aussi donné quelques-uiies au cabinet de la ville de Neuchâtel. Par sa forme , le Palaeoniscus angustus ressemble assez au Yoltzii ; par la position relative -des nageoires et par leurs dimensions, plutôt au Blainvillei. C'est un petit poisson allongé , dont le dos est doucement voûté, et dont le pédicule de la queue, peu rétréci, porte une caudale de grandeur assez considérable. Sa tête est proportion- nellement aussi longue que celle du Yoltzii et plus grande que celle du Blainvillei ; les os du crâne, ceux de la face et les mâchoires sont lisses à leur surface extérieure; _ 59 — lorbite est de moyenne grandeur; l'opercule est grand, large, cependant un peu plus élevé que long; on n'y voit aucune trace de rayons divergens; les os de la mâchoire inférieure, armés de petites dents en brosse rude, et les rayons brancliiostègues pa- raissent plus étroits que dans les deux espèces citées plus haut. On aperçoit dans plu- .sieurs exemplaires des traces d os vigoureux formant la ceinture thoracique. Toutes les écailles sont parfaitement lisses , rhomboïdales , aussi longues que hautes sur le tronc; elles sont plus grandes sur les flancs, dans la partie antérieure du corps (fig. 3), et vont en diminuant jusqu'au rétrécissement de la queue"(fig. 4) ? où elles s'inclinent plus en arrière, pour prendre la direction du prolongement de la queue (fig. 5). La ligne latérale est très-marquée; elle commence à l'angle supérieur de l'opercule, et s'étend jusqu'au bord inférieur du prolongement de la queue, le long duquel elle se continue, restant toujours parallèle à la courbe du dos, et par conséquent légèrement arquée vers le dos dans sa partie antérieure ; les écailles qui en font partie sont per- cées d'un long gros tube qui s'ouvre vers leur bord antérieur (fig. 3). Un caractère particulier dans l'imbrication des écailles de cette espèce, qui la distingue des autres, c'est que les grandes écailles des côtés ne correspondent pas les unes aux autres par leurs bords supérieurs et inférieurs , mais que ces bords aboutissent sur le milieu , ou à peu près, du bord postérieur de la série précédente. Les nageoires présentent un caractère plus particulier encore dans le recouvrement de leurs rayons. Il faut remarquer que la dorsale, dont la grandeur égale l'anale, à peu près , est plus reculée que le milieu du dos , et correspond de cette manière exac- tement à l'intervalle qu'il y a entre les ventrales et l'anale ; les ventrales occupent le milieu de l'abdomen, elles sont passablement grandes (fig. i). En avant de la dorsale il y a quelques écailles impaires plus grosses, et de très-petites sur le bord antérieur de la nageoire , à peine visibles à l'œil nu ; il y en a également de semblables sur le bord antérieur des autres nageoires avec quelques plaques plus grosses en avant de l'anale et du lobe inférieur de la caudale ; mais c'est surtout le long du bord supérieur du prolongement de la queue qu'il y en a de plus grandes, et surtout ti'ès-allongées et pointues, qui vont en diminuant de grandeur jusqu'à son extrémité. Ce qui dis- tingue surtout cette espèce, c'est que les rayons des nageoires sont beaucoup plus grêles, articulés à des distances plus considérables, et surtout recouverts de très- longues écailles fort étroites, qui forment, sur toutes les nageoires, des séries trans- verses assez larges, se rétrécissant peu vers leur bord postérieur; on les voit même distinctement à l'œil nu (fig. i). Ce mode de recouvrement des rayons diffère si considérablement de celui des Palaeoniscus Blainvillei et Voltzii , que les nageoires du Palœoniscus angustus paraissent nues à côté de celles des deux autres espèces , tant les écailles qui les recouvrent sont étroites et allongées , et ressemblent par là à des _ 60 — articles de rayons articulés. La caudale est proportionnellement très-grande; son lobe supérieur est surtout beaucoup plus long et plus large que le lobe inférieur. Cette espèce n'a encore été trouvée qu'au Pont de Muse, près d'Autun. A^II. PaL.EONISCUS VR.4TISLAVIENS1S Agass. Vol. 2. Tab. 10. f. I. 2. /|. 5. et 6. (^) Lorsque dans ma première livraison j'ai fait imprimer le tableau synoptique des Ganoïdes, dans lequel j'indique dix espèces de Palaeoniscus, j'étais loin de supposer que sitôt après j'aurais deux espèces très-remarquables à ajouter à ce sin- gulier genre. L'une d'elles m'a été signalée par M. Bronn, qui m'en avait envoyé inie esquisse, en juillet de l'année dernière; j'ai trouvé la seconde parmi les exem- plaires que m'a remis M. de Decben. Les originaux des figures du P. vratislaviensis, que je publie maintenant, m'ont été communiqués par M. de Decben, conseiller supérieur des mines à Berlin, qui les avait adressés a la section géologique des naturalistes allemands réunis, en i833, à Breslau, et par M. le professeur Otto , qui a recueilli une fort belle collection des fos- siles de la Silésie. A la même époque, j'en ai vu un grand nombre d'exemplaix'es dans la collection de M. le professeur Otto, à Breslau, et dans celles de 3IM. de Mie- lenzki et Bockscb à Waldenbourg, qui m'ont servi à compléter les caractères de l'espèce. M. de Decben a déjà donné des renseignemens sur le gisement de ces pois- sons dans le quatrième volume de la nouvelle série de l' Archive de Rarsten, page g3 ; on les trouve dans un calcaire rougeâtre schisteux, subordonné au grès rouge inter- médiaire ancien (Rotbes ïodtliegendes) , qui affleure sur la frontière de la Bohême et de la Silésie, à Ruppersdorf, au N. 0. de Braunau en Bohème. Comme on trouve aussi cette espèce sur le sol silésien, et que, pendant la réunion des naturalistes à Breslau, elle a été le sujet de plusieurs discussions, j'ai cru devoir l'appeler Palaeo- niscus vratislaviensis. Cette espèce ressemble beaucoup à deux de celles que j'ai déjà décrites, au P. Blainvillei et au P. fultus: cependant ses caractères particuliers sont si frappans qu'il est très-facile de la reconnaître; il n'est même aucune espèce du genre qui soit plus distincte des autres par les proportions de ses parties. Son corps est trapu, passablement large, im peu voûté sur le dos; il va en se rétrécissant très- insensiblement jusqu'au pédicule de la queue, qui est encore fort large, et c'est à cause de l'épaisseur considérable de la partie postérieure du tronc que ce poisson a (*) Je dois les jolies figures de ce poisson et de l'espèce suivante qui composent la Tab. 10, à M. le ministre Monvert, littératem- distingué et grand amateur des beaux arts, qui a souvent poussé envers moi l'obligeance jusqu'à revoir mes épreuves, et même à mettre au net mon manuscrit, lorsque, fatigués par des recherches trop suivies, mes yeux m'interdisaient un pareil travail. — fil — l'aspect plus large qu'il n'est en eflet. La tcte, qui est proportionnellement petite, contribue encore à le faire paraître plus trapu; elle égale environ la cinquième partie de la longueur totale du poisson. Ce qu'il a de plus caractéristique, c'est que les ventrales n'occupent pas exactement le milieu du ventre et sont plus rapprochées de l'anale que des pectorales; mais surtout que la dorsale est considérablement plus reculée que le milieu du dos, opposée à l'intervalle qui sépare les ventrales et l'anale; son bord postérieur s'étend même au-delà du bord antérieur de l'anale. Du reste ces deux nageoires paraissent avoir les mêmes dimensions et sont de moyenne grandeur. La caudale est grande aussi, surtout les rayons de son lobe infé- rieur sont plus longs que dans les autres espèces. Toutes les nageoires sont formées de rayons très-grêles et fort serrés. Il est assez singulier que, dans aucun exemplaire de cette espèce, les os de la tête ne soient assez bien conservés pour pouvoir être déterminés avec précision ; on voit seulement dîlns l'un des exemplaires le contour d'une petite orbite , et quelques traces des os du crâne; dans un autre de la collection de M. Otto (fig. 2) on voit distincte- ment les deux branches de la mâchoire inférieure qui ont un peu glissé l'une sur l'autre et qui sont plus étroites que dans les autres espèces ; en dessous l'os hyoïde qui est très-pointu , et sur les côtés de la partie postérieure duquel on voit c]uelques traces des rayons branchiostègues ; enfin l'on remarque encore, au bord inférieur de la tête, l'empreinte de la saillie antérieure de l'humérus, mais toutes ces parties sont recouvertes d'une couche de matière ferrugineuse si abondante et si tenace , qu'il est impossible d'en débarrasser les os et de décrire leurs formes. Sur un des côtés de la mâchoire inférieure d'un autre exemplaire de la collection de M. Otto, l'on voit quelques dents très-grêles , légèrement arquées en arrière. Dans la fig. i , faite d'apïès l'exemplaire de M. de Dechen , on remarque tout autour du poisson une bande jau- nâtre ou rougeâtre, provenant probablement de ses parties molles qui se seront in- filtrées dans le calcaire. En arrière de la tête, il y a vuie large fossette qui provient de l'insertion des pectorales , dont il n'est resté des vestiges que sur un seul exem- plaire , celui où l'on voit les dents ; leurs rayons sont très-grêles et paraissent avoir formé une grande nageoire , car ils débordent le contour de l'empreinte et pourraient bien avoir atteint les ventrales, dont on ne voit aussi distinctement que l'insertion et quelques rayons brisés. Un caractère bien marquant de cette espèce est la disposition de ses écailles, qui forment des séries dorso-ventrales légèrement obliques et peu courbées à leurs extré- mités, en avant au bord du dos, et en arrière au bord du ventre; ces séries ont exac- tement la même largeur sur tout le poisson , parce que les écailles de sa partie posté- rieure (fig. 5) sont aussi longues que celles des côtés de l'abdomen (fig. 4) ; sur tout — 62 — . le corps elles ont la même forme, seulement dans.la partie antérieure du tronc, elles sont un peu plus hautes que longues, ce qui n'est cependant pas très-visible, leur imbrication étant telle , que l'on remarque à peine les bords supérieurs et les infé- rieurs des écailles de différentes séries, parce qu'ils alternent régulièrement (fig, 4), tandis que les bords postérieurs forment des séries dorso-ventrales qui sont très- visibles. La ligne latérale, légèrement arquée vers le dos avec lequel elle est parallèle, s'étend presque directement de l'angle supérieur de l'opercule à la base du prolonge- ment de la queue ; ses écailles ne diffèrent à l'extérieur des autres que par une saillie oblique qui se dirige du bord antérieur et supérieur de chaque écaille à son bord pos- térieur et inférieur, où se trouve l'ouverture du tube qui la traverse. Autant les écailles du tronc sont iniiformes, autant celles du prolongement de la queue (fig. 6) diffèrent, parce qu'elles changent brusquement de direction, et par là même de forme et d'aspect; mais aussi dans aucune espèce je n'ai vu plus distinctement la succession des écailles intercalées au bord inférieur des séries régulières que cfens celle-ci. Tous les rayons du lobe inférieur de la caudale aboutissent même aux ramifications d'une série d'écaillés, qui est simple depuis le bord du dos jusqu'à l'écaillé de la ligne latérale; c'est la neuvième dans la série qui est déjà considérablement plus longue; en dessous il y en a deux très-grosses qui communiquent à son bord inférieur , des- sous ces deux quatre autres, puis six, puis huit, puis dix, etc., de plus en plus pe- tites, formant une surface triangulaire, à la base de laquelle sont insérés les rayons du lobe inférieur de la caudale. Les séries suivantes, déviées de cette manière de leur direction ordinaii'e, suivent alors celle du prolongement de la queue et forment des séries dont les bords les plus apparens sont dirigés en sens inverse de celles du tronc ; ces écailles deviennent de plus en plus petites jusqu'au bout de la queue, oîi elles sont imperceptibles à l'œil nu. En avant des nageoires impaires il y a aussi des écailles de forme particulière, plus grandes que celles des autres parties du corps; sur le milieu du dos , au bord antérieur de la dorsale , il y en a quatre très-larges , dont le bord postérieur est arrondi ; celle qui touche la nageoire est la plus grande , les suivantes , qui sont accolées le long du bord même des rayons de la nageoire , sont infiniment plus petites et vont en diminuant jusqu'à l'extrémité de la nageoire; la surface extérieure latérale des rayons est complètement recouverte d'écaillés très- petites, très-étroites surtout, du double plus longues que larges sur la base des rayons, plus courtes à leur extrémité, et qui, insérées dans leur sens longitudinal le long des rayons, forment sur la nageoire des séries transverses plus larges que les petites plaques perpendiculaires qui les composent. Il en est de même de l'anale, en avant de laquelle on remarque seulement deux très-grandes écailles; sur cette na- geoire les écailles sont généralement moins longues que sur les rayons de la dor- — 65 — sale 5 elles sont presque aussi larges cpie longues, du moins vers l'extre'mlté des rayons. La caudale de cette espèce est assez remarcpiable par le nombre considé- rable de petits rayons qu'il y a en avant du bord antérieur de son lobe inférieur, mais surtout par la longueur considérable des rayons moyens de ce lobe, qui , malgré leur ténuité, atteignent des dimensions presque aussi considérables que le prolonge- ment supérieur de la queue. En avant des petits rayons, il y a , au bord inférieur du pédicule de la queue, quelques grosses écailles impaires qui correspondent à celles beaucoup plus nombreuses du bord supérieur; celles-ci, d'abord très-larges et ar- rondies, deviennent de plus en plus pointues le long du prolongement de la queue, qui , étant lui-même plus étroit que dans les autres espèces de ce genre , contribue encore à faire paraître la partie supérieure de la caudale petite en comparaison de sa partie inférieure, quoique au fond elle soit considérablement plus longue et même plus large, mais en apparence plus grêle, tous ses rayons étant plus courts que ceux du lobe inférievu' et le devenant de plus en plus le long du prolongement caudal, à mesure que celui-ci diminue lui-même d'épaisseur. Toute cette nageoire est également recou- verte de très-petites écailles, rangées par séries longitudinales le long des rayons, se bifurquant avec eux et recouvrant, probablement comme dans le P. Blainvillei, en même temps les bords antérieur et postérieur de deux rayons voisins j le long des rayons du lobe inférieur de la nageoii^e , ces écailles sont plus longues que sur les rayons du lobe supérieur. Ce qui distingue surtout le P. vratislaviensis du fultus, c'est la petitesse des écailles qui bordent les rayons antérieurs de toutes les nageoires, et qui sont très-grandes dans l'espèce de Sunderland; il diffère encore du P. Blainvillei par des écailles moins hautes dans la partie antérieure du tronc, et par la position de ses nageoires. Il est important de faire remarquer encore que les écailles de toutes les parties du corps sont parfaitement lisses à leur surface extérieure, qu'elles sont minces et se lèvent aisément par feuillets incoliérens , enfin que les bords supérieur et inférieur de deux écailles voisines paraissent seulement accolés l'un contre l'autre ; car dans aucun des nombreux exemplaires que j'ai vus je n'ai découvert des traces de ces on- glets qui lient fréquemment les écailles des Ganoïdes. Il serait possible que le poisson de Visé, indiqué par M. Davreux dans les Annales de l'Académie de Bruxelles, tome 9% appartînt à la même espèce; mais je ne l'ai pas vu : je ne connais avec certitude que la localité mentionnée plus haut, dans laquelle on trouve le Palœoniscus vratislaviensis. ^ 64 — VIII. Pal^eoniscus lepidurus Agass. Vol. 2. Tab. 10. f. 3. 7. 8. et g, M. de Bechen cite cette espèce dans le mémoire qu'il a fait insérer dans l'Arclilve de Rarsten, nouvelle série, vol. 4, pag. g5. Elle se trouve à Scharfeneck , au S. S. 0. de Neurode dans le comté de Glatz, dans un gisement semblable à celui du P. vratls- laviensis. L'exemplaire que j'ai fait représenter est dans un calcaire schisteux noir et fétide. C'est le seul que j'aie vu; il appartient à M. de Dechen, qui a bien voulu me le confier avec plusieurs plaques de l'espèce précédente. Au premier aspect l'on pourrait croire cette espèce identique avec la précédente, quoique elle en diffère considérablement, mais par des caractères trop peu saillans pour être aperçus au premier coup-d'oeil; peut-être même ne les aurais-je pas décou- verts dans un exemplaire mieux conservé, et qui n'aurait laissé voir ni la surface in- terne des écailles, ni leur liaison, ni leur épaisseur, car la partie antérieure du tronc et toute la tête est enlevée. Il n'est resté de bien conservé que la partie du tronc à laquelle sont insérées la dorsale et l'anale, le pédicule de la queue et l'insertion de la caudale ; on ne voit à l'abdomen que la surface intérieure des écailles du flanc gauche, et l'insertion des ventrales avec quelques rayons d'une de ces nageoires. Cependant malgré ces mutilations, il est assez facile de se faire une juste idée des formes de ce poisson et des proportions de ses parties, parce qu'il est évident que toutes celles qui sont conservées ont été maintenues dans leur position naturelle ; dès lors les contours se tracent d'eux-mêmes, en suivant la direction des lignes qui bordent les portions intactes du corps. La partie antérieure du tronc paraît avoir été considérablement plus large que la partie caudale; du moins les écailles de la paroi abdominale, qui sont encore réunies par leurs onglets articulaires , présentent le contour d'un ventre saillant et arrondi, tandis que le corps va en se rétrécissant rapidement depuis l'in- sertion de l'anale; il diminue aussi, mais moins rapidement, en arrière de la dorsale. La caudale, qui doit avoir été grande proportionnellement, a une insertion très- oblique ; le prolongement de la queue, le long de son lobe supéi'ieur, étant assez étroit, est recouvert par conséquent d'écaillés comparativement plus allongées , plus pointues et plus étroites que celles du tronc. Celles qui bordent son profd supérieur sont très- grandes, très-allongées et ti'ès-pointues , surtout vis-à-vis de l'insertion des premiers rayons du lobe inférieur, en avant ducpiel il rie paraît pas y avoir eu de grosses écailles ; quoiqu'il y en ait de très-petites impaires , imbriquées tout le long du bord des grands rayons extérieurs de la nageoire. Comme dans la plupart des espèces de ce genre, le P. lepidurus a, en général et dans la caudale en particvdier, des rayons grêles , très-rapprochés , articulés et divisés quelquefois à leur extrémité ; mais ce qui — 6o — le distingue surtout , c'est la disposition des petites écailles qui recouvrent cette na- geoire : le long de l'insertion de tous les rayons, il y a, à leur base, ime rangée d'é- cailles plus grandes que les suivantes, toutes très-allongées et disposées dans le sens mcme des rayons, qu'elles recouvrent, et tout le long desquels il y a une infinité d'autres écailles de plus en plus petites; mais qui, plus loin sur les rayons, sont bientôt à peine aussi longues que larges, et suivent, dans leurs séries longitudinales, toutes les divisions des rayons. Malbeureusenient cette nageoire n'est pas très-bien conservée ; elle est brisée à son extrémité et présente une cassure transverse sur son lobe inférieur, qui est du reste assez large, mais beaucoup plus court que le supé- rieur. La dorsale et l'anale sont l'une et l'autre très-reculées; le bord postérieur de la dorsale est même vis-à-vis du milieu de l'anale; elles ont les deux la même forme et la même grandeur , avec cette seule différence que les écailles qui recouvrent la surface extérieure de la dorsale sont un peu plus longues, surtout vers la base des rayons, que celles de l'anale. Au bord antérieur de cbacune, il y a quelques grosses écailles impaires , larges et arrondies , qui en protègent les petits rayons suivans , assez nom- breux dans la dorsale, où il y en a six ou sept, et entre lextrémité desquels sont in- sérées quelques petites écailles impaires, comme celles qui existent tout le long de la nageoire. Les rayons antérieurs de ces nageoires sont environ le double plus longs que les derniers , qui sont en même temps beaucoup plus grêles et moins serrés les uns contre les autres. Le caractère le plus distinctif de cette espèce est l'épaisseur considérable de toutes les écailles et la grande uniformité dans leurs dimensions sur toutes les parties du tronc où elles sont visibles : la partie émaillée de leur surface extérieure a une forme rliomboïdale très-régulière ; sa hauteur est égale à sa longueur; leur bord antérievu', qui est recouvert dans l'imbrication, les fait paraître plus longues là où elles sont entièrement à découvert. Les écailles qui avoisinent les côtés de l'insertion de la dorsale et de l'anale , sont plus petites que les suivantes des séries dont elles font partie; de même les écailles du bord de l'abdomen sont aussi plus étroites , sans que cependant ces légères différences influent sur l'aspect général du poisson ; les écailles de la ligne latérale enfin n'ont rien de particulier ni dans leur forme, ni dans leur grandeur; on les distingue des autres seulement à cause d'une saillie peu marquée qui s'étend obliquement d'avant en arrière et du haut en bas sur le milieu de chacune d'elles, et qui est occasionnée par le tube qui les traverse et qui s'ouvre vers leur bord postérieur : cette série est parfaitement droite; plus rapprochée du dos, dans la partie antérieure du tronc, elle est plus près du bord inférieur du pédicule de la queue que de son bord supérieur. A la surface intérieure des écailles de ce poisson l'on observe une particularité ToM. II. , 9 ^ 66 ^ dans le mode d'union des séries dorso-ventrales , qui n'a encore été remarquée chez aucune des espèces qui précèdent. Non seulement les écailles se recouvrent avec leur bord postérieur qui cache une partie du bord antérieur de celles qui suivent, mais encore les bords supérieurs et les inférieurs de deux écailles avoisinantes dans la même série transverse, sont soudés l'un à l'autre par vin onglet fixé dans un enfon- cement propre à le recevoir et disposé de la manière suivante : vers le milieu du bord inférieur de chaque écaille , dans la partie interne de son épaisseur , il y a une fossette triangulaire, taillée en biseau, mais qui n'atteint pas la surface extérieure; dans la partie correspondante du bord supérieur il y a en revanche une saillie analogue qui déborde ce côté, mais qui n'étant formée que par l'amincissement du bord supérieur sans atteindre la surface extérieure, peut s'engrener exactement dans l'enfoncement de récaille supérieure, sans former d'éminence sur la surface interne de la plaque des écailles, et sans empêcher que leurs bords extérieurs, qvii sont droits, ne s'appliquent directement les uns contre les autres. Jusqu'à présent cette liaison des bords supé- rieur et inférieur de deux écailles voisines a passé pour un caractère générique dis- tinctif du Dapedium de la Bêche; c'est même pour ne l'avoir pas remarquée que M. Bronn a fait un genre particulier (du reste très-bon) des Tetragonolepis ; mais cette disposition se retrouve dans presque tous les Ganoïdes, d'une manière plus ou moins sensible ; elle est surtout frappante dans quelques espèces de Lepidotus , comme on peut le voir à la Tab. 3o de ce volume. Dès lors cette disposition, quelque surprenante qu'elle soit, ne peut plus passer, comme telle, pour un carac- tère générique. Nous verrons ailleurs ce que différens genres et ce que les espèces présentent de particulier à cet égard. IX. Pal.eoniscus Fkeieslebem Aoass. n y ol . 2 . Tab . 1 1 et 1 2 . Cette espèce est connue depuis plus d'un siècle sous le nom d'Ichthyolithus eisle- bensis; elle est si commune qu'il n'y a pas de collection dans laquelle on n'en trouve quelques exemplaires , pas de vieil ouvrage sur les fossiles qui n'en fasse mention ou n'en donne quelque figure. Pour ceux qui les ont représentés, ces poissons étaient ou des objets de simple curiosité, ou tout au plus des exemples surprenans d'animaux aquatiques dans des couches solides de l'écorce de notre globe ; mais au lieu de cher- cher à les déterminer rigoureusement, ils se contentaient de les comparer vaguement avec le petit nombre d'espèces de poissons vivans qu'ils avaient sous les yeux. Ce- pendant quelques-unes de ces planches sont assez bien faites et rendent même les caractères particuliers de leurs écailles, la forme irrégulière de leur caudale et la disposition générale des nageoires , d'une manière beaucoup plus conforme à la — 67 — nature , que les descriptions des premiers auteurs qui ont cherche à les déterminer systématiquement. Les meilleures figures du Palaeoniscus Freieslebeni sont celles de Wolfart Ilist. nat. IIassia> infer. parsl. pi. 12. f. i. pi. \(\. f. 2. 3. et 4- pi- ï6, 17 et 20.^ celles de Mylius 31emorab. Saxoniœ subter. pars I. pi. l\. ; et celles de Schenclizer^\%Q\\m\ quer. et vindic. pi. 2. f. i. et pi. 4- f- 2. On en trouve encore d'autres dans Lan^ Hist. lapid. iîgur. Helvetiœ pi. 6. f. 3. , et pi. 7. f. 4- 5 dans Leihnitz protogœa, dans BiittneiYwAerdi diluvii testes pi. 18. f. 2.; dAns Liebknecht llassioe subterran. spéci- men pi. 5. f. I.; dans Knorr et TValcli Natur. der Yersteiner. pi. 17. f. i. et 2, pi. 18. f. 2., pi, 19. f. I. et 2., et pi. 20. f. 2. et 3.j dans les Rariora Musei Besle- riani pi. 32. f. i. et 4- ? etc. Avant de pouvoir tenter , avec quelque espérance de succès , une comparaison dé- taillée des poissons fossiles avec les espèces vivantes , il a nécessairement fallu attendre une époque qui pût fournir à l'observateur assez de matériaux sur l'organi- sation des animaux en général et sur celle des poissons en particulier, pour que des parties d'un être organisé on parvînt à conclure à son ensemble, et, à moins de créer toute la science paléontologique , attendre également des antécédens assez nom- breux sur la disparition de la surface du globe des grandes espèces terrestres de ver- tébrés quadrupèdes, pour que les conséquences analogues déduites de l'étude des poissons, venant dévoiler quels ont été les changemens survenus dans les eaux pour que des espèces aquatiques aient également disparu de leur sein , ne fussent plus qu'une confirmation ou une extension de lois en partie déjà connues. Car quelque exactes qu'eussent été les descriptions des poissons fossiles , quelque consi- dérables qu'eussent paru les différences que l'on trouve dans leur organisation, en les comparant avec les poissons de nos mers, lorsqu'on aurait avancé que ces espèces ont disparu de la surface du globe, pour s'ensevelir sous les différens feuillets de son écorce, on aurait toujours eu à combattre la supposition possible qu'ils vivent encore dans quelque parage lointain jusqu'ici inaccessible à nos recherches ; tandis que les faits connus sur la distribution géographique des grands mammifères, et la régularité du gisement des fossiles met hors de doute qu'il en est de même pour toutes les classes du règne qui ont eu leurs représentans d'autrefois, comme elles ont ceux d'aujourd'hui, différents les uns des autres. Le fait, d'abord négatif, que l'on ne retrouve nulle part dans la mer les espèces que l'on trouve à l'état fossile, devient dès lors positif pour prouver l'analogie dans l'ordre de succession des animaux de toutes les classes. Tout le lîionde sait que la science est redevable à Cuvier des immenses progrès qu'elle a faits et qu'elle fait encore dans les deux directions que j'ai signalées plus haut. — 68 _ Quant aux poissons, de Blainville, dans un article sur les Ichthyolites , inséré dans le Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, vol. 28% a le premier reconnu que ceux du Zechstein ne peuvent pas tous être rapportés aux genres existans maintenant, puisqu'il en désigne plusieurs sous les noms de Palaeoniscum Freieslebenense et de Palœothrissum macrocephalum ; mais, trompé par l'état de conservation des plaques qu'il a examinées , il a établi ces deux genres (sans précisément les caractériser) sur des individus d'vine même espèce , tandis qu'il en a reporté d'autres de la même es- pèce encore (mais moins marqués sur la pierre) au genre Clupca , sous le nom de Clupea Lametherii. Par l'examen des originaux sur lesquels elles ont été établies, je me suis assuré de l'identité de ces espèces, que je réunis ici sous le nom de Paleeoniscus Freieslebeni. 11 faut encore ranger ici, comme synonymes, le Palaeothrissum œquilobum Huot, qui est un exemplaire dont le lobe caudal supérieur replié sur lui-même, et par là raccourci d'autant qu'il est naturellement plus long, forme avec le lobe infé- rieur, en dessous duquel il se trouve placé par ce ploiement, une nageoire cau- dale fourchue à lobes égaux , caractère qui , s'il était vrai , exclurait ce poisson du genre où on l'a placé. Dans un catalogue manuscrit, j'avais indiqué successivement ce poisson sous les noms de Palaeothrissum vulgatissum, ouornatum, ourhynchœum, voulant éviter par un changement de dénomination la confusion de sa synonymie; et ne m'étant pas encore arrêté pour un de ces noms spécifiques, j'ai étiqueté de ces différens noms , dans difféi'entes collections , des exemplaires de l'espèce dont il s'agit ici. Dans quelques catalogues des fossiles caractéristiques du Zechstein, entre autres dans la traduction allemande de Dechen du Manuel de géologie de de la Bêche, le Pa- laeoniscus Freieslebeni, qui ne se trouve que dans le Zechstein d'Allemagne, a été confondu avec le Palaeothrissum inaequilobum de Bl. (mon P. Blainvillei) , qui ne se trouve qu'à Autun, et on lui attribue à tort les gisemens de ces deux espèces. Il en est de même dans le Manuel de géologie de Walchner. De Blainville attribue aussi à tort le Palaeoniscus des mines de mercure du Palatinat (que j'ai appelé P. Duvernoy) à son Pal. Freieslebenense. N'ayant pas vu d'exemplaires originaux du Palaeothris- sum blennioïdes HoU, je ne puis lui assigner sa place avec certitude; cependant je le crois aussi synonyme du P. Freieslebeni. Germar enfin, frappé sans doute de l'inégalité des lobes de la caudale de ce poisson, l'appelle Acipenser bituminosus. Quant au gisement de ces ichthyolithes , les renseignemens donnés par M. Freies- leben, dans son Beitrag zur Renntniss des Rupferschiefergebirges , ne laissent rien à désirer. Cependant le Palaeoniscus Freieslebeni n'est pas la seule espèce de poissons que l'on trouve dans le Zechstein d'Allemagne; il y en a encore plusieurs autres, mais qui ont été mal distingués jusqu'à présent, et sur lesquels je donnerai, avec le — G9 ~ temps, tous les renseignemens que j'ai pu recueillir. En les indiquant ici, par antici- pation sur Tordre systématique, je désire seulement faire disparaître les erreurs nombreuses qu'il y a dans les catalogues des ouvrages géologiques et demander des renseignemens précis sur leur distribution géographique. Les espèces que je connais sont une seconde et une troisième espèce de Palœoniscus , désignés dans le Tableau synoptique, page 5, sous les noms de Pal. macropomus et de Pal. magnus. Les Pa- lœothrissum macropterum Bronn et P. parvum de Bl., indiqués dans le Manuel de de la Bêche , traduction de Dechen , comme provenant de ïhuringen , ne s'y trouvent jamais. Les autres espèces du Zechstein sont deux Platysomus, les Platysomus gib- bosus Agass. et Platysomus Rhombus Agass. , tabl. syn. p. 6., rapportés au genre Stromateus par de Blainville et Germar; mais je ne sais sur quoi repose cette réu- nion; et enfin le Pygopterus Humboldti Agass. , tabl. syn. p. lo. , qui est en même temps le Palœothrissum magnum de Bl. et l'Esox eislebensis de Rriiger. Quant au Gyrolepis asper Agass., tabl. syn. p. 6., il est encore douteux. Malgré le nombre prodigieux d'exemplaires que j'ai vus de ces six espèces, il m'est impossible d'indi- quer avec quelque certitude les diiïérentes localités où l'on trouve chacune d'elles ; et pourtant il serait intéressant de savoir comment elles sont distribviées dans les couches de la formation qu'elles caractérisent. La seule collection que j'aie vue, dont tous les exemplaires portassent l'indication de leur gisement, est celle que 31. de Humboldt a donnée au Muséum d'histoire naturelle de Paris : c'est en même temps la plus belle que je connaisse; elle contient toutes les espèces sus-mentionnées, et chacune s'y trouve en plusieurs exemplaires de différentes grandeurs, mais tous sont des mines de Rothenbourg. Wolfart indique en outre le Pygopterus Humboldti à Nendershausen et à Riegelsdorf , et un fragment de la collection du comte de Munster provient de Glucksbrunn près de Lœwenstein. Les deux Platysomus paraissent se trouver plutôt dans le Mansfeld. Le Palaeoniscus macropomus ne s'est encore trouvé qu'à Rothenbourg; le Palœoniscus magnus est indiqué par Wolfart à Nendershausen, tandis que le Palaeoniscus Freieslebeni est cité à Riegelsdorf, à Thaliter , à Nenders- hausen , à Willengenrode , à Eisleben ; mais toutes ces indications méritent confir- mation et surtout un nouvel examen basé sur la connaissance des espèces. Je ne puis rien aflîrmer encore sur 1 identité ou la différence des espèces de Midd- leridge et d'East-Thickley comparées à celles du Zechstein d'Allemagne; mais les géologues anglais, M. Sedgwick surtout, qui a si bien décrit la structure de cette formation, nous apprendront sûrement en quoi diffèrent les Palœothrissum elegans, macrocephalum et magnum représentés dans les Géolog. Transact. ; si en effet ce sont des espèces distinctes, car je ne trouve aucune différence dans les figures. Et puis une comparaison directe de ces empreintes avec celles d'Allemagne devient d'autant — 70 — plus nécessaire, que l'assertion positive de de Blainville sur l'identité du Palœothris- sum magnum des Trans. Géol. , avec l'espèce à laquelle il a donné ce nom est plus que douteuse , ces deux poissons appartenant évidemment à des genres différens. L'ins- pection des figures me porte assez à croire que toutes les empreintes de Palaeothrissum du 3Iagnesian-Liniestone appartiennent à une seule et même espèce différente de celle du Mansfeld. Du reste, les autres espèces d'East-Thickley appartiennent aux deux autres genres qui ont aussi des représentans dans le Zechstein d' Allemagne: ce sont les Platysomus striatus, macrurus et parvus, et le Pygopterus scoticus Agass. J'ai vu plusieurs centaines de plaques du Palaeoniscus Freieslebeni dans les musées de Munich, de Carlsruhe, de Stuttgardt, de Strasbourg, de Paris, de Bxeslau, de Vienne et de Pragues, et dans les collections particidières de MM. Bronn, Walcliner, Braun, de Haber, de Munster, Brongniart et Régley. Ceux du Muséum d'histoire naturelle de Paris et ceux de la collection de M. Brongniart, qui renferme les origi- naux des descriptions de M. de Blainville, encore étiquetés de sa main, ont été les plus précieux pour moi , parce qu'ils m'ont mis en état d'établir la synonymie de cette espèce avec la plus grande certitude. Quant aux originaux de mes planches, le petit exemplaire de la tab. ii. f. i. appartient à mon ami M. Alex. Braun à Carlsruhe; celui de la f . 2. se trouve au Musée de Stuttgardt, et m'a été communiqué par M. le professeur Jceger; celui de la f . 3. et le i" de la tab. 12 ont été donnés au Muséum de Paris par M. Alex, de Humboldt, avec une collection choisie de toutes les espèces que l'on trouve dans le Zechstein du Mansfeld •, enfin l'exemplaire de la fig. 2. tab. 12. se trouvait déjà au Muséum de Paris. Il est rare de trouver des exemplaires de cette espèce qui soient parfaitement droits et dans un état de conservation aussi favorable à leur examen que ceux qui sont représentés sur ces deux planches. Pour la plupart ils sont fortement arqués, en demi-cercles plus ou moins ouverts suivant la taille des individus-, les jeunes sont ordinairement plus courbés que les vieux, mais toujours leur courbure est telle que sa convexité est formée par ie bord du ventre, et que le dos est concave. Il est assez rare de trouver des exemplaires complètement déprimés dans toute leur étendue ; ce n'est guères que la tête et la partie antérieure du tronc qui l'est quelquefois, comme dans l'exemplaire de la fig. 2. tab. 11. : on voit plus souvent des individus dont l'un des côtés paraît avoir un peu glissé sur l'autre , tandis que la tête est déprimée et se présente soit par sa surface supérieure, soit par sa surface inférieure. Ce que l'on a dit sur l'état de ces poissons , sur les positions violentes qu'ils sem- blent avoir, sur les contorsions qu'ils ont dû faire, et sur les mouvemens convulsifs dans lesquels on les a fait expirer, au moment où le sulphure de cuivre, contenu dans les roches qui les recèlent, a pénétré les eaux qui les contenaient; tout cela s'explique — 71 — sans dillicultc lorsque l'on fait attention à la manière dont meurent la plupart des poissons et lorsqu'on tient compte de leurs formes naturelles. En luttant contre la mort, les poissons consument le peu de force qui leur reste dans la tentative de con- server leur position horizontale et de rester debout entre deux eaux; lorsqu'ils sont épuisés, ils viennent flotter à la surface de l'eau, le ventre en Tair. Leur agonie est en général courte et paisible; je n'ai jamais vu qu'elle fût accompagnée de mouvemens Aiolens ; ils font tout au plus encore quelques essais impuissans pour se redresser et s'endorment enfin. Lorsque la raideur cadavérique s'empare de leur corps, il est tout naturel que ce soient les régions les plus musculeuses qui se retirent le plus; aussi tout le dos se contracte-t-il , il devient d'abord droit , puis concave , et enfin l'abdomen se voûte plus ou moins, à mesure que le dos se courbe davantage (*) . C'est dans cet état que le poisson tombe au fond de l'eau, où il reste jusqu'à ce que la putréfaction et le dégagement des gaz qui se forment dans son abdomen , changent de nouveau ses formes et le fassent encore flotter à la surface de l'eau. Il est tout naturel aussi et conforme aux lois de la gravitation , que sur le fond d'un bassin, (que ce soit un lac, une rivière ou la mer, peu importe,) les poissons péris se déposent suivant leurs formes naturelles, tantôt sur les flancs, sur le dos ou sur le ventre. De la position qu'affectent *'la plupart des exemplaires du Paleeoniscus Freieslebeni, l'on est donc bien plutôt en droit de conclure qu'ils sont fort comprimés dans la partie caudale de leur corps, plus arrondi dans sa partie antérieure, et peut- être légèrement déprimé sur la tête, comme les Lottes, du moins lorsqu'elles sont maigres, que d'attribuer cette position, dont la régularité devient alors inexplicable, à des mouvemens violens qu'aurait faits le poisson, en luttant contre les matières dans lesquelles il se sentait envelopper. En général je ne crois pas à une mort violente, du moins pas par des causes mécaniques , pour la plupart des fossiles ; il y en a certai- nement bien peu qui aient succombé au choc des matières charriées. Il faut bien plutôt attribuer leur mort à la tension électrique de l'atmosphère, à la pression quecelle-ci a dû exercer à la surface du globe etaux changemens de température survenus à l'approche de bouleversemens capables de changer son aspect et d'occasionner la for- mation de nouvelles couches solides , dans lesquelles les êtres organisés flottans dans les eaux ou gisans sur la terre, ont été ensevelis dans toutes les positions possibles^ suivant leur nature et les lieux qu'ils habitaient durant leur vie. On trouvera plus de détails sur ce sujet à la fin du premier volume. (*) Tous les poissons allongés subissent de cette manière des cliangemens de forme plus ou moins considérables, immédiatement après leur mort ; voilà pourquoi la plupart des figures de poissons qui existent, représentent des con- torsions que l'animal vivant est incapable de produire. La courbure des corps morts est en général d'autant plus forte que les os du squelette sont plus grêles, ou que les individus plus jeunes les ont moins solides. — 72 -. Il est impossible d'apprécier tous les changemens que les substances animales peuvent avoir subis depuis qu'elles gisent dans la roche. Cependant je m'occupe maintenant à réunir des matériaux assez nombreux pour que , de leur analyse chi- mique et de leur comparaison avec les tégumens des espèces vivantes , du Lépidostée entre autres, on puisse tirer des conséquences probables sur les changemens de com- position des tissus organiques fossiles. M. Mitscherlich m'a assuré qu'il serait dis- posé à les analyser; ainsi j'espère pouvoir communiquer à mes lecteurs, avec le temps, des observations importantes sur un sujet encore si peu élaboré. Je ne puis m'ex- pliquer comment on a cru voir ordinairement, dans l'empreinte de ces poissons, leur chair, et même leur peau, à moins de supposer que l'on ait confondu leurs écailles rectilignes avec des fibres musculaires, qui, dans les poissons, ont la forme de feuil- lets à surface et à bords droits. Quant à la substance blanche du cristallin, dont parle Mylius, je suis porté à croire, d'après ce que j'ai vu, qu'il a pris un effet de lumière produit au bord de l'enfoncement de l'orbite, pour une réalité matérielle. En étudiant en détail les caractères du Palseoniscus Freieslebeni , j'ai acquis la conviction que , pour bien connaître les espèces de ce genre , il ne faut pas sevdement en avoir vu des exemplaires dans toutes les positions possibles; mais que, pour bien saisir tous les rapports de leurs parties entre elles et les différences qu'elles présen- tent dans les diverses positions du corps, il faut encore en avoir vu à différens degrés de dégradation, surtout si l'on veut apprécier toutes les variations de leurs formes sous tous leurs aspects. Par exemple, on ne peut, dans ce genre, être bien sûr de ne pas prendre des exemplaires d'une même espèce pour des espèces différentes, que lorsqu'on a pu voir les écailles , non-seulement par leur face extérieure et dans leur position relative naturelle, mais encore par leur face interne, et, si possible, à diffé- rentes parties du tronc, en avant et en arrière. Il y a même plus; lorsque l'on n'a pas une très-grande habitude de se représenter l'empreinte creuse que pourrait pro- duire une partie que l'on examine, ou le relief d'une empreinte bien conservée, il faut les mouler pour s'en assurer et pour pouvoir les comparer avec les autres parties, soit creuses, soit en relief, qui sont conservées dans différentes régions du fossile. Dans tous les cas , avant de décrire une espèce , il faut chercher à se rendre un compte exact de la position de toutes les parties que l'on voit, de la face qu'elles présentent à notre examen , et enfin s'assurer si l'on voit l'objet lui-même , ou bien si ce n'est que son empreinte qui est restée. Tout ceci est de la plus haute importance, si l'on ne veut pas s'exposer à décrire différentes faces des mêmes parties comme apparte- nant à un même côté. Ces précautions sont surtout nécessaires lorsqu'on décrit les écailles, les parties de la tête et les nageoires paires; la colonne vertébrale et les na- geoires verticales exigent moins de précautions, puisque leur imparité les rend par- — 75 — faitemcnt égales des deux côtés. Pour faciliter la comparaison de différentes faces des écailles d'une même région, il faut, autant que possible, chercher à mettre à côté l'une de l'autre la face externe des écailles du côté gauche avec la face interne des écailles du côté droit, ou vice-versa, et alors elles auront au moins la même direc- tion. Il est fort utile aussi de tâcher de voir quelque exemplaire déprimé dans sa hauteur, pour s'assurer s'il n'offre pas quelque particularité sur le dos, sur le crâne ou le long du ventre; c'est dans de semblables exemplaires que l'on voit le mieux les rayons branchiostègues et les nageoires ventrales. On a commis une erreur en affa- mant que les plaques correspondantes, sur lesquelles l'on voit cette espèce, sont toujours fendues de manière à présenter tout le poisson en relief d'un côté et en creux de l'autre. Parmi les nombreux exemplaires que M. de Humboldt a donnés au Mu- séum de Paris , il y en a plusieurs doubles très-diversement partagés et présentant alternativement des lambeaux en relief et en creux des deux côtés du poisson. J'ai cru nécessaire de m'étendre ici sur l'état de conservation des exemplaires de cette espèce et sur les précautions à prendre pour les examiner avec fruit, d'abord parce qu'elle est très-commune et qu'elle pourra servir à faire des exercices dans ce genre de recherches, et puis surtout, parce que les exemplaires ont des aspects si dif- férens que l'on pourrait aisément être tenté d'en faire une dixaine d'espèces si l'on n'était pas prévenu de toutes les difficultés que ces distinctions obligeraient d'em- brasser. La figure i de la 2" Table nous représente un petit exemplaire de cette espèce dans sa position naturelle , mais fendu de manière à ce que l'on ne voie toutes ses parties que par leur siuface interne ; les écailles de ses flancs sont celles du côté droit vues par leur surface interne; le long de l'abdomen jusque vers l'insertion de la caudale, on ne voit même que l'empreinte de leur surface externe. Sous l'insertion de la dor- sale et sur le pédicule de la queue seulement , l'on voit quelques écailles du côté gauche par leur surface extérieure. Quant à la tête, elle est fendue de manière à faire voir la surface interne de l'opercule et de la ceinture thoracique du côté droit ; mais dans sa partie antérieure, depuis l'articulation des mâchoires jusqu'à l'extrémité du nez , c'est le côté gauche que l'on voit. La figure 2 en représente un qui est très-courbé, plus ou moins déprimé dans toute sa longueur et sur lequel on voit une partie des os de la tête par leur surface supérieure , à droite et à gauche les deux pectorales , en dessus celle de droite, et en dessous celle de gauche; sur le milieu de la courbure, on distingue trois nageoires; au milieu c'est la dorsale, en avant de laquelle on voit plusieurs grosses écailles impaires, adossées contre le bord antérieur de ses petits rayons; en dessus de cette nageoire se trouve la ventrale de droite et en dessous celle de gauche. Cette position résulte de l'aplatissement considérable du tronc qui ToM. II. 10 — 74 — a pressé les deux pans des écailles sur deux côtés opposés; cependant celles du côté droit sont plus en évidence. L'extrémité de la queue est verticale ; mais déjà l'insertion de la caudale est biaisée et l'on reconnaît distinctement les grosses écailles qui s'éten- dent en avant du lobe supérieur dans la direction de la dorsale. Cet exemplaire, tout mutilé du reste , est d'autant plus intéressant qu'il montre encore combien les écailles du milieu du dos, surtout entre la nuque et la dorsale, sont plus petites que celles des flancs. L'exemplaire de la 3' fig. est surtout intéressant à cause de l'état de par- faite conservation de la queue et de la tête , oîi l'on distingue nettement les mâchoires et les rayons branchiostègues ; du reste , presque toutes ses parties se voient par leur surface intérieure. Dans la table 12, la figure i nous fait voir un exemplaire ayant, sur le milieu de ses flancs, un lambeau des écailles de son côté droit, et du reste, montrant la surface interne de celles de son côté gauche; celui de la fig. 2 , au con- traire, nous représente, dans toute son étendue, la simple empreinte des écailles du côté droit, et seulement vers le dos et vers le bord de l'abdomen, ces mêmes écailles, vues par leur surface interne. Les écailles de la fig. 3 sont de la partie antérieure, du côté droit et vues par leur surface interne, sur laquelle on remarque leur onglet articulaire; celles de la fig. 4 sont du même côté, mais prises plus en arrière, vers la dorsale, là où elles n'ont plus d'onglet- la fig. 5 représente l'empreinte de la surface interne d'écaillés semblables à celles de la fig. 3, et la fig. 6 l'empreinte de leur sur- face extérieure, mais non pas l'écaillé elle-même. Le Palcconiscus Freieslebeni est l'espèce la plus allongée du genre; son abdomen n'est pas assez renflé pour faire paraître la partie antérieure du tronc sensiblement plus grosse que la queue; la tête, également allongée dans les exemplaires oîi elle a conservé les rapports naturels de ses parties, comme dans la fig. i. tab. 11, n'égale pas même le quart de la longueur totale, ensorte que le nom de Palaeothrissum ma- crocephalum ne lui convient pas précisément. Ce qui distingue surtout cette espèce, c'est la petitesse de ses nageoires et la position reculée des ventrales, de la dorsale et de l'anale. Les ventrales sont bien placées au milieu du tronc, mais comme la ca- vité abdominale se termine en avant de l'anale, elles ne se trouvent pas sur le milieu du ventre et sont considérablement plus rapprochées de l'anale que des pectorales; l'anale occupe le milieu de l'espace qu'il y a entre les ventrales et le commencement de l'insertion de la caudale ; la dorsale est opposée à l'intervalle qui sépare les ven- trales et l'anale, de sorte qu'elle est plus rapprochée de la caudale que de la tête. • Les pectorales sont rarement bien conservées, cependant on en voit des traces dans la fig. 2. de la table 11. et de la table 12., leur bord extérieur renferme des rayons plus allongés que les internes; le long du premier rayon il y a une série de très-petites écailles pointues qui s'étend jusqu'à son extrémité; elles sont du reste — 75 — de mOA'^enne grandeur. Je n'ai pas pu déterminer la nature des écailles qui paraissent recouvrir la surface extérieure des rayons. Les ventrales, fig. i. tab. ii., sont plus petites que la dorsale et que l'anale; elles ont une insertion assez large, protégée, en dessous surtout , par des écailles très-étroites ; leur bord antérieur porte une série de très-petites écailles, tandis que leur surface est recouverte de plusieurs rangées d'écaillés allongées, à peu près du double plus longues que larges, et disposées dans leur sens longitudinal le long des rayons, qui se bifurquent quelquefois à leur extré- mité, en même temps que les séries d'écaillés se multiplient. L'anale est un peu plus petite à son insertion, du moins un peu plus étroite que la dorsale; ses rayons anté- rieurs sont environ du double plus longs que les derniers; tous sont fendus à plusieurs reprises, d'abord jusque vers le milieu de leur longueur, et puis moins : leur surface est recouverte, comme celle des ventrales, d'écaillés allongées formant à la base de la nageoire des séries transverses malgré leur disposition longitudinale sur les rayons, mais ces séries deviennent moins continues vers l'extrémité des rayons et à mesure que, suivant leurs bifurcations, elles se multiplient aussi; tout le long de son bord antérieur il y a de très-petites écailles pointues, et en avant de son insertion quelques rangées de plaques plus allongées et plus grandes que celles des côtés de sa base (fig. I. tab. 1:2). La dorsale, quoique ayant une insertion plus longue, n'est cepen- dant pas grande non plus (fig. i . tab. 11 et 12); son boid antérieur est beaucoup plus élevé que le postérieur, dont les rayons sont au moins de moitié plus courts; tous sont recouverts d'écaillés allongées et étroites, formant des rangées transverses très- visibles à la base de la nageoire, mais qui se confondent vers son bord supérieur à mesure que les rayons se bifurquent; le long des rayons du boid antérieur de cette nageoire il y a aussi de très-petites écailles pointues, mais très-accolées contre les rayons qui les portent et souvent à peine visibles. La caudale de cette espèce (fig. i et 3 de la table 11 , et fig. 2 de la table 12) est certainement celle de tout le genre qu'il serait le plus facile de reconnaître, lors même qu'elle serait complètement sé- parée des autres parties du corps. Son insertion est très-oblique, et c'est à peine si on aperçoit une légère courbure du bord sur lequel les rayons du lobe inférieur sont articulés, tandis que dans les autres espèces elle est souvent très-arquée : il résulte de là que le prolongement du lobe supérieur se rétrécit plus insensiblement, mais comme les rayons du lobe inférieur sont nombreux et qu'ils s'étendent jusqu'au milieu de la bauteur de la cjueue, ce lobe paraît aussi large que le supérieur, ses rayons inférieurs étant aussi très-longs, la différence dans les dimensions des lobes est moins frappante. Depuis le milieu de la caudale, les rayons du lobe supérieur vont en diminuant graduellement de longueur jusqu'à l'extrémité de la nageoire où ils sont très-courts. — 76 — Il faut aussi remarquer que, dans cette espèce, les rayons inférieurs, qui sont les plus épais, depuis les petits qui bordent le côté inférieur de la nageoire jusqu'à ceux de son extrémité , vont en diminuant de grosseur d'une manière beaucoup plus sen- sible que dans aucune autre ; tous ces rayons sont fendus à leur extrémité , à plusieurs reprises, mais cette bifurcation s'étend à peine jusque sur leur milieu. La surface extérieure de la nageoire est évidemment aussi recouverte d'écaillés proportionnelle- ment beaucoup plus petites que celles des autres nageoires , surtout sur les rayons du lobe supérieur- mais ces écailles sont disposées si régulièrement les unes à la suite des autres le long des rayons, qu'elles paraissent d'abord être les articles même des rayons : on ne parvient à les reconnaître comme des écailles que là où leur im- brication est visible d'un rayon à l'autre, ou là où les exemplaires sont fendus de ma- nière à m.ettre en évidence les rayons ou leur empreinte entre les écailles qui les recouvrent des deux côtés du corps. Les bords de cette nageoire sont également re- couverts de petites écailles impaires , allongées et pointues, et qui sont adossées tout le long de ses rayons externes ; celles du lobe inférieur sont très-grêles , fortement accolées aux rayons qui les portent et fort courtes vers l'extrémité de la nageoire. Celles du lobe supérieur sont plus caractéristiques : depuis le rétrécissement du pédi- cule de la queue, sur lequel se trouA^ent quelques grosses écailles impaires, que l'on voit surtout bien sur la fig. 2 de la table 11, il y a une série d'écaillés pointues, très- allongées et très-grosses, qui font suite à celles du pédicule, fig. i. tab, 1 1 , et qui se distinguent surtout dans cette espèce (fig. i et 2) par leur longueur, leur ténuité et la direction qu'elles ont sur le bord du prolongement de la queue , contre lequel elles sont moins fortement accolées, et par conséquent plus divergentes que dans les autres espèces. Les écailles présentent des formes très-variées suivant la région du corps où on les observe, et cependant les séries dorso-ventrales ont à peu près la même largeur partout. Cette disposition, qui paraît impliquer contradiction, résulte de ce que les écailles ont bien à peu près la même longueur , dans la partie postérieure du tronc , comme dans sa partie antérieure j mais leur hauteur variant considérablement, il en résulte tantôt des écailles plus hautes que longues, tantôt des losanges équilatéraux, tantôt des plaques plus longues que hautes. Malgré ces différences très-marquées, elles ont cependant toutes cela de commun que leur surface extérieure est ornée d'une sculpture plus ou moins variée, suivant la région qu'elles occupent; celles des flancs sont traversées de rides obliques, disposées comme des rayons sur le bord antérieur des écailles, et qui finissent à leur bord postérieur, de manièrp à former une espèce de franges à leur surface; vers l'extrémité postérieure du tronc, ces lignes sont moins nombreuses. Sur les grosses écailles impaires du milieu du dos qui se 7 / trouvent en avant de la dorsale et du lobe supérieur de la caudale, ces rides vont en divergeant du bord antérieur aux bords latéraux et postérieur, et forment ainsi un large éventail dont les rayons sont plus rapprocbés et plus continus à leur point de dé- part ; vers les bords ils sont interrompus et forment même des rangées de points plus ou moins saillans. Ces écailles elles-mêmes sont triangulaires, terminées en arrière par une pointe arrondie plus ou moins allongée. Du reste, les autres écailles du milieu du dos, en avant de la dorsale, jusqu'à la nuque et en arrière jusque vers la caudale, sont beaucoup plus petites que celles des flancs et plus étroites que longues, fig. 2. table 1 1 ; il en est de même de celles du bord de l'abdomen qui sont aussi très-étroites fig. I tab. II , et fig. 2 tab. 12. Celles des flancs, surtout des parois de l'abdomen, sont beaucoup plus liantes que longues 5 elles ont, en outre, cela de particulier, que leurs bords supérieurs et les inférieurs s'engrènent les uns dans les autres et se lient intimement au moyen d'onglets articulaires formés au bord supérieur de chaque écaille et qui s'enfoncent dans une fossette correspondante du bord inférieur, comme on le voit dans la f. 3 de la tab. 12 et même au bord supérieur de la f. 2. Plus en arrière, ces bords ne sont vniis que par des saillies moins marquées et enfin seule- ment par leur coupe oblique qui devient de plus en plus droite vers l'extrémité de la queue; vers son létiécissement , les écailles sont exactement rhomboïdales, mais sur son prolongement, lorsqu'elles ont changé de direction, elles sont beaucoup plus étroites et sensiblement plus longues que hautes. Ce qui rend surtout visibles les séries dorso-ventrales des écailles, c'est que les bords supérieur et inférieur de celles d'une série antérieure correspondent exactement au milieu des bords antérieurs de celles de la série suivante , tandis que les bords antérieurs et les bords postérieurs .de toutes les écailles d'une série se suivent dans une même direction. La ligne latérale n'a rien de particulier*, elle s'étend sur le milieu du tronc, à peu près en ligne droite depuis l'angle supérieur de l'opercule, en arrière duquel elle fléchit un peu vers l'abdomen, jusqu'au milieu de la caudale (f. i. t. 11.) Les os de la tête méritent aussi une attention particulière ; toute leur surface est sillonnée de rides concentriques, provenant sûrement de leur mode d'accroissement; seulement les os plats du crâne présentent des rayons divergens du centre vers leurs bords. L'ethmoïde paraît avoir été très-renflé , car il forme , dans tous les exemplaires qui ne sont pas trop mutilés, une forte saillie arrondie au-dessus et en avant des mâ- choires (f. I et 3, t. II). L'orbite est petite et placée au-dessus de l'extrémité anté- rieure de la mâchoire inférieure; la gueule est très-fendue (f. i et 3, t. 11.); la mâ- choire inférieure étroite , surtout vers la symphyse dt ses branches , et la supérieure dilatée en spatuleau-dessus de rarticulationdel'inférieure(f. 3.) présentent à leurs bords des dents en brosse extrêmement petites. L'opercule est étroit et plus élevé que long; — . 78 — en arrière de son bord anguleux l'on voit la ceinture thoracique dont le scapulaire forme avec l'humérus un angle à peu près droit (fig. i.). Les rayons branchiostègues sont très-évidens sur la fig. 3; ils sont courts, mais très-larges, et recouvrent tout l'espace qu'il y a entre les deux branches des mâchoires ^ on en voit huit ou neuf. D'après un fort bel exemplaire du Musée de Stuttgardt , qui m'a été envoyé par M. le professeur Jaeger, il paraît que les joues sont recouvertes d'écaillés. X. PALiEONlSCUS MAGNUS AgaSS. Vol. 2. Tab. i3 et i4- Ce poisson a été confondu jusqu'à présent avec le P. Freieslebeni auquel il res- semble beaucoup, et dont il ne diffère que par quelques particularités de la forme de ses écailles et par son allure. Cependant il existe déjà plusieurs figures où il est assez bien représenté 5 entre autres : Scheuchzer pisc. quer. et vindic. pi. 4- f- i et 3 ^ Wolfart Hist. nat. Hassiae infer. pars I. pi. i3. 14. f- i et i5; Mylius memor. Saxonia? subterran. pars II. pi. 85 ; Walch et Knorr Natur. der Versteiner. Tom. I. pi. 20. f. I ; sans cependant que ces auteurs aient cherché à le déterminer , ou seu- lement à le distinguer de l'espèce commune que l'on trouve dans les mêmes lieux. N'ayant point encore vu d'exemplaires des poissons fossiles d'East-Thickley que M. Sedgwick a si bien représentés dans les Géol. Transact. , je ne puis affirmer pré- cisément si et en quoi l'espèce à laquelle il a donné le nom de Palœothrissum magnum diffère de celui du Zechstein d'Allemagne auquel j'ai donné le même nom spéci- fique ^ mais ce qui est certain , c'est que l'espèce que de Blainville a nommée Palaeothrissum magnum, d'après un exemplaire de la collection de M. Alex. Bron- gniart, n'est pas du tout la même que celle à laquelle il a donné le même nom , d'après des exemplaires qui lui ont été communiqués par 31. Sedgwick. Carie Palaeothrissum magnum Sedgwick est bien du genre Palaîothrissum, mais le Palaeothrissum magnum de Blainville de la collection de M. Brongniart appartient à un autre genre, auquel j'ai donné le nom de Pygopterus et à l'espèce celui de Pygopterus Humboldti. Si M. Sedgwick avait décrit la nature de la surface extérieure des écailles de l'espèce qu'il représente, il eût été facile de décider la question de l'identité ou de la diffé- rence des ichthyolithes d'East-Thickley et du Mansfeld. L'inspection des figures me fait supposer que tous les Palœoniscus représentés dans les Transactions géologiques sous les noms de P. macrocephalus, magnuset elegans, ne sont que des exemplaires plus ou moins bien conservés d'une même espèce à laquelle on pourra conserver le nom de P. elegans, si elle diffère de celles du Zechstein d'Allemagne. Le Pala'oniscus magnus, tel qvie je l'ai établi, est une espèce très-distincte du P. Freieslebeni par ses écailles plus larges et moins élevées, par ses dimensions moins — 70 — cflîlées et enfin par des rides moins nombreuses à la surfaee extérieure des écailles. Quoique j'aie vu des exemplaires du P. Freieslebeni de tous les âges, présentant tou- jours les mêmes caractères que je lui ai assignés plus haut, j'avoue cependant n'avoir .vu encore que de grands exemplaires du Palaeoniscus magnus, à l'exception pourtant de deux petits individus qui se trouvent au Muséum de Paris. L'on pourrait donc penser que ces exemplaires ne sont que de vieux P. Freieslebeni (quoique j'en aie vu un grand nombre de plus petits que les grands exemplaires du Freieslebeni que j'ai figurés) , et cette objection serait majeure si la différence spécifique de ces deux espèces ne consistait que dans les rides moins nombreuses à la surface des écailles du magnus, puisqu'elles pourraient s'émousser avec l'âge : mais j'ai constaté, par l'examen d'un assez grand nombre d'individus, que les différences dans les dimen- sions des écailles ne sont point apparentes et ne sauraient provenir d'un déplacement de leur position naturelle-, tout comme la largeur plus considérable du tronc ne pro- vient point de l'aplatissement des exemplaires qui présentent ce caractère, les séries des écailles étant trop régulières dans toute leur étendue pour qu'on puisse le sup- poser. Les plus beaux exemplaires de cette espèce que j'aie vus se trouvent aux Musées de Municb et de Paris. Les originaux des tables i3 et i4 sont de la collection donnée au Muséum de Paris par M. de Humboldt; tous les deux nous font voir le poisson par la surface interne des écailles du côté gaucbe : dans celui de la table i3, il y a un lambeau d'écaillés du côté droit au-dessus de l'anale. La différence qu'il y a dans l'état de conservation des nageoires de ces deux individus m'a engagé à les faire figurer les deux; dans la table i4 on voit les écailles qui recouvrent les nageoires, et dans la table i3 les articulations des rayons eux-mêmes. Le Palœoniscus magnus atteint des dimensions assez considérables; la plupart des exemplaires qui se trouvent dans les collections ont plus d'un pied de long. Il est considérablement plus large que le P. Freieslebeni; son dos est voûté par une courbe semblable à celle du ventre, qui lui donne un aspect fusiforme à cause du rétrécisse- ment considérable de la partie du tronc postérieur à la dorsale et à l'anale. La tête est médiocre ; plutôt petite que grande comparativement à la masse totale du poisson : le museau forme aussi une saillie au-dessus et en avant de la mâchoire supérieure ; l'orbite est également petite et très-avancée sur la tête; les pièces operculaires pa- raissent plus grandes; mais la mâchoire inférieure est certainement plus grande et ses branches plus élevées que dans le P. Freieslebeni. La ceintui'e thoracique est très-forte et forme une saillie anguleuse au-dessus de l'insertion des pectorales, dont on voit quelques rayons dans la table i3. Les ventrales sont en avant du bord an- térieur de la dorsale ; elles paraissent généralement plus rapprochées du milieu de l'abdomen, c'est-à-dire, du moins plus éloignées de l'anale que dans le P. Freiesle- ^ 80 — béni; elles sont aussi plus grandes que dans cette espèce. La doisale n'en est pas moins un peu en arrière du milieu du tronc; sa base est plus large, et toute la na- geoire par conséquent plus grande aussi que dans l'espèce ci-dessus mentionnée. L'anale insérée sur le bord oblique du rétrécissement de la queue est un peu plus , petite que la dorsale ; elle est plus rapprocbée du bord du lobe inférieur de la cau- dale que des ventrales : les nageoires ont des rayons fendus à plusieurs reprises au delà du milieu de leur longueur, et articulés à des espaces plus éloignés que les ar- ticles ne sont larges ou que les rayons ne sont épais ; tandis que les écailles qui les recouvrent sont plus petites, plus courtes du moins que ces articulations, et rangées par séries régulières le long des rayons de manière à les recouvrir; tout le long du bord antérieur de la dorsale , de l'anale et des ventrales il y a de petites écailles poin- tues, allongées et très-grêles, accolées fortement contre les rayons qui les portent et qui s'étendent jusqu'à l'extrémité des nageoires. La caudale a cela de particulier que son lobe inférieur, étant moins large, paraît plus petit à côté du supérieur; cette différence devient d'autant plus frappante que le prolongement de la queue, le long du lobe supérieur, est moins étroit, les écailles qui le recouvrent moins allongées, et les plaques impaires de son bord supérieur plus grandes et plus redressées ; le long du lobe inférieur elles sont beaucoup plus petites. Les rayons mêmes de la nageoire sont très-brancbus à leur extrémité et recouverts de très-petites écailles. Un des ca- ractères les plus marqués de cette espèce, c'est la disposition et la forme des écailles; les séries dorso-ventrales sont très-arquées en avant sur le dos, et droites, mais un peu obliques sur les flancs jusqu'au bord de l'abdomen, où elles se tournent un peu en arrière ; celles de la partie antérieure du tronc , dans lesquelles on compte plus de trente écailles, tandis qu'il n'y en a qu'une vingtaine dans celles du P. Freieslebeni, sont aussi plus larges que celles de son extrémité caudale, Toutes les écailles sont moins élevées que celles du Freieslebeni; leurs côtés, par conséquent plus égaux, ont des bords équilatéraux sur toute la surface du poisson jusqu'au prolongement de la queue, où elles sont plus longues que hautes; en avant du tronc elles sont plus grandes cependant que vers la queue. Leur surface extérieure est sculptée de rides moins marquées et moins nombreuses, tandis que l'on distingue les rides d'accroisse- ment concentrique, f. 2 et 3. tab. i3. ; leur surface interne ondulée présente à son bord postérieur une sorte d'éventail , résultant de ces ondulations , f . 4 et 5. tab. i3. On voit quelquefois des exemplaires de cette espèce qui ne paraissent pas plus larges que le P. Freieslebeni; mais qui, du reste, ont tous les caractères que je viens d'indiquer; ce sont surtout ceux qui sont fortement arqués par le ventre et dont le milieu du dos est enfoncé. — ai — XI. Pal.eoniscus macropomus Agass. Vol. 2. Tab. 9. f. G. et 7. Palaeolhrissuin Gigas Agass. Cat. Msc. Je ne connais pas de planche qui représente cette espèce, quoique les iclitliyolillies du Zeclistein aient été si souvent figurés par les oryctographes. Il est vrai que celle- ci est la plus rare et que l'on en trouve peu d'exemplaires bien conservés dans les collections. Ceux que j'ai vus se trouvent aux Musées de Strasbourg et de Paris et dans les collections particulières de MM. Scheitlin, Régley et Zieten. Les originaux de mes figures sont de la collection de M. Piégley. Cette espèce est très-distincte de toutes les autres. La forme est très-allongée j le tronc, tout d'une venue, se rétrécit à peine vers la queue-, la tète est très-grande proportionnellement, et de même très-allongée, elle égale ou dépasse même en giandeur le quart de la longueur totale du poisson. Les écailles, parfaitement de même dimension sur toute sa surface, sont de jjIus équilatérales , c'est-à-dire, que la partie émaillée du moins , et qui est visible extérieurement , est aussi large que haute; leur surface extérieure n'est pas entièrement lisse; l'on observe au contraire des rides obliques de haut en bas , plus prononcées vers le bord antérieur des écailles , là où elles sont recouvertes par celles de la série précédente : cependant ces rides sont peu nombreuses, et ne sont pas aussi rapprochées que dans l'Amblypterus ma- cropterus, dont elles rappellent pourtant l'aspect. Les nageoires sont très-petites; la dorsale, très-reculée, est opposée à l'intervalle qu'il y a entre l'anale et les ventrales; ces dernières sont beaucoup plus rapprochées de l'anale que des pectorales, et par conséquent aussi en arrière du milieu de l'abdomen , comme la dorsale est en arrière du milieu du dos; les pectorales semblent plus grandes et même proportionnellement plus allongées que dans les autres espèces. Le caractère le plus frappant de cette es- pèce est la grandeur considérable des pièces operculaires et de l'opercule en particu- lier, qui forme en arrière de la tête une saillie anguleuse qui s'avance sur la ceinture thoracique. L'orbite, f. 7., est considérablement plus grande que dans le P. Freies- lebeni, avec lequel ce poisson a quelques rapports de formes; les rayons branchios- tègues sont aussi beaucoup plus allongés et plus étroits; on les voit distinctement dans la fig. 6. C'est à cause de la grandeur des pièces opei'culaires que je l'ai appelé P. macropomus. Dans le 31usée de Strasbourg, il y a un fragment de queue d'un très-grand exem- plaire, qui me paraît également appartenir à cette espèce et que j'avais d'abord nommé P. Gigas. Ces ichthyolithes se trouvent ordinairement dans des géodes ovales. L'exemplaire que j'ai représenté est fendu de manière à ce que l'on voit sur une des TOM. II. 11 — 82 — plaques (fig. 6.) les écailles du côté droit par leur surface extérieure au bord du dos, et tout le long du ventre celles du côté gauche par leur face interne , et vice versa , sur la fig. 7 . , qui est la plaque opposée du même individu. XII. Pal.eoniscus elegans Sedo-vv. Cette espèce est représentée dans les Trans. Géol. 2" sér. vol. 3. tab. 9. f. i. M. Sedgwick lui assigne pour caractères une tête plus petite qu'à ses P. magnus et ma- croceplialus, et des lobes de la caudale plus égaux. Du reste elle est plus rare et se trouve, avec les précédens, dans le calcaire magnésien d'East Tliickley. Voyez, en outre, les détails qui se trouvent à pages 6g et 76, sur les rapports de cette espèce avec celles d'Allemagne. Les espèces du genre Palœoniscus sur lesquelles il importe de recueillir de nou- veaux renseignemens sont : 1° Celle de Yisé, représentée dans les Annales de l'Académie de Bruxelles, t. 9. , par M. Davreux. Je crois que cette figure est tournée sens dessus dessous. 2° Celles d'East-Thickley, représentées par M. Sedgwick dans les Trans. Géol. 2*" série, vol. 3., tab. 8. et 9. 3° Celle qui est esquissée dans la Géol. du Yorksbire de Young, PI. 16. f. 7. et 8. La figure 8 est renversée. Il provient d'un schiste alunifère. 4" Celle enfin dont il y a une figure dans le portefeuille de M. Cuvier, et dont l'original appartient à M. Gibson, Quant au genre Osteolepisj indiqué dans les schistes de Caithness par MM. Sedgwick et Murchison, d'après l'examen que M. Yalenciennes a fait de deux espèces aux- quelles il donne les noms d'Osteolepis macrolepidotus et d'Osteolepis microlepido- tus, je ne le connais pas du tout. Je n'ai pas encore vu le plus petit fragment de ces fossiles; mais il faut espérer que MM. Sedgwick et Murchison les feront bientôt connaître. — 83 — J'ai déjà fait remarquer plus haut combien il est rare de trouver des traces du sque- lette des Gauoïdcs, mais surtout du genre PaU-coniscus^ cependant, parmi les exem- plaires de Muse, donnés au cabinet d'histoire naturelle de Neuchàtel , par M. Auguste de MontnioUin , il s'est trouvé un fragment du Palœoniscus Voltzii oii l'on voit une série de vertèbres caudales qui méritent d'être décrites. (Voyez la table D. du 2'' vol. fig. I.). La colonne vertébrale est bien distincte depuis le bord antérieur de l'anale; plus en avant on voit à peine l'empreinte de cinq ou six vertèbres qui n'ont laissé dans le schiste qu'un léger enfoncement; en arrière, elle s'étend jusqu'au point où le lobe supérieur de la caudale se sépare de l'inférieur. Au bord antérieur de ce der- nier , il y a quelques grosses écailles cpii bordaient de ce côté le pédicule de la queue ; il y en a quelques autres au-dessus du lobe même qui se trouvaient au bord supé- rieur du prolongement caudal. Le corps des vertèbres n'a laissé aucune trace de son existence; il n'y a- que les apophyses épineuses qui soient bien conservées. Mais cet état de conservation est tel et en même temps si parfait qu'il laisse entrevoir une struc^ ture des vertèbres fort différente de ce que l'on connaît chez les poissons A'ivans. Ces apophyses épineuses sont de véritables os en V, égaux dans la partie supérieure et dans la partie inférieure de la colonne vertébrale; ils sont certainement détachés du corps des vertèbres, puisque l'extrémité de leurs fourches , égale dans tous les os que l'on voit , ne montre aucune trace de fi-acture. La fourche est formée de deux os qui paraissent aplatis à leur surface interne et arrondis extérieurement, inclinés l'un vers l'autre sous un angle de quarante-cinq degrés; l'apophyse épineuse, qui naît de leur réunion, est un peu plus longue que les côtés de la fourche et plus mince à sa base, mais un peu renflée à son extrémité. Ces os ressemblent d'une manière frappante, en petit, aux os en Y de la queue des reptiles et des cétacés. Les osselets interapophysaires de l'anale, que l'on voit tous, sont arrondis et minces dans leur partie moyenne, dilatés et comprimés latéi'alement à leurs deux extrémités, mais surtout à leur ex- trémité inférieure, celle qui porte les rayons. Ceux du bord antérieur de la nageoire sont plus longs que les apophyses épineuses des vertèbres de leur région , mais les derniers sont très-courts. Les rayons du lobe inférieur de la caudale, dont on voit l'empreinte, sont articulés sur les apophyses épineuses et sur les interapophysaires qui les soutiennent, par une base très-rétrécie, se dilatant plus bas pour former les articles des rayons. Le mode d'insertion des apophyses épineuses que je viens de décrire, se retrouve dans beaucoup de Ganoïdes, surtout dans les Caturus et les Thrissops. Av^c cette disposition des vertèbres, l'on conçoit plus facilement la séparation des apophyses et des corps de vertèbres, mais leur entière disparition, dans tant d'exemplaires, n'en reste pas moins surprenante. Pour me rendre compte de ce fait, je suis obligé de — 84 — supposer que , lorsque le poisson flottait à la surface de l'eau par suite de la dé- composition de ses parties molles, les corps des vertèbres se sont détachés des apo- physes et ont été expulsés avec les intestins , lorsque les gaz qui se sont dégagés , ont fait rompre les parois abdominales 5 tandis que les apophyses épineuses ont pu rester en place entre les muscles , ou bien disparaître aussi avec tout ce qui était con- tenu entre les deux pans d'écaillés. On conçoit beaucoup mieux que ces cuirasses émaillées ne se soient pas décomposées aussi vite , puisque les écailles sont souvent engrenées les unes dans les autres par leurs bords , et si intimement liées qu'elles pouvaient résister même à des chocs très-violens. Comme tous les poissons osseux antérieurs à la Craie , ont des tégiunens semblables , il est très-naturel que l'on retrouve plus généralement leur enveloppe que leur sque- lette. Dans les poissons des dépôts tertiaires, au contraire, dont les écailles ont une disposition très-différente , qui leur permet de se détacher facilement du corps , on retrouve plus fréquemment le squelette entier, dont toutes les parties, en revanche, sont plus intimement soudées. — IVo — ADDITIONS AUX CHAPITllES PRECEDEI^S. Dans le grand nombre d'espèces nouvelles de poissons fossiles que, grâce à la libéralité des Savans anglais, j'ai pu observer pendant mon séjour en Angleterre en 1834, il s'en est trouvé plusieurs qui appartiennent aux genres dont j'ai déjà traité dans les cbapitres précédens. Ne voulant cependant pas multiplier à l'infini les sup- plémens, je préfère intercaler immédiatement à la suite des Palœoniscus toutes les espèces de la famille des Lépidoïdes qui se rapportent aux genres Acantliodes , Ca- topterusj Amblypterus et Palœoniscus j et faire suivre également quelques genres nouveaux de cette famille, qui s'en rapprochent aussi plus ou moins. /. Des espèces noiwelles du genre Pal^eointscus, et additions a celles qui sont déjà écrites. Outre les espèces du calcaire magnésien d'East-Tbickley, seulement indiquées à la page 82 (xii et n" 2), et dont j'ai pu compléter les caractères, j'ai appris à en connaître plusieurs qui sont absolument nouvelles. J'ai également pu rectifier une indication relative aux espèces encore douteuses de ce genre : c'est que le poisson figuré par M. Young, et mentionné au n" 3, page 82, n'est pas un Palcconiscus , mais bien une grande espèce nouvelle de LepidotuSj trouvée dans les schistes aluni- fères du Lias de Witby. J'ai retrouvé de plus l'original du poisson indiqué au n° 4 : c'est un vrai Palœoniscus du musée d'York, Enfin, le genre Osteolepis ne m'est plus inconnu; j'ai vu dans la collection de M. Murchison les exemplaires originaux des deux espèces qui ont été décrites. J'examinerai d'abord les espèces nouvelles du calcaire de Burdie-House, qui sont certainement celles qui présentent le plus d'intérêt, tant à cause de leur gisement, qu'à cause de leurs caractères particuliers. Les travaux géologiques de M. Hibbert ont déjà rendu cette localité classique, en même temps que les fossiles qui s'y trouvent ont fait naître des discussions du plus haut intérêt pour la paléontologie. Aussi me paraît-il important de rapporter sommairement ici les résultats auxquels M. Ilibbert est arrivé, et qu'il a consignés dans son Mémoire sur le calcaire d'eaii douce de Burdie-House dans le voisinage d Edimbourg, (Trans. de la Soc. R. d'Edimb. Vol. xTii). Quant aux fossiles de cette localité, je m'attends encore à une vive oppo- sition contre les idées générales que j'ai émises à l'occasion des poissons. Ces idées ToM. II. ' 12 — 86 — m'avaient été suggérées précédemment par l'examen de plusieurs genres dont les espèces se trouvent dans différens musées d'Allemagne (*) ; je les ai reproduites aux pages 62 et 63 de mon l\apport sur les poissons fossiles nouvellement découverts en Angleterre, Je crois cependant que ma manière de voir n'a pas toujours été bien comprise; du moins n'a-t-elle pas toujours été bien rendue par les auteurs^qui en ont parlé. C'est pourquoi je désire présenter dans tous leurs détails les faits qui y sont relatifs. Je suis persuadé que ces idées deviendront encore plus fécondes pour la science lorsqu'elles seront plus répandues, et qu'elles ne seront plus abandonnées avant d'avoir réagi sur tout le domaine de la Paléontologie. Cependant mon intention n'est point d'entamer maintenant une controverse à ce sujet; je veux seulement ap- peler l'attention des Géologues sur l'importance de cette question, qui est une ques- tion tout-à-fait générale pour la Paléontologie , et engager ceux qui se livrent k des travaux spéciaux sur d'autres classes de fossiles, à l'avoir présente à l'esprit dans leurs recherches. Le calcaire de Burdie-House doit être rapporté à l'étage inférieur du système car- bonifère. Ses teintes varient beaucoup : souvent il paraît d'un gris bleuâtre ou noirâtre, à cause des matières bitumineuses ou végétales qu'il contient en abon- dance ; mais ordinairement il est brun. Il affecte très-rarement la structure cristalline du calcaire de montagne des carrières voisines. Cependant, malgré son aspect ter- reux, il est compact et très-dur; sa cassure est quelquefois schisteuse, surtout lors- qu'il contient des lits très-minces de matières végétales ou bitumineuses; sans cela il se brise en fragmens irréguliers à surface conchoïde, à peu près comme le Muschel- kalk d'Allemagne. Sur place, ce calcaire présente des couches régulières, chacune d'environ quatre pieds et demi d'épaisseur, s'inclinant au sud-est sous un angle de 23 à 23°. — 'Le calcaire de Burdie-House est très-pur; à l'exception des substances organiques, il contient peu de matières étrangères; ce qui fait qu'on l'exploite avec avantage pour faire de la chaux. Ici et là il est traversé par de petites veines de spath calcaire. Il contient aussi une très-petite quantité de matière siliceuse, et quelquefois du sulfure de fer entre ses couches. Cette formation est surtout remarquable par les débris organiques qu'elle renferme, et qui l'ont fait envisager comme un dépôt d'origine plutôt lacustre que marine. La quantité de matière végétale répandue dans tout le calcaire de Burdie-House, forme un de ses traits caractéristiques particuliers. Dans quelques couches, surtout dans les supérieures , il y a même une quantité si extraordinaire de matière carbonisée , que tout le calcaire en prend une apparence bitumineuse; tandis que sur d'autres (*) Voir enti'auties le Jahrbuch de Leonliaid et Broim, 1834, page 386. — 87 — points où celte matière est moins abondante , la roclie conserve sa couleur ordinaire grise ou brune. La plante la plus abondante dans les carrières de Burdie-House, est le Splieno- pteris af finis de la Flore fossile anglaise de MM. Lindleyet llutton^ on ytrouve aussi, mais plus rarement , le Sphcnopteris hifula et le ^pli. linearis. Parmi les antres plantes on remarque des tiges de Lepidendron selaginoides j de L. ohovatum et de L. Stern- ber"ii^ les feuilles du Lepidophjllwn intennedium y sont associées avec le Cjpevites hicarinata; enfin on y trouve également les Lepidostrobus variabilis et ornatus. Ce sont ces petites fougères et ces fragmens de Lycopodiacées qui prédominent dans le calcaire de Burdie-House; cependant on y a découvert aussi des débris de Stiginaria fîcoides et d'espèces moins communes des genres Sigillaria ^ Erpcisetum j Calamités et Cj'clopteris. On n'a point trouvé de grandes coquilles dans cette formation; en revancbe M. le D' Hibbert y a découvert une immense quantité d'Entomostracés microscopiques, qu'il a décrits et représentés sous les noms de Cypris scoto-burdigalensis et de Daphnidia. Il y a également observé de petites coquilles enroulées comme les Planorbes et les Spirorbes, et qui constituent peut-être un nouveau genre. De ces faits et d'autres circonstances détaillées avec beaucoup de soin dans son Mémoire, M. Hibbert a conclu que le calcaire de Burdie-House est d'origine lacustre. Cependant ce sont les poissons trouvés à Burdie-House qui constituent la plus belle découverte paléontologique due à M. Hibbert. Les espèces qu'il a recueillies dans cette localité s'élèvent déjà au nombre de sept; l'une d'entr'elles appartient à l'ordre des Placoïdes : c'est mon Gjracajiihus formosus _, dont on ne connaît encore que des rayons dorsaux. M. Hibbert les a représentés dans son Mémoire, pi. 1 1, fig. i . Je ne connais point d'analyse eliimique des gros rayons qui soutiennent les nageoires de quelques Squales ; mais ce qu'il y a de certain , c'est que leur aspect n'est point celui du reste du squelette des Cbondi^optérygiens ; aussi les différences chimiques signa- lées par M. Connell entre ces rayons et les vertèbres des Squales, n'ont rien de sur- prenant. Cependant il serait fort curieux de confirmer par l'analyse chimique des rayons d'une espèce vivante, les rapports intimes que M. Connell a trouvés entre les rayons d'une espèce fossile et les os du brochet. Et s'il est permis d'en juger par la structure fibreuse de ces rayons, l'analogie sera complète, — Les six autres espèces sont des Ganoïdes : le plus remarquable de tous est sans contredit le Megalichthjs lîibberti Ag. , sur lequel M. Hibbert donne des renseignemens très -étendus, pag. 24 — 45 tle son Mémoire, accompagnés de plusieurs figures, pi. 8, 9, 10 et 11. Mais comme le Megalichthys appartient à la famille des Sauroïdes, je dois renvoyer la publication de mes notes concernant cet énorme poisson jusqu'à ce que je sois — 88 — arrivé à la partie de ce volume qui contiendra tous les détails relatifs à cette famille. Je dois seulement faire remarquer en passant, que l'on comprendrait mal les carac- tères que j'ai assignés à ces poissons, si l'on pensait qu'ils forment une famille inter- médiaire entre les poissons ordinaires et les reptiles. La manière dont M. Hibbert a présenté les observations que je lui avais communiquées sur le MegalichthjSj prê- tera peut-être un peu à cette méprise, quoique nulle pai't cependant il ne méconnaisse sa place dans la classe des Poissons. En effet, mes Sauroïdes sont de vrais poissons; ce sont les premiers poissons voraces qui aient vécu dans les mers d'autrefois, et, comme tels, ils participent des caractères des Sauriens, qui n'apparaissent que plus tard dans la série des formations. Du reste j'exposerai au long dans le i" volume de cet ouvrage mes idées générales sur la succession génétique des êtres organisés et sur les rapports que présentent les différentes classes du règne animal dans leur déve- loppement progressif. — Un autre Sauroïde de Burdie-House est le Pjgoptenis Bucklandi K^. , figuré pi. 7, f. 2 du Mémoire de M. Hibbert. Trois autres espèces de Burdie-House appartiennent au genre Palœoniscus , qui fait le sujet de cet article. La septième constitue un nouveau genre de la famille des Lépidoïdes, genre intermédiaii'e entre les Palœoniscus et les Platysomus, et que j'appelle Euiynotus. Pour prévenir toute confusion, je préviendrai ici mes Lecteurs que Y Ambljptems auquel M. Hibbert fait allusion, page 24, est le même poisson que mon Eurynotus, dont il parle du reste aussi au même endroit. 1. Pal.eoniscus RoBisoiM Hibbert. Vol. 2. Tab. 10 a j fig. i et 2. La plus petite des espèces de Burdie-House appartient au genre PalceonisciiSj tel que je l'ai circonscrit, ayant de petites pectorales et de petites ventrales, et le bord antérieur de la dorsale opposé, ou à peu près, à celles-ci. Ce qui la caractérise sur- tout, c'est sa forme allongée et la ténuité de son corps, par où elle se rapproche le plus du P. angustus d'Autun; mais ce en quoi elle diffère de toutes les autres espèces du genre, c'est par la longueur beaucoup plus considérable des rayons antérieurs de ses nageoires dorsale et anale, et par la grandeur de sa queue. En m'annonçant, il y a plus d'un an, la découverte qu'il venait de faire à Burdie-House de divers ossemens de grands animaux et de plusieurs espèces de poissons, M. Hibbert rapportait déjà ce fossile au genre Palœoniscus. En lui donnant depuis le nom spécifique de P. Rohisoni^ M. Hibbert a voulu témoigner publiquement à M. Robison, secrétaire perpétuel de la Société Royale d'Edimbourg, sa gratitude et celle de tous les géologues pour les soins qu'il a pris de conserver les précieuses découvertes qui se font journellement dans les — «9 — carrières de Burdie-Ilouse, et d'empêcher surtout la dispcision des pièces détache'es qu'on y rencontre, et qui seraient perdues pour la science si elles étaient disséminées dans plusieurs collections éloignées. En acquiesçant aux mesures qui ont été prises, la Société Royale d Edimbourg a bien mérité de la Paléontologie. M. Ilibbert a aussi représenté cette espèce; lafig. 7 de la pi. G de son mémoire et la fig. 3 de la pi. 7 en donnent une juste idée. Dans l'atlas de cet ouvrage, je me suis borné à reproduire un dessin de l'exemplaire le plus complet , qui est celui de la fig. 7 , pi. 6 du 31émoire de 31. Ilibbert, et qui porte le n° 89 du Musée de la Société Royale d'Edimbourg. M. Hibbert, LordGreenock et M. le professeur Jameson en possèdent aussi des exemplaires. Lorsque j'ai visité Burdie-Ilouse avec M. Buckland, j'ai aussi eu le plaisir d'en acquérir un. Cette espèce est la plus commtnie de celles de Burdie- House. Quoique ce ne soit pas ici le lieu de parler des nombreux coprolithes que l'on trouve dans les couches de Burdie-House , puisqu'il est probable qu'ils proviennent du Me- galichthys ou du Gyracanthus, je dirai cependant, en passant, qu'ils contiennent fré- quemment de petites écailles rhomboïdales, à surface lisse, qui me paraissent être celles du Palœoiiiscus Hobisoni; du moins je n'ai pu découvrir aucune différence entre les écailles détachées de cette espèce que l'on trouve quelquefois éparses dans le calcaire, et celles qui sont contenues dans les coprolithes. M. Hibbert donne, page 53 de son Mémoire, des renseignemens très-importans sur la nature et la conservation de ces substances fécales. Cette espèce se distingue facilement de toutes celles du genre qui sont déjà connues j elle est si élancée, que sa tête n'égale pas même le quart de la longueur totale du corps. Les os de la tête ont leurs sxu faces lisses ; ceux du crâne seulement présentent quelques stries peu marquées. La forme allongée de la tête et sa ténuité lui donnent un aspect particulier que n'ont pas les autres espèces, dont le museau est ordinairement renflé à cause de leur gros ethmoïde, tandis que le museau de celle-ci va en s'amincissant jusqu'à son extrémité. Le tronc est^rèle aussi et tout d'une venue; il est légèrement renflé en avant de l'insertion de la dorsale, et s'amincit insensiblement vers l'insertion de la caudale. La dorsale occupe exactement le milieu du dos; les premiers petits rayons de son bord antérieur sont vis-à-vis des ventrales, tandis que son bord posté- rieur s'étend jusqu'au dessus de l'insertion de l'anale. Celle-ci est aussi grande que la dorsale , et se termine un peu avant les premiers rayons du lobe inférieur de la caudale. Ce qui distingue surtout la dorsale et l'anale dans cette espèce, c'est la disposition de leurs rayons, dont les premiers, ou du moins ceux qui forment l'angle antérieur saillant de la nageoire, sont considérablement plus longs que les suivans, qui vont en diminuant insensiblement et finissent par n'avoir plus que le huitième de — 90 — la longueur des plus grands rayons. Cette disposition fait paraître ces nageoires très- échancrées', à leur bord antérieur il y a de très-petits rayons accolés le long des plus grands, et qui s'étendent jusqu'à leur extrémité. Les rayons de ces deux nageoires ne sont pas très-grèles et se bifurquent à plusieurs reprises, mais à leur extrémité seule- ment ] leurs divisions transverses sont assez éloignées pour que cbaque article paraisse plus long que large. Les pectorales et les ventrales sont très-petites , composées de rayons beaucoup plus courts, et même un peu plus grêles que ceux de la dorsale et de l'anale ; leurs articulations transverses sont aussi plus éloignées que les rayons ne sont larges. Malgré la ténuité de son corps, ce poisson se termine par une grosse queue bordée d'une caudale également grande, eu égard aux petites dimensions de l'animal qu'elle devait aider à se mouvoir. Le lobe supérieur de la caudale surtout est vigoureux, et beaucoup plus long que l'inférieur. Tous les rayons de la caudale pa- raissent un peu plus grêles que ceux de la dorsale et de l'anale^ ils sont aussi bifur- ques plus profondément, et leurs divisions transverses sont un peu plus rapprocbées, surtout au bord antérieur du lobe inférieur, qui se termine par une série de petits rayons accolés tout le long des plus grands rayons. Ces petits rayons marginaux sont cependant plus gros que ceux de la dorsale et de l'anale, et que ceux qui s'éten- dent tout le long du bord supérieur du pédicule de la queue, qui porte les rayons du lobe supérieur de la caudale. Tout le corps est recouvert d'écaillés rliomboïdales , mais dont la forme et les dimensions diffèrent suivant leur position; elles sont en général petites; celles qui protègent les flancs sont les plus grosses et à peu près équilatérales ; vers la queue et surtout sur le prolongement du corps qui porte la cau- dale, elles sont plus allongées et considérablement plus petites. Leur surface exté- l'ieure est complètement lisse dans toute la partie postérieure du corps ; sur celles des flancs seulement , et en avant de la dorsale et des ventrales , on y remarque quelques stries très-fines, vers leur bord postérieur du moins. A leur surface interne toutes les écailles sont réunies les unes aux autres par de très-petits onglets articulaires, correspondant à des fossettes semblables dans leurs bords supérieur et inférieur. Cette surface des écailles n'est pas plane; car sur le milieu de cbacune d'elles il y a luie quille verticale, qui, s'étendant d'un onglet articulaire à l'autre, forme des saillies transversales parallèles aux séries d'écaillés. - Cette espèce n'a encore été trouvée que dans le calcaire de Burdie-House, - 91 - " II. PaLEONISCUS STRIOL/VTUS Ag. Yol. 2, Tab. lofi, fig. 3et4- Le premier exemplaire complet que j'aie vu de celte espèce, et qui m'a fait re- connaître ses caractères distinctifs, se trouve au Musée de la Société Royale d'Edim- bourg, n" 82. M. le D' Ilibbert en possède de moins parfaits, qui sont figurés dans son Mémoire, pi. 6, fig. 6, et pi. 7, fig. i, et quej'aA'ais pris d'abord pour le P. Ro- hisoni. Plus tard, M. le Prof. Jameson m'en a communiqué un second exemplaire plus entier et beaucoup plus grand. Ce qui distingue surtout cette espèce de la pré- cédente, c'est sa forme moins élancée, ses écailles proportionnellement plus grosses, satêle plus courte, et surtout la surface extérieure de ses écailles, qui, dans toutes, est plus ou moins sillonnée de stries et de points irréguliers. Le P. striolatus a le tronc fusiforme; la tête, moins large que le milieu du coips^ est comprise pi'ès de cinq fois dans sa longueur totale 5 l'orbite est petite, et les mâ- choires paraissent très-fendues; cependant toute l'ossature de la tête est tellement empâtée dans la roche, qu'il est impossible de distinguer chaque os en particulier; leur surface extérieure n'est visible nulle part. La ceinture thoracique et les pecto- rales ont complètement disparu, même dans l'exemplaire figuré, qui est le mieux conservé de tous. Ceux que M. Hibbert a représentés et celui de M. le Prof. Jameson n'ont pas même de tête. Les nageoires, dans cette espèce, diffèrent passablement de celles du P. Pvobisoni. Les ventrales , un peu plus grandes , sont plus rapprochées de l'a- nale ; celle-ci et la dorsale ont des rayons également très-allongés dans leur bord anté- rieur ; ceux du bord postérieur cependant sont moins courts que dans le P. Robisoni, en sorte que ces deux nageoires paraissent moins échancrées. Les articulations transverses de leurs rayons sont rapprochées de manière à ce que les articles paraissent plus courts que larges. Les bifurcations de l'extrémité des rayons sont plus profondes que dans l'es- pèce précédente. Au bord antérieur de l'anale on voit encore quelques traces des petites écailles qui recouvrent ordinairement les nageoires. Le lobe supérieur de la caudale est très-allongé; il paraît avoir été infiniment plus long que le lobe inférieur- ses rayons sont considérablement plus grêles et plus fendus que ceux des autres naoeoires. Les écailles de ce poisson sont de moyenne grandeur, mais proportionnellement plus grandes que celles du P. Robisoni; toute leur surface est ornée de sillons irré) — Dans le voyage que j'ai fait en Angleterre en 1 834, j'ai eu occasion de visiter la plupart des collections mentionnées par M. Sedgwick, parmi lesquelles j'ai surtout distingué celle de M. Witham, et d'examiner en outre un grand nombre d'exemplaires de ces poissons contenus dans les collections de la Société Géologique de Londres, du Musée du Service uni de l'armée et de la marine, de M. Murchison, du Musée d'Oxford, de la Société Royale d'Edimbourg, de M. le Prof. Jobnston de Durham, de M. Trevelyan, du Musée de Newcastle sur Tyne, de celui de Witby et d'Yorck, et de M'^'= Anne Surtees de Mainsforth. Par cet examen, j'ai pu m'assurer de l'exac- titude des observations de M. Sedgwick, et j'ai eu plus d'une occasion d'admirer la netteté des figures qu'il a publiées, et dont j'ai retrouvé presque tous les originaux. Les espèces figurées par M. Sedgwick sont : i" Acrolepis Sedgwickii Ag., pi. 8, fig. 3 du 3™"^ vol. de la 2™'= Série des Trans. de la Soc. Géol.j 2" Pygopterus mandi- — 9o — bularis Ag., ibid. pi. lo, fig. i , 2 et 3, et pi. 1 1 , (indiqué dans la Géologie de Walcliner sous les noms de JSemopterjx mandibularis et de Sauropsis scoticits); 3° Plaiysomus striatus Ag., ibid. pi. 12, fig. 3 et 4 (sous le nom d'Uropteryx stria- tus dans la Géol. de V^ alchner) \ 4° Pl^fj'soinus macrarusA^., ibid. pi. 12, fig. i et 2; 5° Platysomus pa/vus Ag., ibid. i" Série, vol. 4j pl- 2? et Ami. of Philos, vol. 6, p. ii5. Il ne me reste à ajouter que quelques obseivations critiques sur les espèees de Palœonisciis mentionnées par M. Sedgwick, auxquelles je joindrai la descrip- tion de trois espèces nouvelles qu'il n'a point connues. I. Palsoniscus elegans Sedg\^-. Vol. 2, pi. 10 b, fig. 4 et 5. Paleeothrissum elegans, Géol. Trans. 2""^ Série, vol. 3, pi. 9, fig. i. Sur plusieurs centaines d'exemplaires de Palaeoniscus du Zeclistein d'Allemagne que j'ai examinés, je n'ai reconnu que trois espèces, qui sont le P. Freieslebenii et mes P. maçropomus et magnus. En les comparant maintenant avec celles du calcaire magnésien d'Angleterre, je trouve que, malgré leurs nombreux rapports, les espèces de ces différentes localités ne sauraient être envisagées comme identiques. En effet, comme l'a déjà fort bien remarqué M. Sedgwick, son P. elegans est une espèce par- ticulière, différant du P. Freieslebeni par des formes plus élancées, et surtout par la plus grande uniformité des écailles sur toute la surface du corps. Le P. magnus de Mannsfeld n'existe pas non plus en Angleterre 5 car l'espèce du calcaire magnésien à laquelle M. de Blainville a cru pouvoir donner ce nom spécifique, et qui est la même que son Palœothrissum macrocephalum d'Angleterre, diffère également des espèces de 3Iannsfeld, en ce que ses écailles ont leurs bords supérieur et inférieur arqués , et en ce que, à l'inverse du P. magnus d'Allemagne, celles des flancs sont beaucoup plus hautes et plus grandes que celles de la queue, je l'appelle P. comtus. Parmi les exem- plaires de Palœoniscus du calcaire magnésien que j'ai vus en Angleterre, j'ai re- connu en outre trois espèces qu il est très-facile de distinguer de tous leurs congé- nères ; je les ai appelées P. glaphyrus , P. macrophthahnus et P, longissimus. Les différentes localités où l'on a trouvé ces poissons, sont : Midderidge, E. Thickley, Darlington , Clarence Pvailway près de Mainsforth , AVest-Bolden , Ilougliton le Spring, Witley près de Shields, et Rushyford. Elles paraissent se trouver également sur ces différens points. Le P. elegans est réellement, comme l'observe M. Sedgwick, l'une des espèces les plus rares du calcaire magnésien. Il se distingue des autres espèces de ce genre par ses formes élégantes et se^ dimensions bien proportionnées ; ^ussi mérite-t-il à tous — 96 — égards le nom spécifique qui lui a été donné. Sa tête égale environ un cinquième de la longueur totale du corps ; mais elle est mal conservée dans l'exemplaire figuré dans cet ouvrage. La surface de tous ses os est ornée de sillons divergeant dans le sens de leur accroissement ; ces sillons sont plus larges et plus éloignés que dans le P. Freieslebeni. L'ossature de la ceinture tlioracique paraît forte proportionellement ; du moins l'on voit un large scapulaire dans l'original de ma figure. La forme géné- rale du corps est celle d'un ovale très-allongé, de telle sorte que le milieu du dos est à peine plus élevé que la nuque et le fort de la queue. Dans cet exemplaire, cette es- pèce paraît encore plus large qu'elle n'est réellement, parce que les écailles du côté gauche ont glissé le long du dos, et s'étendent visiblement au-delà de l'insertion de la dorsale. Les pectorales, les ventrales, la dorsale et l'anale sont proportionnelle- ment petites j les articulations transversales de la dorsale et de l'anale surtout sont très-distantes ; cependant elles ne paraissent pas l'être, parce que les divisions alter- nent d'un rayon à l'autre. L'extrémité des rayons est bifurquée jusqu'à la moitié en- viron de leur longueur totale. Au bord antérieur de ces nageoires, on remarque de très-petits rayons accolés aux plus longs. La caudale a exactement la forme de celle du P. Freieslebeni ; cependant le prolongement de son pédicule, qui forme son lobe supérieur, est plus étroit. Le lobe inférieur est aussi plus long que dans l'espèce sus- mentionnée; c'est ce qui a fait dire à M. Sedgwick que les lobes de cette nageoire étaient moins inégaux dans cette espèce que dans les autres. Ses rayons sont toustrès- grèles, bifurques à plusieurs reprises jusque près de leur base, ce qui les fait pa- raître encore plus minces ; les articulations transversales des rayons du lobe supé- rieur sont si rapprochées, que les articles paraissent à peine plus longs que larges; celles du lobe inférieur sont plus éloignées. Le long du bord inférieur de ce lobe il y a de très-petits rayons qui ne sont visibles à l'œil nu qu'à sa base, tandis que sur le bord supérieur du pédicule du lobe allongé, il y en a de très-grands qui sont moins inclinés, et qui reposent sur les petites écailles atténuées de ce prolongement de la queue. Les écailles ont à peu près la même forme par tout le coi'ps; elles sont cepen- dant un peu plus grandes dans sa partie antérieure, mais elles n'y sont pas de beau- coup plus hautes que longues, comme on le remarque dans le P. Freieslebeni. (Ce caractère rapproche ini peu le P. elegans du P. magnus de Mannsfeld ; mais la forme générale et les proportions du corps de ces deux espèces les distinguent sufîisam- ment.) Leur surface est aussi plus lisse ; on voit seulement quelques stries vers leur bord antérieur, et de petites échancrures serrées en forme de dentelure à leur bord postérieur. Yers le bout de la queue, ces stries et cette dentelure disparaissent de plus en plus , et manquent complètement sur les petites écailles allongées qui recouvrent le prolongement du pédicule de la queue. On aperçoit à travers les écailles de la ligne — 97 >- latérale les petits tubes qui se prolongent dans le milieu de leur épaisseur, de leur bord antérieur à leur bord postérieur, oîi ils s'ouvrent entre les dentelures de ce der- nier. La fig. 4 représente quelques écailles de ce poisson, prises autour de la ligne la- térale en avant et au-dessus des ventrales. Il est à remarquer que les bords supérieur et inférieur de ces écailles, surtout de celles de la queue, sont aussi droits que leur bord postérieur, tandis que dans le P. comtiis ils sont sensiblement arqués. Comme dans toutes les espèces du genre, on remarque sur le milieu du dos une série d'é- cailles impaires, dont le bord postérieur est arrondi j celles qui avoisinent le bord an- térieur des nageoires sont plus grandes que les autres ; cependant elles le sont moins que dans le P. Freiesleheni, et leur surface est marquée de moins de stries. M. Sedgwick a déjà fait la remarque qu'une partie de ces écailles sont imbriquées, tandis que les autres sont juxta-posées ; cela est vrai, en tant que le bord postérieur d'une série antérieure d'écaillés repose davantage sur le bord antérieur d'une série suivante dans toute la région antérieure du corps, et que, dans sa région postérieure, les sé- ries d'écaillés qui se touchent ne reposent les unes sur les autres que par des bords obliques, sans se recouvrir partiellement les unes les autres. Les bords supérieurs des écailles antérieures du corps sont en outre munis d'un petit onglet articulaii'e qui s'engrène dans une fossette du bord inférieur de l'écaillé voisine. Du reste leur surface intérieure est lisse, et les onglets articulaires forment sur leur milieu des quilles à peine perceptibles, tant elles sont déprimées. Cette espèce^i'a encore été observée que dans le Calcaire magnésien d'Angleterre. II. Pal^oniscus comtus Agass. Vol. 2, tab. 10 i, fig. I, 2 et 3. Palœotbrissum magninn, Géol. Trans. 2""' Séiûe, vol. 3, pi. 8, fig. i et 2. — Palœo- thrissum macrocephalum , Géol. Trans. 2™" Série, vol. 3, pi. 9, fig. 2. Malgré la grande imperfection de l'exemplaire dont je donne ici une figure, je l'ai préféré à maint autre dont les contours, quoique plus parfaits, donneraient une idée moins exacte des caractères dfstinctifs de cette espèce. Les allures du genre Palœo- niscus sont maintenant assez connues pour que l'on puisse se représenter exactement une espèce de ce genre dont on ne voit qu'une partie du corps. J'ai cependant exa- miné un grand nombre d'exemplaires de ce poisson, qui est le plus commun de tous ceux que l'on trouve dans le Calcaire magnésien. Son corps est proportionnellement aussi large que celui du P. magnus de Mannsfeld. Sa tête égale le quart de sa lon- gueur totale 5 tous ses os ont leur surface marquée de points disposés en séries irré- gulières. Les pectorales sont de moyenne grandeur, proportionnellement plus grandes — 98 — que les ventrales, l'anale et la dorsale; la caudale est grande, mais ses rayons sont moins grêles et moins bifurques que ceux du P. elegans; leiu's articulations trans- versales sont aussi plus éloignées , tandis que celles de la dorsale et de l'anale le sont moins. Les écailles varient considérablement de grandeur et de forme, suivant la place qu'elles occupent; celles des flancs sont les plus grandes, elles sont plus hautes que longues , et toute leur surface est ornée de sillons et de points très-serrés , à peu près parallèles entre eux, et qui se terminent au bord postérieur par une dentelure assez fine. Leur bord supérieur est concave, et leur bord inférieur convexe; vers le milieu du corps ces bords sont à peu près droits , tandis que dans sa partie posté- rieure , oïl les écailles sont beaucoup plus petites et aussi longues que hautes , leur bord supérieur est convexe, et se prolonge dans le bord postérieur; en sorte que l'angle supérieur et postérieur de ces écailles est sensiblement arrondi ; leur bord in- férieur est concave. La surface de ces écailles n'est plus sillonnée que de quelques stries irrégulières, et la dentelure du bord postérieur à peine distincte. Les écailles du prolongement du pédicule de la queue sont très-petites , et d'autant plus allongées qu'elles approchent davantage de son extrémité. Les tubes qui traversent les écailles de la ligne latérale ne se trouvent pas exactement au milieu de ces écailles , comme dans le P. elegans; ils sont plus rapprochés de leur bord supérieur, et obliques aux écailles dans la partie postérieure du corps, tandis que dans le P. elegans , ils sont parallèles à leurs bords supérieur et inférieur. Les onglets articidaires qui unissent les écailles sont plus allongés et plus grands que dans l'espèce précédente, et les quilles qu'ils forment à leur surface intérieure sont plus marquées. A ces caractères, il sera toujours facile de reconnaître cette espèce, qui, par ses traits saillans et sa fréquence dans les localités indiquées , doit être envisagée comme une espèce caractéristique. III. Palsoniscus glaphyrus Agass. Vol. 2, tab. 10 Cj fig. I et 2. Cette petite espèce n'a point encore été figurée ; cependant j'en avais déjà vu un dessin dans le portefeuille de Cuvier : c'est l'espèce que j'ai citée à la page 21 du i" volume de cet ouvrage. L'original de ma figure se trouve au Musée d'York ; il m'a été communiqué par M. le Prof. Phillips. Les traits les plus caractéristiques de ce poisson sont ses grandes écailles et la brièveté de son corps. Sa forme extérieure est à peu près celle du P. Voltzii ou du P. fidtus; mais il diffère des deux par la grosse dentelure du bord postérieur de ses écailles. Cette espèce a la tête proportionnellement très-petite, égalant à peine la cin- — 90 — quièmc partie de sa longueur totale, et beaucoup moins large que le tronc- quoiqu'elle soit très-mal conservée dans l'original de ma figure, on peut s'assurer cependant qu'elle est entière , car on distingue l'extrémité des mâchoires cpii forme une houclie très-petite. On aperçoit en dessus l'orbite, qui est proportionnellement beaucoup plus grande. Les pièces opercnlaires sont aussi fort petites. En dessous et en arrière de la mâchoire inférieure, ou distingue des traces de sept rayons branchiostègues. Les pectorales ont entièrement disparu; mais on voit distinctement l'insertion des autres nageoires. La dorsale occupe le milieu du dos ; son bord antérieur se trouve cepen- dant un j>eu en arrière des ventrales. Les rayons de toutes les nageoires sont moins rapprochés les uns des autres que dans les autres espèce* du calcaire magnésien 5 et par ce caractère, cette espèce se rapproche davantage de celles d'Autun, comme elle leur ressemble aussi beaucoup par sa forme trapue. Tous les rayons sont très-fendus, mais leurs bifurcations sont moins nombreuses que dans la plupart des autres espèces du genre. Au bord antérieur des nageoires, on distingue facilement les petits rayons, qui sont accolés contre les plus grands ; ils diffèrent de ceux des autres espèces en ce qu'ils sont plus allongés et moins serrés contre le bord des nageoires. Les écailles (fig. 2) sont proportionnellement très-grandes sur toute la surface du corps ; celles des côtés de la queue seulement sont un peu plus petites ; leur surface extérieure est complètement lisse -, tous leurs bords sont droits ; au bord postérieur, on distingue une dentelure très-marquée, dont les pointes, très-distinctes les unes des autres, sont proportionnellement très-allongées. Toutes les écailles sont fort minces; on distingue à leur surface intérieure de gros onglets articulaires qui s'engrènent dans de larges fossettes triangulaires ; d'une écaille à l'autre on voit s'étendre une quille très-étroite, mais très-marquée. La ligne latérale s'étend directement de l'angle supérieur de l'o- percule à l'extrémité de la queue. Cette espèce provient du calcaire magnésien d'Angleterre, ÏV. Pal-egniscus macrophthalmus Agass. Vol. 2, Tab. 10 c, fig. 3. Autant le P. glaphjrus se distingue de ses congénères par la petitesse de sa tête, par la largeur de son corps et par la grosseur de ses écailles, autant il est facile de reconnaître le P. macrophthalmus à des caractères directement opposés. En effet, cette espèce a la tête très-grande , et, proportionnellement aux dimensions du tronc, elle est aussi très-grosse; sa longueur n'est comprise que trois fois et demie dans la longueur totale du poisson; sa largeur paraît avoir été plus considérable même que celle du milieu du tronc. L'orbite est très-grande, placée immédiatement au dessus — 100 — de la mâchoire et à la partie antérieure de la tête, qui se termine par un museau très- obtus, arrondi et plus saillant que la mâchoire inférieure, dont les branches sont étroites. En dessous de la mâdioire inférieure, on voit des traces de neuf rayons bran- chiostègues au moins, dont le premier est fort large; les suivans, qui sont beaucoup plus étroits, s'allongent insensiblement. La surface des os du crâne est ornée de stries et de points irréguliers. La ceinture thoracique est très-vigoureuse ; l'humérus, qui est le plus large de ses os, forme à peu près un angle droit avec le scapulaire. Le corps est très-étroit, tout d'une venue ; le milieu du dos n'est pas plus élevé que la nuque ; le pédicule de la queue seulement se rétrécit un peu avant de se prolonger le long du lobe supérieur de la caudale. La dorsale est un peu plus rapprochée de la cau- dale que de la tête ; elle occupe l'intervalle qu'il y a entre l'anale et les ventrales. Celles-ci sont beaucoup plus rapprochées de l'anale que des pectorales. Toutes ces na^ geoires sont petites ; leurs rayons, extrêmement grêles, sont à peine bifurques à leur extrémité 5 leurs articulations transversales sont très-distantes ; à leur bord antéi-ieur on distingue, à l'aide de la loupe seulement, de très-petits rayons accolés aux plus grands. La caudale présente également quelques particularités : ses rayons sont un peu moins grêles que ceux des autres nageoires du tronc 5 sOn lobe inférieur est presque aussi large et aussi long que son lobe supérieur. A son bord inférieur, on distingue à peine de petits rayons accolés le long du plus grand , tandis qu'il y en a de très-visi- bles et de très-allongés tout le long du bord du lobe supérieur. Les écailles sont très- petites ; celles de la partie postéi'ieure du corps ne le sont pas sensiblement plus que celles de la partie antérieure 5 celles du prolongement du pédicule de la queue seule- ment sont plus allongées et plus étroites ; leur surface extérieure est sillonnée par quelques stries irrégulières. Je n'ai point aperçu de dentelure à leur bord postérieur; les onglets articulaires de leur surface intérieure sont à peine visibles ; cependant on y distingue des quilles très-plates qui traversent les écailles. Du Calcaire magnésien d'Angleterre. L'exemplaire original de ma ligure, qui est le plus beau que j'aie vu de cet espèce, appartient à M. Riepley de Witby . V. PaL^EONISCUS LONGISSIMUS Agass. Yol. 2, tab. 10 c, fig. 4- Le P. longissimiis diffère tellement de toutes les espèces déjà décrites, que peu de mots suffiront pour le caractériser nettement. 11 paraît ne pas être très-rare, car j'en ai vu plusieurs exemplaires dans les collections de M. Witham et de M. Randyll, ainsi qu'au Musée d'Yorck. L'original de ma figure appartient à M. Witham. L'un — 101 — de ceux de M. Kandyll est surtout instructif, en ce qu'il prosente ce poisson par sa face supérieure^ il montre évidemment que c'est une espèce plus arrondie que toutes les autres de ce genre j sa longueur est même plus considérable, proportionucllcment à sa largeur. Les poissons fossiles auxquels on peut, d'après les détails de leur ostéologie, supposer un corps plat, plus ou moins large, ne se présentent jamais autrement dans les roches que couchés sur le flanc , tandis que ceux dont le corps est plus ou moins arrondi, présentent tantôt les flancs, tantôt les faces supérieure ou inférieure. Ceux dont la tête est déprimée ou comprimée, et dont le corps est arrondi, sont fré- quemment tordus à la nuque ; il en est de même de ceux dont la tête est plus ou moins arrondie, et dont le corps est plat. Dans le P. longissimus _, la tête paraît avoir été arrondie comme le tronc; la sur- face des os du crâne est granulée, c'est-à-dire qu'elle est ornée de points saillans, plus ou moins allongés et en séries sur les fi'ontaux, et formant des stries irrégulières sur les plaques operculaires et sur les os de la ceinture thoracique. La tête égale en- viron un sixième de la longueur totale du corps. 11 est diflîcile de s'en faire une juste idée d'après l'exemplaire de ma figure, tant ses os sont disloqués; mais on en voit nettement plusieurs parties dans celui de 31. Pxandyll, dont je viens de parler. Les nageoires sont proportionnellement petites, et, vu la longueur considérable du poisson, elles paraissent fort éloignées les unes des autres. La dorsale, qui est op- posée aux ventrales, occupe le milieu du dos. L'anale est un peu plus rapprochée du lobe inférieur de la caudale que des ventrales. Je n'ai vu les pectorales que dans l'exem- plaire de M. Randyll; leurs rayons paraissent être plats, ils ne sont bifurques que jusqu'au tiers de leur longueur ; leurs articulations transversales sont assez éloignées pour que chaque division d'un rayon paraisse beaucoup plus longue que large. Il en est de même des rayons de la dorsale, de l'anale et des ventrales. Les rayons du lobe inférieur de la caudale sont sensiblement plus gros que ceux de son lobe supérieur ; les premiers ne sont bifurques qu'à leur extrémité. Tous ces rayons ont des articu- lations transversales très-rapprochées. Les petits raj^ons du bord inférieur de la na- geoire sont très-courts; ceux de son bord supérieur sont beaucoup plus grands, très- allongés et pointus ; ils deviennent successivement plus petits jusqu'à l'extrémité du prolongement du pédicule de la queue. Comme dans tous les poissons arrondis, les écailles ont été disloquées en s'aplatis- sant avec le corps ; elles sont de moyenne grandeur, généralement plus longues que hautes ; celles du milieu des flancs seulement sont équilatérales. Leur surface est mar- quée de stries et de points irréguliers, plus nombreux dans celles de la partie anté- ToM. II. 14 -^ 102 — rieure du corps ; le bord postérieur de celles-ci présente une fine dentelure, qui est à peine visible dans celles de la queue. Toutes ces écailles sont très-épaisses. Le P. longissinius n'a encore été trouvé que dans le Calcaire magnésien d'An- gleterre. Dans son rapport sur la Géologie, la Minéralogie, la Botanique et la Zoologie de. Massacbussets, publié en i833, M. llitchcok a donné de nouveaux détails sur le gi- sement du poisson que j'ai décrit sous le nom de Palœoniscus fultiis , vol. 2, p. 43, tab. 8, fig. 4 et 5. Il en a également donné une figui'e dans son Atlas, Tab. i4, fig. 46. L'original de ma fig. 4? qui se trouve à Paris dans la collection de M. Alex. Brongniart, me paraît être la contr'empreinte de l'exemplaire publié par M. Hitcbcok; du moins le sommet de la tête et ses côtés présentent- ils exactement les mêmes sail- lies accidentelles et la même dislocation des os du crâne. Les pectorales, les ven- trales et l'anale présentent aussi absolument la même position. Il ne peut donc y avoir aucun doute sur l'identité de ces deux poissons ; aussi suis-je convaincu que c'est par inadvertance que la partie inférieure et la partie supérieure de la caudale ont été rendues symétriques dans le dessin de l'ouvrage américain. J'aurai plus tard occasion de parler des autres espèces figurées par M. Ilitcbcok. D'après les rensei- gnemens donnés par cet auteur, il paraît que les scbistes bitumineux de Middletown (Sunderland, Mass.) et ceux de West-Springfield appartiennent au terrain du grès bigarré ; M. Ilitcbcok ajoute « que Sunderland est la seule localité où l'on puisse se procurer encore de ces fossiles. Là les scbistes forment les bords de la rivière, à une bauteur de plusieurs pieds \ cependant les icbtbyolitbes sont le plus abondans dans la partie inférieure des coucbes, qui correspond environ au niveau des basses eaux. J'en ai exploité, dit-il, des centaines d'exemplaires dans cet endroit; cependant il est fort rare d'en trouver de parfaits. Sur une plaque de scbiste, large de i5 pouces sur 3 pieds de long, que je possède, on voit distinctement l'empreinte de sept poissons. Il m'est même arrivé assez souvent de rencontrer vin poisson coucbé en travers sur un autre, sans en être séparé par la plus mince couclie de rocbe. Aussi , d'après ces exem- plaires , est-il facile de concevoir comment l'on a pu commettre la méprise de croire que , parmi les poissons de Monte-Bolca , on en ait trouvé un dans l'acte même d'en avaler un autre. Une couche mince de matière carbonifère indique ordinairement la place oîi il se trouve un poisson ; cependant les contours de la tête ne se distinguent le plus souvent que par des rides irrégulières. Quelquefois on rencontre ime couche — 105 — très-mince de chaux carbonatéo fibreuse, qui, ayant une couleur cVun gris lustré, donne à ces exemplaires Taspcct de poissons qui viennent de sortir de l'eau. Souvent les exemplaires sont très-mutilés, tellement même que la forme du poisson est entiè- rement détruite , et que les écailles et les nageoires sont pêle-mêle , et cela à côté d'autres exemplaires qui sont entiers. Cette circonstance ne nous permet pas d'attri- buer ces mutilations, comme on a coutume de le faire, à une force destructive agis- sant sur la roche lorsque le poisson y a été déposé , ou plus tard -, mais si nous sup- posons que les poissons, lorsqu'ils périrent, furent successivement enveloppés de limon, on conçoit aisément comment quelques-uns d'entr'eux ont pu se décomposer et tomber en pièces avant d'être enterrés assez profondément pour être préservés. Il se pourrait aussi que plusieurs de ces poissons eussent été dévorés par d'autres ani- maux; et, dans ces deux cas, nous devons nous attendre à n'en trouver que des frag- mens fossiles. La grande ressemblance de ces fossiles avec ceux des schistes bitumi- neux de 3Iannsfeld a déjà été remarquée ; il est probable qu'ils appartiennent tous au genre Palœothrissum. » L'espèce dont il s'agit ici est fort rare en Amérique ; elle n'a pas encore été trou- vée ailleurs. Ce que M. ïlitchcok rapporte de son état de conservation, est parfaite- ment d'accord avec ce que j'ai dit des Palœoniscus de Mannsfeld, à la page 70 et suiv. de ce volume. Dans les collections de Lord Cole et de Sir Ph. Egerton, j'ai encore observé plu- sieurs beaux exemplaires du Palœoniscus Diwenioj, également de Munster-Appel, comme ceux qui sont décrits pag. 45 et suiv. Parmi les exemplaires de Lord Cole^ j'en ai remarqué un dont la forme est plus large, le corps plus court, les écailles plus grandes et l'anale plus longue que dans les auti^es. Cependant cet exemplaire n'est pas assez bien conservé pour qu'il soit possible de décider si ces différences résultent de son état de conservation , ou si ce sont des indices de l'existence d'une seconde espèce dans cette localité. En les signalant ici, j'ai voulu fixer l'attention des paléontologues qui pourraient avoir l'occasion d'observer un grand nombre d'exemplaires de ces fossiles. Dans ces mêmes collections, j'ai aii un plus grand nombre d'exemplaires du Pa- lœoniscus macropomus j tous provenant dllmenau, qui confirment pleinement les différences indiquées entre cette espèce et les P. Freieslehenietmagnus. M. le comte — 104 -^ de Munster m'écrit aussi que tous les exemplaires qu'il a vus proviennent des mines abandonnées d'Ilmenau, que ce poisson y était assez commun, mais qu'il est difficile de s'en procurer maintenant, et qu'il s'y trouve toujours dans des géodes nommées Schwielen par les mineurs, et jamais dans les schistes proprement dits. On trouve aussi dans ces géodes de beaux fucus. A Eisleben, à Mannsfeld et à Riegelsdorf, M. le comte de Munster n'a nulle part trouvé le P. macropomus . Le Palœoniscus de New-Haven, indiqué dans les Proceedings of the 4 Meeting Brit. Ass. pag. 76, est ime espèce que je ne connais encore qu'imparfaitement j je la désignerai provisoirement sous le nom de PaL.CONISCUS CARINATUS Ag. Yol. 2, Tab. 4^^fig. I et 2. Je ne connais encore qu'un seul exemplaire de cette espèce, qui se trouve dans la collection de Lord Greenock, mais dans un état de conservation tel, qu'il est impos- sible de reconnaître tous ses caractères. On ne voit de la tête qu'une partie des pièces operculaires, et un fragment de la mâchoire inférieure, dont le bord est armé de très- petites dents en brosse rude ; le tronc est entier, il est vrai , mais les rayons des na- geoires manquent complètement, excepté la base de ceux de la caudale, qui sont très- fins. On voit aussi de grosses écailles acuminées en forme de petits rayons le long du prolongement du pédicule de la queue; à son bord inférieur, on aperçoit la base de quelques rayons de l'anale. Les dimensions de ce poisson le rapprochent du P.fultus et du macropomus ; mais il me j^araît différer de toutes les espèces du genre par la grosseur plus considérable des écailles qui recouvrent les parois abdominales, et qui sont beaucoup plus grandes que celles de la queue , du bord du dos et du milieu du ventre, où l'on n'aperçoit que des écailles très-étroites, dont la longueur est au moins double de leur largeur. Ce qui rend surtout difficile l'appréciation des caractères de cette espèce, c'est que l'on voit toutes les écailles du côté droit seulement par leur sur- face interne ; on ne peut se faire qu'une idée incomplète de leur surface extérieure d'après le petit nombre de celles qui sont tombées. Comme ces empreintes sont assez distinctes et parfaitement lisses, il est probable que la surface extérieure des écailles n'était ornée d'aucun dessin particulier. Quant à leur surface interne, elle est égale- ment lisse ; sur son milieu s'élève une quille plate, qui, au bord supérieur de l'écaillé, — lori — se prolonge en un gros onglet articulaire très-pointu. Au bord inférieur, on observe , en ar- rière de cette quille , une dépression triangulaire assez grande pour loger l'onglet articulaire de l'écaille inférieure. A l'angle postérieur de l'opercule, on aperçoit sur les six premières écailles un tube étroit, qui les traverse complètement d'avant en arrière. A en juger seule- ment d'après les dimensions des écailles des flancs, il ne serait pas impossible que ce poisson appartint au afenre Àmblyplerm. De meilleurs exemplaires, sur lesquels on pourra distinguer nettement la structure des nageoires , décideront de sa position générique. L'exemplaire qui vient d'être décrit a été trouvé dans une géode de fer hydraté carbonate de Nevi'-Haven près de Leith. Je dois ajouter encore, pour compléter ces additions au chapitre des Pala?oniscus, quelques indications sur deux des espèces qui viennent d'être décrites. 1) Il existe dans la collection de M. le professeur Jameson des échantillons de calcaire de Rutherford Inn, à 17 milles au sud d'Edimbourg, sur lesquels on remarque des écailles du P. Robisoni, avec de petites coquilles qu'on envisage généralement comme des Planorbes. 2) Il existe dans la collection de New-Castle un échantillon du Palœoniscus comttis , sur lequel on distingue les apophyses épineuses des vertèbres abdominales , qui sont courtes , di- latées à leur extrémité et tronquées. Elles sont assez distantes l'une de l'autre, ce qui prouve que les corps de vertèbres étaient au moins de moyenne longueur. 3) Un exemplaire de la même espèce , dans la collection de M. Witham , fait voir que les écailles de la face inférieure du corps sont beaucoup plus petites, plus étroites et plus allon- gées que celles des côtés. En revanche, il y en a plusieurs très-grandes à la racine de l'anale. //. Nouvelles espèces dv genre Amblypterus. Avant de passer aux nouvelles espèces que j'ai reconnues dans les collections d'Angleterre, je dois mentionner ici une espèce du Muschelkalk d'Allemagne, dont la découverte est due à M. le comte de Munster, c'est le Amblypterus Agassizu Munst. Sous ce nom, M. le comte de Miinster m'a communiqué plusieurs dessins d'une espèce de poisson fossile trouvée dans le Muschelkalk d'Esperstaedt en Thuringe. Cette espèce a tous les caractères des Amblypterus : la forme et la position des nageoires, la ténuité de leurs rayons, l'aspect des écailles et la configuration générale du tronc sont les mêmes ; elle se rapproche même à plusieurs égards de V À . macropterus , décrit ci-dessus, pag. ol. Mais, d'un autre côté , le museau est plus allongé , et la mâchoire supérieure forme une saillie arrondie au Carton ToM. II. — 106 — dessus de la mâchoire inférieure, saillie qui résulte probablement, comme dans les Palaeo- niscus , du développement considérable de Telhmoïde. Jusqu'ici j'avais cru ce caractère ex- clusivement propre aux Palseoniscus , n'ayant vu que peu d'exemplaires du genre Amblyp- terus dont la tête fût assez bien conservée pour ne me laisser aucun doute sur sa forme. La dorsale et l'anale sont également grandes, mais leurs derniers rayons sont fort courts , ce qui fait paraître ces deux nageoires très-échancrées. Le bord antérieur de la dorsale est sensiblement plus rapproché de la tète que celui de l'anale ; les ventrales et les pectorales sont plus petites que dans \'.4. macropterus. Les rayons des pectorales sont plus allongés que ceux des ventrales. Les écailles sont très-petites ; on les voit en grande partie par leur face exté- rieure, qui est finement striée vers le milieu du corps ; ces stries sont à-peu-près parallèles aux bords supérieur et inférieur des écailles ; vers le dos , elles divergent plutôt en éventail , et vers la queue, elles redeviennent plutôt parallèles. Leur face interne est entièrement lisse, avec un onglet articulaire au milieu du bord supérieur et une fossette correspondante à son bord inférieur. Dans la tête , on distingue nettement la saillie que forme le bord antérieur du museau au dessus du maxillaire supérieur ; le maxillaire inférieur est proportionnellement grand et vigoureux ; les pièces operculaires sont étroites et se dirigent obliquement vers l'in- sertion de la pectorale ; à leur bord on aperçoit quelques franges qui pourraient bien être des traces des branchies. L'espèce n'est encore connue que par un seul exemplaire qui se trouve dans la collection de M. le comte de Munster. Il est à-peu-près complet, car il ne manque que la caudale et une partie du pédicule de la queue. Ses dimensions sont à-peu-j)rès celles de notre Spirlin. C'est, jusqu'à présent, la seule espèce d'Amblypterus que l'on ait signalée dans le Muschel- kalk, et à cette occasion je dois rendre un juste tribut de reconnaissance au zèle de mon sa- vant ami M. le comte de Miinster. Il ne s'est pas seulement borné à enrichir la paléontologie d'une foule de matériaux précieux. Depuis que j'ai déterminé les poissons de sa superbe col- lection , il s'est livré avec un soin si particulier à l'étude des poissons fossiles, qu'il distingue maintenant facilement leurs différences spécifiques, même sur des fragmens incomplets." Il a souvent l'attention de m'envoyer des descriptions et des croquis des espèces nouvelles dont il enrichit tous les jours l'ichtliyologie. En poursuivant ses recherches sur la formation houillère d'Ecosse , lord Greenock a fait une découverte fort importante pour l'avancement de nos connaissances sur les poissons fossiles. Dans les schistes bitumineux de Wardie , qui contiennent une im- mense quantité de géodes de fer hydraté carbonate , il a remarqué que ces masses -, presque toutes arrondies et déforme plus ou moins régulière, contiennent comme noyau — 107 — quelque débris organique, soit un coprolithe, soit une portion plus ou moins consi- dérable de poisson fossile. Les eaux de la nier, qui baignent ces couches, détachent facilement ces géodes que l'on trouve en grande aljondance à New-llaven près de Leith. C'est là que lord Greenock a ramassé ses beaux Ichthyolithes ; on en a égale- ment trouvé sur la côte opposée et à Inchkeith. La collection de lord Greenock con- tient le plus grand nombre de fossiles de ces localités , parmi lesquels j'ai distingué au moins huit espèces de poissons, et entr'autres plusieurs Ainbljptcrus. D'autres es- pèces appartiennent au genre Pjgopterus de la famille des Sauroïdes ; c'est proba- blement de celles-ci que proviennent les nombreux coprolithes que l'on trouve aussi dans ces géodes , et qui contiennent fréquemment des écailles de ces mêmes Ambly- pterus. D'autres poissons, des genres lùirjnoùis et Acantliodes j n'ont été trouvés jusqu'ici que par fragmens incomplets ; en sorte que l'on doit s'attendre encore à de nouvelles découvertes intéressantes, qui enrichiront la Faune de la formation houil- lère. Parmi ces fragmens, il y a des traces certaines de Placoïdes , que je décrirai plus tard. M. W. Trevelyan m'a également communiqué de beaux exemplaires de ces poissons. J'en ai vu d'autres au musée d'Oxford, qui m'ont été communiqués par M. le professeur Buckland. — ■ Les espèces du genre Ambljpterus trouvées à New- Haven , sont : i, Amblypterus nemopterus Ag. Yol. 2. Tab. 4 Jfj fig- I et 2. Cette espèce ressemble beaucoup à VA. macroptenis de Saarbriick ; et si je n'en avais pas vu des exemplaires très-complets, je n'aurais pas osé me prononcer sur la diffé- rence spécifique bien caractérisée qui les distingue. La forme générale de V Ambly- pterus nemopterus est la même que celle du macroptenis : la partie antérieure du tronc est environ du double plus large que le pédicule de la queue, et le dos est uniformé- ment arqué. Les rayons des nageoires sont grêles, et ceux du bord antérieur de la dorsale et de lanale considérablement plus allongés que ceux du bord postérieur de ces nageoires. Les pectorales et les ventrales sont également acuminées. Ce sont ces caractères surtout qui distinguent l'espèce de New-Haven d'avec celle de Saarbriick , dont les larges pectorales et les ventrales sont très-arrondies, et dont la dorsale et l'anale n'ont pas de rayons très-allongés à leur bord antérieur. La tête de cette espèce est petite , égalant environ un cinquième de la longueur totale du corps; l'œil, également petit, est placé tout-à-fait au bout du museau. Les mâchoires sont assez bien conservées pour que l'on puisse reconnaître qu'elles sont fortes, garnies à leur bord de très-petites dents coniques, peut-être en brosse. La — 108 — gueule est très-fendue. Du reste, les os de la tête sont trop mal conservés pour cpi'il soit possible de décrire leur forme. Les pièces operculaires paraissent avoir été très- étroites 5 et à en juger d'après l'empreinte de quelques fragmens, leur surface exté- rieure était striée. Les os de la ceinture tlioracique l'étaient certainement, dans leur sens longitudinal. Les rayons de toutes les nageoires sont grêles, et ont des articula- tions assez distantes. La dorsale n'occupe pas exactement le milieu du dos ; elle est un peu plus rapprochée de la caudale que de la tête; sa base est large, ses rayons antérieurs très-développés et au moins six fois plus longs que ses rayons postérieurs 5 ils sont tous bifurques à plusieurs reprises jusque vers leur milieu ; leurs articulations transverses sont au moins du double plus longues que les rayons ne sont larges. En avant de la dorsale , les écailles du dos s'élèvent insensiblement le long de son bord antérieur, et finissent par former de petits rayons qui s'étendent jusqu'à l'extrémité des plus grands. L'anale a sa base encore plus large , et à-peu-près de la même forme que la dorsale ; les rayons de son bord antérieur sont également très-allongés , tous bifurques à plusieurs reprises ; mais les articulations transversales sont un peu plus rapprochées. La caudale n'est entière dans aucun des exemplaires que j'ai vus ; ce- pendant l'on peut s'assurer sur celui que j'ai figuré, que son lobe inférieur est plus allongé qu'il ne l'est en général dans les Amblyptcnis. Tous les rayons de cette nageoire sont grêles, profondément bifurques; leurs articulations transversales, quoique plus longues que larges, sont cependant plus rapprochées que dans les autres nageoires. Le long du prolongement de la queue, les écailles impaires qui le bordent ne sont pas beaucoup plus grandes que celles de ses côtés. Les pectorales et les ven- trales sont plus petites , c'est-à-dire, plus étroites que dans VA. macvopterus ^ mais les rayons de leur bord antérieur sont beaucoup plus allongés; ce qui donne à ces nageoires une forme très-différente, plutôt semblable à une faucille qu'à une large rame. Les écailles sont généralement de grandeur médiocre, plutôt petites; propor- tionnellement à la taille du poisson ; elles sont presque de même forme et de même grandeur sur tout le corps ; celles de la partie antérieure des flancs sont seulement un peu plus hautes et plus grandes que celles des côtés de la queue ; sur le prolon- gement de celles-ci elles sont un peu plus longues que larges. Leur surface extérieure est ornée de petites rides saillantes, disposées, à-peu-près comme les lignes d'accrois- sement , en losanges concentriques plus ou moins régulières et un peu oblicjues , de telle sorte que leurs angles aigus sont tournés vers les angles supérieur-antérieur et inférieur-postérieur de chaque écaille. 11 faut être sur ses gardes pour ne pas con- fondre ces rides de l'émail qui orne la surface des écailles, avec les stries d'accrois- sement que l'on voit en dessous dans les écailles brisées. La ligne latérale s'étend directement de l'angle supérieur de l'operculé au milieu de la queue ; on distingue à — 109 — travers ses écailles de petits tubes obliques, qui forment, à raison de leur direction inclinée , une série comparable à des hachures obliques , parallèles entre elles à la par- tie antérieure du corps , mais qui sont placées de plus en plus bout à bout vers son ex- trémité postérieure. Celte espèce et la suivante paraissent être très-fréquentes à New-Haven ; la moitié des poissons que l'on trouve dans cette localité appartiennent à l'une ou à l'autre. Lord Greenock et 31. Trevelyan possèdent plusieurs exemplaires de VA. nemopterus ; l'original de ma figure appartient à M. Trevelyan. 2. Amblypterus punctatus Ag. Vol. 2. Tab. 4 c, fig. 3, 4, 5, 6, 7 et 8. Cette espèce a le corps considérablement plus large que VA. nemopterus ; du reste elle en diffère encore par tant de particularités de détail , qu'il serait difficile de les confondre. Cependant, et quelque commune que soit cette espèce à New-Haven, je n'en ai point encore vu d'exemplaire complètement entier •, les originaux de toutes mes figures 4 et 5, sont de la collection de lord Greenock, qui en possède encore plu- sieurs autres. La fig. 4 donne une idée des proportions de la tête, et de ses dimen- sions comparées à celles du tronc. La fig. 5 représente un très-beau fragment du tronc, avec la dorsale, l'anale, une portion de la caudale et les ventrales. Dans l'exem- plaire de la fig. 3, les nageoires impaires sont encore mieux conservées. La tête de VA. punctatus paraît proportionnellement encore plus petite que celle du nemopterus j à cause de la largeur considérable de la partie antérieure du tronc; sa hauteur, entre l'occiput et l'articulation de la mâchoire inférieure , est presque deux fois comprise dans la hauteur du corps en avant de la dorsale. La surface des os du crâne est sillonnée de rides confluentes, comme les pièces operculaires du Dapedium politum. Les os pariétaux sont quadrangulaires , tandis que les frontaux sont très- allongés ; au milieu du bord intérieur de celui de droite , on remarque une saillie ar- rondie qui avance sur le bord avoisinant du frontal gauche. En dehors de celui-ci, et sur le côté du pariétal gauche, on voit un grand mastoïdien formant un triangle très- allongé, dont la surface extérieure est couverte d'une grosse granulation. L'orbite est proportionnellement plus grande que dans le nemopterus y elle est placée immédia- tement au-dessus du milieu de la mâchoire supérieure. La plaque cornée qui soute- nait la sclérotique du bulbe de l'oeil a conservé sa forme arrondie dans la partie su- périeure de l'orbite. La gueule est très-fendue, et la juâchoire inférieure surtout vigoureuse ; on remarque sur son bord et sur celui de la mâchoire* supérieure , une série de petites dents en cônes oljtus , qui paraissent avoir été disposées siu" plusieurs ToM. II. 15 — 110 — rangées, à en juger du moins d'après l'extrémité de cette mâchoire, qui est brisée obliquement, et sur la tranche de laquelle on distingue encore des traces de dents en arrière de celles que l'on voit sur son bord. Les pièces operculaires sont assez élevées, et paraissent plus hautes que longues ; leur surface extérieure est ornée de grosses rides qui s'étendent un peu obliquement du bord antérieur au bord postérieur. Les joues sont recouvertes, comme dans les Dapedium et les Tetragonolepis j de grosses plaques anguleuses et allongées, qui s'étendent au-dessous des sous-orbitaires jus- qu'au préopercule. En dessous de la mâchoire inférieure on remarque des traces de sept ou huit rayons branchiostègues , dont le premier est le plus court et en même temps le plus large. Dans l'exemplaire de la fig. 4? on distingue l'insertion de la pec- torale gauche, en dessous de l'angle saillant que forme l'humérus dans cette région. Les ventrales sont opposées au bord antérieur de la dorsale ; celle-ci et l'anale ont à peu près la même forme ; leurs rayons antérieurs sont beaucoup plus allongés que les postérieurs, et comme ils diminuent insensiblement de longueur, ces nageoires ont à peu près une forme triangulaire , l'étendue de leur base égalant presque la longueur de leurs rayons antérieurs. Tous les rayons sont bifurques à plusieurs reprises, à leur extrémité seulement 5 leurs divisions transversales ne sont pas très-rapprochées , en sorte que les articles paraissent encore plus longs que larges. La caudale a des rayons ulus grêles , et dont les bifurcations sont plus profondes 5 leurs articulations trans- versales sont aussi plus rapprochées. La forme des écailles varie suivant leur posi- tion : celles de la partie antérieure du corps sont plus grandes, et plus hautes que lon- gues j leur bord supérieur est concave, et leur bord inférieur convexe. Celles de la région anale et des côtés de la queue ont leurs bords droits et à peu près égaux; elles sont aussi plus petites que celles de la région antérieure ; les plus petites de toutes sont celles qui recouvrent le prolongement de la queue ; elles ont la forme de losanges plus allongées. La surface de toutes ces écailles est ornée d'un dessin creux, qui varie un peu dans les différentes régions du corps : sur les écailles antérieures, fig. 6, ce sont des lignes ondulées obliques et plus serrées au bord antérieur de chaque écaille , entremêlées de quelques points plus nombreux au bord postérieur ; sur les écailles postérieures, fig. 7, ces lignes sont moins serrées, et les points plus nombreux ; enfin sur celles du pédicule de la caudale, les lignes disparaissent complètement, et l'on n'aperçoit que quelques points épars. La surface intérieure des écailles est lisse ; les onglets articulaires et les fossettes qui les reçoivent sont plus petits que dans le Pa~ lœonisciis carinaUis j que l'on trouve dans les mêmes localités. La quille transverse est moins marquée et moins rapprochée de la fossette articulaire. Les exemplaires de mes fig. 4 et 5 sont de la collection de lord Greenock 5 celui de ma fig. 3, appartient à M. Buckland. Ils ont tous été trouvés dans des géodes de fer hydraté carbonate de New-llaven. ^ 111 — 3. Amblypterus striatus Ag. Vol. 2. Tab. /^Z'.fig. 3, 4, 5et6. Au premier aspect, et lorsqu'on ne possède pas des exemplaires complets de cette espèce, l'on se douterait à peine qu'elle appartient au genre Ambljptenis. Les pre- miers exemplaires que j'ai vus m'avaient fait supposer que c'était une espèce d'un genre encore inconnu. C'est ainsi qu'elle se trouve désignée dans les Proceedwgs of the 4 Meeting of the Br. Ass.j pag. 76. Mais en l'examinant plus en détail, surtout sur des exemplaires où les nageoires sont conservées, et en comparant la structure et la position de ses nageoires avec celles des genres dont elle me paraissait du reste se rapprocher, j'ai reconnu que, malgré la grandeur extraordinaire de ses écailles, elle devait rentrer dans le genre Ambljpierus. En effet, tous ses caractères génériques coïncident parfaitement avec ceux des Amblypterus. Son aspect particulier provient seulement de ce que les écailles, fig. 4 et 6, sont au moins du double plus grandes dans cette espèce que dans les autres du genre. Leur surface extérieure est couverte de grosses rides très-saillantes, qui s'étendent obliquement du bord antérieur au bord postérieur, se confondant quelquefois entre elles. Le bord antérieur des écailles, qui est recouvert par la série précédente, est parfaitement lisse ; l'onglet articulaire de leur bord supérieur est petit, proportionnellement à leur taille. Tous ces caractères tirés des écailles pourraient faire supposer que mes Gjrolepisj dont je ne connais pas les nageoires, mais qui ont aussi de grosses écailles ridées obliquement, sont des es- pèces à^ Amblypterus ; cependant la dentition de ces deux genres est très-différente, les Gyiolepis ayant les dents en cônes arrondis , serrées sur plusieurs rangées , tan- dis que les Amblypterus les ont en fine brosse. L'espèce dont il s'agit ici est très-large , proportionnellement à sa grandeur ; sa forme générale est celle d'un fuseau raccourci. La tête est énorme, car elle est à peine comprise quatre fois dans la longueur totale \ elle est allongée , se terminant en pointe en avant. L'orbite est très-petite, placée très en avant. La gueule est extrêmement fendue; la mâchoire inférieuie paraît un peu plus courte que la supérieure. Les pièces operculaires sont étroites et placées obliquement sur la partie postérieure de la tête. Les nageoires sont immenses , proportionnellement à la petite taille du poisson 5 elles sont même plus grandes que dans VA. macroptenis. La dorsale est placée en arrière du milieu du dos ; son bord antérieur est même plus reculé que le bord antérieur des ventrales ; et son bord postéiieur s'étend presque jusque vis-à-vis le bord antérieur de l'anale. Les rayons de cette nageoire, comme ceux de toutes les autres, sonttrès-grèles, bifurques à plusieurs reprises à leur extrémité seulement ; leurs divisions transversales — 112 — sont très-éloignées ; en sorte que les articles des rayons paraissent beaucoup plus longs que larges. Ses rayons antérieurs sont beaucoup plus longs que les postérieurs : les premiers de son bord ne s'élèvent cependant que très-insensiblement. L'anale a à peu près la même forme que la dorsale. Les pectorales, fig. 3, sont extrêmement al- longées ) leur extrémité s'étend jusque vers le milieu de l'insertion des ventrales. Celles-ci, fig. 5 et 3, ont des rayons moins allongés 5 mais leur base est très-large et s'insère, comme chez les Esturgeons, dans toute son étendue. La caudale manque complètement. Tous les exemplaires que j'ai vus de cette intéressante espèce proviennent de New- Haven , et se trouvent dans la collection de Lord Greenock. De nombreux exemplaires des Ainblypterus macropterus ^ eupterygiuSj lateralis et latuSj que j'ai examinés dans les collections de M. le comte de Munster, de Sir Ph. Egerton et de Lord Cole, ont confirmé les caractères assignés précédemment à ces espèces. III. Additions au genre Dipterus Sedgw. et Murch., ou Catopterus Agass., et au genre Osteolepis Tal. et Peut. 5 et Notice sur le nouveau genre Diplopterus Agass. Je n'ai point encore examiné de poissons fossiles dont j'aie eu plus de peine à recon- naître les caractères, que ceux dont MM. Sedgwick et Murchison ont fait leur genre Dipterus. Au chapitre 3 , pag. 23 de ce volume , j'ai donné un extrait de leurs obser- vations et de celles de Cuvier et de 31M. Valenciennes et Pentland, sur le gisement et les caractères de ces poissons, dont je n'aAais vu jusqu'alors que quelques fragmens qui m'avaient été communiqués à Paris par M. Pentland. Croyant que la séparation des rayons supérieurs du corps en deux nageoires dorsales , telles qu'elles sont repré- sentées dans la figure restaurée par Cuvier, pourrait bien être le résultat d'une dis- location violente, je les avais réunies au trait dans ma fig. 2 , Tab. A, vol. i , et j'a- vais attaché plus d'importance à la position reculée des rayons dorsaux et à leur op- position à l'anale, et changé le nom générique de DipteniSj qui me paraissait impropre, en celui de Catopterus. Cependant la présence de deux dorsales bien distinctes s'est — 115 — trouvée pleinement confirmée par rinspeclion que j'ai faite à Londres des exemplaires originaux des ligures de MM. Sedgwick et Murchison, et qui se trouvent déposés dans la collection de la Société Géologique. La présence des ventrales n'est également plus douteuse maintenant; elles se trouvent en avant de la dorsale antérieure. Les caractères assignés au genre Dipterus se trouvant ainsi confirmés, je dois le faire ren- trer dans tous ses droits. Cependant, en examinant à Edimbourg la belle collection de poissons fossiles recueillis par M. Traill, dans l'île de Pomona, la plus grande des Orkney, et dont les couches sont un prolongement de celles de Caitliness, j'ai trouvé des exemplaires parfaitement bien conservés , semblables aux Dipteius en ce qu'ils avaient aussi deux dorsales, mais qui paraissaient en différer par la présence simulta- née de deux anales, tantôt opposées aux dorsales, tantôt alternant avec elles. J'ai cru pouvoir en faire deux nouveaux genres sous les noms de Diplopterus et de Pleiopte- rusj indiqués dans les Proceedings Brit. Ass. pag. 7 5. — De retour à Londres, j'ai dû comparer ces poissons avec les Diptenis, dans l'intention de découvrir dans les écailles quelque caractère qui permît de les distinguer encore, alors même que les nageoires auraient entièrement disparu. Mais j'ai été très-surpris de trouver que les Diptenis avaient aussi deux anales, dont la présence, rappelée, il est vrai, par des rayons bien mutilés, m'avait échappé précédemment, ainsi qu'aux observateurs qui les avaient examinés avant moi. Et pourtant ces deux anales sont représentées distinc- tement dans une des figures des Trans. de la Soc. Géol. , Tab. i5, fig. 3 ; on en voit même aussi des traces, Tab. i5, fig. i. Seulement la première anale est refoulée sur les écailles, auxquelles elle donne un aspect strié. Dès-lors le genre Dipterus doit avoir pour caractère générique distinctif deux dorsales opposées à deux anales sem^ blables j avec une caudale conformée comme celle du genre Palœoniscus. Mon genre Diplopterus a aussi deux dorsales opposées à deux anales semblables 5 mais la caudale a une forme très-particulière ; la gueule est très-grande et les mâ- choires sont ai-mées de grosses dents coniques. Il appartient à la famille des Sau- roïdes. MM. Sedgwick et Murchison en ont représenté des fragmens, Géol. Trans. vol. 3, Planche 16, fig. 4, 5 et 7. * Quant aux espèces chez lesquelles les deux dorsales et les deux anales ne sont pas opposées les unes aux autres, et qui constituent mon genre Pleiopterus ^ établi sur des exemplaires très-complets, je me suis convaincu dans la collection de M. Mur- chison, par l'examen de leurs écailles, qu'elles sont synonymes de celles dont MM. Valenciennes et Pentland ont fait leur genre Osteolepis j et dont ils n'ont connu que des fragmens très-incomplets de la cuirasse écailleuse. Je leur conserverai cepen- dant le nom à'Osteolepis ^ parce que , guidés par ce sentiment qui, dans l'étude des fos- siles, fait souvent apercevoir des différences importantes alors même qu'on ne peut — 114 — pas les exprimer, ces savans observateurs ont distingué très-à-propos les Osteolepis des Dipterus , quoique d'après des exemplaires où les caractères génériques distinctifs n'étaient nullement visibles. Des espèces du genre Dipterus. Plus j'examine les exemplaires originaux sur lesquels les quatre espèces de Dip- terus décrites et figurées dans le 3""" vol. des Trans. de la Soc. Géol. de Londres ont été établies, moins il me paraît plausible de distinguer ces différentes formes comme des espèces particulières. J'ai sous les yeux toutes ces plaques, et en outre plusieurs autres qui m'ont été communiquées par M. Witham, par M. le D' Hibbert et par M. Jameson Torrie , et qui me paraissent présenter une série non interrom- pue des différentes phases de développement de la même espèce. Les plus jeunes ont été décrits sous le nom de Dipterus Valenciennesii^ Géol. Trans. pi. i6, fig. i et 3. J'ai reproduit la fig. i dans la fig. 3 de ma Tab. 2. Le Z>. macrolepidotus^ pi. 16, fig. 2, et le D. brachjpjgopterus j pi. 17, fig. 1,2 et 3, sont des individus de moyenne taille, que l'on trouve le plus communément j ils ne diffèrent l'un de l'autre que par leur état de conservation. Le macrolepidotus paraît avoir de plus grosses écailles, parce que leur émail étant en partie resté intact, elles ont conservé leur forme natu- relle rliomboïdale ; tandis que dans le brachjpj gopterus j dont la surface est forte- ment usée , les écailles sont arrondies, et paraissent proportionnellement plus petites. Cependant, dans l'exemplaire de la fig. i , pi. 16, Géol. Trans., oii la partie posté- rieure du corps est enlevée, on voit des empreintes d'écaillés rhomboïdales qui pa- raissent plus grandes que les écailles arrondies de la partie antérieure du corps. J'ai reproduit cette figure dans ma Tab. 2 , fig. 2 , et celle du macrolepidotus même Tab. fig. 4- C'est également de l'usure que provient la différence de longueur entre les rayons du D. bracbypy gopterus , et ceux des autres espèces nominales de ce genre. Le D. macropj gopterus des Géol. Trans. pi. i5, fig. i, 2 et 3, dont j'ai re- produit la fig. I dans ma Tab. 2 , fig. i , représente les plus grands exemplaires de ces poissons, qui me paraissent seulement être de vieux individus de cette même espèce, à laquelle le nom de D, macrolepidotus conviendrait le mieux sous tous les rapports. Je vais ajouter encore quelques détails sur les caractères particuliers qui distinguent ce poisson des autres espèces trouvées dans les schistes de Caithness et de Pomona. — llo — DiPTKRUS MACROLEPiDOTus Seclgw. et MuTch. n Vol. 2, Tab. 2 fig. I, 2, 3, 4j et Tab. 2 «^ fig. i , 2, 3, 4 et 5. Diplci'us niacropyfjopterus Sedgw. et Murcli. , Geol. Trans. pi. i5, fig. i , 2 et 3 ; Poiss. foss. Ag. VoJ. 2 , Tab. 2, fig. I. — Dipterus brachypygoptcrus Sedgw. et Murch. Geol. Trans. pi. 17, fig. 1 , 2 et 3 -, Poiss. foss. Ag. Vol. 2 , Tab. 2 , fig. 2. — Dipterus macrolepidotus Sedgw. et Murch. , Geol. Trans. pi. iG, fig. 2 ; Poiss. foss. Ag. , vol. 2 , Tab. 2 , fig. 4. — Dipterus Valenciennesii , Geol. Trans. , pi. 16, fig. j et 3 ; Poiss. foss. Ag. , vol. 2, Tab. 2, fig. 3. — Catopterus analis Ag. Poiss. foss. vol. 2 , pag. 23 — 27. Toutes les figures des Trans. de la Soc. Géol. n'ayant pas été dessinées au miroir, sont renversées ; il en est de mênie de mes figures Tab. 2 , qui en sont des copies faites avant que j'eusse vu les originaux 5 (j'en ai fait dessiner de nouveau quelques-uns, Tab. 2 rt. ) Cette circonstance et celles que j'ai indiquées plus liant, expliquent com- ment il se fait que ce poisson ait été indiqué à différentes reprises sous différens noms. La tête de ce Dipterus j qui maintenant paraît être l'unique du genre , est petite proportionnellement à sa taille • elle égale environ un cinquième de la longueiu" to- tale du poisson, Tab. 2 a^ fig. 2. Sa forme est arrondie, le museau obtus, la gueule peu fendue, les mâclioires étroites, l'orbile de moyenne grandeur, entourée d un cercle de sous-orbitaires étroits; les pièces operculaires sont larges , l'opercule surtout. En dessous de la mâclioire inférieure on aperçoit quelques i-ayons brancbiostègues très- larges. La ceinture tlioracique est vigoureuse; l'angle de i'bumérus est arrondi; les pectorales, insérées sur son angle inférieur, sont étroites. La forme générale du corps, lig. I , est élancée ; la partie antérieure de la nuque est la région du corps la pins grosse. Depuis le milieu du dos en arrière, le tronc se rétrécit insensiblement. Le pédicule de la queue , en avant de la caudale , égale à peine en épaisseur la moitié de celle du tronc. Les écailles sont plus grandes , proportionnellement, que dans les Pa- lœoniscus, quoique ce soit avec les espèces élancées de ce genre que le genre Dipterus ait le plus de ressemblance dans son port. La surface extérieure des écailles est lisse ; mais il est rare de trouver des exemplaires où l'émail soit encore conservé. Lorsqu'elles sont intactes, fig. 5, elles ont une forme rhomboïdale et sont disposées en séries transversales très-obliques ; en sorte que les bords supérieur et inférieur de chaque écaille sont presque perpendiculaires, c'est-à-dire, parallèles à une section transver- sale du corps, tandis que leur bord postérieur est dirigé en arrière et en haut. Lorsque l'émail est enlevé, les lames qui constituent le corps des écailles s'usent facilement; et alors leurs bords s'arrondissent par le frottement, de manière à ce que , par suite de leur position naturelle, leur angle inférieur et postérieur disparaissant insensiblement, elles prennent dans cet état l'aspect d'écaillés cycloïdes arrondies, et imbriquées comme dans les poissons ordinaires, fig. 4 ;. tandis qu'en y regardant de près, on peut — 116 — s'assurer qu'elles sont soudées les unes aux autres par leurs bords supérieur et infé- rieur. La ligne latérale est très-rapprochée du dos, avec le bord ducpiel elle est pa- rallèle j c'est-à-dire, qu'elle est arquée en liaut à sa partie antérieure. Les écailles qui recouvrent le prolongement du pédicule de la queue, sont beaucoup plus petites que celles du reste du corps. La structure et la position des nageoires, fig. 3, sont les traits les plus caractéris- tiques de ce poisson. Il y a deux dorsales rapprochées l'une de l'autre, et placées im- médiatement en avant de la caudale ; deux anales à peu près semblables correspon- dent aux deux dorsales, auxquelles elles sont opposées 5 tandis que les ventrales sont placées lui peu en avant de la première anale et de la première dorsale. Dans aucun des exemplaires que j'ai vus, les ventrales n'étaient entières; cependant leur exis- tence dans la position indiquée n'est point douteuse. A en juger d'après la manière dont les écailles du ventre ont fréquemment glissé les unes sur les autres , il est pro- bable que le corps de ce poisson était arrondi, et qu'en se comprimant, les ventrales et les pectorales ont ordinairement disparu. La première dorsale se trouve placée au tiers postérieur du corps ; elle est beaucoup plus étroite et plus courte que la seconde, dont les rayons antérieurs sont assez allongés pour que, ployée en arrière, l'extré- mité de cette nageoire dépasse l'insertion du lobe inférieur de la caudale. Au bord an- térieur de ces deux nageoires, surtout à leur base, on remarque de petits rayons ac- colés le long des plus grands ; leur présence prouve incontestablement qu'il y a réel- lement deux dorsales. La seconde dorsale est au moins du double plus large que la première, et formée de rayons plus nombreux ; elle est également plus large que la se- conde anale qui se trouve vis-à-vis, quoique celle-ci ait des rayons aussi longs qu'elle. Cependant, comme l'anale est opposée au milieu de la dorsale, ses rayons atteignent ciu moins le milieu du lobe inférieur de la caudale. L'anale antérieure est plus grande que la première dorsale, à laquelle elle est opposée; ses rayons surtout sont plus allon- gés. Au bord antérieur des deux anales il y a de petits rayons imbriqués, accolés le long des plus grands. La caudale a à peu près la même forme que dans les espèces du genre PalœoniscuSj avec cette différence seulement, que les rayons antérieurs de son lobe inférieur étant moins allongés, cette nageoire est moins échancrée que dans les Pa- léoniscus. En s'approchant de l'extrémité de la queue, ces rayons deviennent in- sensiblement plus petits. Au bord supérieur du prolongement du pédicule de la queue, il y a aussi de petits rayons plus lins que dans les autres genres de cette fa- mille, accolés jusqu'à son extrémité. Les rayons de toutes les nageoires sont très- grèles, et profondément bifurques à plusieurs reprises ; leurs articulations transver- sales sont très-éloignées , en sorte que tous les articles sont beaucoup plus longs que larges. — 117 — Pour les détails relatifs an gisement et à l'état de conservalion de ce poisson, je ren- voie aux renseigneniens publiés par MM. Sedgwick etMurchison, et que j'ai rappor- tés au cliap. 3, p. 23 et suiv. de ce volume. J'ajouterai seulement que M. Murchisou en a aussi trouvé un fragment dans le vieux giès-rouge à Downton-Ilall. Du genre Osteolepis Yal. et Pent. En établissant ce genre d'après les fragmens que MM. Segdwick et Murcliison avaient trouvés dans les carrières de Widel, M3I. Valenciennes et Pentland lui ont assi- gné pour caractères des écailles de la nature de celles du Lépidostée, des ventrales très-reculées et une anale en arrière de la dorsale. Cependant, comme on le verra plus bas , le genre Osteolepis n'est point suffisamment caractérisé par ces indications , quoiqu il diffère essentiellement du genre Diptenis. On n'en possède point encore de figures ; il est seulement indiqué dans le mémoire de MM. Sedgwick et Murcbison sur les schistes bitumineux de Caithness, vol. 3 de la 2™" série des Transact. de la Soc. Géol. de Londres, pag. i44* Les espèces y sont désignées sous les noms d'O. , macrolepidotus et d'O. microlepidotus . ( Dans les Proceedings of £ Brit. Ass. je , A^/ve- les ai indiquées sous le nom générique de Pleioptenis. ) Les naturalistes qui les ont ^ examinées ont cru que c'étaient des poissons d'eau douce ; cette conjecture paraissait confirmée par la présence, dans les mêmes couches, de fragmens d'os fossiles qui ont été envisagés comme provenant d'une tortue voisine des Tryonix. Cependant l'examen que j'ai fait de ces plaques, et la découverte d'exemplaires plus complets, m'ont convaincu que ces os provenaient d'un grand poisson qui avait probablemenl quelques rapports avec celui de VVitby. Je les décrirai dans mon 3'°'' volume. Les exemplaires à'Osteolepis d'après lesquels j'ai fait les descriptions suivantes , ont été trouvés par M. le Prof. Traill dans l'île de Pomona \ ils sont beaucoup plus complets que ceux qui avaient été recueillis auparavant dans les carrières de AVidel. M. Traill a aussi trouvé en même temps plusieurs espèces de différens genres, dont on n'a point encore vu de traces à Caithness, et qui seront décrites ci-après. Lors de la réunion des naturalistes à Edimbourg, M. Traill a exposé à la Section de Géologie une esquisse de la structure des îles Orkney, de laquelle il résulte que tout ce groupe est formé de roches schisteuses, semblables à celles qui contiennent les poissons. Ce sont des grès et des schistes argileux, qui paraissent appartenir à la formation du vieux grès-rouge (Old-Red). La carrière où l'on ti'ouve les poissons est près de Skaill , dans l'île de Pomona, à environ deux milles anglais au nord du granité qui traverse la partie sud-ouest de l'île, sur une étendue d'environ six milles. On y ToM. II. , 16 — 118 — trouve les poissons dans les couches les plus profondes que l'on ait atteintes jusqu'ici; les couches superficielles n'en contiennent point. 31. Traill y a observé d'abord en- viron trois pieds de débris de roche, puis neuf pieds de roche schisteuse solide, et enfin deux bancs, chacun d'environ douze pouces d'épaisseur, contenant les pois- sons. Le premier de ces deux bancs, qui seuls renferment des débris organiques, abonde en poissons des genres Osteolepis j Cheirolepis ^ Cheiracantlms et Diplopte- rns ; tandis que dans les schistes de Caithness on trouve surtout des Diptenis. Le banc inférieur en contient peu; mais M. Tiaill y a trouvé en revanche des poissons plats, longs d'environ lui pied et de quatre à cinq pouces de large, terminés par une queue grêle de près de sept pouces. Je n'en ai pas vu d'exemplaires complets, M. Traill ayant malheureusement perdu ceux qu'il avait recueillis. Je pense que c'est à ce poisson qu'il faudra rapporter les fragmens qui ont été pris pour des os de Tryo- nix, et qui certainement n'appartiennent pas à la classe des Reptiles. Dans cette car- rière, la présence des poissons est toujours indiquée par une couleur plus foncée de la roche; chauffée dans un tube de verre, celle-ci donne du bitume. On trouve égale- ment avec les poissons de petits fragmens brillans d'asphalte très-pure. Les débris organiques sont très-rares dans les couches de calcaire, qui alternent quelquefois avec les roches schisteuses des Orkney; et ce calcaire est souvent très-argileux. Le genre Osteolepîs est surtout caractérisé par la structure et par la position de ses nageoires ; il a deux dorsales, plus éloignées l'une de l'autre que dans le genre Di- pterus, et dont la première est placée au milieu du dos, tandis que la seconde se trouve au milieu de l'espace qu'il y a entre la première et la caudale. Les deux anales ne sont point opposées aux deux dorsales, comme dans le genre Dipterus ; au contraire, elles alternent avec elles , la première étant placée vis-a-vis de l'intervalle qui sépare les deux dorsales , et la seconde en arrière de la seconde dorsale , immédiatement en avant du lobe inférieur de la cavidale. Celle-ci a à-peu-près la même forme que dans le genre Palœoniscus. Les pectorales sont grandes et arrondies; les ventrales, qui pa- raissent avoir été beaucoup plus petites, sont opposées au bord antéz'ieur de la pre- mière dorsale. Dans ce genre les écailles sont proportionnellement plus grandes que dans le genre Palœoniscus ; la gueule est aussi plus fendue et armée de très-petites dents pointues. On connaît déjà trois espèces à' Osteolepîs j, dont deux proviennent des schistes de Caithness, et la troisième de Gamrie et de Pomona. Leur aspect et cer- taines ressemblances avec le genre Cephalaspis du vieux grès-rouge, me pai-aissent indiquer pour elles une époque antérieure à la houille, ou du moins aussi ancienne que cette formation. — 119 — 1. OSTEOLEPIS MACROLEPIDOTUS Val. Cl Petit. Vol. ■2, Tal). 2 bj fig. 1 , 2, 3 et 4 ; et Tab. n Cj fig. 5 et 6. Cette espèce diffère moins de la suivante par la grandeur de ses écailles, que par la forme allongée de son corps, qui est peu renflé dans sa partie antérieure, et dont le pédicule de la queue n'est pas sensiblement aminci. Les différences obsei-vées dans les dimensions des écailles par MM. Valenciennes et Pentland, me paraissent plutôt provenir de la différence de taille des individus dont ils ont examiné des fragmens. La fig. I , Tab. 2 bj donne une juste idée de ses proportions, et en même temps la représentation la plus complète des caractères génériques. Dans la fig. 2, on voit surtout bien la partie supérieure de la tête, la forme des os du crâne en particulier; la mâchoire inférieure du côté droit y est également conservée. La fig. 3 représente les os du crâne grossis, et la fig. 4 quelques écailles de la ligne latérale, prises à la partie antérieure du corps. La fig. 5 de la Tab. 2 c représente l'extrémité caudale d'un plus grand exemplaire, et la fig. 6 quelques écailles du pédicule de la queue. La tête est petite , proportionnellement ; elle excède à peine un cinquième de la longueur totale. Son extrémité antérieure est arrondie; la partie antérieure du museau est renflée, exactement comme dans le genre Poljpterus ; d'où j'infère que ce ren- flement est dû au développement de l'ethmoïde réuni à l'intermaxillaire, Tab. 2 Z>, lig. 3 a. Sur le côté de ce renflement, en bj l'on voit une partie du bord de l'orbite, qui dans ce genre est aussi placée exactement comme dans le BicJiir. Plus en arrière, en Cj l'on voit à droite et à gauche les frontaux postérieurs , qui embrassent les pro- longemens des frontaux principaux d d ,- ceux-ci ont une forme très-particulière : coupés carrément à leur jonction avec les pariétaux, leur partie supérieure est con- sidérablement plus dilatée que leur extrémité antérieure, qui s'allonge en avant sur le milieu du crâne ; celui de droite est plus large que celui de gauche , qu'il recouvre en partie. Les osselets e e me paraissent être de petits mastoïdiens. La plaque impaire o est probablement l'occipital supérieur, tandis que les os désignés par la lettre / sem- blent plutôt correspondre aux pariétaux. Dans la fig. 2 de la même planche, on voit en arrière et à gauche de la tête une partie de l'opercule, et à son bord inférieur, à droite, la branche droite de la mâchoire inférieure , dont le bord est armé de très-pe- tites dents pointues, et dont les deux antérieures seulement sont un peu plus grandes. Au côté opposé de la tête on voit un fragment de la mâchoire supérieure, qui porte des dents semblables. Les fragmens d'os épars des deux côtés du crâne font supposer que les joues étaient entièrement cuirassées. En avant de la tête, dans la même fi- gure , on voit deux plaques inclinées l'iuie contre l'autre ; ce sont les empreintes de deux larges os qui , dans ce genre comme dans les genres Megalichthjs et Poljpte- — 120 — rusj, tiennent lieu de rayons brancliiostègues et recouvrent l'espace compris entre les deux branches de la mâchoire inférieure. La surface de tous ces os est couverte d'un émail parfaitement lisse, sur lequel on remarque à un fort grossissement les traces d'une fine granulation creuse. Tout le corps est couvert d'écaillés rhomboïdales , un peu plus grandes sur les cô- tés de l'abdomen, et qui vont en diminuant de taille sur le prolongement du pédicule de la queue. Dans toute la partie antérieure du corps, jusque vers la seconde anale, ces écailles sont plus hautes que longues ; leur bord supérieur est légèrement con- cave, et leur bord inférieur convexe sur les parois abdominales ; plus en arrière ces bords sont droits, ainsi que le bord postérieur. Sur le prolongement du pédicule de la queue, les écailles sont aussi longues que hautes, et paraissent équilatérales; ce que ces écailles ont de particulier, c'est qu'elles forment sur la caudale même un prolon- gement écailleux, bordé en haut comme en bas par des rayons, et résultant de ce que les petits rayons, qui sont ordinairement placés au bord supéi^eur de ce pédicule, sont beaucoup plus développés dans cette espèce que dans celles des autres genres de cette famille, et ont en même temps plus d'analogie avec les rayons qui s'insèrent en dessous de cette série d'écajiUés et qui constituent proprement la caudale. La lig. 5, Tab. 2 Cj fait bien voir ces relations. Du reste, la surface de toutes les écailles est parfaitement lisse ; cependant à l'aide d'un fort grossissement on y remarque la même granulation pointillée que sur les os du crâne. La ligne latérale s'étend sur le milieu du corps ; à sa partie antérieure elle est légèrement courbée vers le ventre; les tubes qui la rendent apparente traversent obliquement les écailles, et s'ouvrent en dessous de leur bord postérieur. Sur différons points du corps on remarque des écailles de forme particulière. Il y en a ime série impaire sur le milieu du dos, qui sont à-peu- près triangulaires , mais dont le bord postérieur est cependant arrondi , comme dans quelques espèces du genre Lepidosteus. Sur les côtés de la première dorsale il y a une grande écaille longitudinale, qui forme le long de la base de ses rayons une espèce de gaine, dans laquelle la nageoire peut se reployer ; il en existe de semblables dans la plupart des Sparoïdes. On voit très-bien ces deux écailles dans la fig. i de la Tab. 2 6; il y en a une semblable, mais moins allongée, sur les côtés et en arrière de la seconde dorsale et de la seconde anale, au. bord antérieur desquelles s'élèvent aussi quelques grosses écailles impaires. On les voit surtout bien dans la fig. 5 de la Tab. ■1 c. Au bord antérieur de la première anale il y a aussi quelques gros&es écailles im- paires dressées contre ses premiers rayons ; mais dans aucun exemplaire je n'ai aperçu sur les côtés de cette nageoire de grosses écailles allongées. La surface intérieure des écailles est traversée par une quille étroite, qui se termine au bord supérieur en un petit onglet articulaire, et en avant de laquelle il y a au boid inférieur une petite fossette qui reçoit l'onglet de l'écaiile iiiféricure. — 121 — Les rayons de toutes les nageoires sont grêles, bifurques à plusieurs reprises jus- qu'à la moitié de leur longueur et au delà 5 leurs articulations transversales sont éloi- gnées, en sorte que les articles des rayons sont beaucoup plus longs que larges. Les rayons antérieurs de toutes les nageoires sont un peu plus gros que les suivans ; le long de leur bord antérieur il y a de très-petits rayons imbriqués et accolés aux plus longs. Les deux dorsales et les deux anales ont à-peu-près la même grandeur ; la première dorsale paraît seulement un peu plus petite. Le lobe inférieur de la cau- dale a, même à son bord, des rayons qui ne sont pas très-allongés ; en sorte que cette nageoire est peu écbancrée, les rayons du lobe supérieur diminuant très-insensible- ment de longueur. Les pectorales sont sensiblement plus grandes que les nageoires impaires; leur bord est arrondi, et leurs rayons, aussi grêles que ceux des autres nageoires, ont ime large base d'insertion. Dans aucun exemplaire les ventrales ne sont assez bien conservées pour pouvoir être décrites. Ce poisson provient des scbistes de Caithness et de Pomona ; il est très-commun dans cette dernière localité. 2. OSTEOLEPIS MICR0LEPID0TU3 Val. Ct Peilt, Yol. 1, Tab. 2 Cj fig. I, 2, 3 et 4- Il est facile de distinguer cette espèce de la précédente, à sa forme plus trapue et à ses nageoires plus petites. Sa tête est proportionnellement plus grosse, mais elle n'est bien conservée dans aucun des exemplaires que j'ai vus. La partie antérieure du corps est beaucoup plus large que la queue, dont le pédicule se rétrécit insensible- ment. Il paraît qu'il existe aussi des gaînes écailleuses à la base des nageoires im- paires; du moins en voit-on des traces dans quelques exemplaires. Les nageoires elles- mêmes paraissent plus étroites ; ce qui les rend plus distantes les unes des autres. Ce- pendant la seconde anale est très-rapprochée du lobe inférieur de la caudale. Les rayons de toutes les nageoires sont très-grèles ; à leur bord antérieur il y a de pe- tits rayons très-fins, accolés aux plus grands. Ceux du bord supérieur du prolonge- ment de la queue sont encore plus longs que dans l'O. macrolepidotus . Les écailles de la partie antérieure du tronc sont sensiblement plus grandes que celles de la queue , et en même temps plus liantes que longues ; sur tout le corps leurs bords sont droits ; celles qui recouvrent le prolongement du pédicule de la queue sont plus longues que hautes. La ligne latérale est légèrement arquée sur le milieu des flancs. Sur le milieu du dos il y a, comme dans l'espèce précédente, une série d'é- cailles impaires, triangulaires entre les deux dorsales, mais à-peu-près carrées sur la partie antérieure du dos. La surface extérieure de toutes les écailles est lisse; à l'aide — 122 — (l'un grossissement considérable on y remarque cependant une fine granulation poin- tillée, comme dans l'espèce précédente; mais les onglets articulaires de leur surface intérieure sont plus gros et plus saillans, quoique les quilles qui les traversent ne soient pas plus larges. Cette espèce se trouve aussi à Caithness et à Pomona. Cependant elle y est moins abondante que la précédente. 3. OSTEOLEPIS ARENATUS AgaSS. Yol. 2. Tab. 2 dj fig. I, 2, 3 et 4- M. Pentland, à qui les géologues doivent plusieurs notices très-intéressantes sur les poissons fossiles d'Angleterre, a aussi mentionné cette espèce dans les observations qu'il a communiquées à 31. Murchison sur les poissons de Ganirie , près de Troup- Head, BanfFshire, en Ecosse; il la place dans la famille des Esoces, à cause de la position reculée de la dorsale placée près dé l'anale, et parce qu'il a reconnu la pré- sence des ventrales au milieu de l'abdomen. Il ajoute que ce poisson a de grandes écailles pentagones, et la forme particulière de la caudale des poissons de Gaitbness. (V. lesTrans. de la Soc. Géol. de Londres, 2™" série, vol. 2, p. 364.) Les poissons de Gamrie se trouvent dans des géodes de calcaire marneux, qui présentent à leur pourtour une structure cristalline, fibreuse, dont les rayons sont divergens vers leur surface. Ces géodes se trouvent dans une marne bleuâtre d'environ 4o pieds d'épais- seur, au fond d'un ravin dont les flancs sont de vieux grès-rouge. Elles contiennent plusieurs espèces de poissons appartenant à différens genres ; j'en ai examiné un très- grand nombre d'exemplaires qui^m'ont été communiqués par M. le D' Rnigbt, d'A- berdeen, et par M. Murchison, qui les devait lui-même aussi à M. Rnigbt. M. le D' Scouler de Dublin , et M. ïorrie, m'en ont aussi communiqué des exemplaires très- instructifs. Les mieux conservés de tous ceux que j'ai vus sont des espèces nouvelles des genres Cheirolepis et Cheiracanthus. Les exemplaires de l'espèce dont il s'agit dans cet article sont moins bien conservés : j'ai pu avec peine m'assurer qu'ils ap- partiennent réellement au genre Osteolepis. N'ayant pas d'abord reconnu la présence des deux dorsales et des deux anales, je pensais que ce poisson devait appartenir au genre Palœoniscus. Il ne m'est pas possible de déterminer exactement la forme de V Osteolepis arena- tus ; les exemplaires les mieux conseivés, et que j'ai fait représenter dans la Tab. 2 dj n'en donnent pas une idée parfaite. Celui de la fig. i est aplati de haut en bas ; la tête est complètement écrasée ; en avant seulement on voit le contour de la mâchoire inférieure droite et les deux plaques branchiostègues. En arrière de la tête, on voit — 123 — étalées à droite et à gauche les deux pectorales, qui sont arrondies comme dans les antres espèces de ce genre, et dont les rayons sont très-grèles et trcs-bifurqués ; en avant de celle du côté droit on voit une impression de la branche horizontale infé- rieure de rhumérus, à l'angle duquel les pectorales sont insérées. Plus en arrière, le tronc doit avoir subi des mutilations plus considérables encore ; car à l'extrémité de cette empreinte on voit la première dorsale et la première anale en profd 5 ce qui prouve évidemment que l'espace entre la tête et ces nageoires est tordu sur lui- même, et en conséquence fait paraître le corps moins large qu'il n'a dû l'être. Ces deux nageoires ont à-peu-près la même forme et la même grandeur -, leurs rayons an- térieurs, surtout les petits rayons accolés à leur bord, sont un peu plus gros que les suivans, qui sont très-grèles. La longueur totale de la tête est comprise une fois et demie dans l'espace qu'il y a entre l'occiput et la première dorsale. Dans l'exemplaire de la figure 3 , on reconnaît certainement la présence des deux dorsales et des deux anales •, cependant la dislocation générale des écailles fait encore voir ici que le tronc n'a pas son épaisseur naturelle, mais qu'il est allongé; car le bord de toutes les écailles <■ des flancs est fortement incliné en arrière. Sur le pédicule de la queue on voit quel- ques belles écailles, dont la surface émaillée est couverte de petits points creux très- distincts, ressemblant cependant à des grains de sable qui y seraient épars, quand on les examine sous un faible grossissement. J'en ai fait représenter une séparément dans la lig. L\. L'exemplaire de la fig. 2 indique, je crois, les proportions naturelles de cette espèce ; du moins les séries des écailles ne sont-elles pas disloquées , et l'on voit distinctement comment, en avant de la première anale, le tronc se dilate insensi- blement. Dans cet exemplaire la seconde dorsale est très-distincte ; elle est placée vis- à-vis de l'espace qui sépare les deux anales, que l'on voit également bien les deux, quoiqu'elles soient moins distinctes que la seconde dorsale. La caudale se voit égale- ment dans la fig. 2 et dans la lig. 3 -, ses rayons grêles vont en diminuant de longueur le long du bord inférieur du prolongement du pédicule de la queue ; ceux du lobe in- férieur sont les plus longs. Cependant cette nageoire paraît peu échancrée. Les écailles qui recouvrent le pédicule sont beaucoup plus petites que celles des flancs. Au dessus des séries d'écaillés qui s'étendent jusqu'à l'extrémité de la queue, il y a aussi de pe- tits rayons, mais moins grêles que dans les espèces précédentes et plus accolés contre le pédicule caudal. A en juger par des fragmens moins parfaits encore, cependant assez distincts pour servir de terme de comparaison , cette espèce atteignait des dimensions plus considé- l'ables que ne l'indiquent les exemplaires figurés. Il en est entr'autres un dans la col- lection de M. Murchison, qui provient d'un individu d'environ i5 pouces de long. Cette espèce n'a encore été trouvée que dans les géodes de Gamrie. — 124 — IV. Additions au genre Acanthodes, et description des nouveaux genres Cheiraca]nthus et Cheirolepis. 1" De f AcANTHODES Bronnii Ag'ass. Vol. 2,Tab. I. , • Lorsque j'ai décrit \ Acanthodes Bronnii, au chap. i , pag. 20 de ce volume, je ne connaissais que les exemplaires qui m'avaient été communiqués par M. le Prof. Bronn, et qui étaient suffîsans pour donner une juste idée de la forme et des carac- tères généraux de cette espèce. Mais depuis j'en ai examiné plusieurs autres dans la collection de M. le comte de Munster, qui me permettent de faire quelques additions de détail à ma description. Je dois de plus à l'obligeance de M. Hermann de Meyer la communication d'un exemplaire parfaitement bien conservé , et qui modifie même un peu les caractères génériques de ce poisson. Je croyais le genre Acanthodes dé- pourvu de ventrales; mais l'exemplaire de M. de 3Ieyer m'a convaincu qu'elles existent également dans ce genre. Seulement elles sont très-petites et placées en avant du milieu de l'abdomen, environ au tiers antérieur de l'espace compris entre l'anale et l'insertion des pectorales. Leur bord antérieur est soutenu par un rayon épineux, comme celui des pectorales, de l'anale et de la dorsale ; seulement ce rayon est beau- coup plus court ; il n'égale même pas en longueur la moitié de ceux de la dorsale et de l'anale. Ces gros rayons sont évidemment osseux dans toutes les nageoires ; ils sont beaucoup mieux conservés dans cet exemplaire que dans aucun de ceux que j'avais vus auparavant. Au bord intérieur du grand rayon pectoral on voit quelques traces des rayons mous, qui sont très-grèles. Malgré la petitesse extrême des écailles, il est facile de reconnaître encore dans cet exemplaire, que celles du dos et de la partie infé- rieure du ventre sont plus petites que celles des flancs , et qu'elles sont toutes incli- nées de manière que leurs bords supérieur et inférieur sont dirigés en avant et en ar- rière, et que l'angle inférieur postérieur est tourné directement vers la partie posté- rieure du corps. Les os de la tête paraissent avoir eu moins de consistance que dans les autres genres de cette famille ; car dans tous les exemplaires que j'ai vus, la tête est marquée par un contour noir, sans que son ossature soit distincte. Tous ces nouveaux exemplaires proviennent également du terrain houiller des en- virons de Saarbriick, et sont contenus dans des géodes de fer hydraté carbonate. (*) C) En énumérant les fossiles du terrain houiller, M. H. de Meyer cite dans son Palœologica, p. 302, plusieurs lo- calités qui me sont encore inconnues , et où l'on trouve aussi des poissons fossiles. En général , cet ouvrage rapporte dans un petit volume une niasse énorme de faits. L'énumération des animaux vertébrés fossiles est le cadre le plus complet de tout ce qui a été fait dans cette partie ; aucun paléontologue ne saurait s'en passer, car elle remplace à elle seule une bibliothèque entière. Ce serait un avantage immense pour la science , si l'on possédait de semblables tableaux poiu: les autres classes du règne animal. — 126 — 2. ACANTHODES SUIXATUS AgaSS. Vol. 2, Tab. I Cj fig. I et 2. Je place sans hésiter dans le genre Acantliodes cette nonvelle espèce , quoique je n'en aie vu que des fragmens très-incomplets , dans lesquels il n'existe aucune trace ni des nageoires ni de la tête. L'original de ma figure est l'une de deux plaques corres- pondantes de la portion caudale d'un individu d'assez grande taille, tellement tron- quée à son pourtour, qu'il n'en reste qu'un gros placard de très-petites écailles, aux- quelles il est pourtant possible de reconnaître le genre Acantliodes. Ces écailles sont plutôt rhomboïdales que carrées, et diffèrent par là de celles de VA. Bronnii ; elles paraissent proportionnellement aussi petites; et si dans l'exemplaire de ma figure elles sont plus grandes, c'est que l'individu était beaucoup plus grand. La partie émaillée de chaque écaille est voûtée et porte sur son milieu un large sillon diagonal, parallèle à une section transversale du corps , et qui s'étend de l'angle supérieur postérieur à l'angle inférieur antérieur de chaque écaille. Ce caractère distingue suffisamment les deux espèces d' Acantliodes connues maintenant. On voit cependant par là que la po- sition des écailles dans VA. sulcatus est semblable à celle qu'elles ont dans VA. Broji~ niij où leur angle postérieur inférieur est aussi tourné directement vers l'extrémité cau- dale du poisson. Il va sans dire que ces détails de structure des écailles ne sont vi- sibles qu'avec une forte loupe. Lord Greenock a découvert ce poisson dans les géodes de New-Haven. Le meilleur des fragmens qu'il en possède est l'exemplaire que je viens de décrire, et dont la contre- empreinte est dans la collection de M. Buckland. Du genre Cheiracainthus Agass. En Ichthyologie la position des nageoires est un caractère trop important , pour qu'il ne faille pas distinguer génériquement des poissons qui, malgré des rapports intimes dans les détails de leur organisation , diffèrent par la position relative de leurs nageoires. C'est ainsi que l'espèce qui m'a servi de type pour le genre Cheiracan- tliiis, présente une affinité remarquable avec les espèces du genre Acantliodes : tout le corps est pareillement couvert de très-petites écailles \ les pectorales, les ventrales, l'anale et la dorsale sont soutenues par un gros rayon épineux ; mais la position de la dorsale me paraît constituer un caractère générique important. Cette nageoire est placée au milieu du dos , vis-à-vis de l'intervalle qui sépare les ventrales de l'anale ; tandis que dans le genre Acantliodes la dorsale est même en arrière de l'anale sur le pédicule de la queue. Les os de la tête paraissent aussi avoir eu plus de consistance dans ToM. II. 17 — 126 — le genre CJieiracmithus ; car dans tous les exemplaires que j'ai eus sous les yeux , on en voit quelques traces. La gueule est grande, très-fendue ; les mâchoires sont armées de très-petites dents pointues, qui paraissent disposées sur plusieurs rangs. Les rayons branchiostègues sont très-nombreux et minces. L'ossature de la ceinture tlio- racique est forte ; cependant ces os ne sont pas assez bien conservés pour qu'on puisse décrire leur forme. 1. Cheiracanthus Murchisoni Agass. . Yol. 2, Tab. I c^fig. 3 et 4. J'ai dédié cette espèce, qui est le type du genre, à M. Murchison, à qui les géo- logues doivent les premiers renseignemens que l'on ait eus sur le gîte de Gamrie. Elle est caractéristique pour cette formation ; car les trois quarts des poissons trou- vés à Gamrie appartiennent à cette espèce, ou à VOsteolepis arenatus y cependant elle n'est point mentionnée dans la notice de M. Pentland sur les fossiles de cette localité , tandis qu'il y décrit très-exactement vine autre espèce beaucoup plus rare , à laquelle j'ai donné le nom de Cheirolepis Uragus. Les exemplaires du Cheiracanthus Murchisoni c^\\e']^d\ examinés, se trouvent dans la collection de MM. Murchison et Torrie, mais surtout dans celle de M. Rnight, qui en possède de fort beaux, et du nombre desquels est l'original de ma figure. La tête de ce poisson est de moyenne grandeur, elle n'égale pas le quart de sa longueur to- tale ; cependant elle en excède la cinquième partie. A en juger d'après un petit exem- plaire déprimé, et qui se trouve également dans la collection de M. Knight, elle était arrondie, et moins large que celle des Acanihodes. Les yeux, de moyenne gx'andeur, sont placés au tiers antérieur de la face j plus éloignés l'un de l'autre que l'orbite n'est large , et un peu au dessus de la mâchoire. Le maxillaire inférieur est vigoureux, plus court que la mâchoire supérieure , dont il'extrémité paraît former en avant de la tête une saillie arrondie, comme dans les Paléonisques. Les pièces operculaires étaient aussi étroites ^ cependant elles sont trop mal conservées pour qu'il soit possible de déterminer leur foime. La ceinture thoracique forme au dessus de l'insertion des pec- torales une saillie, à laquelle ces nageoires sont attachées. Leur premier rayon est os- seux et beaucoup plus gros et plus long que ceux qui soutiennent les autres nageoires. Ces détails ne sont pas visibles dans Toriginal de ma figure , où l'on n'aperçoit qu'une trace de la ceinture thoracique , et auquel la tête manque complètement. Cependant j'ai cru ne pas devoir multiplier les figuies pour représenter des caractères que j'ai dû recueillir successivement sur plusieurs exemplaires, sans qu'ils soient réunis dis- tinctement dans aucun. — 127 — La forme générale du tronc est celle d'un fuseau fortement renflé dans sa partie an- térieure ; Tabdomen paraît même pendant, et la largeur du corps, en avant des ven- trales, égale une fois et demie la hauteur de la tête. Les ventrales sont un peu plus rapprochées des pectorales que de l'anale ; leur bord antérieur est soutenu par un rayon épineux, qui est proportionnellement plus grand que dans V Acanthodes Bron- nii. La distance qui sépare l'anale du lobe inférieur de la caudale , égale environ la moitié de celle qui la sépare des ventrales. La dorsale occupe exactement le milieu du dos j son rayon épineux est un peu plus grand que celui de l'anale 5 et dans au- cune de ces nageoires on ne voit de traces d'autres rayons, qui existaient pourtant très-probablement, à en juger du moins par ce qui a été observé dans le genre Acan- thodes. La caudale n'est entière dans aucun des exemplaires-, cependant elle est as- sez distincte pour qu'on puisse s'assurer qu'elle s'étend, comme dans tous les genres hétérocerques de cette famille, en dessous du prolongement du pédicule de la queue. Ses rayons sont très-grèles ; les antérieurs sont les plus grands, et forment un lobe inférieur qui se détache par une échancrure des rayons plus courts qui s'étendent jusqu'à l'extrémité de la queue. Leurs articulations transversales sont très-rappro- chées, et les articles sont si petits, que la nageoire entière en paraît granulée. Tout le corps est recouvert d'écaillés extrêmement petites, qui, à l'œil nu, paraissent semblables à des points d'une fine granulation, du moins au milieu du dos et du ventre, et sur leurs bords. Les écailles des flancs sont un peu plus grandes; elles sont disposées par séries moins obliques que dans les Acanthodes ; leur surface extérieure est cou- verte de stries extrêmement fines , obliques aux bords des écailles dans le sens longi- tudinal du poisson. 2. Cheiracanthus minor Agass. Vol. 2. Tab. I c, fig. 5. Parmi les poissons de Pomona, j'ai trouvé dans la collection de M. Traill un seul exemplaire d'ime seconde espèce de Cheiracanthus , qui est même très-incomplet, puisque l'on n'y voit que la tête et une partie du tronc. Le grand rayon de la pecto- rale droite y est très-distinct; cependant, les autres nageoires n'étant pas bien visi- bles, on pourrait être dans l'incertitude sur la position générique de ce poisson, si l'on ne voyait pas un fragment de l épineux d'une des ventrales et de celui de la dorsale à la partie moyenne du tronc. Ces indices ne sont pourtant pas concluans, car la sub- stance du poisson étant sur plusieurs points carbonisée en plaques homogènes qui ont complètement perdu leur structure organique, il se pourrait que les deux barres a G\. bj qui paraissent être des fragmens de rayons épineux, ne fussent en effet que — 128 — des stries de matière carbonisée. Néanmoins, la structure de la tète paraît indiquer positivement le genre Cheiracanthus j plutôt que le genre Acanthodes j dans lequel les os de la tète ne sont jamais distincts. La partie visible du tronc est presque com- plètement une simple empreinte en creux. L'individu dont il s'agit ici est couché sur le dos dans sa partie antérieure; on y voit la tête qui est ployée sur le côté gauche , par sa surface inférieure 5 les branches de la mâchoire inférieure forment le contour de l'arc ouvert qui teiunine la tête. A l'angle postérieur de la gueule, du côté gauche , l'on voit distinctement i3 rayons branchio- stègues, étroits et arrondis vers leur base, aplatis et dilatés à leur extrémité, et insé- rés sur un os transverse que l'on aperçoit mieux au côté opposé de la tête , oii les rayons branchiostègues ne sont qu'en partie visibles. Cet os transverse est la corne latérale de l'os hyoïde. L'extrémité du grand rayon de la pectorale droite est très-bien conservée et se termine en pointe acérée ; on voit aussi distinctement l'impression seulement de sa base ; sa longueur totale égale celle d'une des branches de la mâchoire inférieure : il est par conséquent plus court et moins gros que dans le Ch. Murclii^ sojii. On ne voit sur toute la surface du tronc que l'empreinte des écailles, en forme de petits creux; ce qui oblige d'admettre que leur surface extérieure était convexe. Du reste, ces écailles sont aussi petites que celle de l'espèce précédente, et paraissent avoir été complètement lisses; du moins je n'ai pu découvrir aucune trace de stries, ni dans l'empreinte des écailles, ni à la surface du petit nombre de celles qui sont conservées. Je n'ai encore vu qu'un seul exemplaire de cette espèce , provenant des schistes de l'île Pomona, et qui se trouve dans la collection de M. Traill. Du genre Cheirolepis Agass. Nous venons de voir deux genres dont toutes les espèces ont des écailles extrême- ment petites, semblables à une fine granulation. En voici un troisième qui a le même caractère de squamation, mais qui en diffère surtout par la structure, de ses na- geoires. A l'occasion de ces écailles si petites des genres AcantliodeSj Cheiracanthus et Cheirolepis J je ne puis m'empêcher d'ajouter encore une obseivation générale sur l'uniformité constante dans la nature des tégumens des poissons qui peuplaient jadis les eaux de notre globe. Il est en effet très-surprenant que ces petites écailles mêmes diffèrent complètement, quant à leur structure, de celles des poissons vivans qui les ont également grenues; qu'au lieu d'être arrondies, elles aient la forme rhomboïdale des autres Lépidoïdes, et que leur surface soit pareillement recouverte d'émail. Ces — 129 — écailles sont si petites, que les dilït'rences mentionnées m'auraient peut-être échappé, si je n'avais pas connu les caractères invariables que présentent les grandes espèces- Mais voyant le peu d'importance que quelques naturalistes attachent aux caractères sur lesquels j'insiste, j'ai examiné de plus près les poissons qui font le sujet de cet ar- ticle ; je les ai comparés avec les poissons vivans à petites écailles. Dans toutes les espèces connues des trois genres dont nous parlons, j'ai pu m'assurer que les écailles n'ont aucun rapport avec celles des poissons vivans, mais qu'elles ont, au contraire, réellement la structure des Lépidoïdes ordinaires ; il est même toujours facile de s'en convaincre, car il est rare de trouver un exemplaire qui n'ait pas quelques écailles brisées, sur la cassure desquelles on aperçoit aisément la différence de substance entre les lames de l'écaillé et sa couche d'émail. Cela étant, il ne me paraît pas raisonnable de prétendre que les écailles soient des organes peu significatifs en général, ni même dans la classe des poissons en particulier ; surtout lorsqu'on les voit conserver aussi invariablement la même structure pendant une époque aussi longue du développe- ment de la vie organique sur la terre. Cependant les écailles du genre Cheirolcpis ont quelque chose de particulier : le milieu de leur surface est convexe, et orné de différente manière dans les différentes espèces. Les nageoires caractérisent suitout ce genre ; elles sont placées à-peu-près comme dans le genre Acanthocles : c'est-à-dire, que la dorsale est très-reculée et opposée à la partie postérieure de l'anale. Celle-ci est placée en avant du tiers postérieur du tronc. Les ventrales occupent le milieu entre les pectorales et l'anale. Toutes ces nageoires ont des rayons très-grèles, profondément bifurques à plusieurs reprises ; ils sont cer- tainement osseux, puisqu'ils sont si bien conservés dans tous les exemplaires que j'ai vus. Par ce caractère, les nageoires du genre Cheirolepis diffèrent déjà considéra- blement de celles des genres Acanthocles et Cheiracanthus ^ chez lesquels toutes ces nageoires, excepté leurs rayons épineux, disparaissent, même dans les exemplaires aussi bien conservés que les Cheirolepis ^ et que l'on trouve dans les mêmes couches. Comme ceci a lieu pour tous les exemplaires de quatre espèces appartenant à diffé- rentes formations , il est évident que c'est le résultat d'une différence essentielle de structure. Mais en quoi les nageoires des Cheirolepis s'en distinguent encore davan- tage, c'est qu'elles n'ont point de rayon épineux à leur bord antérieur; de petits rayons grêles, très-serrés les uns contre les autres et imbriqués comme des écailles le long des grands rayons antérieurs de ces nageoires, remplacent ici les rayons épi- neux qui soutiennent les nageoires dans les deux autres genres. C'est à raison de cette structure des nageoires que j'ai donné à ce genre le nom de Cheirolepis. La caudale est exactement conformée comme dans les Palœoniscus. Ce genre est en outre remarquable par la grandeur considérable de la gueule 5 les — 150 -. dents des mâchoires sont très-petites en général ^ cependant il y en a parmi quel- ques-unes* qui sont un peu plus grandes et qui rappellent la dentition de quelques genres de la famille des Sauroïdes. J'ai cru néanmoins devoir placer ce genre ici, parce que les formes trapues de ses espèces l'associent plutôt aux Acanthodes qu'aux Pygoptères. Je connais déjà deux espèces de ce genre , dont l'une a été découverte récemment dans les schistes de l'île de Pomona, tandis que l'autre se trouve dans les géodes de Gamrie. Cette dernière a déjà été indiquée par M. Pentland, Géol. Trans.j vol. 2, p. 364- C'est son second ichthyolithe de Gamrie. 1 . Cheirolepis Traillii Agass. Yol. 2 , Tab. I cl et Tab. i e, fig. 4. Tous les exemplaires que j'ai vus de cet intéressant poisson ont été trouvés par M. Traill .dans les schistes de l'île de Pomona, où il paraît ne pas être très-rare. Les deux exemplaires représentés dans mes planches en donnent une idée complète. Le corps est large , dans sa partie antérieure surtout , et se rétrécit très-insensiblement vers son extrémité caudale. La position très-reculée de la dorsale et de l'anale contribue encore à lui donner un air plus lourd. La tête est de moyenne grandeur, elle égale presque le quart de la longueur totale. Dans l'exemplaire Tab. i dj elle est très-mal conservée et complètement aplatie ^ on n'y voit distinctemement que l'angle de la ceinture thora- cique, auquel est insérée la pectorale , qui est elle-même réduite en une masse carbo- nisée confuse. Plus en avant et en dessous on remarque deux larges plaques, qui pourraient avoir été démembrées de la branche horizontale de l'humérus, à en juger du moins d'après ce que l'on peut observer sur la tête du Ch. UraguSj, Tab. i Cj fig. I . En revanche, dans l'exemplaire de la fig. 4? l'oii voit quelques autres détails de la tête du CJi. Traillii : la mâchoire inférieure du côté gauche y est très-distincte ; elle est bordée de très-petites dents en brosse , entre lesquelles il s'en trouve quelques- unes plus grandes, en forme de cônes aigus. Les autres os de la tête sont brisés et déplacés. Les nageoires paires sont proportionnellement moins grandes que les im- paires ; les pectorales sont arrondies, formées de rayons très-grèles, fréquemment bi- furques à leur extrémité , et divisés transversalement par des articulations qui ne sont pas très-rapprochées. Le bord antérieur de la nageoire est soutenu par de petits rayons très-grèles et très-serrés, qui s'étendent jusqu'à son extrémité. Les ventrales sont plus petites encore; elles sont insérées par une large base, comme dans les Estur- geons , et placées exactement au milieu entre les pectorales et l'anale ; leurs rayons sont semblables à ceux des pectorales, et la lisière de pelits rayons à leur bord anté- — 151 — rieui' est encore plus marquée. L'anale et la dorsale sont trcs-reculées, beaucoup plus étendues que les nagcbires paires, et formées de rayons plus allongés. Cette es- pèce diffère de la suivante, non-seulement par la position plus reculée de ces deux nageoires , mais encore en ce que la dorsale est aussi visiblement plus en arrière que l'anale. Les rayons de ces deux nageoires sont très-grèles ; leurs bifurcations sont plus nombreuses, et leurs articulations transversales plus rapprochées que dans les autres ; ceux de leur bord antérieur sont beaucoup plus allongés 5 en sorte que le bord extérieur des nageoires est écbancré, leurs rayons postérieurs diminuant rapidement dé longueur. Le bord antérieur de ces deux nageoires est muni de petits rayons imbri- qués, qui s'élèvent insensiblement à sa base, et qui s'étendent jusqu'à son extrémité. La dorsale est un peu plus petite que l'anale ; son bord antérieur correspond environ au milieu de celle-ci. Les rayons de la caudale sont plus gros que ceux des autres na- geoires ; leurs bifurcations sont aussi moins profondes et moins nombreuses , et leurs divisions transversales un peu moins rapprochées. La lîg. 4 f^it voir évidemment que le lobe inférieur est écbancré, et que son bord antérieur est soutenu par de petits rayons semblables à ceux qui sont en devant de l'anale. La pai'tie allongée du pédicule de la queue qui porte la caudale , est plus large que dans la plupart des Hétérocer- ques ; à son bord supérieur il y a de grosses écailles acuminées en forme de rayons, qui s'étendent jusqu'à son extrémité, et que l'on voit surtout bien dans l'exemplaire de la Tab. i d. Les écailles sont très-petites, disposées en séries obliques , et peu inclinées sur les flancs du poisson 5 elles paraissent exactement de même dimension sur toute la surface du corps; celles des bords du dos et du ventre, et du pédicule de la queue, sont à peine plus petites. Dans l'exemplaire de la T^ab. i d^ elles sont en creux seulement, tandis que dans celui de la fig. 4, Tab. i e_, elles sont en relief partout où la cuirasse écailleuse n'est pas complètement carbonisée. Leur forme est rhomboïdale 5 et par suite de leur inclinaison, leurs bords supérieur et inférieur sont obliques au diamètre longitudinal du poisson. Leur surface extérieure est surmontée dans son milieu d\inc éminence qui s'étend du haut en bas de chaque écaille, parallèlement à ses bords antérieur et postérieur, sans cependant atteindre les bords de l'écaillé, et par con- séquent sans former des quilles continues; Tab. i d^ fig. 2. Ces éminences forment sur toute la surface du corps comme une granulation en séi'ies interrompues; on ne l'aperçoit que dans les parties parfaitement bien conservées du poisson. Dans les empreintes en creux , elles ont laissé une rainure très-distincte au milieu de chaque écaille, Tab. i d, fig. 3. Cette espèce n'a encore été trouvée que dans les schistes de l'île de Poniona. — 132 — 2. Cheirolepis Uragus Agass. Vol. 2, Tab. I e j fîg. i , 2 et 3. Si l'on possédait de toutes les espèces de poissons fossiles des exemplaires aussi complets que ceux que j'ai fait figurer pour représenter celle-ci, les descriptions que j'en donne ne laisseraient pas si souvent à désirer des détails plus précis sur leur structure. Cependant, quelque bien conservées que soient toutes les parties du tronc dans l'exemplaire de la lig. 2 , et quelque distincts que soient les os des côtés infé- rieurs de la tête dans la fîg. i , je n'ai pu décrire les os du crâne dans aucun des exemplaires que j'ai vus. La tête est proportionnellement plus petite que dans le Ch. Traillii; elle forme environ un cinquième de la longueur totale du corps. Dans l'original de la fîg. 2, elle est relevée et reployée sur la nuque ; en sorte que la gorge est saillante, tandis que la partie supérieure du tronc est concave. On voit pourtant distinctement la mâchoire inférieure du côté gauche par sa surface extérieure, et plus haut la mâchoire supérieure du côté droit par sa surface intérieure. La ceinture thoracique droite forme une saillie triangulaire qui borde en arrière la partie visible de la tête. En dessous de cette saillie on distingue deux os cassés, dont la pointe est dirigée en bas, et qui paraissent être des pièces de la ceinture thoracique gauche. Enfin, vers la jonction de ces os on distingue quelques rayons des pectorales, sans qu'il soit possible de déterminer de quel côté du poisson ils étaient attachés. Dans l'original de la fîg. i, la structure de cette partie du corps est plus distincte 5 ce poisson est couché sur la tête, en sorte que l'on y voit très-distinctement la mâ- choire inférieure, l'appareil hyoïde avec les rayons branchiostègues , et en arrière la jonction des branches horizontales de l'humérus, à l'angle extérieur desquelles sont insérées les pectorales. Du côté gauche on voit distinctement cette nageoire, dont la base est très -large et dont le bord est arrondi. La surface extérieure de tous ceux des os de la tête que l'on aperçoit, est ornée d'une granulation en- relief, comme dans le Dapedhim politum et tant d'autres poissons fossiles de cette famille. La mâchoire inférieure est plus large en arrière que vers sa symphyse 5 sa branche droite est très-distincte au côté inférieur de la fîg. i ; en dessous l'on re- marque une partie de la mâchoire supérieure qui la déborde. Entre les deux mâchoires on aperçoit plusieurs rangées de très-petites dents, toutes de même grandeur. Au côté supérieur de la figure, la mâchoire inférieure est moins distincte et davantage recouverte par la mâchoire supérieure; cependant on voit aussi quelques petits dents dans l'entre-deux. Les rayons branchiostègues sont très-bien conservés sur les deux côtés de la tête ; les antérieurs sont plus courts et plus larges 5 on les voit bien sur — 153 — le côlc qauclic. Les postérieurs, qui sont mieux eonservés sur le côté droit, sont plus étroits et plus allongés^ j'en distingue au moins dix. Les hrancles horizontales de riuunérus sont très-larges et paraissent s'étendre eu arrière de l'insertion des pec- torales , à en juger du moins d'après la plaque, qui s'étend, dans cet exemplaire, sur le côté gauche en dessous de cette nageoire. En a l'on aperçoit une partie des branches montantes de cet os. La forme du tronc de cette espèce diffère considérablement de celle du Ch. Traîlliii sa partie antérieure est également large, il est vrai; mais sa partie postérieure, de- puis l'insertion de l'anale, se rétrécit considérablement, en sorte que la queue est proportionnellement plus étroite et en même temps sensiblement plus allongée ; d'où il résulte aussi que les nageoires anale et dorsale sont beaucoup moins rapprochées de la caudale. Le bord antérieur de la dorsale est aussi moins reculé, relativement à l'anale, que dans le Cheirolepis TraiUii ; il est opposé au tiers antérieur de l'anale. Quant aux ventrales, elles sont un peu plus rapprochées des pectorales que de l'anale. Toutes les nageoires sont formées de rayons également grêles et fréquemment bifur- ques à leur extrémité ; ceux du lobe inférieur de la caudale seulement sont un peu plus gros. Les articulations transversales des rayons ne sont pas très-rapprochées, en sorte que leurs articles paraissent plus longs que larges. En avant de toutes les nageoires il V a une lisière de petits rayons imbriqués, qui s'étendent tout le long de leur bord antérieur. On voit distinctement cjue la surface des nageoires n'est point recouverte d'écaillés, comme cela a lieu dans quelques espèces de différens genres de cette fa- mille ; mais qu'ici leur aspect écailleux provient de la ténuité des rayons et de leurs articulations transversales, qui la font ressembler à la surface écaillée du corps. Le prolongement du pédicule de la queue qui porte la caudale est très-allongé, et la base d'insertion de cette nageoire par conséquent très-étendue. Les petits rayons de son lobe inférieur commencent en effet bien en avant de ceux qui atteignent la plus grande longueur, et s'allongent très-insensiblement devant ceux-ci. La base de cette nageoire est dès-lors beaucoup plus oblique que dans tous les autres Hétérocerques -, son lobe inférieur est plus court que le supérieur ; cependant il en est séparé par une forte échancrure. Au bord supérieur du prolongement du pédicule caudal, il y a de très- grosses écailles acuminées et imbriquées dans toute la partie qui correspond aux petits rayons du lobe inférieur; tandis que, vers l'extrémité de la nageoire, elles s'amin- cissent insensiblement et finissent par devenir très-grèles. Toutes les écailles sont rlîomboïdales , très-petites et de même grandeur sur tout le corps, disposées en sé- ries plus obliques que dans le Ch. Traillii; leur surface est convexe et ornée, vers leur bord antérieur surtout, de rides convergentes et obliques à 1 écaille, fig. 3. M. Pentland a déjà très-bien décrit cette espèce dans sa notice sur les poissons ToM. II. 18 — 134 — fossiles de Gamrie, Géol. Trans. 2'"' série, vol. 2, p. 364, sous le N° 2. Cependant il s'est trompé en disant que les nageoires étaient couvertes d'écaillés. En revanche, il a très-bien reconnu que cette espèce diffère de toutes les espèces de poissons fos- siles déjà décrits, et que même elle ne peut être rapportée à aucun des genres de poissons vivans ou fossiles mentionnés jusqu'ici dans les ouvrages d'iclithyologie. Tous les exemplaires de cette espèce ont été trouvés dans des géodes de structuie cristalline à Gamrie. L'original de ma fig. i se trouve dans la collection de M. Mur- chison ; celui de la fig. 2, qui est le plus complet que j'aie vu, appartient à M. Rniglit. Comme la formation géologique à laquelle l'argile de Gamrie appartient, n'est point encore déterminée avec certitude , je ne crois pas superflu d'ajouter que les rapports intimes qui existent entre les espèces de cette localité et celles de Pomona me pa- raissent indiquer à-peu-près la même époque. 11 est vrai que les espèces de Gamrie et de Pomona ne sont point identiques 5 mais elles appartiennent exactement aux mêmes genres, qui, du reste, n'ont point encore été trouvés ailleurs. J'infère de cette circonstance, que ces dépôts sont à-peu-près contemporains, mais qu'ils se sont for- més dans des circonstances locales différentes. Les caractères particuliers de ces pois- sons me paraissent indiquer une époque antérieure à la houille, ou du moins aussi ancienne que cette formation. — lôîî — CHAPITRE YI. DU GENRE CÉPHALASPIS. Si je Tavais connu plus tôt, j'aurais placé ce genre en tête de la famille des Lépi- doïdcs, tant il diffère de tous les poissons connus. Il comprend les animaux les plus curieux que j'aie jamais observés ; leurs caractères sont même si extraordinaires , qu'il m'a fallu l'examen le plus attentif et le plus scrupuleux, et les preuves les plus évi- dentes, pour me convaincre que ces êtres mystérieux étaient réellement des poissons. En jetant un coup-d'œil sur la Tab. i h^ quel est en effet le naturaliste qui penserait que ces écussons en forme de croissant sont réellement des têtes de poissons, et qui n'aurait pas bien plutôt l'idée que ce sont des boucliers de Trilobites ? Us ont même généralement été pris pour tels. Cependant, dans la Tab. i a, nous voyons ces mêmes boucliers terminer la partie antérieure d'un corps couvert d'écaillés et portant des nageoires. Il est donc évident que ces fossiles appartiennent à la classe des Poissons ; et ce qui paraîtrait incroyable aussi long-temps qu'on ne verrait que les figures de la Tab. I h , devient tout-à-coup certain lorsque l'on jette les yeux sur la Tab. i a. Con- vaincu alors par l'évidence, on se familiarise bientôt avec l'idée que les fig. i , 2, 3, 4 et 5 sont réellement des parties de poisson; on entrevoit peut-être aussi la possibi- lité que les fig. 6 et 7 soient également des têtes de poissons. Mais en regardant de près les fig. 8, g, 10 et II , il paraît cependant moins vraisemblable que cette détermina- tion leur soit aussi applicable, tant la nature de ces dernières pièces s'éloigne de recbef de celle des premières. Pour résoudre ces énigmes, je vais d'abord cbercher à déter- miner exactement les caractères du genre Ceplialaspis , d'après les exemplaires sur la nature desquels il ne peut rester aucun doute 5 puis il sera plus facile de décider jus- qu à quel point tous ces fossiles appartiennent au même genre. Dans tous les cas il ressortira de cet examen, que même les fig. 8, 9 et 10 ne sont point des coquilles comme elles en ont l'air, ni des écailles de la queue d'un crustacé, comme on -pour- rait aussi le supposer; mais que ce sont réellement des parties de têtes de poissons , qu'il faudra probablement séparer génériquement des Ceplialaspis, quand on les con- naîtra plus complètement. La tête est la partie la plus extraordinaire du corps des Ceplialaspis. C'est un écus- son plus -ou moins large, dont les côtés se prolongent en arrière comme les cornes d'un croissant. La fig. i de la Tab. i a fait voir évidemment que la tête est beau- ^ 136 — coup plus large que haute, cl que ses prolongemens latéi-aux débordaient consldcra- blement les côtés du tronc. Toute la tète paraît être formée d'une seule pièce , tant ses os sont intimement soudés les uns aux autres. Dans aucun des exemplaires que j'ai examinés , je n'ai pu découvrir la moindre trace de suture ; en sorte qu'il m'est im- possible de déterminer quels sont les os qui forment la partie dilatée de l'écusson et ses prolongemens latéraux. Il est probable que ce sont les pièces operculaires, sou- dées aux sous-orbilaires, comme dans les Trigles, et notamment dans le genre Dac- tjlopterus j ou comme dans les Loricaires et les Hypostomes, et que la bouche était placée en dessous de cet écusson ; du moins je n'ai rien remarqué autour de ce crois- sant, qui rappelât l'ouverture d'une bouche et qui pût faire supposer que les os maxil- laires soient compris dans cette dilatation de la tête. Toutes les pièces que j'ai en mains présentent la tête par sa surface supérieure ; dans aucune je n'ai pu mettre à décou- vert sa surface inférieure. Il reste donc ici bien des caractères à déterminer, et qu'il est réservé à des recherches ultérieures de faire connaître. Les yeux sont placés vers le milieu du disque de la tête, et très-rapprochés l'un de l'autre ; ils sont très-petits, et tournés en haut , comme dans les Uranoscopes. Les os du crâne proprement dit parais- sent très-peu développés, et n'occuper que l'espace compris entre les yeux jusqu'à l'occiput, qui est plus ou moins saillant. S'il en est ainsi, ce sont les os de la face seu" lement qui forment toivt le disque de la tête \ à moins que l'ethmoïde ne s'étende jusqu'à l'extrémité du museau j ce qu'il m'est absolument impossible de déterminer. En dé- crivant les diverses espèces de ce genre, j'aurai occasion d'ajouter encore quelques détails sur la structure de la tête et sur ses tégumens, qui sont dans les unes de vé- ritables écailles juxta-posées , et dans les autres une cuirasse uniforme d'émail fine- ment strié. Je discuterai alors aussi la position générique de chacune d'elles. Le corps est proportionnellement beaucoup moins gros que la tête. Le dos est voûté et plus élevé à la nuque que sur tout le reste de son étendue; la queue est con- sidérablement rétrécie et se prolonge, comme dans tous les Ganoïdes hétérocerques, en un long pédicule qui porto la caudale. Celle-ci a la forme ordinaire de la caudale des poissons antérieurs aux terrains jurassiques, c'est-à-dire, que le lobe inférieur est formé par la partie antérieure de cette nageoire qui est plus allongée que celle qui forme le lobe supérieur et qui s'étend jusqu'à l'extrémité du pédicule. Il y a évidemment deux dorsales, dont on ne voit distinctement que la base de leurs rayons antérieurs; ce- pendant la fig. I de la Tab. i a ne laisse aucun doute sur leur existence. La première est placée immédiatement en arrière de la nuque, oii l'on distingue quelques traces du gros rayon de son bord antérieur ; elle s'étend presque jusqu'au milieu du dos. La se- conde est placée sur le pédicule de la queue; son gros rayon antérieur indique exacte- ment sa position. L'anale est plus reculée que la seconde dorsale ; son bord antérieur est — 157 — oppose au milieu de celle nageoire. Toutes ces nageoires paraissent n'avoir eu de rayons vraiment osseux qu'à leur bord antérieur, tandis que le reste de la nageoire était plutôt fibreux, comme dans les génies Acanthodes et Clieiracanllms ^ que composé de rayons distincts , articulés et bifurques. Dans aucun des exemplaires que j'ai examinés, l'on n'aperçoit la moindre trace de ventrales ni de pectorales. Tout le corps est couvert d'écailles disposées en séries verticales sur le milieu des flancs , et obliques au bord du dos et de l'abdomen, et qui sont réunies de manière à faire ressortir plutôt leur bord postérieur que leurs bords supérieur et inférieur 5 tellement qu il ne paraît y avoir de cbaque côté que trois rangées d'écailles beaucoup plus bautes que longues, et qui donnent à ce poisson un aspect cuirassé comme au genre CaUichthys. En effet, en examinant de près cette cuirasse écailleuse, on reconnaît qu'il y a au bord du dos une première rangée d'écailles très-élevées, beaucoup plus hautes que longues , et qui s'étend obliquement d'avant en arrière jusqu'au tiers su- périeur du poisson; puis sur le milieu des flancs une seconde rangée beaucoup plus large encore et verticale^ qui s'étend jusque vers le bord inférieur de l'abdomen; enfin sur les côtés de l'abdomen une troisième rangée moins élevée , et qui se dirige oblique- ment en arrière depuis l'extrémité inférieure de la rangée transversale. Cependant il parait que ces rangées ne sont pas uniformément composées de pièces simples ; car, du moins dans la rangée du bord du dos, on remarque que cbaque lame oblique se compose de plusieurs écailles. Il en est de même de la série oblique du bord du ventre, où, dans cbaque lame, on découvre au moins deux écailles. Mais la rangée latérale paraît être composée de pièces simples , quelque hautes qu'elles soient. Les côtés du pédicule de la queue sont complètement couverts de petites écailles en forme de losanges allongées, qui s'étendent jusque vers le milieu de la seconde dorsale. Au bord supérieur du prolongement de ce pédicule, il y a de plus grosses écailles, imbriquées, qui s'étendent jusqu'à son extrémité. Les caractères bizarres de ce genre me fournissent une nouvelle occasion de faire remarquer combien les parties du corps des animaux des époques les plus anciennes présentent d'unifoimité dans leur structure, en même temps que les types du règne animal y sont moins différenciés. Ici, par exemple, les os de la tête sont tous con- fondus, les écailles sont réunies en bandes très-élevées, et les rayons des nageoires demeurent encore immergés dans la membrane qui les entoure ailleurs ; tandis que l'animal entier rappelle de la manière la plus étonnante les Trilobites , qui ont précédé de peu les Cephalaspis dans la série des créations. Cet exemple seul suflîrait pour rappeler les lois constantes qui régissent la succession des êtres et leur développe- ment progressif, si la classe des poissons tout entière n'en était pas une continuelle démonstration. — 158 — Toutes les espèces du genre Cephalaspis ont été trouvées dans le vieux grès-rouge (Old-Red Sandstone) d'Angleterre et d'Ecosse. Ce n'est donc point dans le calcaire carbonifère (Mountain Limestone), et par conséquent encore moins dans le Zechstein, que l'on trouve les vestiges des poissons les plus anciens qui aient existé, comme on l'a prétendu. Leur présence remonte à une époque plus reculée-, car il est maintenant certain que l'on en trouve un assez grand nombre dans le vieux grès-rouge. Cependant cette formation même n'est pas la plus ancienne dans laquelle on ait découvert des poissons fossiles. Mais comme les Cephalaspis appartiennent déjà à une époque si reculée, et qu'il est de la plus baute importance pour la Paléontologie de préciser exactement la formation dans laquelle se trouAent les premières traces de poissons, je crois utile d'entrer ici déjà dans quelques détails sur toutes les espèces de poissons fossiles dont on a découvert des Jébris dans les coucbes les plas anciennes de l'écorce de notre globe , quand bien même leur organisation m'oblige à en renvoyer en partie la description au 3^ volume de cet ouvrage. Afin de pouvoir mieux préciser mes indications sur les coucbes dans lesquelles se trouvent les poissons les plus anciens, et afin qu'il ne puisse rester aucune incer- titude sur l'âge géologique de ces localités, je crois utile de transcrire sommairement ici les résultats des recberclies de M. Murcbison sur les rocbes stratifiées fossilifères, inférieures à la formation bouillère. Ces indications seront d'autant plus exactes, que c'est à M. Murcbison lui-même que je suis redevable de la plupart des exemplaires de poissons fossiles que j'ai examinés , provenant des formations inférieures à la houille, et que ce sont également ses communications obligeantes qui m'ont mis en état de rédiger cette notice. Dans le tableau synoptique que M. Murcbison a publié de ces terrains, il part du calcaire carbonifère et descend successivement jusqu'au système schisteux de la partie méridionale du Pays de Galles. Le vieux grès-rouge, Old- Red des Anglais, est la formation la plus récente dont les couches soient examinées en détail dans ce tableau. L'étage supérieur de cette formation- est entièrement dé- pourvu de débris organiques; l'ensemble de ses couches, formé d'un conglomérat rouge et de différens grès, a une épaisseur de plusieurs mille pieds, comme on peut s'en assurer en visitant les escarpemens des comtés de Brecknock et de Caermarthen ; elles supportent la formation houillère dans le sud du Pays de Galles. L'étage moyen de l'Old-Red se compose de marnes rouges et vertes, avec de nombreux lits d'un cal- caire concrétionné appelé Comstone et quelques couches d'un grès très-dur; c'est cette partie de la formation qui contient les débris de Cephalaspis. On n'a pas dé- couvert la moindre trace d'aucune autre espèce de corps organisés dans cet étage de la formation, à l'exception de ces fragmens de poissons, qui la caractérisent d'une manière toute particulière. Ils ont été trouvés par M. Murcbison lui-même, sur — 159 — diffcrens points de cet étage, dans les comtés de Salop, llercford, Worccslcr, Mon- moutli et Biccknock , sur une étendue d'environ 3ooo milles carrés, occupant toujours le même horizon géologique. Ce groupe des Cornstones a aussi une épaisseur consi- dérable , égalant probablement celle des grès de l'étage supérieur. Cependant M. Murchison pense que les débris de poissons sont surtout abondans dans la partie inférieure de cet étage moyen. Dans l'étage inférieur de l'Old-Red , en dessous de l'horizon des CephalaspiSj, M. Murchison n'a trouvé à Downlon-Ilall près de Ludlow, qu'un fragment de tête avec une portion de cuirasse écaillée, appartenant évidemment au Diptenis macrolepidotus ^ et à Tinmill près du château de Dowton, que de petits Ichthyodorulithes, accompagnés d'une nouvelle espèce de Pileopsis et d'une nouvelle espèce à^Avicule. Dans ce dernier endroit, l'on voit très-bien le passage du vieux grès-rouge au roc gris de Ludlow , qu'il recouvre. Les localités où les fossiles de cette formation sont les plus communs, sont: Whitbach près de Ludlow, The Whyle, la route de Bromyard, Sutton-Hill, Downton-Hall , Menaibridge et Abergavenny. M. 31urchison pense que la nature concrétionnée des calcaires de l'Old-Red, et leur désaggrégation en petits morceaux qui quelquefois ressemblent à une roche conglo- mératique, a empêché jusqu'ici d'y trouver des poissons entiers; mais il ne désespère point d'en découvrir dans les grès compacts. Il n'en a jamais trovivé non plus dans les grands amas de concrétions ayant la structure sous-cristalline et une épaisseur quelquefois de 20 pieds. En Ecosse cependant, entr'autres à Glammis dans le For- farshire, on a déjà découvert quelques exemplaires de Cephalaspîs très-bien conservés et presque entiers, qui m'ont été communiqués par M. Lyell et par M. le professeur Jameson. Enfin, les écailles du vieux grès-rouge de Fifeshire, décrites par M. le D"^ Fleming, appartiennent à une espèce gigantesque de Gjrolepis. — ■ Ainsi le vieux grès-rouge renferme des débris de plusieurs espèces de Cephalaspis j d'une espèce de Diptenis et d'une espèce de Gjrolepis j, (trois genres par conséquent qui appartiennent à l'ordre des Ganoïdes) ^ et plusieurs espèces à^IchthjodoiulitheSj qui sont des rayons osseux de différens poissons de l'ordre des Placoïdes. Ces rayons présentent des dif- férences telles, qu'il est impossible de supposer qu'ils aient appartenu au même genre, ni à quelqu'un des genres don,t il se trouve des rayons dans les formations géologi- ques supérieures. Je décrirai les uns sous la dénomination de Ctenacanthus oniaîus j et les autres sous celle d'Ojichus Murchisoni et d'O. erectus. En descendant dans le groupe de la Grauwacke, on trouve encore à différentes hau- teurs des débris de poissons fossiles; mais comme les recherches de M. Murchison l'ont conduit à subdiviser de nouveau cette série de dépôts en plusieurs formations, je crois encore devoir indiquer ici les limites de ces subdivisions, afin de pouvoir préciser l'étage qui renferme les premières traces de la présence des poissons sur la terre. — 140 — Immédiatement au-dessous du vieux grès-rouge se trouve la partie supérieure de la série de la Grauwacke, dont M. Murchison fait sa première formation, et qu'il appelle Rocs de Ludlow. Ce système est caractérisé dans sa partie supérieure, que M. Murchison appelle Rocs de Ludlow supérieurs j par une nouvelle espèce à^Aviculc, et par YAvicula retroflexa His. , par une nouvelle espèce à^ Airypa, une nouvelle espèce de Cypricardia j V Homonolotus Rnightii (nouveau genre de 31. Rnigt), le Leptœnalata de Buch, plusieurs espèces nouvelles d'OrtJiis, deux nouvelles espèces à' Orbicula j différentes nouvelles espèces diOrthocera, deux de Pleurotomariaj une nouvelle espèce de Turbo, et des corps semblables à des Serpules gigantesques. Ces fossiles, qui seront décrits et figurés dans l'ouvrage que prépare M. Murchison, sont contenus dans un grès gris peu micacé, déposé en couches minces. Les environs du château de Ludlow, en Shropshire, ceux du château de Croft en Herefordshire , les flancs ouest des collines de Malvern et d'Abberley en Worcestershire , le versant occidental des collines de May, le château de Pain en Radnorshire, et les collines de Trewerne, appartiennent à cet étage. Dans sa partie moyenne, la formation des Ixocs de Ludlow comprend les Calcaires d' Aymestry et de Sedgley, calcaires cxùs- tallins ou argileux gris et bleus, caractérisés par le Pentamerus Knigthii Sow., le Pileopsis vetusta Sow., une nouvelle espèce de BellerophoUj une de Liiigula, une ^ Atrjpa, le Terehratula TVilsoni Sow., le Calamopora fibrosa Goldf. , et quelques autres coraux. Cet étage est surtout développé près d' Aymestry en Herefordshire, dans quelques localités de Shropshire, et à Sedgley en Staffordshire. Le troisième étage est celui des Rocs de Ludlow inférieurs : ce sont des calcaires concrétionnés ou terreux, et des schistes arénacés de couleur très-foncée, développés surtout dans les escarpemens de Mocktree et de Brindgwood, dans la vallée de Woolhope en Herefordshire, et dans les escarpemens de Montgomery et de la forêt de Radnor, et caractérisés par trois espèces de Phragmoceras (nouveau genre de M. Broderip), par VAsaphus caudatus Brong., deux espèces de Cardiola (nouveau genre de M. Broderip),, ime nouvelle espèce de Nautile j deux de Spiridithe , un Pentamerus , lAtrypa ga- leata Daim., une nouvelle espèce de ce même genre, une de Pleurotomaria , lOrtlio- cera pyrifonnis et plusieurs autres fossiles. Dans cette formation on a aussi trouvé des défenses de poissons, mais en petit nombre; elles sont plus communes dans les Rocs de Ludlow supérieurs. On n'y avait jamais trouvé la moindre portion du corps d'un poisson jusqu'à cette année, oîi les couches supérieures ayant été enlevées à Ludford, en creusant les fondemens de quelques maisons, on a découvert une masse d'écaillés, de rayons de nageoires et de dents toutes fracturées, gisant pêle-mêle et formant un lit entre les couches de grès qui sont profusément chargées de grandes Serpules , de Leptœna lata et d'autres fossiles caractéristiques de cette formation. — 141 — Ces fragmens sont trop incomplets pour qu'il soit déjà possible de les enregistrer dans le cadre d'une classilication systématique; ce qu'il y a cependant de certain, c'est qu'ils ne présentent aucune analogie spécifique avec les poissons du vieux grès-rouge. Les débris de nageoires appartiennent à dilTérentes espèces d'Ichtliyodorulitlies; les écailles paraissent provenir de divers poissons de la famille des Lépidoïdes, car leur aspect est très-varié; les dents sont moins nombreuses, et nulle part entières. La nature de ces couches, leur état fragmentaire, et les fossiles qu'elles renferment, tout cela fait supposer à M. Murcliison qu'elles ont été déposées dans des eaux peu pro- fondes. On n'a trouvé qu'un très-petit nombre d'Ichthyodorulithes dans les Rocs de Ludlow inférieurs; cependant M. Murcliison ne les ayant pas recueillis lui-même, il pense que leur présence dans cet étage doit être admis avec d'autant plus de circon- spection, qu'il n'en a point trouvé dans le Calcaire d'Aymestry, qui renferme une si grande quantité de débris organiques et entr'autres de Pentamenis. La seconde formation, née du démembrement de la Grauwacke, se compose des Rocs de Diidley et de TVenlock, qui fourmillent de Coraux, de Coquilles et de Trilo- bites. M. 31urcliison la divise en deux étages : le supérieur comprend le Calcaire de Wenlock et de Dudley, qui est sous-cristallin, très-concrétionné et d'une couleur grise et bleue ; il contient une immense quantité de coraux et de crinoïdes^ le Bellero- phon tenuifascia Sow., V Evomphalus rugosus et discors Sow., le Conularia quadri- sulcata Sow. , une nouvelle espèce de Pentamenis j une de Natica , les Natica spîrata Sow., Leptœna eugljpha Daim. , Spirifer Uneatus Sow., et une nouvelle espèce de ce dernier genre, le Terehratula cuneata Daim. , le Producta depressa Sow., plu- sieurs espèces d'Orthocères, \ Asaphus caudatus Bron^., le Caljmene Bluinenbachii Brong., et autres Trilobites. Cet étage s'étend surtout dans les environs de Wenlock en Sliropsbire, dans le Caermartben, à Dudley et en Gloucestei'shire. Le second étage comprend les Schistes argileux de Wenlock et de Dudley, qui ont une couleur d'un gris foncé brunâtre, sont rarement micacés, renferment des nodules d'un calcaire terreux, et dans lesquels on trouve surtout une variété ^ Asaplius caudatus , le Càlj- mene Bliunenbacliii j une nouvelle espèce de Lingulttj une nouvelle espèce à^Oithis , le Cyrtia trapezoidalis Daim., mie nouvelle espèce de Deltliyris, une dHOrthocera, lOrthocera annulata Sow., des Crinoïdes, etc. M. Murcliison n'a pas trouvé la moindre trace de poisson dans cette formation; cependant, à York, M. Allis m'a communiqué un bel Ichtliyodorulithe, différent de tous ceux que je connaissais,, et qu'il m'a assuré provenir des Piocs de Dudley. La troisième formation de M. Murchison est celle des Rocs d^Horderley et des Col- lines de May, qui descend jusqu'aux Pvocs noirs de Llandeilo et de Builth ; elle est entièrement dépourvue de débris de poissons, et surtout caractérisée par le Penta- ToM. II. J9 — 142 — menis Icevis Sow. , le P. ohlongus Murch. , une nouvelle espèce de Leptcena^ une de Pi- leopsisj une nouvelle Téi'ébratule, beaucoup de Crinoïdes, quelques Coraux, des Tri- lobites inédites, le genre Cijptolithus , qui a été découvert dans l'Amérique septen- trionale, et quatorze espèces d'Orthisj différentes de celles qu'on a trouvées dans les foi'mations supérieures, y compris VOrthis callactis de Daim, et son O. aperturatus. UAsaphus Buchii Brong., son genre Agnostus , et d'autres espèces inédites de Tri- lobites, caractérisent les Rocs de Builth et de Llandeilo. En descendant encore plus bas , on arrive au système schisteux de la partie méri- dionale du Pays de Galles, que 31. le professeur Sedgwick a également analysé en détail, mais dans lequel on n'a jamais rencontré la moindre trace de poisson. Ainsi nous avons au dessous du vieux grès-rouge une échelle géologique de plusieurs mille pieds, dont les degrés ont été examinés avec soin par les géologues les plus distin- gués, et sur laquelle le commencement de l'histoire des Poissons peut être inscrit avec certitude à la hauteur de la formation des Rocs de Ludlow, et peut-être même déjà à celle de la formation de Dudley. Mais, dans tous les cas, c'est dans la série de la Grauwacke que commencent les poissons. Ces faits ne sont pas de nature à accréditer les idées les plus généralement reçues sur la succession des êtres organisés et sur l'apparition consécutive des animaux rayonnes , des Mollusques, des Articulés et des Vertébrés, puisque nous les trouvons ici ensemble. Leur développement progressif présente au contraire des phases particulières dans chacun de ces embranchemens, et est exprimé par les métamorphoses qu'ils Subissent chacun dans leurs caractères et dans leurs relations mutuelles. Après cette digression, je reviens aux espèces du genre Cephalaspis. I. Cephalaspis Lyellh Agass. Yol. ">-., Tab. X a, fig. i , 5, 3, 4 et 5; et Tab. i Z»_, (ig. i , 2, 3, 4 ^t 5. Cette espèce étant celle dont je possède les exemplaires les plus complets, je crois devoir la décrire la première, afin d'avoir pour les autres un terme de comparaison plus sûr. Des têtes semblables à celles représentées dans les fig. 3 et 5 de la Tab i bj sont les parties de ce poisson que l'on trouve le plus communément. M. 3Iurchison en possède un assez grand nombre d'exemplaires , trouvés dans les Cornstones du vieux grès-rouge dans les comtés de Hereford et Brecknock , à Whitbach près de Ludlow , et dans les environs de Ridderminster. M. le Prof. Jameson m'en a communiqué une tête beaucoup mieux conservée , et dont la surface est couverte d'écaillés très-singu- lières *, cet exemplaire a été trouvé dans le vieux grès-rouge à Glammis en Ecosse ( Forfarshire ) . Les exemplaires les plus parfaits que j'aie vus sont ceux de la col- — 143 — lection de M. Lyell ; ils proviennent également de Glanimis. Celui de la fig. 2 , Tab. I Uj se présente par sa surface dorsale ; on y voit la tète par sa surface supérieure , avec ses prolongemens latéraux. Cet exemplaire est surtout instructif en ce que l'on y distingue la jonction de la tète et du tronc , la disposition des écailles sur la nuque et sur le milieu du dos, et les points d'insertion des deux dorsales. L'original de la fig. i, même planche, appartient aussi à M. Lyell : c'est un individu entier, divisé en deux plaques; l'une d'elles, en relief, fait voir la convexité du disque de la tête, dont la pointe latérale du côté gauche est restée sur la plaque creuse, qui est celle que j'ai fait représenter. La tête de ce poisson a des dimensions considérables, proportionnellement à la pe- titesse du corps 5 elle forme environ le tiers de la longueur totale. Son pourtour est arrondi en forme d'un croissant dont les cornes latérales seraient rapprochées, et dont la partie antérieure et moyenne serait très-saillante. En effet , ses prolongemens la- téraux sont moins éloignés l'un de l'autre, que leur extrémité ne l'est de la partie arrondie du museau. Le milieu de la tête, c'est-à-dire, la région où se trouvent les yeux , le crâne et surtout la crête occipitale , est relevé , comme on le voit en profil dans la fig. 4? Tab. \ h ; tandis que ses côtés et son bord antérieur sont considérablement dilatés et étalés horizontalement, de manière que le prolongement bicorne de la tête déborde les côtés du tronc et s'étend librement en arrière, comme on le voit fig. i, Tab. I a, où la tête ne paraît probablement s'étendre autant en dessous du tronc, que parce que l'aile gauche de son disque aura été refoulée dans une position plus verticale qu'elle ne l'était naturellement. Les yeux, très-rapprochés l'un de l'autre, sont placés vers le milieu de l'écusson que forme la tête, un peu plus près du bout du museau que de la crête occipitale; ils paraissent avoir été dirigés directement en haut, comme dans les Uranoscopes ; du moins c'est leur position dans les exemplaires les mieux conservés et qui sont complètement étalés dans leur état naturel, fig. i , Tab. I h. Dans la fig. 3, dont les côtés paraissent avoir été tant soit peu resserrés, (à en juger du moins par une fissure longitudinale sur le bord gauche de cette empreinte ), les yeux sont un peu inclinés sur les côtés. Entre eux, et en avant des orbites, il v a une dépression ti'iangulaire qui me paraît avoir été occupée par les fosses nasales. En arrière des orbites se trouve une autre dépression longitudinale, étroite, du double plus longue que large, et bordée par deux crêtes saillantes que je crois être les crêtes pariéto-frontales ; en sorte que cette dépression se trouverait à la jonction des fron- taux. En arrière, ces crêtes se rapprochent l'une de l'autre , et s'élèvent pour former la crête occipitale, qui est très-saillante, comme on le voit surtout dans les fig. 3 et 4; tandis que dans la fig. i, elles sont en grande partie enlevées. La partie pos- térieure et moyenne de la tête est coupée presque carrément, et bordée par la pre- — 144 — niière série d'écaillés ^ tandis que les côtés sont fortement échancrés, et forment le bord intérieur du prolongement latéral du disque de la tête, fig. 3, Tab. i h^ et fig. i , Tab I a. Le pourtour de ce disque est entouré d'une lame osseuse, qui, réflécbie sur elle-même, forme en même temps dessous la tête son bord inférieur et latéral. Ne pou- vant pas, à cause de l'état particulier de conservation de la tête ( qui résulte probable- ment de sa structure ) , déterminer la forme et les connexions des os du crâne , je vais du moins indiquer encore ce qu'il m'a été possible de recueillir dans différens exemplaires sur l'aspect de ces os. Dans la fig. i , Tab. i bj on voit en grande partie leur surface extérieure recouverte d'écaillés irrégulières, de forme plus ou moins arrondie, et dont les bords, qui sont cependant plus ou moins droits, se réunissent par juxta-position, de manière à former lui pavé d'écaillés tout-à-fait semblable à celui qui recouvre la tête des Ostracions. Chacune de ces écailles, fig. ij est convexe à son centre, et présente des sillons creux, divergens vers ses bords, où ils forment une dentelure qui s'engrène d'une écaille à l'autre. La forme de ces différentes écailles varie beaucoup; la plu- part dentr'elles sont arrondies, il est vrai, mais il y en a aussi d'anguleuses, qui alors s'appliquent contre lur bord droit d'une écaille du reste arrondie ; et par-ci par-là il y en a de petites qui remplissent les intervalles entre les plus grandes. Du reste, ces écailles paraissent être osseuses, et leur surface extérieure émaillée. Au pourtour du disque elles se confondent davantage, et leur émail présente des rides parallèles à son bord. Cette disposition se voit assez bien dans un fragment, du reste très-imparfait, de la collection de 31. Murcbison, qui n'a pas été figuré 5 on en distingue aussi quel- ques traces dans l'exemplaire de M. Jaiueson, Tab. i h_, fig. i , et dans un de ceux de M. Lyell, Tab. i a^ fig. 2. Les os même de la tête avaient une structure fibreuse , que l'on reconnaît encore dans tous les exemplaires où il en est resté quelques frag- mens; on voit surtout bien cette structure fibreuse à la surface interne du disque, telle qu'elle se présente dans la fig. i , Tab i a. On la retrouve aussi Tab. i bj fig. i, là où les écailles sont enlevées, et même dans les exemplaires qui ne sont que de simples empreintes, comme dans la lig. 3, où elle se reconnaît encore au relief de la roche , sur lequel les sinuosités de la surface intérieure des os de la tête sont moulées. Dans la partie anléiùeure du disque, les fibres osseuses sont dirigées droit en avant; sur les côtés elles sont obliques, puis transverses, et enfin, dans les prolongemens latéraux du croissant de la tête, elles suivent la direction de ces parties proéminentes, et semblent en général aller en divergeant dans tous les sens, depuis les côtés du crâne. Les os du crâne eux-mêmes présentent une irradiation semblable entre les crêtes pariéto-frontales , comme on le voit dans la fig. i , Tab i b. Les prolongemens latéraux de la tête, sont du reste plus épais que ses parois osseuses, et se rétrécissent insensiblement jusqu'à former une pointe compacte et ai'rondie , qui s'étend plus en î^' — 14î> — . arrière que la crête occipitale, fig. 3, et qui se détache d'autant mieux du tronc, que récliancrure du bord postérieur du disque est plus évasée en seloignant des flancs du poisson. La diflerence de forme que l'on peut remarquer entre les iîg. i, 3 et 5, Tab. I h, et les fig. i et 2, Tab. i a, me paraît provenir seulement de l'état de con- servation des exemplaires, et surtout de ce que, dans les uns , fig. i , Tab. i a, et Tab. I h, les os de la tête étaient aussi complètement étalés que leurs articulations le per- mettaient, lorsqu'ils ont été entourés par la matière qui a formé la roche dans la- quelle ils se ti'ouvent maintenant, tandis que dans les autres ils étaient plus resser- rés; ce qui leur a donné une forme plus étroite et moins arrondie. L'exemplaire de la fig. 5 a un aspect très-particulier : sa surface est entièrement lisse ; mais cette diffé- rence se conçoit en voyant qu'ici la surface extérieure des os est complètement enle- vée, et qu'il n'en est resté qu'une lame inférieure, sans que l'on aperçoive sa surface interne , que nous avons vue être cannelée dans les exemplaiies oîi elle est à décou- vert. Il me paraît très-probable que la cause pour laquelle on trouve le plus souvent ces têtes détachées du corps du poisson , doit être cherchée dans la grande différence qu'il y a entre leur structure et celle du tronc , et surtout dans la dispropoi'tion de leurs dimensions et de leurs formes, puisqu'ils ont dû résister différemment à différentes pressions et aux chocs auxquels ils ont pu être exposés. Si, d'un autre côté, toutes les têtes se présentent ordinairement par leur surface extérieure , c'est que leur surface inférieure, la cavité de la bouche , les arcs branchiaux et les sinuosités des os inférieurs du crâne, sont des points d'appui bien plus solides pour les matières qui s'y sont in- filtrées , qu'une large surface légèrement convexe qui doit natui'ellement se détacher maintenant plus facilement de la roche, lorsqu'il s'y forme une fente. Le tronc rappelle davantage celui des poissons qui constituent les genres déjà dé- crits de la famille des Lépidoïdes ; mais il en diffère surtout par ses deux dorsales , son anale très-reculée et les singulières écailles qui le recouvrent. Sa forme est celle d'un fuseau allongé, renflé à sa partie antérieure, et qui va en se rétrécissant insensi- blement jusqu'au pédicule de la queue, qui est proportionnellement très-grèle, puis- que son diamètre n'excède pas le quart de la hauteur du tronc vers la nuque. La première dorsale est placée sur la partie la plus élevée du dos, immédiatement en arrière de la crête occipitale. Son existence est rappelée seulement par l'empreinte de la base des rayons dont elle était formée ; à son bord antérieur on remarque deux rainures un peu plus larges que les suivantes , qui sont certainement les empreintes de deux rayons plus gros, dont le premier peut avoir été court et accolé le long du se- cond, qui s'étendait probablement jusqu'à l'extrémité de la nageoire. Il n'est pas pos- sible de s'assurer s'il y avait de petits rayons imbriqués. Les autres rayons étaient très-minces , et n'ont laissé d'autres traces de leur présence que l'aspect strié du bord — 146 — de cette partie du dos; ils s'étendaient jusqu'à son milieu. La seconde dorsale est plus distincte; son bord antérieur est soutenu par un très-gros rayon , dont les articula- tions transversales sont assez rapprochées, et au bord duquel on remarque de très- petits rayons imbriqués et très-serrés contre le plus gros. Le reste de la nageoire, qui paraît s'être étendue jusqu'à la partie la plus mince du pédicule de la queue, n'est rappelé que par une tache striée parallèlement au rayon antérieur, et dont les stries étaient les petits rayons mous du fort de la nageoire. La position relative des deux dorsales est indiquée exactement dans l'exemplaire de la fig. 2 , Tab. i a, où l'on voit qu'en arrière de la nuque et à la partie postérieure du dos, les écailles ne se joignaient pas et laissaient entr'elles un intervalle dans lequel les rayons de la nageoire étaient insérés. L'anale n'a pas même laissé une trace aussi distincte de sa présence ; on re- connaît seulement , en comparant les deux plaques de l'exemplaire représenté dans la fig. I, Tab. i a^ qu'elle était placée plus en arrière que la seconde dorsale, et que même son bord antérieur correspondait au milieu de cette dorsale. Sa position est aussi indiquée par l'interruption que l'on remarque dans les écailles du bord du ventre. La caudale n'avait point de gros rayon ; ses lobes ne sont indiqués que par la cou- leur particulière de la roche ; l'inférieur s'étend jusqu'au milieu du supérieur. Leur insertion est très-oblique ; en sorte que le prolongement du pédicule de la queue est proportionnellement très-long. Son bord supérieur porte une large lisière de rayons imbriqués, très-gros proportionnellement à la taille de ce poisson, qui vont en gran- dissant depuis le bord postérieur de la seconde dorsale jusqu'au milieu du pédicule, et qui diminuent de nouveau insensiblement jusqu'à son extrémité. Ces petits rayons sont fort épais , proportionnellement à leur longueur ; ils sont moins accolés contre le bord du pédicule , et moins inclinés vers son extrémité que dans la plupart des autres genres de cette famille. Les écailles ont une conformation si particulière, qu'on ne retrouve rien de semblable dans aucun autre genre ; les Callichthjs seulement ont aussi sur les flancs des séries de lames écailleuses très-élevées ; mais dans le genre Cephalaspis il n'y a de chaque côté qu'un rangée de plaques hautes et étroites, insérées transversalement sur le milieu des flancs ; tandis que, au bord du dos et au bord du ventre, il y a des séries de petites écailles disposées obliquement aux extrémités de celles des flancs. Sur le pédicule de la queue et sur son prolongement, les écailles ont toutes la même forme; elles sont rhomboïdales et de plus en plus petites. Celles du milieu des flancs, Tab. i a^ fig., 3, sont si hautes, que leur largeur excède huit à dix fois leur longueur, et qu'elles occupent plus de la moitié de la hauteur totale du poisson, dans sa partie antérieure du moins. Yers le milieivdu tronc elles sont moins hautes , et en dessous de la seconde dor- sale elles finissent par se confondre avec les petites écailles des bords du dos et du ventre; — 147 — en sorte que les côtés de la queue et de son prolongement ne présentent plus cette disproportion frappante qu'il y a en avant entre les écailles des flancs et celles du dos et du ventre. Le bord postérieur de ces liantes plaques est droit, perpendiculaire au diamètre longitudinal du poisson, tandis que le bord supérieur est taillé en biseau; son angle postérieur est beaucoup plus élevé que l'angle antérieur. Au bord inférieur, qui est parallèle au supérieur, l'obliquité des angles est inverse. La surface extérieure de ces écailles est ornée de rides ondulées et disposées dans le sens de leur plus grand diamètre. Il y a 26 à 3o de ces plaques sur les flancs. Les séries d'écaillés du bord du dos sont placées obliquement à l'extrémité des hautes écailles des flancs, et se di- rigent du haut en bas et d'avant en arrière; en sorte que l'ouverture de l'angle obtus qu'elles forment ensemble est tournée vers la tête, et son sommet vers la queue. Dans la fig. 2, Tab. i «^ on voit d'en haut la disposition de ces séries et leur jonction avec les plaques des flancs; chacune d'elles se compose de plusieurs écailles, aussi longues, dans la partie antérieure du dos, que les lisières des flancs sont larges, mais qui deviennent plus petites à mesure que celles-ci, diminuant de hauteur, se con- fondent davantage avec les écailles des bords. Dans chacune de ces séries il paraît y avoir quatre à cinq écailles, lig. 4- Au bord du ventre, les écailles sont dirigées obli- quement en arrière, à l'extrémité des grandes lames transversales. Ces séries sont beaucoup plus étroites que celles du dos, et ne paraissent formées que de deux écailles. Vers le milieu de la seconde dorsale, toutes les écailles ont à-peu-près la même grandeur; celles des flancs seulement sont encore un peu plus hautes que longues; mais vers l'extrémité de la queue , elles deviennent de plus en plus équilatérales , et finissent par être, sur le prolongement du pédicule, des losanges, fig. 5, dont les angles aigus sont dans le sens longitudinal du poisson. Toutes ces petites écailles paraissent lisses. L'analogie qu'il y a dans la structure des écailles entre les Callichthys et les Cé- phalaspis, me paraît confirmer la position que j'ai assignée aux Goniodontes et aux Siluroïdes dans l'ordre des Ganoïdes, après les Acipenser, " — ! , e-fr«^i^ — 148 — II, Cephalaspis rostratus Agass. Vol. 2, Tab. I h j fig. 6 et 7. Cette espèce appartient évidemment au genre Cephalaspisj tel qu'il a été carac- térisé d'après la précédente, dont elle ne diffère essentiellement que par la forme de la tète , qui est étroite et beaucoup plus allongée. Je n'en ai encore vu qu'un seul bon exemplaire, dans la collection de M. 3Iui'cliison; il est représenté par sa surface su- périeure dans la fig. 6, et en profil dans la fig. 7. C'est une tête, dans un état de conservation semblable à celle de la fig. 3 du C. Ljellii, et dont l'empreinte seulement rappelle les formes particulières, sans que les os aient été conservés. Cependant on y aperçoit quelques détails qui ont trait aux caractères génériques , et que je n'ai pas vus dans l'espèce précédente. J'ai appelé ce poisson Cephalaspis rostratus ^ parce que la partie antérieure de la tête se prolonge en un museau pointu. Les yeux sont placés beaucoup plus en arrière sur le disque de la tête, à-peu-près à son tiers postérieur, tournés directement en haut, et encore plus rapprochés l'un de l'autre que dans le C. Lyellii; ils paraissent aussi avoir eu une forme oblongue , à en juger du moins par la légère empreinte des orbites. En arrière de celles-ci se trouvent aussi les crêtes pa- riéto-frontales, qui sont très-rapprochées et moins saillantes que celles du C. Lyellii^ et entre lesquelles s'élève déjà la crête occipitale. Cette tête est beaucoup plus longue que large, et ses côtés se resserrant rapidement sont plus arqués que la ligne qui va de l'extrémité du museau à la nuque , et qui s'élève en crête médiane depuis le tiers antérieur de la tête jusques entre les orbites. A l'extiémité antérieure de cette crête il y a une dépression triangulaire, longitudinale, qui pourrait avoir été occupée par les narines, lesquelles seraient alors bien plus rapprochées du bout du museau, et très- éloignées des yeux. Sur les côtés de cette dépression l'on voit deux petits mamelons, fig. 6. cCj qui me font supposer que les os maxillaires supérievu's étaient détachés de la tête, comme dans le genre Hypoplithahnus et dans quelques autres de la famille des Silures, que peut-être même ils se prolongeaient en forme de barbillons sur les côtés de la tête, et qu'ils étaient insérés dans la cavité formée par ces mamelons. La pièce o me paraît être l'os ethmoïde, arrondi à son bord antérieur, et en avant duquel l'intermaxillaire formerait le bout du museau et le bord réfléchi des côtés de la tête. Dans cette partie de l'empreinte on voit quelques tiaces de cet os, dont la surface est striée longitudinalement, tandis que sa cassure présente une structure granuleuse. J'insiste sur cette particularité, et surtout sur ce que cette surface striée se voit distinctement, avec la structure granuleuse de l'os, dans un exemplaire qui appartient évidemment au genre Cephalaspis. Celte circonstance^ jointe à celle que — 149 — les bords latéraux de la tête sont repliés vers sa surface inférieure , rendra plus facile la détermination des antres espèces. Vers la région des yeux l'on voit encore, en a a, deux prolongcmcns latéraux, qui me paraissent être les équivalens des cornes du croissant du C. Lyellii. Sur le côté droit de la tête on voit évidemment que sa surface inférieure est striée longitudinalement; sur le côté gauche il y a une portion de l'os dont la surface extérieure est striée également; des deux côtés on voit la structure gra- nuleuse de l'épaisseur de l'os. Enfin, au bord postérieur du côté gauche, il y a vuie portion des parois latérales de la tête intacte , sur la surface extérieure de laquelle on remarque encore de semblables stries longitudinales, comme sur l'empreinte de la surface inférieure au bord de sa cassure. Entre ces deux surfaces on retrouve la structure granuleuse de l'os, et l'on voit évidemment que les surfaces striées sont d'une substance différente 5 que c'est une couche d'émail qui recouvre les os de la tête. Cette espèce n'a encore été trouvée qu'à Whitbach, dans le vieux grès-rouge. Tous les exemplaires que j'ai vus sont de la collection de M. Murchison. III. Cephalaspis Lewisii Agass. Toi. 2, Tab. I ^^fig. 8. ■ L'exemplaire que j'ai fait figurer est le seul que je connaisse de cette espèce; c'est une simple empreinte en relief de la tête , sur l'un des côtés de laquelle il y a encore quelques traces de substance organique. Cette empreinte est même si peu caractéris- tique, qu'il serait impossible d'avoir une opinion arrêtée sur le genre auquel elle ap- partient, si elle ne présentait, dans quelques-unes de ses parties, des rapports frappans avec le C. rostratus : ainsi, à son extrémité antérieure, on retrouve exacte- ment la même pièce que celle que j'ai désignée comme étant l'ethmoïde, avec cette différence, qu'ici l'empreinte de cet os est coupée carrément à son bord antérieur, que ses bords latéraux sont droits et parallèles entr'eux, et que son bord postérieur s'avance vers le disque du crâne par un pédicule plus étroit. Le bord postérieur de la tête est tronqué , comme dans le C. Lyellii., fig. 3 ; mais il est dirigé plus obliquement en avant, et se relève de chaque côté de manière à former une espèce de gond, comme on en voit fréquemment sur les bords articulaires des anneaux de certains Crustacés. Cependant ces bords relevés ne se joignent pas à la nuque, qui est déprimée. En pré- sentant ce fossile à la lumière, de manière à faire ressortir toutes ses inégalités, on aperçoit sur son milieu une ligne proéminente qui s'étend de l'ethmoïde à la partie du crâne la plus élevée, dont la surface est complètement arrondie. Sur les côtés du disque on remarque un sillon sinueux , qui se perd en avant dans le bord même de l'empreinte, environ à l'endroit où, dans le C. rostratus j, on aperçoit les deux mame- ToM. II. 20 — iso- lons latéraux. Les bords latéraux de la tête, surtout à sa partie postérieure, sont rabattus de la même manière que dans le C. rostratus; avec cette différence seule- ment, que dans le C. Lewisii ils sont perpendiculaires vers la jonction de la tête et du tronc, et inclinés en dehors dans leur partie moyenne et antérieure. Sur le côté gauche on voit encore quelques traces de la surface inférieure des os du crâne; et même, immédiatement à son bord et à l'angle postérieur et inférieur de la tête, il en est resté un fragment qui fait voir la structure granuleuse de sa substance, et qui présente une identité parfaite d'organisation avec le C. rostratus. Cependant dans le C. Lewisii ]e n'ai remarqué aucune trace de prolongement latéral en forme de corne. La forme de la tête du C. Lewisii a quelque chose de très-particulier : sa partie postérieure est rétrécie et plus voûtée que sa partie moyenne, qui est aplatie et dilatée latéralement; le museau est aussi aplati ; le disque entier a une forme ovale, tronquée aux deux extrémités. Cette espèce a été trouvée à Whitbach, dans le vieux grès-rouge; je l'ai dédiée au Révérend M. Lewis, qui étudie avec zèle la géologie de cette pai'tie de l'An- gleterre. L'exemplaire figuré se trouve dans la collection de M. Murchison. IV. Cephalaspis Lloydii Agass. Vol. 2, Tab. I bj fig. 9, 10 et ii. Celte espèce ressemble beaucoup à la précédente ; la forme générale de la tête (qui est aussi la seule partie conservée dans les nombreux exemplaires que j'ai vus) est la même; seulement son bord antérieur est plus arrondi, et son extrémité postérieure moins rétrécie. Des quatre espèces c'est celle-ci dont la tête, au premier coup-d'œil, ressemble le moins à la tête d'un poisson. Dans les exemplaires dont la surface supé- rieure est conservée, on a de la peine à se défendre de l'idée que ces fossiles ne sont que des coquilles de Mollusques; tant leurs sti'ies extérieures sont régulières, et rap- pellent les stries d'accroissement des Testacés. Cependant, en examinant de près ces stries , on reconnaît qu'elles sont disposées autrement que dans tous les Mollusques ; car lors même que l'on partirait de la supposition que ces disques sont des tests de 3IoHusques univalves patelliformes , ou même de bivalves, la disposition des stries contredirait l'une et l'autre de ces hypothèses. En effet, ces stries sont disposées sur les côtés d'une ligne médiane dirigée d'avant en arrière du disque , et présentent dans leur partie postérieure un parallélisme presque parfait; tandis que , a,u bord antérieur, elles suivent sa courbure, et ne rappellent nulle part les lignes concentriques que forment les nouvelles lames des coquilles dans le sens de leur accroissement. Par la — 151 — comparaison de plusieurs exemplaires brisés de ces fossiles, il devient évident que cette surface striée est une couche d'émail, distincte de la substance qui forme la partie consistante du disque, que ces stries sont des rainures dans la couche super- licielle des plaques, et non point des bords relevés de lames d'accroissement succes- sives. Ce qui le prouve évidemment, c'est que, d'un côté, sur une coupe transversale de tout le test, on n'aperçoit que de petites fentes perpendiculaires qui finissent brusquement, et que, d'un auti'e côté, malgré la régularité de ces stries, on les voit quelquefois distinctement se bifurquer; enfin, leur parité sur les deux côtés du disque, sans que dans les couches inférieures de sa substance il y ait la moindre trace d'une division longitudinale, est un caractère qui ne s'accorde nullement avec ce que nous connaissons de l'accroissement des Mollusques et des écailles de la queue des Crus- tacés; tandis que l'analogie de ces disques avec les têtes de Cephalaspis qui viennent d'être décrites, est d'autant plus frappante qu'on les examine plus en détail. L'ovale de la tête de cette espèce est plus obtus que celui de la précédente ; son bord antérieur est complètement arrondi; cependant on y remarque évidemment- l'em- preinte d'un ethmoïde semblable à celui du C. Lev^'isiij mais beaucoup plus étroit et plus allongé; il était même certainement plus long qu'il ne le paraît dans la fig. lo, dont l'original est brisé à son bord antérieur. Le bord postérieur du disque de la tête est tronqué obliquement, comme dans le C. Lewisii; mais il n'est pas relevé en bourrelet. Les bords latéraux sont inclinés uniformément de côté, et suivent la cour- bure générale de la voûte de la tête, qui n'est nulle part déprimée dans sa partie an- térieure comme celle de l'espèce précédente. Outre la couche d'émail qui forme la surface extérieure du disque , et que l'on voit surtout bien au bord droit et antérieur de la fig. lo, ainsi que sur vm lambeau conservé vers le bord postérieur de ce même exemplaire, on distingue encore deux couches de structure différente : l'une, qui est la moyenne du test, a une structure granuleuse semblable à celle des os des poissons Chondroptérygiens, et parfaitement identique avec celle des lambeaux que nous avons aperçus dans le C. rostratus^ l'autre, qui est la couche inférieure, se décompose en feuillets superposés les uns aux autres comme les lames d'accroissement des coquilles des Mollusques. Cette dernière couche est la plus épaisse des trois. Dans l'exemplaire de la fig. 9, qui est celui dont les formes sont le mieux conservées, on ne voit des lames que de cette troisième couche, qui recouvre en partie l'empreinte en relief de la surface inférieure de la tête. Dans la fig. 10, au contraire, on reconnaît au bord de son disque, d'abord la couche extérieure, sous laquelle la couche moyenne est cachée, et un peu plus en avant dans l'intérieur du moule, des lambeaux de la couche infé- rieure. Enfin, dans la fig. 11 on voit un fragment cassé de manière à présenter ces trois couches dans leur superposition naturelle. Sur les côtés de la tête l'on n'aperçoit — 132 — aucune trace d'un prolongement latéral en forme de corne, pas plus que dans le C. Lewîsii; en sorte qu'il me paraît probable qu'un jour, lorsqu'on les connaîtra mieux, ces deux espèces devront être séparées génériquement des C. Ljelli et rostratus. Ce qui vient d'être dit sur la structure de la tête des Ceplialaspis rappelle singu- lièrement le test des Crustacés, qui a aussi une couche extérieure colorée, sous laquelle se trouve d'abord une couche de structure granuleuse , puis une couche la- melleuse; et ce n'est pas sans avoir hésité long-temps, que je me suis décidé à en- visager les fossiles représentés dans mes fig. 8, 9 et 10, comme des têtes de Cephalaspis j plutôt que comme des écailles terminales de quelque Crustacé inconnu. Il est, en effet, fort extraordinaire que des écussons dont les caractères ichthyologiques ne peuvent être révoqués en doute dans les espèces représentées fig. i, 3, 5 et 6, l'une desquelles, du moins, a été trouvée avec son tronc et ses nageoii-es, aient exac- tement la même structure que d'autres disques que Ton pourrait prendre aussi pour des queues de Trilobite. La difficulté d'ari'êter son opinion sur ces fossiles est d'autant plus grande, que le bouclier et la queue de plusieurs espèces de la famille des Tri- lobites ont aussi la couche extérieure de leur test ornée de sillons semblables à ceux delà tête des Cephalaspis, et leurs bords quelquefois relevés en bourrelet, comme le bord postérieur du disque du C. Lewisii. Cependant, la présence constante de la pièce qui me paraît être Tethmoïde, et l'arête longitudinale sur le milieu du disque, semblent trancher la question et nous obliger à placer définitivement toutes ces lilaques dans la classe des Poissons, et à les envisager comme des têtes de Cephalaspis ou d'uu genre voisin. Leur structure particulière exige la plus grande circonspection dans l'établissement des espèces, pour ne pas s'exposer à envisager comme des espèces particulières des empreintes dont les couches extérieures seraient enlevées, et don- neraient à la sui'face du disque un aspect tout différent. Déjà de pareilles méprises ont eu .lieu dans la classe des Crustacés, chez lesquels la surface inférieure du test a fré- quemment u\\ aspect tout différent de celui de la surface supérieure , en sorte que leurs empreintes ne se ressemblent point du tout. Le C. Llojdiij dont j'ai vu un grand nombre d'exemplaires dans la collection de M. Murchison, paraît être très-commun dans le vieux grès-rouge, et se trouver dans le Pays de Galles dans toutes les localités oii l'on trouve le C. Lyellii. Ces deux espèces devront donc être envisagées comme caractéristiques pour cette formation. J'ai dédié cette espèce à 31. Lloyd, médecin à Ludlow, qui le premier a fait connaître à M. Murchison l'existence de ces curieux fossiles dans le vieux grès-rouge. — ioô CHAPITRE YII. DU GENRE EURYNOTUS. Mon attention a été appelée sur ce genre pour la première fois lorsque j ai examiné à Edimbourg les fossiles du Calcaire d'eau douce de Burdie-House, dans le Musée de la Société Royale , où j'ai trouvé quelques exemplaires d'une espèce qu'il m'a d'abord été impossible de ranger dans aucun des genres que j'avais déjà établis alors. Depuis, M. le professeur Jameson m'en a communiqué des exemplaires si bien conser- vés , que j'ai pu en constituer définitivement un nouveau genre auquel j'ai donné le nom à'EurjnotuSj et dont tous les caractères ont pu être déterminés exactement. Sa po- sition dans ma classification est naturellement à côté des Amhljptenxs^ entre ce genre et le genre Platysomus , c'est-à-dire, dans la famille des Lépidoïdes, section des Hétérocerques. La forme de son corps et de sa nageoire dorsale le rapproche même davantage des genres à corps plat, tandis que la forme des nageoires paires rappelle le genre Amhljpterus. Dans le cadre de l'ordre des Ganoïdes qui précède la description des genres de la famille des Lépidoïdes, il faudra le placer immédiatement avant le genre Platysomus. Ce genre est très-bien caractérisé par sa grande dorsale, qui occupe tout le dos comme dans les Platysomes, et dont les rayons antérieurs sont très-allongés. L'anale, opposée à la partie postérieure de la dorsale , a aussi son bord antérieur formé par des rayons beaucoup plus longs que les suivans. La caudale n'est pas aussi développée, proportionnellement, que les autres nageoires. Les ventrales sont très-grandes, et placées au milieu de l'abdomen; les pectorales sont plus grandes encore, et si dé- veloppées, que leur bord postérieur atteint l'insertion des ventrales. Cependant les nageoires paires ont moins de rayons que dans le genre Amblyptenis. La tête est petite, et les mâchoires sont armées de très-petites dents obtuses. Les écailles sont de moyenne grandeur. Je connais maintenant trois espèces A'' Eurynotus j provenant, l'une du calcaire de Burdie-House, la seconde de New-Haven près de Leith, et la troisième de Sunder- land (Massachusetts). — 154 — I. EURYNOTUS CRENATUS AgaSS. Yol. 1, Tab. i4 (ij et i4 b. Cette espèce est celle qui m'a servi de type pour établir le genre 5 pendant quelque temps elle a même été la seule que je connusse. Elle paraît ne pas être très-rare dans le calcaire de Burdie-House; car j'en ai vu plusieurs exemplaires dans la collection de la Société R. d'Edimbourg, dans celle de M. le D' Hibbert, et un plus grand nombre encore dans celle de M. le professeur Jameson. Les originaux des fig. i, 2 et 3, Tab. i/f. ttj appartiennent à la Société Royale^ ceux de la fig. 4 5 et de la Tab. i4 hj appar- tiennent à M. Jameson. La fig. i, Tab. i4 «j donne l'idée la plus complète de la forme du tronc de ce poisson et de la structure de sa caudale. Dans la fig. 2, on distingue quelques détails de la structure de la tête; dans lajig. 3, la position relative de la dorsale, de l'anale et des ventrales, ainsi que la direction de la ligne latérale. La fig. 4 fait encore mieux voir la dorsale, la longueur de ses rayons antéiieurs, et même de ceux de l'anale. Dans la Tab. il^ bj fig. i , on voit surtout bien le bord antérieur de la dorsale, et la manière dont les rayons s'allongent insensiblement depuis le dos jusqu'à l'extrémité de la nageoire 5 c'est aussi de tous les exemplaires celui où les écailles sont le mieux conservées. On y voit encore quelques os du crâne, par leur surface extérieure. Enfin, la fig. 2 de cette planche montre toute l'extension des na- geoires paires. Avant d'avoir vu les exemplaires de la collection de M. Jameson, et. surtout ceux de la Tab. 14 b^ il me restait des doutes sur la validité de ce genre, doutes qui me paraissaient surtout justifiés par la grande ressemblance que l'original de la fig. I, Tab. 14 a^ présentait avec le genre Platjsomus. Cette ressemblance était d'autant plus embarrassante, que cet exemplaire ne laisse apercevoir aucune trace de l'anale et des nageoires paires. La vue d'exemplaires évidemment de la même espèce, comme celui de la fig. i, Tab. i4 b^, et dont la dorsale a un aspect si différent de ce qu'elle paraît être dans la fig. i, Tab. 14 «j a fait disparaître à mes yeux les rapports si intimes que je croyais exister entre cette espèce et les Platysomes. Elle présente aussi un type de squamalion très-différent de celui des Ambljterus et des Platfsomus. La forme générale du corps est élégante, quoique ce poisson soit passablement large proportionnellement à sa longueur. La tête est petite, car elle excède à peine le cinquième de la longueur totale. La hauteur extraordinaire du bord antérieur de la dorsale, qui égale à-peu-près celle du corps, donne à cette espèce un aspect tout parti- culier qui rappelle les Platax. Dans ses détails elle présente quelques traits re- marquables ; la tête surtout diffère singulièrement des autres genres de cette famille , par le développement extraordinaire de quelques-uns de ses os. L'orbite est très- grande, proportionnellement à la petitesse de la tête; l'opercule, au contraire, est — 135 — très-étroit, et le suboperciile très-élevé, mais e'galement étroit. En dessous de l'or- bite, la joue est couverte par une large plaque triangulaire qui me paraît être un sous- orbitaire. Dans la lîg. 2, Tab. i4 0.3 on voit l'empreinte de tous ces os sillonnée de rides concentriques dans le sens de leur accroissement ; et a« bord inférieur de la tête, une des branches du maxillaire inférieur dont l'extrémité est dirigée en bas, et dont le bord est armé de plusieurs rangées de dents extrêmement fines et obtuses. Il est évident que, dans cet exemplaire, c'est la branche droite de la mâchoire infé- rieure que Ton Aoit par sa surface extérieure ; tandis que ce sont les os de la face du côté gauche qui y ont laissé leur empreinte. Ceci explique la position extraordinaire que la mâchoire inférieure semble avoir au dessous des sous-orbitaires. Dans la fig. i , Tab. i4 h , on voit encore distinctement les sillons de la surface extérieure de l'o- percule. Les écailles ont un aspect très-particulier : elles sont beaucovip plus hautes que longues dans la partie antérieure du tronc et sur les flancs jusque vers le milieu de la queue, oii elles deviennent de plus en plus équilatérales 5 tandis que sur le pro- longement du pédicule de la queue , elles prennent la forme de losanges allongées , dont les angles aigus sont tournés en avant et en arrière. La surface extérieure de toutes les écailles du tronc est parfaitement lisse, excepté dans celles des premières séries qui suivent la ceinture thoracique , et dont le bord antérieur est pointillé et orné de rides qui se perdent vers le bord postérieur, fig. 3, Tab. i4 h. Ce bord posté- rieur est fortement crénelé dans toutes les écailles, jusque sur le prolongement du pédicule, où leur dentelure disparaît. Cette dentelure est surtout marquée dans les hautes écailles de la moitié antérieure du tronc, fig. 4; on voit même encore, à travers l'émail qui les recouvre , la dentelure de plusieurs lames d'accroissement qui ont pré- cédé celle dont les dents forment maintenant le bord crénelé de chaque écaille. Dans la fig. 3, on voit la ligne latérale qui s'étend sur le milieu du corps, en partant de l'angle supérieur et postérieur de l'opercule ; elle est légèrement arquée vers le ventre. Quant aux écailles en général, il est à remarquer encore que celles des bords du dos et du ventre sont plus petites que celles des flancs. Le bord supérieur de cha- cune d'elles est droit , tandis que , dans la partie antérieure du tronc , le bord supérieur est convexe et le bord inférieur concave. Yers le milieu du tronc, seulement, et sur les côtés de la queue, ils deviennent également droits. Leur surface intérieure est partout lisse , avec un gros onglet articulaire à son bord supérieur , et une fossette correspon- dante à son bord inférieur; de l'une à l'autre on remarque une quille aplatie. Quoique le bord antérieur de la dorsale soit extrêmement élevé, ce ne sont ce- pendant pas ses rayons antérieurs qui sont les plus longs; au contraire, les pre- miers sont très-courts, et les suivans vont en s'allongeant insensiblement jusqu'au dix-huitième, qui est celui qui atteint la partie la plus élevée de la nageoire, et qui — 156 — est aussi long que le corps est large. Les rayons qui viennent ensuite diminuent rapi- dement de longueur jusqu'au trente-cinquième, en sorte que l'extrémité de la nageoire est très-échancrée. La partie de la nageoire qui occupe la seconde moitié du dos, se compose de rayons à-peu-près de même longueur, jusqu'aux derniers qui se raccour- cissent encore un peu. Cette conformation de la dorsale se voit surtout bien dans la fig. 4) Tab. i4 Cl, et dans la fig. i, Tab. \l\ bj où l'on remarque en outre, surtout dans cette dernière, luie particularité de la structure des nageoires, très-fréquente dans l'ordre des Ganoïdes, mais qui est plus évidente ici à cause du développement prodigieux de la nageoire, et qui rappelle ce que j'ai dit au chapitre des Palœoniscus du passage insensible des écailles aux rayons des nageoires : c'est que, dans la série impaire des écailles du milieu du dos, celles qui se trouvent en avant de la nageoire se i-edressent insensiblement et passent à la forme de rayon par des transitions gi-a- duelles, en s'articulant sur les osselets interapopbysaires supérieurs. Mais ce qu'il y a de plus curieux dans cette espèce, c'est de voir, fig. i , Tab. ït\ bj comment les dix premiers de ces petits rayons sont simples , sans porter à leur bord antérieur de ces petits osselets qui , dans la plupart des genres , sont accolés dès la base de la na- geoire contre ses plus longs rayons 5 tandis qu'ici ils s'interposent successivement entre leurs exti'émités, depuis le dixième rayon jusqu'au dix-huitième, qui atteint l'extrémité de la nageoire. Ces osselets peuvent donc être envisagés, ou comme des articulations obliques, détachées du bord antérieur des rayons, ou comme des écailles accolées contre ce bord et qui seraient interposées entre les extrémités des rayons. Dans les grandes espèces du genre Lepidotus j ces transitions des écailles aux rayons antérieurs des nageoires seront encore plus évidentes. On ne les remarque pas seu- lement en avant de la dorsale , elles ont encore lieu au bord antérieur de l'anale , de la caudale, et même des nageoires paires. Du reste, la dorsale de VE. crenatus paraît avoir environ 80 rayons, sans qu'il soit possible de les compter exactement, à cause du mauvais état de conservation de son bord postérieur. Leurs articulations transver- sales sont très-éloignées, surtout celles des petits rayons antérieurs. Depuis le plus long jusqu'au dernier, leur extrémité est bifurquée à plusieurs reprises , et les articulations transversales sont un peu plus rapprochées. La caudale n'est pas très-grande , pro- portionnellement aux autres nageoires 5 mais le pédicule qui la porte est considéra- blement rétréci, en sorte qu'en avant des rayons, la largeur de la queue égale à peine le tiers de la largeur du tronc dans sa partie la plus élevée. Le prolongement du pédicule caudal se rétrécit tout d'un coup, et diminue ensuite très-insensiblement jusqu'à son extrémité, Tab. i4 «j, fig. i ; ses côtés sont couverts d'écailles en forme de losanges très-allongées. Le long de son bord supérieiu' il y a de longues écailles imbriquées, qui sont très-grosses en arrière de la dorsale, Tab. i4 bj, fig. 2. La eau- — 157 — dale elle-même est peu ccliancrée, les rayons antériems de sou lobe inférieur n'étant pas très-allongés j ceux du lobe supérieur diminuent très-insensiblement de longueur jusqu'à son extrémité. Tous ces rayons ont des articulations transversales beaucoup plus rapprocbées que celles des rayons de la dorsale. L'anale, qui est surtout l)ien conservée dans les fig. 3 et 4 de la ïab. i4 n, est étroite, et ses rayons antérieiu^s sont si allongés, qu'ils dépassent l'insertion du lobe inférieur de la caudale. Ses rayons sont un peu plus gros que ceux de la dorsale, et bifurques seulement jusqu'au tiers de leur longueur ; et quoique leurs articulations transversales soient plus rappro- chées , elles sont cependant encore assez éloignées pour que les articles soient plus longs que larges. Le milieu de cette nageoire est opposé à l'extrémité postérieure de la dorsale 5 à son bord antérieur il y a une série de petits rayons accolés aux plus grands jusqu'à leur extrémité. Les ventrales et les pectorales ne sont distinctes que dans la fig. 2 de la Tab. i4 h ; ces deux nageoires sont grandes, proportionnellement à la taille du poisson. Ce qui les distingue surtout de celles des Amblypterus j avec lesquelles elles ont le plus de rapport par leur grandeur, c'est qu'au lieu d'être arron- dies elles sont acuminées, et composées de rayons beaucoup plus gros, dont les ar- ticulations transversales ne sont pas très-rapprochées, et dont l'extrémité est bifur- quée à plusieui's repiises jusqu'à la moitié de leur longueur dans les ventrales, et jusque près de leur insertion dans les pectorales. A leur bord antérieur il y a une série de petits rayons allongés et fortement accolés aux plus grands. Cependant les ventrales sont plus petites que les pectorales, dont l'extrémité déborde l'insertion des ventrales. Cette espèce n'a encore été trouvée que dans le Calcaire de Burdie-House. II. EURYNOTUS FIMBRIATUS AgaSS. Vol. 2, Tab. i4 Cj fig. 1 , 2 et 3. Lés exemplaires que j'ai vus jusqu'ici de cette espèce ne sont pas assez bien con- servés pour en donner une idée complète; cependant ils le sont assez pour indiquer une espèce différente de la précédente, surtout par ses écailles plus petites, moins hautes , et dont le bord postérieur est orné de franges plus fines que la dentelure de celles de VE. crenatus. Les originaux de mes figures ont été trouvés à New-Haven près de Leith, dans des géodes de fer hydraté carbonate : celui de la fig. i , qui re- présente la plus grande partie du tronc et une portion de la tête, appartient à M. Buck- land; celui de la fig. 2 est de la collection de Lord Greenock, qui en a trouvé encore quelques fragmens moins complets. La largeur du corps pourrait faire supposer que cette espèce appartient au genre ToM. II. 21 — 158 — Platjsomus ; mais envoyant ses nageoires, dans l'original de la fig. i, il est impossible de méconnaître les caractères distinctifs du genre Eurjnotus. Car_, si sa grande dor- sale rappelle le genre Platjsomus j d'un autre côté la présence d'une ventrale opposée à la partie antérieure de la dorsale prouve évidemment que l'anale ne pouvait pas s'étendre parallèlement à la dorsale tout le long de la queue j et quoiqu'on n'en voie aucune trace dans ces exemplaires, il est plus que piobable qu'elle était aussi opposée à l'extrémité de la dorsale, comme dans VE. crenatus. Dans la fig. i, on voit seulement l'empreinte de la partie postérieure de la tête et de la ceinture thoracique , sans qu'il soit possible d'en distinguer les différentes pièces ; on y reconnaît cependant les stries concentriques de leur surface extérieure, qui sont semblables à celles que l'on observe sur ces os dans VE. crenatus. Les écailles qui recouvrent tout le tronc sont plus uniformes que celles de l'espèce précédente ; dans la partie antérieure du tronc elles sont cependant plus hautes que longues, mais moins disproportionnées; et en général toutes les écailles sont plus petites relativement à la grandeur du poisson. Nulle part on ne voit leur surface extérieure; mais sur plusieurs points de la fig. i leur empreinte est assez nette pour qu'on puisse être sûr qu'elles étaient lisses. Leur bord postérieur, fig. 3, est orné d'une frange dont les pointes sont beaucoup plus fines et plus longues que celles de la dentelure de l'^". crenatus. Leur surface intérieure est parfaitement lisse, et convexe dans le s:ns transversal de l'écaillé, sans qu'il y ait de quilles distinctes; leurs onglets articulaires sont très-gros. Les écailles des côtés de la queue sont équilatérales; leur bord est également frangé. Cependant, n'ayant vu nulle part le prolongement du pédicule de la queue^ j'ignore comment ses écailles sont conformées. Dans la fig. i, on voit à son bord supérieur quelques rayons épars de la dorsale; tandis que dans la fig. 2 , on distingue une grande portion de cette nageoire , dont le bord antérieur se compose, comme dans VE. crenatuSj de rayons simples qui vont en s'allongeant in- sensiblement. Par l'examen de cet exemplaire on acquiert la certitude que la partie antérieure de cette nageoii-e, vers son douzième ou quinzième rayon, est beaucoup plus élevée que sa partie postérieure , quoique l'extrémité de ces rayons antérieurs soit enlevée. Mais comme on voit évidemment qu'ils ont été brisés, et que malgré cela ils sont encore de moitié plus longs que les postérieurs, dont on aperçoit l'extrémité bifurquce, il est incontestable que cette nageoire était à-peu-près con- formée comme celle àeVE. crenatus. Ses rayons sont plus gros que dans l'espèce de Burdie-House , et leurs articidations transversales beaucoup plus rapprochées. Vis-à- vis du fort de la dorsale on aperçoit encore, dans la fig. 2, l'insertion d'une nageoire, qui , vu sa conformation et sa position oblique , me paraît être la ventrale du côté gauche. Sa base est plus large que celle des ventrales de l'^". crenatus; ses articu- lations transversales sont très-rapprochées, et leurs articles par conséquent plus 159 — larges que longs; leur extrémité est bifurquée à plusieurs reprises jusqu'à la moitié de leur longueur. Cette espèce n'a encore été trouvée qu'à New-Haven près de ijdïih. III. EURYNOTUS TENUICEPS Ao'aSS. is' Vol. 2 , Tab. i4 Cj fig. 4 et 5. Je ne connais encore qu'un exemplaire de cette espèce, l'original de ma fig. 4^ q"i a été déposé par M. Murcbison dans la collection de la Société Géologique de Londres. M. Hitchcock, dans son rapport sur la géologie de Massachusetts, en a déjà repré- senté deux exemplaires qui étaient beaucoup plus parfaits que celui que j'ai vu, quoique ses figures laissent à désirer bien des détails sans lesquels il est impossible de bien déterminer une espèce. La fig. 5 de ma planche est une copie de la fig, 48, pi. i4, de l'ouvrage de M. Hitchcock, qui paraît faite d'après un exemplaire dont toutes les nageoires étaient bien conservées. Sa fig. l[5 représente un autre individu de la même espèce, dont les écailles sont encore toutes visibles et dans leur position naturelle. M. Hitchcock dit que, sur 5o exemplaires de poissons fossiles trouvés dans le schiste bitumineux de Sunderland, 49 appartiennent à cette espèce. Dans l'exem- plaire que j'ai sous les yeux , la tête est la partie la mieux conservée 5 on y voit en outre l'empreinte d'une grande partie des écailles du côté droit, et quelques écailles du côté gauche par leur surface extérieure. H n'est resté des nageoires qu'une partie du lobe inférieur de la caudale , quelques rayons de l'anale et des pectorales , et un vestige des ventrales; la dorsale est complètement enlevée. Si dans les exemplaires figurés par M. Hitchcock les nageoires étaient intactes, la dorsale différerait considérablement de celle des Eurjnotus : car dans ses figures ce sont les rayons postérieurs de cette nageoire qui sont les plus longs; ils excèdent même de beaucoup les rayons antérieurs. Cependant, comme ceux-ci paraissent avoir été brisés, il est très-possible qu'ils étaient les plus longs dans leur état naturel. Je crois la chose d'autant plus probable , que je ne connais pas un seul poisson de cette famille qui ait, proportionnellement à sa largeur, une dorsale composée de rayons aussi courts que le seraient ceux de cette espèce, s'ils n'avaient pas été beaucoup plus longs qu'ils ne paraissent dans les figures citées. Par- tant de là, il m'a paru que ce poisson devait rentrer dans le genre Eurjnotus j puisque son anale est étroite, et qu'il appartient à la section des Lépidoïdes Hétéro- cerques. En effet, le prolongement du pédicule de la queue s'étend obliquement au- delà des rayons antérieurs du lobe inférieur de la caudale , de manière à ne laisser aucun doute sur son extension jusqu'à l'extrémité de la nageoire. Cette assertion est en contradiction avec les figures de l'ouvrage de M. Hitchcock; mais, comme j'en ai — 160 — déjà fait la remarque à l'occasion du Palajoniscus fultuSj, dont j'ai examiné une plaque originale , je n'en crois pas moins que tous les poissons de Sunderland sont des Hétérocerques ; et je pense qu'il aura paru plus naturel à M. Hitchcock de rétablir la queue d'un poisson très-régulier, en lui donnant une caudale à lobes pairs, et de supposer ses exemplaires mal conservés dans cette partie , que d'admettre que le corps se terminait par une nageoire à lobes impairs , dont le supérieur aurait été sensible- ment plus long que l'inférieur. Ce qu'il est resté de la caudale dans l'exemplaire de ma fig. 4j fait voir, en avant de son lobe inférieur, de petits rayons simples, accolés aux suivans qui sont beaucoup plus larges, et dont les articulations transversales, très- rapprocliées , s'étendent jusque vers leur base. Il paraît que l'anale était très-étroite; cependant, à son bord antérieur il y a d'assez gros osselets imbriqués le long du plus grand rayon. D'après quelques rayons des ventrales, que l'on aperçoit entre les écailles disloquées du bord du ventre , ces nageoires auraient été un peu plus rap- prochées de l'anale que des pectorales •, tandis que dans la fig. 48 de M. Hitchcock elles se trouvent droit au milieu de l'abdomen. J'ai donné à cette espèce le nom de tenuiceps j parce que la hauteur de la tête est peu considérable, proportionnellement à sa longueur et à la largeur du tronc. Dans les figures de M. Hitchcock il semble, au premier coup-d'œil, que la tête doit avoir été beaucoup plus large qu'elle ne le paraît; cependant, l'exemplaire que j'ai sous les yeux confirme ses dimensions exiguës. Le museau surtout est allongé et étroit; et la gueule, peu fendue, présente au bord de ses mâchoires de petites dents arrondies, semblables à celles de YE. crenatus. L'orbite, qui paraît avoir été passablement grande, se trouvait en arrière des mâchoires. Au bord supérieur de cette empreinte on voit un os frontal long et étroit, qui, par sa position, donne probablement à la tête plus de largeur qu'elle n'avait réellement. L'opercule est court, mais haut; en dessous l'on voit une empreinte du sous-opercule et de l'inter-opercule, qui sont moins hauts que dans l'espèce de Burdie-House. On ne voit que la surface intérieure de ces pièces, qui sont celles du côté gauche. Par leur forme, les écailles de cette espèce ressemblent davantage à celles de VE. ûmhriatus qu'à celles du crenatus; mais elles sont beaucoup plus grandes , propor- tionnellement à la taille du poisson. Celles de la partie antérieure sont plus hautes que longues; mais depuis le milieu du tronc déjà, elles deviennent équilatérales. Sur la plus grande partie de cet exemplaire on ne voit que l'empreinte lisse de celles du côté gauche; celles du côté droit, que l'on voit au bord du ventre par leur surface extérieure, sont également lisses; mais il m'est impossible d'affirmer si leur bord postérieur est entier ou dentelé. Cette espèce est commune dans un schiste bitumineux de la formation du grès-bi- garré, à Sundei'land dans le Massachusetts. 161 CHAPITRE YIII. DU GENRE PLATYSOMUS. Autant il est facile de saisir les traits saillans du caractère de ce genre, autant il est difficile de rendre un compte exact et clair de toutes les particularités de son or- ganisation, tant à raison de l'état de conservation des exemplaires, qu'à cause des combinaisons singulières du squelette et des écailles. Les espèces de ce genre sont certainement plus remarquables, sous le point de vue zoologique et anatomique, que toutes celles que j'ai déjà décrites. Le corps très-élevé, de forme plus ou moins tra- pézoïde, est presque aussi haut que long; c'est ce qui a fait envisager ces poissons par MM. de Blainville et Germar comme des Stromatées, avec lesquels ils n'ont du reste aucun rapport. Je ne crois pas que les flancs aient été très-bombés j il me pa- raît plutôt, d'après la position des écailles au bord du dos et du ventile, que c'étaient des poissons plats. Ce genre paraît appartenir exclusivement à la formation du Zech- stein et à ses équivalens. La tête des Platjsomus est proportionnellement grande , quoiqu'elle ne soit pas aussi large que le tronc. Le bout du museau forme une saillie arrondie peu apparente ; la gueule est petite et peu fendue ; les mâchoires sont armées de petites dents en brosse très-pointues; l'inférieure, lui peu plus courte que la supérieure, est très-large à proportion ; l'opercule est étroit et très-élevé. Sur l'occiput s'élève une crête qui, formant le bord supérieur de la tête, se continue insensiblement avec la nuque. Toute la surface du corps est couverte de grosses écailles rhomboïdales , beaucoup plus hautes que longues, et qui forment ainsi en travers du tronc des séries dorso- ventrales très-visibles 5 mais à peine peut-on distinguer les bords supérieur et infé- l'ieur de chaque écaille. Ce qui rend cet examen plus difficile dans ce genre que dans d'autres , ce sont les longs prolongemens de leur bord antérieur dans la partie qui est recouverte par l'imbrication des séries successives, et les grands onglets articulaires du bord supérieur. La ceinture thoracique est très-vigoureuse et porte des pectorales qui paraissent être de moyenne grandeur. D'après l'état de conservation de la région moyenne de l'abdomen , où je suppose qu'étaient les ventrales, je ne doute pas de leur existence, quoique jeu' en aie jamais vu de traces. Laforme de la dorsale etdel'anale dis- tingue surtout ce genre : ces deux nageoires , opposées l'une à l'autre, s'étendent de- puis le milieu du dos et du bord inférieur du corps jusqu'à la partie la plus rétrécie de la — 162 — queue j leurs rayons antérieurs sont beaucoup plus longs que les suivans, qui vont en se raccourcissant insensiblement jusqu'aux derniers. La caudale a la même sti'uc- ture que celle des Palœoniscus ; son lobe inférieur est formé des plus longs rayons de la nageoire, et cependant il est plus court que le lobe supérieur, dont les rayons, de plus en plus petits vers son extrémité, sont insérés le long d'un prolongement de la colonne vertébrale, qui s'étend au delà de l'extrémité du lobe inférieur. 11 est certai- nement très-surprenant de voir dans ce genre une caudale asymétrique, comme dans tous les Ganoïdes antérieurs au Jura, quand on sait que les poissons vivans à corps plat, court et très-élevé, comme les Stromatées, les Yomers, etc. , ont tous une cau- dale très-fourcliue et à grands lobes égaux. Le squelette des Platjsomus présente aussi, quant à la disposition des osselets interapopbj^saires , des particularités que je n'ai encore observées que chez quelques Ganoïdes. La colonne vertébrale et les apophyses épineuses qui s'élèvent sur les corps de vertèbres, ne sont pas très-grandes; c'est plutôt par le développement des osselets interapophysaires, que le corps prend ses formes larges. Les apophyses épi- neuses ne paraissent pas non plus aussi complètement détachées des corps de vertèbres que dans les Palœoniscus et les Caturus: elles se rapprochent davantage de la structure des Pjcnodus et des GjroduSj car l'on voit distinctement sur quelques vertèbres la saillie oblique, qui, du bord de l'apophyse épineuse supérieure, s'étend jusqu'à la base de l'apophyse épineuse inférieure. La première étant vers le bord postérieur de la vertèbre, et celle-ci au bord antérieur, la saillie qui les joint se dirige naturellement d'arrière en avant et de haut en bas, ou bien, suivant qu'on l'envisage, de bas en haut et d'avant en arrière. On ne saurait confondre ces saillies avec les bords antérieurs et postérieurs des séries dorso-ventrales des écailles, puisque leurs directions se croisent ; il importe seulement de faire remarquer que dans la partie antérieure de la colonne vertébrale elles sont presque perpendiculaires, et se rappro- chent alors davantage de la direction des écailles. Je compte dans le Platjsomus gib- bosus i8 vertèbres abdominales, i4 caudales jusqu'au plus grand rétrécissement de la queue , là oii finissent les nageoires dorsale et anale ; puis il y a trois ou quatre vertèbres sans rayons, et enfin viennent celles qui portent la caudale, mais dont le nombre n'est pas appréciable dans les exemplaires que j'ai vus. Les apophyses épi- neuses supérieures sont en général courtes; les plus grandes n'ont pas en longueur le double de la hauteur du corps des vertèbres . Celles de la nuque so:it les plus inclinées ; puis elles se redressent insensiblement jusque vers le milieu du dos et dans la partie antérieure de la queue ; celles de la partie postérieure du tronc , vers le rétrécissement de la queue surtout, s'inclinent de nouveau en arrière vers le corps de la vertèbre, auquel elles sont accolées tout le long du prolongement du lobe supérieur de la eau- — 165 — dale. Toutes ces apophyses sont arquées en avant à leur base, rétrécies au milieu, et légèrement dilatées et comprimées à leur extrémité. Les apophyses épineuses infé- rieures sont beaucoup moins distinctes que les supérieures ; l'on ne distingue bien nettement que letu' articulation avec le corps des vertèbres. Depuis l'extrémité de la cavité abdominale jusqu'au rétrécissement de la queue, elles suivent exactement la même direction que les supérieures; elles ont aussi la même inclinaison et les mêmes dimensions. Quant aux côtes, elles ont dû être bien grêles, puisque, à leur insertion près, elles n'ont laissé que de très-légères empreintes qui ne s'étendent pas même jusqu'à la moitié de la hauteur de la cavité abdominale. Les osselets interapophysaires supérieurs commencent à la nuque j immédiatement derrière l'os occipital supérieur; mais les premiers ont une direction si différente de celle des apophyses épineuses supérieures, qu'au lieu d'être placés à l'extrémité de celles-ci et d'en paraître en quelque sorte la continuation, comme dans la plupart des poissons, ils forment avec elles un angle presque droit. Du bord antérieur de la partie montante du dos , a a fig. 2, Tab. D. du vol. 2, ils se dirigent en arrière et sont à-peu-près perpendiculaires sur le contour de la nuque; mais plus ils s'élèvent, plus aussi ils s'inclinent vers les ver- tèbres; ils ne correspondent cependant aux extrémités des apophyses épineuses que vis-à-vis le milieu de la cavité abdominale , où ils sont perpendiculaires à la colonne vertébrale. Les 10 premiers de ces osselets sont dilatés en forme de massue et com- primés à leurs deux extrémités, mais plus étroits au milieu de leur longueur; les 3 qui avoisinent l'occiput sont droits, les 5 suivans sont légèrement arqués en arrière, les 9'' et 10"= se redressent de nouveau; ils sont aussi plus longs, mais moins larges que les précédens. Les 11'' et 12'' se terminent déjà en pointe à leur extrémité in- férieure. Plus en arrière , b b bj les osselets interapoph} saires n'atteignent plus le bord du dos, et ne sont plus soutenus qu'entre les chairs et à l'extrémité des apophyses épineuses. Depuis là, il s'établit un ordre de choses dont je ne connais aucun exemple parmi les poissons vivans : ces os continuent à correspondre tout le long du dos à la nageoire, quoique ce ne soit pas eux qui portent les rayons de la dorsale; car il y a encore au-dessus d'eux un étage de pièces impaires, qui sont les pièces à l'extrémité supérieure desquelles les rayons de la dorsale sont articulés, et que j'appellerai osse- lets surapopiiysairesj c ce. On pourrait penser que les pièces bbbne sont point des osselets interapophysaires, mais plutôt des arêtes musculaires^ et que ce sont les pièces ccc qui sont les véritables interapophysaires ; mais il ne peut point en être ainsi, car les pièces b sont impaires et placées à l'extrémité des apophyses épineuses. La forme de ces osselets interapophysaires varie suivant la position qu'ils occupent : les premiers sont presque droits, tandis que les suivans ont la forme d'un ^5' peu courbé, mais d'autant plus incliné qu'il se rapproche davantage de l'extrémité de la — 164 — queue; leur inclinaison est de gauche à droite. Tous ces osselets se terminent en pointe à leurs deux bouts; les 22 premiers correspondent à autant d'apophyses épi- neuses des vertèbres abdominales et caudales; plus en arrière, il y en a davantage que de vertèbres. Quant aux osselets surapophysaires , les premiers sont les plus longs et portent les rayons antérieurs de la dorsale; les suivans deviennent de plus en plus petits, jusqu'à l'extrémité de la nageoire. Ils sont tous droits ^ les premiers dirigés obliquement en avant, les moyens perpendiculaires , et les derniers inclinés en arrière. A l'extrémité des apophyses épineuses inférieures, on remarque un appareil semblable à celui qui porte la dorsale; mais ici les osselets interapophysaires Z»_, sont plutôt en crochets, dont la pointe inférieure est tournée en arrière. Les surapophysaires, c ^ sont beaucoup plus petits que ceux de la dorsale. Le.premier de tous ces osselets, qui borde en arrière la cavité abdominale, p, était le plus grand ; à son extrémité inférieure il se dilate en vuie large plaque qui avance vers les ventrales. Tous ces détails sur l'ostéologie desPlatysomes n'étant pas également distincts dans les exemplaires que j'ai choisis pour représenter les caractères spécifiques des diffé- rentes espèces^ je les ai réunis dans une même figure, vol. 2, Tab. D, fig. i, où j'ai fait représenter au trait tous les os que j'ai pu voir distinctement; tandis que les con- tours de ceux qui ne sont conservés qu'en partie y sont simplement ponctués. Ce squelette rendra plus sensibles les différences que j'ai signalées entre l'ostéologie des poissons vivans et la structure particulière des os de ce genre. D'après de mauvais exemplaires, j'avais d'abord assigné au genre Platysomus une caudale fourchue à lobes égaux; et j'en avais distingué, sous le nom à^UropteryXj les espèces dans lesquelles j'avais reconnu une caudale à lobe supérieur prolongé. Mais ces deux genres se trouvent maintenant coïncider exactement; des exemplaires parfaits des espèces que je croyais homocerques , déposés au Muséum de Paris par M. de Humboldt, m'ont convaincu que même celles-ci sont hétérocerques. Je connais déjà cinq espèces de Platysomus j dont deux proviennent du Zechstein d'Allemagne, et trois du Calcaire magnésien d'Angleterre. I. Platysomus gibbosus Agass. Vol. 2, Tab. i5, fig. I, 2, 3 et 4- Slromateus gibbosus de Blainv. Icht. p. 18. — La meilleure figure qui ait été publiée est celle de Wohlfart, Tab. 14, fig. i, et deMyliusTab. lo, p. 85. Il y en a de moins correctes dans Scheuchzcr et dans Knorr et Walch. Il est également mentionné dans plusieurs autres ouvrages anciens. J'ai vu un assez grand nombre d'exemplaires de cette espèce au Musée de Munich, dans la collection de M. le comte de Munster, dans celle de M. Piégley , qui appartient — 165 — maintenant à M. Carterct, dans celle de Lord Cole, et surtout au Muséum d'histoire naturelle de Paris, où M. de Humboldt a déposé la plus belle collection de poissons du Zechstein que j'aie vue jusqu'ici. L'original de ma fig. i se trouve dans la collection de M. Carteret; il est surtout instructiC à cause de l'état de conservation de ses na- geoires. L'original de ma fig. i appartient au Musée de Munich; il a été trouvé à Riegelsdorf en Hesse. C'est surtout d'après cet exemplaire que j'ai pu reconstruire une grande paitie du squelette. Les exemplaires de M. le comte de Munster sont de Gliicksbrunn; ceux du Musée de Paris proviennent du district de Ralkberg. 31'étant déjà étendu sur les caractères ostéologiques de ce poisson , je me boi-nerai à indiquer ici les différences spécifiques qui le distinguent de ses congénères. Sa tête est très-petite, proportionnellement à la grande hauteur de son corps plat; son profil^ presque droit, se continue directement avec la nuque, et forme jusqu'au bord anté- rieur de la dorsale une ligne très-peu arquée. En avant, le museau se termine par une saillie arrondie, due sans doute à la forme de l'ethmoïde. L'orbite est grande, propor- tionnellement aux dimensions de la tète ; la crête occipitale est très-élevée, et sa surface finement granulée. Les pariétaux et les frontaux sont également granulés; cependant, sur le bord des os, cette granulation se confond en stries ondulées. La bouche est petite, le maxillaire inférieur est un peu plus court que le supérieur , et très-large vers son arti- culation. On aperçoit quelques petites dents au bord du maxillaire supérieur. Les pièces operculaires étaient de moyenne grandeur, plus hautes que larges, et toute leur surface extérieure, ainsi que celle des os de la face, finement striée. La ceinture thoracique est très-forte ; la surface extérieure de l'humérus est finement striée dans le sens longitudinal de l'os ; son angle inférieur fait une saillie en arrière sur les flancs; en dessous l'on aperçoit quelques traces des rayons de la pectorale droite, fig. 2. Dans la fig. i, celle du côté gauche est entière; sa forme est arrondie, ses rayons sont d'égale épaisseur, et ceux du milieu de la nageoire les plus longs. En avant. Ton voit encore quelques rayons de la pectorale droite. Les corps des vertèbres sont hauts, mais très-courts, les apophyses épineuses proportionnellement petites, les côtes faibles; les osselets interapophysaires, qui s'étendent de la crête occipitale jusqu'à la partie la plus élevée du dos, expliquent les singulières saillies que l'on voit sur la nuque de quelques espèces du genre Pjcno- dusj et qui sont en rapport intime avec les écailles. La forme générale de ce poisson est rhomboïdale ; ses côtés étant presque droits , les angles du corps sont très-saillans , le milieu du dos surtout, où la ligne droite que pré- sente l'insertion de la dorsale se confond avec le prolongement de la nuque. Le côté inférieur offre également une ligne brisée, dont la partie antérieure, légèrement ar- quée, s'étend de l'extrémité de la mâchoire à l'anus; tandis que la ligne d'insertion de l'anale s'élève plus directement jusqu'au pédicule de la queue, qui est très-rétréci. ToM. II. 22 — 166 — . La dorsale et l'anale ont exactement la même structure ^ la partie antérieure de ces deux nageoires se compose de rayons un peu plus allongés que leur extrémité ; ce qui donne à tout le corps un aspect encore plus anguleux; leur partie saillante se trouvant placée justement aux angles des bords du tronc, et à-peu-près également éloignée du pédicule de la queue. Cependant l'anale s'étend un peu moins en avant. Leurs rayons sont grêles , proportionnellement à la grandeur du poisson , les postérieurs surtout , qui sont encore plus fins que les antérieurs ; à leur extrémité ils sont bifurques, mais pas très-profondément. Leurs articulations transversales s'étendent jusque vers leur base ; elles ne sont pas très-éloignées ; cependant les articles sont un peu plus longs que larges. Les premiers rayons du bord antérieur de ces nageoires sont courts, et s'allongent insensiblement ; ce n'est qu'au 5'""'ou ô""" qu'ils atteignent l'extrémité de la nageoire. Il n'y a pas de petits rayons accolés à leur bord antérieur. La caudale a disparu dans l'original de la fig. 2 ; dans celui de la fig. i, son lobe inférieur est encore assez bien conservé. C'est dans un des exemplaires du Musée de Paris .( dont je n'ai pas fait litliographier le dessin ), qu'on la voit le mieux. Immédiatement en arrière de l'extrémité postérieure de la dorsale et de l'anale, le pédicule de la queue est tellement rétréci, qu'il n'excède pas le diamètre de l'orbite; son prolongement, jusqu'à l'ex- trémité de la caudale s'amincit encore plus, mais très-insensiblement, et même un peu moins que ne l'indique la fig. i , dans l'original de laquelle la série extérieure des écailles du pédicule a disparu. Les rayons du lobe inférieur de cette nageoire sont' très-allongés; ce qui la fait paraître très-écbancrée. Cependant cette espèce diffère surtout de la suivante, en ce que les lobes de sa caudale sont plus inégaux, et en par- ticulier le lobe supérieur plus allongé et moins rapidement rétréci. Les écailles se voient surtout bien dans la fig. i , par leur surface extérieure; dans la fig. 2, on voit seulement l'empreinte de celles du côté gauche, et par ci par là quelques traces de leur surface intérieure. Celles du milieu des flancs, à la partie ain- térieure du tronc , sont beaucoup plus hautes que longues ; mais vers les bords du dos et du ventre et sur les côtés de la queue , elles deviennent insensiblement plus petites et moins disproportionnées en hauteur ; le long de l'insertion de la dorsale et de l'a- nale il y en a même plusieurs rangées d'étroites, semblables à celles qui se trouvent sur le pédicule de la queue ; le long de son prolongement elles sont en forme de lo- sanges étroites, dont les angles aigus sont dirigés en avant et en arrière. La surface extérieure de toutes les écailles, fig. 3 et 4 5 est ornée de stries ondulées, qui sont à-peu-près parallèles à leurs bords antérieur et postérieur ; leur surface intérieure est complètement lisse ; à leur bord supérieur il y a d'énormes onglets articulaires, sem- blables à ceux des Microdoji et des Gjrodus, et à leur bord inférieur des fossettes correspondantes . — 167 — Cette espèce n'a encore été trouvée que dans le Zechstein d'Allemagne. Elle dif- fère surtout de celles du Calcaire magnésien d'Angleterre ( chez lesquelles la caudale est beaucoup plus grande et plus développée ), par la petitesse de sa tète, et en ce que l'anale est moins reculée , ainsi que par quelques autres particularités de détail, II. Platysomus Rhombus Agass. Vol. 2, Tab. i6. Stromateus major de Blainv. Icht. p. 18. — Rhombus diluvianus major Wolfart, Tab. i5. Cette espèce paraît être beaucoup plus rare que la précédente ; je n'en ai vu moi- même que les exemplaires donnés au Musée de Paris par M. de Huniboldt, et dont le plus beau est l'original de ma figure. 31. le comte de Munster m'écrit qu'il en a reçu récemment d'Eisleben un très-grand exemplaire, et qu'il en a vu d'autres au Musée de Halle. Ce poisson paraît atteindre des dimensions beaucoup plus considérables que le précédent, dont il diffère surtout par sa forme arrondie, par la plus grande luii- formité de ses écailles 1, par le rétrécissement rapide du prolongement de sa queue, qui rend les lobes de la caudale presque égaux, et enfin par une tête plus grosse. Le profil du crâne est rectiligne, comme dans le P. gtbbosus ; mais depuis la nuque le dos est fortement arqué, et sa partie moyenne, entièrement arrondie, ne forme point d'angle au bord antérieur de la dorsale. Il en est de même du bord inférieur du ventre, qui est arqué, et sur lequel le bord antérieur de l'anale n'est pas saillant. Dans la partie antérieure de la tête on voit le maxillaire supérieur gauche qui est déplacé, et dont l'extrémité postérieure est dilatée en forme de spatule. L'orbite paraît être moins grande que dans le P. gibbosus ; on voit en dessous une partie des arcs branchiaux. Les pièces operculaires étaient aussi moins élevées, et l'angle inférieur de l'humérus descend moins bas sur le côté de la tête. Toutes les écailles qui. recouvrent le tronc sont plus uniformes; celles de la partie antérieure sont moins hautes et moins étroites, et diminuent plus insensiblement de taille A^ers les bords du dos et du ventre et sur le pé- dicule de la queue. Cependant sur son prolongement elles ont la forme de losanges, mais elles sont moins allongées que dans l'espèce précédente. Leur surface extérieure est striée verticalement. Le long du bord supérieur du pédicule, il y a de petites écailles imbriquées qui se continuent jusques à sou extrémité. Les nageoires dorsale et anale ne sont pas assez bien conservées pour pouvoir être décrites en détail ; on voit seule- ment que leurs rayons sont aussi grêles que dans le P. gibbosus. Les osselets surapo- physaires sur lesquels ils sont insérés, sont plus courts; en revanche les apophvses épineuses sont plus allongées. La caudale est très-bien conservée ; ses rayons sont — 168 — bifurques à plusieurs reprises, mais à leur extrémité seulement. Les antérieurs du lobe inférieur sont tellement allongés, que leur extrémité atteint presque celle du lobe supérieur ; ce qui rend cette nageoire fourchue , sans que pour cela elle en ait moins les caractères des Hétérocerques. Les teintes variées de cet exemplaire proviennent, comme dans toutes les espèces du Zechstein d'Allemagne, de la grande quantité de cuivre pyriteux hépatique qu'il contient. Cette espèce n'a encore été trouvée que dans le Mansfeld. III. PlATYSOMUS STRIATUS Agass. Yol. 2, Tab. 17, fig. I, 2, 3 et4. Uropteryx striatus Ag. Cat. msc. — Walchner Geol. pag. 720. Sedgwick, Geol. Trans. 2' série, vol. 3, Tab. 12, fig. 3 et 4- Je n'ai encore vu que deux petits exemplaires de cette espèce, dont l'un se trouve au Musée de New-Castle sur Tyne , et provient du Calcaire magnésien de Whitley, près de Shields, et dont l'autre, qui appartient à M. le Prof. Johnston, a été trouvé dans les environs de Durham. Celui-ci est l'original de ma fig. i. La fig. 1 est une copie de celle que M. Sedgwick a publiée. dans les Transactions de la Soc. Géol. de Londres, et dont il m'a été jusqu'ici impossible de retrouver l'original. Cette espèce est très-bien caractérisée par sa forme et par quelques particularités de détail. La partie la plus élevée du tronc se trouve en arrière du milieu de la longueur totale du poisson j ce qui fait que ses bords se rapprochent plus rapidement vers le pé- dicule de la queue que vers le museau. Le profil de la partie antérieure et supérieure du corps s'élève insensiblement en forme d'arc peu courbé , depuis le bout du museau jusqu'au bord antérieur de la dorsale , qui est la partie la plus saillante du corps ; le bord inférieur est moins anguleux, l'arc que forme l'abdomen étant plus ouvert et passant insensiblement au bord inférieur de la queue. La tête est proportionnellement plus grande que dans le P. gibbosuSj, avec lequel cette espèce a le plus de ressemblance. L'ossature de la tote présente exactement les mêmes caractères de détail ; avec cette seule différence, que la surface extérieure, même celle des os du crâne, est plus ré- gulièrement striée. Les apophyses épineuses des vertèbres abdominales antérieures sont moins inclinées que dans le gibbosuSj comme la fig. i le fait très-bien voir. On voit également bien les osselets interapophysaires supérieurs et inférieurs dans la partie du tronc qui correspond aux nageoires dorsale et anale. La pectorale gauche est très-bien conservée dans l'exemplaire de cette figure ; tous ses rayons sont égale- ment grêles , mais aplatis , et ont cette apparence cornée que l'on observe dans les na- — 1G9 — geoires de beaucoup de poissons de Solenhofen , et qui rend les articulations transver- sales des rayons imperceptibles ; ceux-ci sont bifurques a leur extrémité seulement. La manière dont les écailles sont disloquées au bord inférieur de l'abdomen, ne per- met pas de douter qu'il n'y ait eu des ventrales. La dorsale et l'anale sont composées de rayons semblables, sensiblement plus grêles que ceux des autres nageoires, sim- plement bifurques à leur extrémité , et divisés transversalement de manière que les ar- ticles de cbaque rayon sont du double plus longs que larges, ceux du bord antérieur de ces deux nageoires sont un peu plus allongés que les suivans. L'anale est un peu moins étendue que la dorsale, elle se prolonge aussi loin sur le pédicule de la queue, qui est très-rétréci , mais son bord antérieur n'avance pas autant que celui de la dorsale. La caudale est proportionnellement moiais grande que celle de l'espèce suivante ; cepen- dant son lobe inférieur est plus large que dans les Platjsomus de Mansfeld , tandis que son lobe supérieur est plus étroit. Les rayons antérieurs du lobe inférieur sont les plus gros; les articulations de leur base, ainsi que celles des rayons suivans, sont plus rapprocbées qu'à leur extrémité, qui seule est bifurquée. Les écailles caractérisent très-nettement cette espèce ; par leur forme elles se rapprochent le plus de celles du P. gibbosiis. Celles des flancs de la partie antérieure du tronc sont beaucoup plus hautes que longues ; mais sur la queue elles deviennent insensiblement plus équila- térales, et vers les bords du dos et du ventre de plus en plus petites; celles qui re- couvrent l'insertion de la dorsale et de l'anale et le pédicule de la queue , sont les plus petites. Toute leur surface extérieure est striée, mais en différentes directions. Sur les écailles les plus hautes et les plus étroites , ces stries sont parallèles à leui's bords an- térieur et postérieur, fig. 3 \ vers le milieu des flancs et au bord du ventre, elles s'incli- nent vers le bord postérieur, tandis que vers le bord du dos et sur les côtés de la queue elles se dirigent en sens inverse et se perdent le long du bord antérieur, fig, 4- Les onglets articulaires qui unissent toutes ces écailles sont longs et minces. Les écailles qui bordent le prolongement du pédicule de la queue, sont plus petites que dans les autres espèces. La ligne latérale s'étend directement de l'angle supérieur de l'opercule à la base du pédicule de la queue. La fig. 4 des Trans. de la Soc. Géol. pourrait faire sup- poser qu'il y a une différence énorme dans la forme des écailles de cette espèce et de celles du P. macrurus ; mais les différences qu'on remarque proviennent de ce que, dans cette fig. 4, on les voit par leur surface extérieure, et que les onglets articulaires y sont cachés, tandis que, dans la fig. i de M. Sedgw^ick, les écailles du P. macnirus sont représentées par leur surface intérieure , avec les onglets articulaires qui y sont très-distincts. Cette espèce n'a encore été trouvée que dans le Calcaire magnésien d'Angleterre. — 170 — IV. Platysomus macrurus Agass. Vol. 2, Tab, i8, fig. I et 2. SedgAv. Geol. Trans, 2" série, vol. 3, Tab. 12, fig. i et 2. — Uropteryx undulatus Ag, Cat. msc. — Walchner Géol. pag. 720. N'ayant point encore vu moi-même d'exemplaire de celte espèce, je me vois obligé de borner ma description à l'indication des caractères qui ressortent des figures publiées par M. Sedgwick, et dont l'original a été trouvé dans un schiste marneux près d'East- Tliickley. Les figures de ma planche sont des copies de celles de 31. Sedgwick. Il paraît que le corps de ce poisson est moins large, et surtout moins voûté dans sa partie antérieure, que celui des autres espèces du genre. La dorsale, mais surtout l'a- nale, s'étendent moins en avant ; la partie antérieure de celle-ci est formée de rayons proportionnellement beaucoup plus allongés. Le pédicule de la queue est moins rétréci; sa largeur égale environ le tiers de celle du tronc en avant de rinsertion de l'anale, tandis que dans les autres espèces elle en égale à peine la cinquième partie. Ce qui dis- tingue encore très-bien cette espèce de toutes les autres , c'est la grandeur considé- rable de la caudale , dont le lobe supérieur est beaucoup plus gros que l'inférieur ; le prolongement du pédicule de la queue y est en outre bordé de très-grosses é